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SILVERPECHE.com

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LE BLOG DES SAISONS

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #pêche au bord de l'eau., #sport

Parmi les nombreux cartons qui ont envahi mon garage depuis le déménagement, j'ai retrouvé un peu au hasard au fond d'un entrelas de babioles anciennes une grosse boite à chaussures vert clair kaki qui semble ma foi assez lourde. J'ai toujours vu cette boite même enfant trainer dans les affaires, elle a traversé mes déménagements en toute discrétion, comme j'ai toujours eu avec moi la boite à coutûre de ma mère, ça a toujours été là sans réelement savoir tout d'eux. Ils sont tellement dans le paysage de ma vie que je n'y fait plus du tout attention pire, je sait vaguement ce qu'il y a à l'intérieur. Et puis là, va savoir pourquoi je me dit qu'il serait bon de savoir un fois pour toute ce que renferme cette boite de chaussures. A première vue son poids pourrait faire penser à de petits livres entassés ou bien des photos d'époque, malgré tout je pense que je vais morfler un peu selon ce que je découvre à l'intérieur...

A l'ouverture au ralenti du couvercle de la boite magique je peut y voir avec étonnement plusieurs livres de la pratique de la pêche en mer parmis quelques dessins de bateaux et un demi crayon à papier qui laissé des traces de son ballotage. De petits livres en noir et blanc et orange "Pratiques modernes de la pêche en mer" que je m'empresse de détailler, ils sont légèrement jaunis par le temps dont les coins sont un peu usés par l'index et la salive preuve qu'ils ont été lus et relus des dizaines de fois, quelques gribouillages fait au stylo bille par un enfant sur la face et au dos en bas à droite ils sont estampillés de l'année de parution soit de 1964 de 1967 de 1972, ouffff quel bond dans le passé, en gros on bascule à moins cinquante ans je sent que ja vais me régaler.

La lecture des premières lignes du premier ouvrage de 1964 est à peine croyable, le préambule parle déjà de la pollution excessives des cours d'eaux de plus petit au plus large qui altère fortement la qualité du poisson, ce qui contraint alors le pêcheur d'eau douce à penser à une autre pêche qu'en rivières.  Il est décrit le déversement massif de produits pharmaceutiques , ménagers et surtout pétrolier dans les étangs qui servent de déversoir, poussant les pauvres amateurs de la pêche à la mouche, par exemple, à trouver une autre terrain de jeu pour trouver du poisson sain. Ce petit livre est visiblement écrit dans le style de l'époque avec tout les consensuels d'usages où le lecteur n'est pas conduits dans la frivolité, mais par des gens qui ont fait de sérieuses recherches et qui vantent les mérites de la pêche en mer comme segonde chance, des bienfaits de l'air vivifiant du large et de la possibilité de varier de l'éternelle truite ou brochet, mais qui décrit aussi avec une certaine précision toutes les nuisances des pêcheurs aux filets qui pillent sans vergogne les fonds marins, déjà à l'époque...A méditer les gars.

Il est difficile aujourd'hui de faire un bond dans le passé de cinquante ans. car ceux qui sont capables de le faire sucrent les fraises aujourd'hui. Mon père avait pile 35 ans à cette époque et tout était à faire dans le domaine de la pêche en mer, celui voulait profiter des océans devait avant tout se bricoler son propre matériel de rivière, les moulinets qui résistent à la salinité ne sont pas encore sur la marché, les cannes à pêches pouvaient dépasser sept cent grammes et coûter un fortune, en plus trouver ses appâts dans les rares magasins étaient un défi en banllieue Parisienne, seules les quelques poissonneries avait de quoi se ravitailler convenablement. Mais au delà de tout ça, il n'y avait que les vieux briseurs de roches de Bretagne ou de Normandie qui pouvaient entrevoir cette "pêche moderne" parce que jusque là le pêcheur amateur qui habite à plus de deux cent kilomètres de la mer se bricole ses propres rêves avec le bouche à oreille et là...On sait ce que tout cela donne comme histoire rocambolesques, une daurade de trois cent grammes fini par peser un kilo selon qui le raporte. 

Moi je dévore les lignes qui défilent dans le fond de mon âme comme elles ont bouleversées l'esprit de mon père naissant à ces pratiques, il est amusant de comprendre qu'en fait, tout simplement, le livre fait la promotion de la pêche en mer parce que tout à été fait en matière de pêche en eau douce, alors, que les éléments marins sont très mal vu par le plus grand nombre parce qu'elle a un rapport direct avec sa position dans la société Parisienne. 

 

(La souris doit se placer là, pour faire changer le texte)
ICI LE TEXTE INITIAL
Celui-ci c'est une photo du dernier livre qui est paru en 1967, matez la canne en bambou et le moulinet, le porte moulinet, là on est vraiment dans l'histoire.

Celui-ci c'est une photo du dernier livre qui est paru en 1967, matez la canne en bambou et le moulinet, le porte moulinet, là on est vraiment dans l'histoire.

Aujourd'hui tout à changé, les ouvrages sur la pêche moderne n'existe plus car nous avons fait le tour de presque tout grâce ou à cause d'internet. L'électronique peut "peut être" encore venir à la portée du pêcheur du bord qui doit se contenter de ce qui reste mais globalement tout à été dit ou écrit et lu des milliards de fois par tout le monde. Il nous reste de tout ce patrimoine que quelques récits sur l'abondance des espèces du siècle dernier ou sur les éventuelles migrations de poissons que les professionnels rentabilisent au plus large à grands coups de sondeurs, et moi je me sent comme l'héritiers d'une époque qui n'existe plus car pillée au plus profond par une armée de filets qui sont étalés en toute légalité jours après jours au moment où les poissons frayent. La pêche en mer est devenue une véritable industrie où normalement tout le monde peut s'y retrouver, il est si facile de se rendre dans n'importe quel magasin et repartir avec tout le barda pour assouvir une envie, voire une folie...

Avec le temps j'ai compris que la pêche moderne continuait de vivre avec ceux qui la pratiquent, elle allait passer aussi par la grande distribution, comme tout d'ailleurs... Hier nous achetions nos tranches de Jambons ou tout ce qui touche à la maison chez le petits détaillant du coin, aujourd'hui cela n'est plus possible tous les jours car le temps presse. On rentre dans une énorme boite qui fait tout et qui propose tout bien moins cher. Ceux qui râlent de voir des hypermarchés pousser de partout mais qui se servent chez eux n'ont pas encore bien réfléchi à la situation ou ne regardent que le bout de leurs pieds. Hé bien pour la pêche ce sera pareil, les commerces vont lentement se décompter au point de ne plus exister comme jadis les petits commerces alimentaires...La pêche moderne arrive à son comble et ceux qui n'y croient pas encore ont un siècle de retard sur les autres.

Malgré tout j'admire sincèrement tout ceux qui ont la ressource suffisante pour se bricoler leurs propres accessoires, ceux là subliment à leur manière un détail qui ne règle sûrement pas tout mais l'essentiel est là, c'est la satisfaction. Vous faites peut être parti de ces gens qui ne suffisent pas de ce qui peut être facilement achetté, il vous faut modifier, bricoler et là vous rejoingez tout ce qui est dans mon concept. Vous êtes exactement dans le cadre de tout ceux qui font avancer notre passion pour la pêche et qui font que la pêche moderne que dévorait mon père prends un sens. Quelques bricoles bidouillées au fond d'un esprit qui fait naitre son propre bébé m'imposera toujours le plus profond respect.

La boite de l'infini.

C'est un peu pour tout cela que nous avons décidé Marco et moi d'aller fouler les chemins du Frioul, le vent est absent, nous sommes à bloc d'appâts venus tout droits de Sud'esca et Cabesto et pour une fois nos horaires sont respectées. Nous sommes Samedi après-midi et il faut bien le dire il n'y a pas foule sur les quais du port de Marseille malgré la douceur de fond de l'air. Nous embarquons avec hâte dans la navette, je respire enfin...

Ma joie ne va pas trop durer car dans la navette il ya un public de pêcheurs important, je ne sait pas si c'est l'air marin, mais les palabres ça et là ne vont pas défrayer la chronique philosophique, je dirais même que ce que j'entends ne m'enchante guère.

C'est une ver de Rimini qui à une belle taille, de chez CABESTO.

C'est une ver de Rimini qui à une belle taille, de chez CABESTO.

Les tites c'est Sud'esca.

Les tites c'est Sud'esca.

Arrivés sur notre poste nous allons découvrir que toutes criques discrètes sont envahies de bateaux de plaisance, tout ce beau tableau ressemble à une terrasse de bistro à ciel ouvert tellement l'espace est rentabilisé. En principe la mer est synonyme de liberté et d'espaces inaccessibles, ben là c'est tout l'inverse. On se demande d'ailleurs comment on peut avoir une foule de bateau et venir se coller contre les roches. Dans ces criques il y a un peu de tout de ce qui constitue une entrave sévère à notre soirée, de plus les pêcheurs sont assez nombreux ici. Et oui, le Frioul est très visité le week-end par pas mal de pêcheurs estivaux, mellés aux embarcations qui traînent un leurre derrière eux tout cela fini par ressembler à une immense cours d'école où le plus culotté aura raison.

Heureusement la nuit arrive emportant avec elle la totalité des plaisanciers et les pêcheurs de jour. Mais ce que je na savais pas c'est la nuit le Frioul devient le théâtre des incivilités, les braconniers se succèdent sans réelle gène de leur part, les pêcheurs de calmars se positionnent sur tes cannes pourtant la mer est grande. Il faut avois une bonne dose de self contrôl pour ne pas craquer.

Moi avec mon ver de Rimini je ne suis pas long à faire parler la poudre, il ne fait du tout nuit mais pourtant les touches arrivent en masse. Bon ce n'est pas exactement ce à quoi j'aspire pour l'instant mais les blanquettes ou les sars se jettent sur mon appât finement liguaturé sans trop regarder. Le problème principal c'est la taille des poissons qui n'est pas exactement comme je le souhaite car au mieux pour l'instant je doit me contenter de poissons qui tourne autour de quatre cent et cinq cent grammes. Vu les conditions de passage intensif des bateaux je me dit au fond que c'est pas si mal.

Même de taille modeste, le pagre est capable de faire une touche phénoménale !

Même de taille modeste, le pagre est capable de faire une touche phénoménale !

Ce qui est sympa c'est la variété des prises qui se ruent sur nos vers extras frais et il y a un peu de tout au tableau, pagre, sar, blanquettes et....pas de beaux yeux ou de bogues, les indésirables semblent ne pas être ici et ça c'est une excellente nouvelle pour nous.

La boite de l'infini.

La nuit va être longue, les bateaux qui traîne à la suite avec leur moteurs bruyants se succèdent tous les quart d'heure et viennent raser le bord. J'ai un petit pincement au coeur car de mémoire ce coin jadis tranquille se transforme peu à peu, il est vrai que les coins interdits des calanques repoussent les pêcheurs vers d'autres lieux et là c'est le Frioul party.

La boite de l'infini.

A peine le temps de le dire qu'il y a des touches, en fait une seule canne arrive à trouver le poisson, les autres sont nettement moins productives. La nuit va passer ainsi, on se regroupe pour parler longuement de nos sorties futures entrecoupé de touches sans suite. Avec le matin qui arrive les senteurs remontent, la mer change de ton et la segonde vague de pêcheurs matinaux arrive, il est l'heure pour nous de plier. Au final j'ai presque eu honte d'avoir participé à tout cela, j'était resté sur d'anciennes images où notre pêche était basée sur la gestion des prises, hé bé là on en est loin.

la traversée en bateau sera brève et je ne peut m'empêcher de repenser à mes lectures qui décrivait la mer comme une ressource qui pouvait remplacer une pêche en eau douce. Aujourd'hui nous avons dépassé le stade d'urgence malgré l'immensité, je me rends compte que la pêche en mer est elle aussi sur le point de devoir se diversifier si rien n'est fait. Bizarement je ne m'en était pas trop inquiété car dans les calanques on ne croise que très peu de gens et certains postes ne sont pas visité de l'année. Mais quand on arrive à ouvrir les yeux on se rends compte de l'urgence de devenir raisonnables. Comment ? En fait, nous en sommes en peu comme nos anciens, ils devaient faire face à un grave problème dû à la sur-pêche, la pollution qui rends le poisson impropre à la consommation, aujourd'hui nous avons les mêmes problèmes mais en mer. En rivière le permis à vu le jour, et nous alors combien de temps faudra t'il pour le voir débarquer ?

Roro, silverpeche.com

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syl34 06/10/2014 18:36

Vers chez moi, il y a aussi les mêmes problèmes de sur-pêche, tant pro qu'amateur. Le canal de Sète est un lieu de passage entre l’étang de thau et la mer, et les bord sont gavés de pêcheur, les filets tendus en travers pour profiter de la migration des daurades par les pro ou des braconiers(en pleine ville ils ont peur de rien).Certains "amateurs" revendent même leurs prises aux restaurants ou aux poissonniers, et c'est pas de petites quantitées,....
En revanche, sur ce que tu parlais au début, les hyper du coin n'ont rien compris, l'autre jour j'ai jeter un oeuil a auchan, ils avaient pas de plomb de plus de 20g ni d'hameçon plus gros que du 10...carrefour market commence a vendre quelques boites de vers mais rien de glorieux, c'est surtout orienté pêche a la ligne pour occupé les gamins.
Vu le nombre de pécheurs qui viennent d'autres départements et la quantités d'esches utilisés a mon avis les détaillant doivent bien faire leur blé en été!! La raréfaction des poissons nous pousse a chercher toujours du meilleur matériel, de meilleurs esches et ça c'est bon pour eux^^

RORO 08/10/2014 15:48

Pour nous dans les bouches du Rhônes il ne vaut mieux ne pas manger le poisson que l'on pourrai pêcher dans les cours d'eaux. toutes les rivières ou presque sont saturées de produits chimiques, d'ailleurs la présence de poissons dans ces cours d'eau est anecdotique. Mais ces polluants ne s'envolent pas à l'approche de la mer, ils se déversent et contamine aussi nos côtes. Nous serons obligés un jour de faire du no-kill car la présence d'arsenic dans la chair des poissons est vraiment inquiétante, de plus les rejets pharmaceutiques sont beaucoup trop importants et des mutations sur certaines espèces à déjà commencé. On va en parler bientôt dans ce blog un peu plus longuement.
Merci à toi.

syl34 08/10/2014 07:28

C'est moi qui vous remercie pour votre blog qui est un moment d’évasion entre deux session au bord de l'eau!
Il y a certes l'enseigne Cabesto qui monte, mais sur Montpellier ça reste limité, il est implanté entre un 'pacificpeche et un europeche qui sont très bien garni et spécialisés dans les pêches type "carpe" et les leurres; magasin de type"superette"avec des vendeurs qui connaissent leur rayon, mais surtout a deux pas d'un centre commercial, où il y a un décathlon et là on a plus l'effet hypermarché évoqué: je suis le premier a aller faire un tour là-bas quand on se balade en famille.Madame regarde les fringues et moi je m'esquive au rayon pêche. De plus on a beaucoup de cours d'eau et de pièces d'eau douce dans la région, donc la pêche se partage mer/eau douce.Il y a certainement même un retour en arrière vers les pêches d'eau douce. Les cours d'eau sont plus propres et se rempoissonnent, les pécheurs en eau douce ont pris conscience que pour se faire plaisir au bord de l'eau, il fallait pratiquer le no-kill ou bien limiter ses prélèvements.Je participe sur un forum de ma région et quand on voit les bourriches qui se font régulièrement et la diversité des espèces, c'est vrai que si j'avais plus de moyens(financier et temps) cela me tenterais bien. Je ne crois pas que cela arrivera en mer, les poissons sont bien meilleurs en gout et le fait que les prises soit quand même limitées(sauf pour vous!!lol) nous pousse a tout garder; il n'y a presque aucun contrôles, presque aucune législation en mer, en somme aucune gestion des ressources, et puis on a les pêcheurs professionnels qui ne veulent pas que les choses changent.....
Ps: vous pouvez me tutoyer, je ne suis ni assez vieux, ni assez important pour que l'ont me vouvoie :)

RORO 07/10/2014 13:18

Tout d'abord merci pour votre commentaire plein de bon sens qui me ravi.
La sur-pêche existe depuis bien longtemps sous toutes les mers et depuis cinquante ans on ne cesse de prouver que le professionnel décime le poisson même si les petits métiers ne sont que très partiellement concernés. Ce qui va changer pour nous' amateurs' c'est que le raz le bol du pêcheur se fait ressentir de très loin. Jadis la grande distribution ne se préoccupait pas de ce segment car il n'est pas porteur de recettes fabuleuses, pour l'instant une enseigne va s'en occuper car la pêche est vecteur de fréquentation qui amène à la vente d'autres produits.
De nos jours quand je voit le monde qui fréquente les rayons de Cabesto et ceci tout les jours, je me dit qu'il ne sera pas dur pour eux d'ouvrir une énorme brèche dans ce segment.
Merci à toi SYL.

marco 04/10/2014 14:29

Le frioul ça devient de moins en moins l'aventure seul de bord de l'eau. Des bateaux à 30m du bord un bonne partie de la nuit, et une quinzaine de pêcheurs le lendemain matin sur la navette! Et en plus pas beaucoup de touches et de poissons.
Au final, le lendemain on a marché que 5 minutes pas un bateau pas un pêcheur et le double de poisson! What else?
Heureusement que la soirée était super et qu'on était tout les deux!

Reno 03/10/2014 20:13

Merci Stef!
Pas moyen de faire une peche av vous. Qué misère.
Bise poto.

steph 03/10/2014 18:17

Oye hoye ca marche!!! Biz a tout le monde..ro vous avez eu une belle soirée c'est là l'essentiel!! Et reno profite bien de ton voyage et je te dis merde pour tes soirée au bord de l'eau....

Reno 03/10/2014 17:00

Ayé ça remarche. M'ont manqués les articles de Ro ro.
Merde, si même le Frioul ne peu plus nous régaler, il reste plus grand chose.
Bon j’espère que vs avez quand même passé un bon moment.
Bise a tt les deux.
Ro je te tel pour récupérer ce qu'il me manque pour mon voyage en Espagne.

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