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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 18:52
On prépare le voyage en Espagne avec la bande alors...Nostalgie oblige !

On prépare le voyage en Espagne avec la bande alors...Nostalgie oblige !

Pour clôturer une saison de pêche qui va marquer un autre départ, j'ai à coeur de vous raconter la toute dernière pêche que j'ai faite ces derniers jours.

A la faveur d'un heureux hasard de calendrier, combiné à une météo qui s'est brusquement amélioré, je suis parti tout seul comme j'aime le faire dans ces profondes calanques qui m'accueillent si souvent. Ici entre les pierres préhistoriques et les arbustes épais je suis chez moi. Ici je ne craint nullement la solitude ni la peur de revenir bredouille. Cette mer si fantasque devant moi me procure une sensation d'absolu que je ne trouve que très rarement ailleurs. Dans le noir je peut observer à discrétion le manège des rares bateaux qui traversent l'immense baie et parfois même constater quelques exactions. Il n'est pas rare de croiser le souffle bruyant d'un cétacé qui n'a pas détecté ma présence car je suis tout feux éteints ou la chasse en pleine nuit d'un groupe de thon qui pourchasse les mulets jusqu'au bord. Voilà des choses qui ne sont pas anodines en réalité quand on est pleine quête du graal. Le seul truc que je craint réellement c'est qu'avec la cinquantaine qui approche à grand pas et mes anciennes blessures de motard font plus régulièrement surface, je peine de plus en plus à me rendre dans ces fameux endroits 'impossibles". En fait il est difficile de concevoir de ne pas pouvoir refaire sans cesse ce tracé processionnaire pour une vulgaire histoire d'articulations. Mes souvenirs et toute l'histoire de mon blog est de ce côté. Dans ce coin de Provence je suis passé de minot à jeune homme, de jeune prétentieux à homme, puis papa. Des images en noir et blanc m'accompagnent dès que j'ai quitté la voiture et qui sont souvent mes meilleurs amis quand je peine un peu. Derrière le rideau de mes yeux se cache le meilleur des ces souvenirs, ceux qui ont éxistés et ceux que j'aurai voulu vivre. Tout deux sont des amis d'un soir qui dansent pendant le nuit et qui retrouvent leur place une fois que mon esprit est repus.

Pour les jeunes pêcheurs qui m'accompagnent souvent il n'est pas aisé de parler d'une époque où il n'y avait rien ou presque dans la musette d'un pratiquant. Difficile de faire l'exposé d'une sortie nocturne quand pour toute lumière qui éclaire le chemin rocailleux abordé au couché du soleil, nous n'avions qu'une seule lampe baladeuse de renfermant une grosse pile plate. Sa puissance était aux alentours de 15 lumens ce qui laissait peu de place à l'improvisation. ses lueurs était plutôt jaunâtre et le cercle de lumière qu'elle décrivait au sol n'était pas assez large. Mais pour autant ceux qui suivaient les pas de l'ouvreur devaient s'en contenter pour ne pas louper le coche et ne pas tomber du haut du chemin. L'été, nous ne portions que des espadrilles Catalanes déjà bien défraîchies car les chaussures de marche étaient hors de portée pour le maigre portefeuilles de ma famille. Les petites glissades étaient légion  au vu de l'adhérence de la cordelette tressée et toujours plus ou moins contrôlées. Mais bon, le chemin se fesait comme ceci, bon gré, mal gré. Il nous attendait beaucoup de poissons de taille très modestes sur nos postes enfantins, mais l'important n'était pas la taille des prises capturées mais plutôt leur valeur multicolores qui avaient le don de délaver les sombres années d'un dur labeur dans la grissaille Parisienne.

Pour ma part du haut de mon très jeune âge j'avais l'immense tâche de transporter dans un sac de l'armée kaki les quelques victuailles emballées à la hâte devant le frigidaire dans un trochon de la cuisine. Trois doigts de saucisson chacun, un quignon de pain, quelques galettes Bretonnes, mais pur beurre, quelques grains de sucre blanc, un litre d'eau en bouteille et une bière. Pour mon père, sa biasse n'était pas beaucoup mieux garnie que la mienne. Il avait ses deux fameuses cannes de rivière en fibre de verre blanches à la main dont la marque m'échappe, deux moulinets Daïwa BG 70 embobinés de trente centièmes. A l'époque il était dans flux du pêcheur moyen. Les journaux spécialisés voire les revues scientifiques, qu'il dévorait avec passion assis dans les toilettes, décrivait avec des schémas et des images l'impossibilité de pêcher avec autre chose que du trente centièmes. L'incontournable série des Daïwa BG qui faisaient le bonheur des hommes de l'époque. C'est ainsi qu'il se sentait fier et sûr de ne pas pouvoir faire mieux et à quelques détails près, il se sentait dans le vrai. Mais dans cette fameuse deuxième musette de l'armée que mon père portait avec aisance par dessus l'épaule renfermait tout le trésor accumulé sur la lunette des toilettes et sûrement le secret de sa pêche. Une boite de demi dures, quelques lanières de calmar, des morceaux de sardines, des crevettes grises et de temps en temps quelques vers américains pliés dans du journal. Il n'aimait pas les cordelles car il ne savait pas comment les monter sur le fil et le prix ne correspondait pas avec sa vision du loisir de la pêche. Quand je mesure tout ce qui a été fait pendant ces quarante ans du côté des pêcheurs je me dit que le loisir de la capture devient plus une histoire d'instinct puisque la technique moderne est maintenant idisponible à tous. Le matériel haut de gamme est à la portée d'un non initié. Nous avons beau pinailler sur les mélanges de fibres, les roulements étanches de moulinets, les anneaux ultra-légers ou tout simplement le poids de l'ensemble, il me semble nous sommes arrivés aujourd'hui au bout du concept. Reste que l'aspect joue  un grand rôle ainsi que la communication sur un produit, pour le reste je pense qu'il y aura peu de grandes inovations côté matériel si ce n'est sont coût.

 

L'article de l'été.

 

 

Rien de très facile au départ quand on a une montagne de choses à faire dans son propre quotidien, pourtant dans sa vie, comme une carte que l'on retourne au jeu du Monopoli, là j'ai tiré la chance du bout des doigts. Je doit remercier au passage mes copains de chez PEXEO qui m'ont laissé une belle brochette d'appâts qui vont immédiatement faire intégralement parti de cette soirée. Sans ces fameux appâts surgelés je ne voit pas comment j'aurai pu organiser cette nuit de pêche. Pour la petite histoire, je suis sur le départ pour mon poste et il est plus de 21h...Les embrouilles et la marche commencent...

Voilà des ingrédients qui m'ont toujours réussi depuis toujours, là je doit parler de coup de chance et d'improvisation. En ralité je pense que je suis plus dépendant de ma chance que de ma technique. Ma technique n'est pas très aboutie malgré mes innombrables années de pêche, alors que ma chance elle est toujours là. Elle guide mes pas de pêcheur, elle dirige sans ménagement mon intellect qui se soumet sans broncher à ses faveurs. Elle m'attend toujours sagement au pied du portail de ces roches où sifflent en coeur les cigales quand il fait jour.

J'ai en plus de la montagne d'appâts surgelés une boite de cordelles que ma laissé Marco lors de notre drenière sortie. A vu de nez elles sont encore dans la course mais je pense qu'elles ne tiendront pas une semaine de plus. C'est ainsi que je me suis retrouvé à bonne distance avec dans la glacière de quoi pêcher pour huit jours. Si mon père pouvait voir le simple montage d'une cordelle en quelques segondes, mes fils en 16 centièmes et mon matos qui propulse mes plombs à la vitesse supersonique, je pense qu'il aurai eu le tourni.

Malgré mes efforts les premiers lancés ne vont rien donner ou presque. La mer semble totalement vide et même les cordelles ne sont pas touchées, voilà une matière à réflexion. Il est dit souvent que quand les cordelles ne sont pas touchées c'est qu'il n'y a rien dans l'eau. J'ai beau essayer un peu tout les montages qui me sont à portée de mémoire rien n'y fait vraiment, seul quelques beau yeux minuscules seront capturés et remis à l'eau.

Les heures passent doucement, j'ai tout le temps de contrôler mes lignes de faire quelques photos nocturnes tout en surveillant du coin de l'oeil mes écureuils qui dansent avec la brise. J'ai tout le temps aussi de me battre aussi avec les milliards de moustiques qui tournent autour de moi et qui me gâchent cette soirée. Ha les moustiques... Ho là là, il suffit de rester statique quelques segondes pour en avoir une trentaine sur les bras. Produits répulsifs ou pas ils n'ont pas l'air de faire la différence, voilà un facteur qui égratigne ma soirée. D'ailleurs je vous avoue que si je ne vais pas régulièrement dans les calanques l'été c'est à cause d'eux.

Les heures passent plus vite en cette période car il y a moins de "nuit" que l'hiver, malheureusement la pêche dois se faire dans les premiers moments car au fur et à mesure que la terre tourne les chances de prendre un beau spécimen diminue. Ce n'est pas ainsi de partout mais ici on dirai que les poissons fuient le jour comme la peste même si je prie fort pour que tout reste encore possible.

Le ciel n'est plus tout à fait noir et le jour ne vas tarder à pointer, la nuit si paisible pour mon esprit va s'éloigner peu à peu comme aspiré par les étoiles. Tient ? J'ai un écureuil qui monte tout en douceur vers le ciel. A vrai dire, vu que je n'ai pas dormi de la nuit je me demande si je n'ai pas la berlue, tout cela n'est peut être qu'une illusion. Mais rapidement les choses vont changer du côté de la mer avec le basculement de la nuit. La cordelle va trouver son premier poisson de la soirée et me signaler que les marbrés sont enfin rentrés.

Là je ne bricole pas avec les tirettes je ferre d'entrée de jeu dès la touche ! Comme par magie les poissons sont rentrés dans mon petit espace de jeu comme si c'était mon cadeau d'au revoir pour l'été. Là tout y passe, marbrés, daurades, sars, pagres...Je ne sait pas expliquer pourquoi d'un coup on passe de rien du tout, à, une sorte d'explosion de poissons en tout genre. Ce ne sont pas gros poissons mais de grosses portions dont certaines dépassent largement le kilo, c'est tout ce que je demande en réalité. Dans le lot il y a un marbré qui frise les 700 gr, de mémoire ça fait longtemps que je n'avais pas vu de tels oursons ! Il me faut profiter de ce passage au plus vite car je sait bien qu'il ne va pas durer, d'ici quelques dizaines de minutes mon coin redeviendra plus calme. Bon là j'ai une idée que je vais mettre en pratique car je perds trop de temps à remonter mon poisson avec le 16 centièmes, je vais passer radicalement en 28 ainsi je vais pouvoir me passer de salabre. Par chance cela n'a pas beaucoup changé la donne, les poissons doivent être nombreux pour se disputer à ce point les petits morceaux de vers de Rimini.  Mais comme prévu avec le jour qui monte les touches s'étalent, puis plus rien. Du coup il ne me reste plus grand chose comme appâts mais par bonheur il se sont transformés en poissons...

Il me faudra trois linges pour étaler toutes mes prises sur le sol, quand on voit une telle brochette de poissons alors que j'ai passé toute la nuit à attendre sans aucune touche...Je peut être content de moi. J'ai le tourni car malgré nos pauvres pêches antérieures, j'ai quand même en mémoire un départ de frein qu'à eu ami et qui s'est malheureusement soldé par une casse alors qu'il était en plein combat. Cela mérite que je vous en parle car c'est un départ de frein qui n'arrive que très rarement dans sa vie.

Nous étions tous les deux au bout du monde à se demander si le poisson avait été totalement éradiqué des franges de la mer tellement nous n'avions pas de touches un peu comme ce soir. Nous avions longuement entamé nos connaissances sur les probabilités sur tout un tas de choses qui n'avaient en rien résolu le fait que ce soir là, ben le poisson même avec des appâts de fou, il n'était pas là... Montages flottants, lumineux, fins, souples, longs rien n'y fait. Voilà une déconvenue qui s'empile sur nos étonnants déboires récents même si on ne vous raconte pas tout.

Soudain entre deux bonbons, le frein du moulinet de la canne de mon ami qui est juste à côté nous tourne rapidement. En réalité ce n'est pas la vitesse de rotation qui nous a clouté quelques segondes assis sur place, c'est le fait qu'il ne stoppe pas ! Même entre les doigts et canne en l'air arrachée du trépied il continue à tourner sans se fatiguer. C'est comme si nous avions pris un bateau et qu'il ne cesse sa course vers le large. Pourtant il n' y a pas de bateau vu la désertitude du coin et d'après moi les bons coups de tête sont totalement inconnus des embarcations.

Mon ami va rester là au bout de sa roche avec les frein qui s'emballe entre ses doigts et à se demander comment il va pouvoir se sortir d'une telle situation avec du 16 centièmes en corps de ligne et en bas ! Mais la chance va lui sourire un peu. Au bout d'une bonne dizaine de secondes car le poisson ralenti, la lente remontée commence à prendre forme ainsi que nos espoirs. Les coups de canons dans le scion sont impressionnants vu de côté et je me demande si il est possible d'encaisser de telle gifles avec la moitié des pieds dans le vide. Là je me mesure que que sa jeunesse y est pour beaucoup et finalement n'est pas si loin de la mienne. Mais pour l'instant ses grimaces témoignent de la complexité de la situation, d'ailleurs je grimace avec lui comme si j'avais quelque chose à voir avec tout cela. Ce qui encore plus réconfortant c'est que son appâts est une petit bout de ver de Rimini surgelé, il a fait mainte fois mon bonheur mais là, nous convenons que c'est manifestement beaucoup trop gros pour nous.

Au bout d'un long combat qui semble perdu d'avance le fil va casser au niveau de l'arraché conique. Moi, la tête baissée je vais rejoindre le coin du salabre comme si j'avais été puni sans savoir ce qui nous a tenu en haleine autant de minutes. On a beau se dire que c'est pas grave et que la pêche va ainsi je ne peut pas m'empêcher de regretter cet instant intense. Mais au vu des rushs puissants et cycliques nous avons tout lieu d'affirmer que c'était une daurade monstrueuse. Aucun poisson n'a la même défense et c'est ainsi qu'on peut reconnaitre l'espèce capturée alors même qu'elle est encore dans l'eau. Là nous étions en présence d'une mémère qui dépassait  à coup sûr mon propre record c'est à dire quatre kilos et demi. Notre histoire s'est achevée peu après à la suite d'un calme revenu totalement incompréhensible.

L'article de l'été.

Peu à peu pour moi le jour se lève sur la baie, l'agitation s'est tue et je peut sereinement plier baguage tout en évacuant de ma mémoire ces images douloureuses. Tout s'est joué en peu de temps et au final je ne regrette pas d'avoir passé la nuit à attendre ces poissons. Mon bac va me faire des douleurs dans les épaules une fois de plus sur le chemin du retour. Je vais laisser une nouvelle aventure derrière moi et l'empiler sur tout ce qui s'est passé depuis ces très longues années pêche. En partant je ne peut m'empêcher de faire de longues pauses tout en me retournant. La beauté sauvage de ces coins me boulversent j'en ai gros sur le coeur de repartir vers mon quotidien qui m'attends là bas, au bout de la nuit...

Ci-dessous il y a les photos de prises durant un mois, des copains surtout, de nos sorties aussi où il y aurai trop à dire ou...à ne pas dire c'est selon. En tout cas nous vous souhaitons tous un bon été et on se trouve pour la reprise fin Août pour de nouvelles aventures. Pour nous il est grand temps de démarrer nos congés annuels et de laisser aux touristes la part de nos rêves dans leurs portefeuilles rebondis.

Bien sûr sil y a une sortie qui se concrétise, on vous tient au courant sur notre mur FACEBOOK.

L'article de l'été.
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L'article de l'été.
L'article de l'été.
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Pour la rigolade je vous ai fait une petite BD de deux pages qui humorise un grand moment de solitude alors que je débutait à la pêche, lisez vous vous y retrouverez peut être !

L'article de l'été.
L'article de l'été.

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commentaires

alainpaddy 20/07/2016 22:49

Toujours aussi volubile !
ne t'inquiètes pas pour les douleurs !! tu commences juste à vieillir ! un demi siècle , moi j'en suis au 3/4 et je ne me freine pas encore ! lol !
content pour ta réussite , c'est une récompense méritée .
Super la BD !! on s'y croit ! Bises et bonnes vacances .

zak 20/07/2016 21:29

Bravo mon roro très très belle pêche et très beau écrit comme d'hab tu c comment ne transporté avec toi les vacances approche a grand pas. Les chaleur aussi les marbré et les dodo moi je sui plin travaux samedi je sui vacances avec les gosse a Marseillan plage si tu est de passage ou un de nos pêcheurs du site biz les amis

  • : Daurades, Sars, Pageots, Loup, calmars, seiches. Surfcasting, calanques de Marseille. Cuisine. Respect de la nature.
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  • Quand la nuit tombe nos esprits s'éveillent, qu'importe le temps  ou les saisons il n'y a pas de poissons à l'abri de nos cannes à pêche...  Aventures de pieds nickelés garanti...
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