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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 09:30

Impossible de prévoir à l'avance si une sortie de pêche va être productive ou non, impossible de savoir à quoi le poisson va mordre si toutefois il est présent. Hé bien quelques fois même quand la mer est agitée par des jours et des jours de vent, que la houle creuse des tranchées dans le fonds des calanques et que rien ne permet de penser que l'on va pouvoir rester bien longtemps, hé bé le poisson attends la bouche ouverte que les appâts tombent du ciel.

On ne va pas dire que c'est un exercice facile loin de là, le vent soutenu de travers, les grosses vagues qui arrosent tout sur son passage, le courant qui trimbale tout les plombs d'un côté comme des fétus de paille conjugué à l'aspect nocturne, on se surprends souvent à jurer comme un cochon tout en s'essuyant d'un revers de la manche les embruns salés sur le front. Mais le résultat est souvent lié à toute l'attention que le pêcheur va lui accorder et dans ce cas de figure la règle première c'est la patience. Au fil de la soirée les éléments nous offrent un véritable festival, une sorte de spécial tout compris qui se déchaîne sur nos têtes, la soirée semble perdue mais le poisson est là. Il mange avec frénésie et les prises se succèdent, tout devient magique mais nous ne savons pas si cela va durer bien longtemps.

Effectivement ce la ne va pas durer, il ne va nous rester que l'aspect contraintes et le bruit assourdissant des vagues qui explosent contre les roches, nos songes qui s'endorment avec les heures qui s'égrainent lentement. Difficile de faire quelques clichés avec tout ce bordel mais bon, allé on fait tout dans l'urgence en quelques minutes.

Une raie au milieu des calanques, allé, bon retour à l'eau et fait nous pleins de petits...

Une raie au milieu des calanques, allé, bon retour à l'eau et fait nous pleins de petits...

L'article de Reno en Espagne et la pêche de la semaine.
L'article de Reno en Espagne et la pêche de la semaine.

Reno en Espagne

 

Une semaine de pêche en Espagne.

 

Nous sommes en février, je suis sur l’autoroute du soleil, il est 8h30 et comme d’habitude je suis à la bourre pour aller bosser. Les embouteillages quotidiens qui forment un long cordon d'inquiétudes me laissent tout le temps de penser à beaucoup de choses et surtout à mon loisir préféré.Tout en tapotant sur le volant  rythmée par un fond de musique qui sort de l'autoradio je tue le temps comme je peut. il me revient en mémoire tous les beaux recoins que j'ai investi l'année dernière, mon esprit vagabonde irrésistiblement vers eux, je lance, je ferre mon imagination fait le plein de beaux poissons en quelques heures comme par magie, houchhhh, je rêve là...

En fait ces symptômes récurants s'emparent de moi dès que j'ai atteint le niveau critique de réalité, il faut un remède qui va me permettre d'évaporer en quelques heures tout ce fardeau un peu lourd qui pèses à tout à chacun. Le problème c'est que mon activité n'est pas gratuite, le fait de penser de guéri pas tout il me faut gambader un peu aussi. Mais l'histoire dans les calanques je la connait déjà vu que je la pratique depuis des lustres, il va falloir que je me mette en huit pour trouver un crénau, débourser trente euros minimum d'appâts pour me retrouver deux jours plus tard dans la même situation mais avec la fatigue en plus. A force je me suis un peu lassé de vivre ce quotidien jusque dans mes loisirs, heureusement il y a mes copains qui me font tout oublier et qui transforment une simple partie de pêche en grosse rigolade.

Et puis un jour j'ai voulu dépasser tout ça, je voulais voir si ailleurs il existait quelques chose de différent, voir si j'était capable de vivre une aventure hors du commun, vivre l'inconnu car j'ai toujours gardé dans un coin de mon âme cette envie irrésisitible de faire le grand saut. Le choix se décide comme ça et on ne sait pas pourquoi mais où aller ? La Corse ? En Espagne? La Grèce ? Des lieux mythiques de la pêche mais voilà, il faut être réaliste je n'ai pas le moindre sous en poche. J'ai bien pensé à une location mais à priori ce n'est pas dans mes moyens. Le camping est une bonne solution mais je vais devoir rester cloué au même endroit à moins de trouver sur mon chemin et là tout ce complique et rien de plus aléatoire. la seule solution gratuite c'est de dormir dans la voiture, non, mon entreprise est mal barrée. Mais attends, pourquoi pas ?

Du coup cet embouteillage me donne le temps de réfléchir un peu. Et si avec deux ou trois aménagements...D'un coup la machine se met en route, si je vire les sièges de derrière du Scénic il me reste un bel espace pour y mettre un matelas gonflable, une glacière électrique, les cannes à pêche et tout le nécessaire en bouffe pour affronter l'inconnu. mon coeur s'envole soudain car je peut voir enfin une issue à ma folie.

J'arrive enfin devant mon travail, je ferme machinalement la porte de la voiture et pourtant je reste là figé par mes pensées. C'est acté, je partirais fin Octobre en Espagne. J'ai plusieurs mois pour repérer mes postes sur le satellite et faire la longue liste non exhaustive de tout ce que j'ai besoin. il ne me reste plus qu'à l'annoncer à la maison et de poser si je peut une grosse semaine de congés annuels.

Les mois passent et mon projet prends forme, quelques coups de fils me permettent de glaner quelques accessoires à mes copains. Parfois je suis un peu absent dans la discution car je n'ai qu'une idée en tête, mon travail me passe souvent au dessus et parfois même je me sent un peu seul... Tout cela ressemble à une remise à zéro, un parcours quasi religieux en direction de la terre sainte et comme face à une fontaine de jouvance que l'on découvre par hasard, les mots me manquent...

 

Jour 1

Calla Montjoi.

 

Nous y voilà enfin, après des mois et des mois de préparatifs et de recherches d’infos en tout genre, le réveil sonne et donne le top de mon départ comme si j'avais pu dormir...Tout au long de la longue semaine j’ai été en contact avec Manu de Sud'esca qui malgré les inondations et les tempêtes dans le Gard a quand même réussi à me trouver une bonne dizaine de gros bibi dans un état impeccable alors qu’il n’y en avait plus nul part. Merci SUD'ESCA !!

Je remercie également Clément de la société Pexéo qui m’a permis de trouver deux beaux ver de Rimini la veille de mon départ.Pour les mêmes raisons que les bibis personne ne pouvait m’en fournir Clément a pris du temps pour effectuer les recherches en contactant tous les détaillants qu’il fournit pourtant, on ne se connait pas. Merci PEXEO.

En route pour Cuxac d’Aude (lieu de résidence de Sudesca) pour récupérer mes bibis je sent souffler le vent de l'aventure dans mes veines, c'est un sentiment étrange qui vous envahi et qui parfois peut faire peur, mais là, mais là... Je suis accueilli comme un prince par Sandrine et Manu, la boutique m'est ouverte en grand comme si depuis toujours nous nous connaissions. Je peux vous dire que ça tourne plein badin, ils viennent d’être dévalisé, les bacs sont (presque)vides. Ici pas de comptoir ni de vitrine, le local est aménagé au rdc de la maison familiale, le chien et le bambin courent dans tous les sens au milieu des viviers et on ne vous demande pas d'achetter tout le magasin, on vient on parle et on boit un coup. Je n’ai vraiment pas l’impression d’être dans un magasin de pêche, en fait je suis tout simplement chez une famille de pécheurs et la qualité des appâts s’en ressent forcément.

Beaucoup plus tard je reprends enfin la route de mon délire, la glacière remplis de tous ce qu’il faut pour couvrir une semaine de pêche et la caboche déjà bien chargée de très belles images. 

 

 

J’arrive aux abords de la ville de Rosas vers 16h00, le dos en a pris un coup et je met quelques minutes à me déplier, j'ai un peu des fourmis dans les jambes va savoir pourquoi... Ce maudit GPS me fait bifurquer sur la gauche juste avant d’atteindre le centre-ville alors qu'il fallait aller tout droit bon, va comprendre. La route serpente un peu au milieu de quelques habitations anciennes puis je me retrouve bientôt en plein maquis sur un chemin que j’ai parcouru des dizaines de fois sur Google maps. Je suis aux anges, le cadre est magnifique, au loin dans la brume de chaleur le Cap Creus règne en maître, Imperial, inflexible, mon rêve commence ici...

La découverte de mon premier poste est un pur bonheur, en dehors de deux camping-cars au bout du chemin, la plage est déserte.

Je savoure ce moment tout en déballant mes affaire du coffre de la voiture, j’en ai tellement rêvé depuis des mois. Le bonheur est si simple, une chaise pliante, une table pliante et je casse la croute face à la mer si calme, j’ai tout mon temps pour savourer tout ça.

19h00 tapante les cannes sont en place, les pics plantés, les écureuils à bloc de lumière et la rage aux dents. Les heures passent sans qu'il ne se passe beaucoup de choses, je suis un peu déçu car je pensais franchement avoir des touches dès le début. Mes rêves ont pris le dessus car je voit bien roro et la joyeuse troupe des silverboys en train de labourer les fonds des eaux, j'immagine sans peine les soirées bien arrosées qui se finissent au lever du jour les yeux dans le flou.

Je me rassure en me disant que la nuit n’est pas encore installée, allé, il faut être un peu patient.

20h30, il fait nuit noire et il faut se rendre à l’évidence, il ne se passe rien et les appâts ne sont absolument pas touché. Le doute s’installe.

22h00, je suis démoralisé, toujours rien.

00h00, une humidité incroyable vient de tomber, tout est absolument trempé moi y compris. Je suis là sur ma chaise longue à lutter contre le froid en me maudissant « eh voilà, ici ou à Marseille finalement c’est pareil, t’es un pécheur en bois. En plus si ça se trouve t’as choisi une plage de merde avec aucun poisson, tout ça pour rien !!! ».

00h45, je suis à deux doigts d’aller me réfugier bien au chaud comme une larve dans mon duvet quand enfin la première touche au ver de Rimini me fait reprendre espoir. Une touche incroyable, celle qui fait monter popol à la vertical. L’écureuil se colle direct sous la canne, le frein hurle pendant plusieurs secondes, moi perdu je cours comme un dératé vers elle mais il faut rester calme et ne pas se précicpiter. Je recale le témoin plus rien ne bouge, je redonne un peu du mou puis l’écureuil se recolle instantanément avec rage. Mon frein est réglé à la hâte , je ferre dans la foulée. Il y a un très gros poisson au bout, la canne est pliée comme jamais je ne l’avais vu avant elle décrit presque un "u". Un tour et demie de manivelle prudent et c'est la casse. Mon frein n’était pas réglé assez souple et dans la précipitation j'ai oublié….  première erreur. Pas de coup de tête, ça tiré très fort, tout simplement.

Denti ? Pagre ? Tambour ? Va savoir.

J’en ai les jambes qui tremblent pour la première touche de mon séjour j’ai était servi et ça commence à sentir bon tout ça. Il faut dire que j’étais en 22/100e, le bas de ligne a cédé a mis chemin entre l’hameçon et l’émerillon. Je remonte un bas de ligne neuf, réarme, relance. Il me faut une petite pause pour me remettre de mes émotions mais pas le temps de finir ma clope c'est la même touche. Cette fois je règle tout au poil de cul et me revoilà !!!! Hummmm, c’est bien moins gros, il y a toutefois un bon client a l’autre bout. Il me donne de bons coups de tètes dès le début, cette fois je joue avec le frein pour garder une réserve et je prends tout mon temps pour remonter mon poisson. Je savoure ce moment, je me régale. Dans la lumière de la frontale qui éclaire au raz de la berge je vois apparaître une tache brillante qui tournicotte, celle d’un beau sparidé sans doute à moins d'une blanquette. Dans la dernière vague il est évident qu'il s’agit d’un très beau sar, il doit bien faire ses 800 gr au moins et puis si il ne les fait pas je m'en fout. Aaaaah, enfin, il était temps me voilà rassuré. Un bon coup d’adrénaline dans les veines coup sur coup fait que je ne sens plus le froid, la situation a totalement changée en quelques minutes et là Je suis au top !

Il ne se passera plus rien pendant une grosse demi-heure. Le froid me reprend peu à peu avec le sommeil, mon jeans colle à la peau, je n’ai pas pris le temps de changer mes chaussure, mes converses sont trempées.

D’un coup une idée me vient, un café !! Voilà exactement ce qu’il me faut pour tenir le coup. A mon retour de la voiture je m’aperçois qu’un écureuil est monté, je pose mon café sur la table pliante et je remonte mon petit sar de 300gr sans efforts(retour à l’eau pour tt les poissons de moins de 400gr) le sourire aux lèvres tout en pensant au café fumant qui m’attend.

Je me pose confortablement sur ma chaise pliante( aussi) tout en gargarisant d'onomatopées pour savourer  amoureusement ma boisson quand à quelques mètres de moi pile sous mes cannes je distingue une silhouette dans la pénombre qui farfouille. Mince un chien errant, je n’aime pas trop ça il risque de me pisser sur les cannes. J’éclaire ma frontale plein pot et là, quelle surprise !! Un magnifique renard est la tranquillement a moins de six mètres de moi et qui fait presque mine de ne rien voir. il a un pelage roux éclatant qui scintille avec la lumière il me regarde sans gloire en s’éloignant doucement. Je me redresse, me dirige autoritairement vers lui comme si je n'allait pas détaler si il se mettait à grogner. Il accélère le pas et se plante fièrement à vingt mètres et ne bouge plus d'un iota. A cette distance il n'y plus que ses yeux qui brillent dans le faisceau de la frontal et il restera plusieurs secondes à me regarder et j’ai clairement l’impression qu’il attend que je lui balance de la bouffe. Aucun doute, ce renard est habitué à l’homme. Le coin grouille de gibiers et d’animaux en tout genre si j'avais su j'aurai pris un calibre plutôt que mes cannes là au moins j'aurais déjà fait un carton. Je croise juste les doigts pour ne pas me retrouver face à un gros sanglier car à part lui lancer les pics de surf casting ou me jeter à l’eau je ne vois pas comment je pourrais m’en sortir.Je peux enfin me poser avec mon café et une bonne cigue pour finir de me détendre.

Quinze minutes plus tard les touches reprennent de plus belle mais au bibi cette fois ci. J’en aurais quatre au cours de l’heure qui suit sans pouvoir en concrétiser une seule, le pire c'est qu'on ne peut pas affirmer le poids du poisson, c'est peut être une daurade de cinq kilos comme cela peut être un sar de deux cent grammes...Il est 3h00 du matin, il ne se passe plus rien du tout. Je parcour la plage dans toute sa longueur pour trouver quelques trucs insolites histoire de me réchauffer et de tuer l’ennui. Je fume clope sur clope sur ma chaise longue en admirant le spectacle que me font les étoiles filantes. J’attends le coup du matin.

 

 

L'article de Reno en Espagne et la pêche de la semaine.
L'article de Reno en Espagne et la pêche de la semaine.
L'article de Reno en Espagne et la pêche de la semaine.

Vers 5h00 je pique un petit roupillon, je réouvre les yeux vers 6h00 et je grelotte de froid, comment peut-il faire si chaud la journée et si froid et humide la nuit ?

Je suis en train de vérifier mes hameçons quand j’entends un remue-ménage pas possible dans mes affaires. Le renard !!! Il est carrément en train de me tirer mon sar, cet enfoiré essaye de déchirer le sac isotherme, malgré mon apréhension je suis Obligé de lui courir derrière pour qu’il lâche l’affaire,  Hallucinant non ?!!!

Allé, normalement au lever du jour il devrait se passer quelque chose, j’attends. Le soleil se lève et teinte le ciel d’une couleur à couper le souffle. Je redécouvre les lieux, cet endroit est fantastique.

La première touche arrive vers 8h00 (bibi). Pas de doute c’est un sar. Je suis content car la touche est filmée., il bataille dur et à mon avis l ne doit pas être loin des 800 gr. Le bibi est à peine touché, je relance, rebelote.

Une fois de plus une touche brutale filmée en direct. Il est plus petit que les autres (600gr) mais bizarrement c’est celui qui s’est le plus battu. J’offrirais mes trois poissons à une sympathique petite famille qui a assisté de loin à ses deux prises. Ils seront ravis. De mon côté il est temps d’aller me poser un peu pour dormir, il est 9h00 et je viens de me faire une cession de 14h00. Même si les touches on tardé à venir, au final je garderais un bon souvenir de cette première pèche en Espagne.

 

Playa castell

Le temps de trouver un endroit sympa et calme pour dormir, de me débarbouiller, de ranger correctement la voiture, de me faire à manger, il est déjà midi. Je prends le temps d’apprécier mon repas tout en écoutant chanter une compagnie de perdreaux sur le versant juste à ma gauche ici la vie est partout c'est merveilleux. Je pense naïvement que je vais pouvoir dormir plusieurs heures vu mon état de fatigue mais entre la lumière du jour, la chaleur et cette maudite mouche qui s’est glissé dans l’habitacle, je vais à peine somnoler 1h30 et encore...

Je lève le camp chaud bouillant à l’idée de découvrir mon prochain poste en direction Playa Castell tout prêt de la ville de Palamos. J’englouti les 120 KM s’en même m’en apercevoir, les paysages et les petits villages typiques défilent. Superbe. Pour le moment je vis exactement ce que je voulais vivre, penser à la pêche et rien qu’à la pêche. Découvrir des lieux, couper avec la civilisation…Du coup je tourne un peu en rond avant de trouver le petit chemin qui va me mener jusqu’à mon poste. Petite route goudronnée sur quelques kilomètres se terminant pour un chemin en terre battue très arboré une fois de plus c’est juste superbe. J’arrive vers 17h00 à playa Castell, la plage étant beaucoup moins isolée que la veille j’y trouve beaucoup plus de monde maios ça reste super tranquille quand même. Je vais attendre tranquillement que tout ce monde s’en aille pour déballer méticuleusement tout l'armada de pêche.

18h30, c’est parti. La plage a retrouvé son calme. Encore un bel endroit. Par contre il y a 300 bons mètres entre le parking et la plage, je doit charier la table, la chaise longue, le matos, j’en suis pour deux voyages, suis plus très frais hein…Plus très frais mais motivé à bloc vu le coin, je vais faire ripaille d'images pour mon film. J’installe en long toutes les cannes avec les meilleurs appâts, je suis gonflé à bloc mais je suis  un peu crevé quand même.

19h45, première touche au Rimini (normal), l’écureuil monte en une seule fois sous le blank, je redonne un peu du mou, je retourne m'assoir sur La chaise, j’allume une clope, je suis bien. Plus rien ne se passe. Je ramène, mince le bas de ligne est coupé au niveau de l’hameçon. La touche n’était pourtant pas fulgurante…Ben c’est tout bon ça. Au moins maintenant je sais qu’il y a du monde sous l’eau, c’est toujours rassurant quand on découvre un poste pour la première fois. Pas trop le temps de réfléchir, ça tape sur la canne au bibi. L’écureuil fait le yoyo pour venir se bloquer sous la canne. Je ferre en souplesse car je suis a peut prêt sur que le poisson est piqué. Bingo ! Je sens les premiers coup de têtes, je règle mon frein au plus léger histoire d’apprécier cette remontée et surtout de ne pas péter le 20/100e. Elle arrive lentement mais sûrement, je connait bien ces coups de têtes, c'est une belle blanquette de 750 gr qui est échouée à la faveur du ressac. C’est bien mais ce n’est absolument pas ce que je suis venu chercher ici. Je recale mes cannes et j’ai droit à un festival de touche, ça part de tous les côtés, un vrai régal !! Sauf que ce sont des blanquettes de 300 gr, bon. Vers 22h00 tout s’arrête comme si on avait fermé la boutique. Au moment où je me rallonge sur ma chaise longue mon corps devient liquide. Plus un brin de force, plus la moindre énergie. Le temps passe, je suis entre sommeil et coma. Chaque fois que je dois me lever de la chaise j’ai l’impression de peser une tonne. Néanmoins je sais qu’il va se passer quelque chose, soit pendant la nuit soit au lever du jour mais pour cela il faut que mon cerveau et moi ne faisions qu’un et là, on est loin du compte. Il est juste posé à côté de moi, il dort le salaup… et moi je suis à l’état de légume. Je rassemble le peu de force qu’il me reste pour mettre un beau crabe sur chaque canne puis je me rallonge en espérant pouvoir dormir à la belle étoile bien au chaud dans ma combinaison de pluie et surtout à l’abri de l’humidité mais je n’y arrive pas. Toutes les trois minutes mon œil est attiré par les écureuils j’ai tellement peur de rater un beau poisson … 1h00, j’ouvre les yeux. Je regarde mon téléphone, j’ai dormie ¾ d’heure. Un brouillard épais a envahi toute la plage, bon, il faut être réaliste, si je veux pécher un peu demain il faut absolument que j’aille dormir et dès maintenant. Je remonte les cannes (crabes intacts), je me farcis les deux aller retours jusqu’à la voiture. Il est 2h15, mon duvet est prêt, j’ai grillé une dernière clope en écoutant les bruit de la nuit je m’endors en quelques secondes...

Je me réveille à 9h30 mais vers 10h00 les premiers plagistes commencent à arriver. Dommage je serais bien resté là pour mon petit dej, douche et compagnie… car le lieu me plaît beaucoup. Je tourne un peu dans la campagne sur les petits chemins et je fini par trouver le lieu parfait. Je fini de me réveiller en douceur. Aujourd’hui j’ai tout mon temps, le poste de ce soir n’est qu’a trente minutes.

 

San Feliux di Guixol.

Le temps de faire quelques achats, de laver la voiture qui en a bien besoin, je suis au portes de la ville vers 16h30. Il s’agit d’une petite pointe rocheuse que j’avais repérée il y a quelques années alors que j’étais en vacance en famille, le poste a l’air profond, ça respire le gros poisson tout ça. Je n’ai pas de photo du poste mais de toute façon tout ce qui n’est pas dans l’article se trouve dans le film. Je m’installe rapidement en me disant que s’il y a un gros poisson à faire c’est ici je suis remonté comme un ressort de réveil. Ma seule inquiétude vient de la nature du fond, roche ou sable je ne sais pas encore. Je sonde un peu devant moi, impeccable, que du sable.

Bibi, Rimini, j’envoie du lourd...

 

Tant qu’il fait jour il ne se passe pas grand-chose mais dès la nuit tombe le poste lâche les chevaux. 19h45, première touche au Rimini. L’écureuil monte doucement et s’arrête sous la canne. Un classique… je donne du mou, j’attends confirmation mais plus rien. Au bout de plusieurs minutes j’envoie un ferrage, rien. Bas de ligne cassé. Vous avez remarqué ? Systématiquement la première touche de la soirée a était cassé à chaque fois. Vas comprendre. Dans le 1 /4 d’heure mon écureuil monte lentement, il redescend, remonte, il fait le yoyo pendant cinq bonnes minutes façon grosse dorade. Il est temps de lui faire savoir que la soirée est terminée pour elle. Mon ferrage est stoppé net à mi-chemin. Yeaaahh !!!! Je suis en 22/100e donc j’y vais en souplesse. J’ai la canne au-dessus de la tête et elle est franchement pliée. Le frein ivre patine, le poisson prend du fil sans ménagements. Je réajuste le frein, je bride un peu,  il faut reprendre la main sur madame. Après cinq ou six tour de manivelle au ralent je suis accroché, le poisson est parti dans un trou, tout cela me fait froncer les sourcils car à première vue il n'y a pas de roches ici et accrocher dans le sable est peu probable. 

 

Ok, ok je pose la canne tout près de moi bien calée, je sors un maximum de fil du moulin au cas où, l’écureuil est replacé à mi hauteur juste sous mon nez et il est l'heure d'allumer une  une clope pour évacuer mon stress. Le poisson va ressortir c’est obligatoire, à un moment ou à un autre… A mi clope l’écureuil remonte de plus belle, il me faut reprendre immédiatement contact pour ne pas coincer encore une fois ce poisson, elle est bien là et elle n’est pas contente mais à peine mis en action et trois tours de moulin c’est le temps qu’il aura fallu pour qu’elle se remette à trou ! Je refais la même chose (je sors du fil et j’attends) tout en prenant conscience qu’a un moment mon fil va frotter et il va casser. Le petit jeu va durer environ quinze minutes, je prends et je pose. A chaque fois à pein sorti le poisson se remet immédiatement à trou, reprise de contact et ainsi de suite sauf que là j’en ai raz la patate, au prochain coup je la remonte en force et c’est exactement ce qu’il va se passer, je serre le frein, on verra bien. Je ramène les dix derniers mètres comme ça. La belle est complètement épuisée et du coup j’arrive à l’échouer par miracle sur un rocher plat. Mince, mais ce n’est pas une dorade du tout, c’est un pageot, sur le coup je suis  un peu déçu car je m’attendais à un poisson bien plus gros, mais bon, ce pageot fait son kilos et je vous avoue que de cette taille je n’en ai jamais fait. Ben ça alors ! ( non en fait j'ai dit Putain)! Je ne pensais pas qu’un pageot pouvait autant tirer. Soudain je réalise que je viens d’avoir une chance incroyable car que si je pique un spécimen plus gros au bout de la ligne je n’aurais certainement pas la même chance.

Bon, quelques modifications s’imposent immédiatement. Pensant pécher dans le sable j’étais en 110gr mais là je passe en 40gr et encore. Je raccourcis mon bas de ligne et change le 22 pour du 25/100e. La technique va être la même mais avec moins lourd et au final j'ai largement gagné en discrétion, d'ailleurs en même pas dix minutes c’est déjà la touche. l'écureuil extra lumineux monte lentement comme pour me prévenir que cette fois c'est du lourd, le moulin prend le relais une fois la course du témoin achevée mais pas de façon genre énervé comme bien souvent, non là le frein tourne très lentement. On pourrait presque entendre le cliquetis des roulements. Je prends la canne en main et bloque la bobine avec la paume en douceur et j’envoie mon ferrage pensant pouvoir la reprendre de volé. Grossière erreur de débutant ! là je m’en veux… aucune excuse n'est possible. Au lieu de lâcher du mou et d’attendre que le poisson s’arrête pour engamer tranquillement, moi je lui ai juste enlevé le pain de la bouche. L’appât est intact, qué misère !

Voilà, ça fait une bonne heure au moins que je pêche et je réalise que j’ai à peine eu une malheureuse tirée au bibi, comparé au ver de Rimini avec qui j'enregistre presque toutes les touches. La suite est simple, touche et accrochage systématique au fond, rien à faire, tient d'ailleurs je vais faire un test pour voir. J’envoie la canne au bibi dans la zone rocheuse ou j’ai un max de touche et le Rimini dans la partie sableuse ou il ne se passe rien. Le résultat est sans appel, le bibi ne provoque aucune touche alors qu’il y a quelques minutes à peine j’en avais pleins au Rimini. Pas de résultat non plus avec le Rimini dans le sable mais simplement parce qu’il n’y a pas une seule écaille sur cette zone.

Vers minuit j’en ai raz la patate de passer mon Rimini pour rien. Je ne fais qu’accrocher et laisser du matériel. Je décide de plier et de me rendre directement sur le poste du lendemain soit …. Soit 250km en direction du Delta de l’Ebre autant les faire maintenant ce sera ça en moins à faire demain. J’ai fait une nuit complète… la veille ça devrait aller, un bon casse-croute, je prends la route vers 2h30.

A 30km de ma destination je m’aperçois que le vent se met à souffler très fort. Mince, une météo pareil ça pouvait pas durer toute la semaine hein …

Me glisse dans mon duvet, il est 6h00...

Être seul au bout du monde, voilà une expérience unique.

Être seul au bout du monde, voilà une expérience unique.

Le lendemain la « tramontana » (mistral) est bien là et elle a soufflé jusqu’au Vendredi soir veille de mon départ, les grosses touches, les beaux départs, les casses retentissantes, tout ça s’est arrêté net. Plus le moindre beau poisson du jour au lendemain. Delta de l’Ebre ou pas, même résultat il n'y a plus aucun poisson en vue. Heureusement les paysages sont restés magnifiques et cela m’a permis de pouvoir me faire quelques petites excursions dans les collines, de toute façon tout est dans le film.

Bilan.

J’ai vécu une aventure incroyable qui est née sur l'autoroute un matin d'embouteillages, j'ai rencontré des gens adorables, péché dans des cadres magnifiques et je suis entièrement satisfait de cette expérience dont je parlerai encore longtemps. Certains diront (concernant la pêche) « tout ça pour ça », oui effectivement on peut voir ça comme ça… mais moi j'ai vécu un truc d'énorme où tout s'est lié pour ne pas que je parte. Je voulais avant tout me retrouver dans des endroits inconnus, libre de pouvoir allé pécher ou bon me semble, quand je veux et autant que je le veux.

Le résultat de la pêche n’est que la cerise sur le gâteau, rien de plus en fait.

Quel plaisir de pouvoir se poser dans un cadre magnifique, de se faire un bon repas en plein air en ne songeant à rien d’autre que sa prochaine pêche.

J'ai quand même accumulé une certaine expérience qui va me servir quand je reviendrai un jour, j'espère juste que je pourrai le partager avec mes amis.

 

Un énorme merci à ma petite femme qui a rendu cette aventure possible en finançant le trois quart de mon voyage car sans elle je serai encore à pleurer dans les embouteillages... 

 

Merci à tous de m’avoir lu,

 

Reno...

 

 

 

 

 

 

Ci dessous le lien du film

https://www.youtube.com/watch?v=P-tUIW8FurA&noredirect=1

 
L'article de Reno en Espagne et la pêche de la semaine.
L'article de Reno en Espagne et la pêche de la semaine.
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Construit et imaginé par RORO, GREG, MARCO, GEGE. - dans pêche au bord de l'eau. sport
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commentaires

syl34 20/11/2014 23:31

Super aventure!! Et pas mal le coup du scenic , mes parents font ça aussi, ils ont carrément découpé un bout de mousse pour faire un matelas sur mesure et partir en escapade sauvage

renaud 21/11/2014 12:03

Ton camion ne s'en remettra jamais ...mdr !
Il faudra vite valider le nombre de pécheur et après seulement on pourra choisir la plage.
Il faut qu'on ai un minimum de place hein. J'ai mon idée sur le lieu .... mais on a tt le temps.
Poison grillé sur la plage ...... mamamiaaaaaa m'y voie déja.

RORO 21/11/2014 11:24

Hé bé c'est toute la côte que l'on va coloniser à force de faire des émules. Moi j'ai un trafic long et je peut faire dormir trois personnes avec les affaires mais attention, personne ne pète dans mon camion hein !!!

renaud 21/11/2014 10:48

Merci Syl, eh ouais en envisageant les choses de cette façon cela permet de partir en totale liberté sans ce ruiner. En plus en terme de confort c'était nickel.

steph 20/11/2014 20:09

Des grillades, de l'alcool, des collegues, un max de canne et a nous l'espagne "heureusement qu'on vient" biz

renaud 20/11/2014 20:35

yeaaaaaahhhhhhh putain ça va le faire !!!!!!
Je vs kiff !!!! mdr !!!
PS: lui qui vient pas a la paille au cul ....

renaud 19/11/2014 23:20

Avec tt ça j'ai omis de féliciter les pécheurs de la soirée. Encore des tableaux fantastiques.
Bravo à vous, vous etes au top !!!
Merci Roro pour m'avoir filé un bon coup de main pour l'écriture de cet article.
Bise à tous.

steph 19/11/2014 21:04

Encore merci reno pour ton recit!! L'année prochaine on vient avec toi... biz

bert 20/11/2014 18:12

Sûrement qu'on vient , on fait les 3/8 sur la plage ...mdr

Renaud 19/11/2014 23:01

Putain vous avez intérêt a venir hein !
Bise Steph.

alainpaddy 19/11/2014 18:05

Je l'avais déjà lu mais je l'ai relu ! ça c'est de la vraie aventure !! Pour se faire plaisir : savoir oser ! il y a toujours une récompense au bout !!

Renaud 19/11/2014 22:58

Merci Alain.

pecheur des calanques 19/11/2014 18:04

eh bien voila ont avait le film maintenant ont a le recit !! je donne 10sur10 au deux encore bravo..ps il faut pas un permis peche en espagne ??.....

Renaud 19/11/2014 22:52

Merci pour le 10 !
Oui il faut un permis, je l'ai payé 15 euros et il est valable un an sur toute la cote catalane.

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  • : C'est l'histoire d'une poignée de gars qui rôdent les sentiers des calanques de Marseille, avec son lot de réussite, de déception face aux filets de pêcheurs, de la saleté laissé sans vergogne. Ici on montre tout et on vous dit tout !
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  • Quand la nuit tombe nos esprits s'éveillent, qu'importe le temps  ou les saisons il n'y a pas de poissons à l'abri de nos cannes à pêche...  Aventures de pieds nickelés garanti...
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