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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 21:25

Le calmar est sans doute une des espèces les plus convoitées au monde, non pas par son prix à la revente, mais plutôt par la qualité de sa chair. Il est présent dans toutes les mers du globe et sa capture suscite bien des passions. Nous Sudistes, nous avons l'immense privilège de le croiser régulièrement tout au long de l'hiver, cela donne lieu à de grands rassemblements rocambolesques. Les pêcheurs assidus à cette période forment une longue chaîne de lumière qui s'étale le long des roches Cassidaine. On voit passer furtivement dans le ciel des bouchons lourdement éclairés, des cris de joie éclatent dans les criques, c'est la saison des calmars. Pour moi c'est la plus belle saison de l'année tant on sent la joie dans les esprits. Les montages de fortune rivalisent avec le matériel spécialisé, tout le monde a sa chance mais seul les plus aguerris feront régulièrement de beaux paniers.

Le calmar est considéré comme un grand prédateur dans la chaîne alimentaire. Il n'a pas vraiment une position enviable vu le nombre d'espèce qui lui courent après, mais, il sait assurer sa survie par d'extraordinaires facultés naturelles.

Pour le piéger il semble que le leurre soit la manière la plus efficace pour satisfaire la curiosité de cet animal. Oui, ses mécanismes d'alimentation sont ceux d'un prédateur et non d'un fourrage. Par là, la technique à employer résiderai plutôt dans la simulation d'une proie qui détale ou qui n'a pas conscience du danger.

Les leurres qui sont à notre disposition sont nombreux. Ils nagent au fond ou flottent, rebondissent sur le substrat, se colorisent et adoptent des matières proches du naturel. Aujourd'hui on peut dire avec certitude que même le débutant peut se faire plaisir tant cette pêche est accessible. On peut tout compliquer à volonté mais dans son grand ensemble la pêche aux calmars ne met pas trop à contribution le pratiquant car bien souvent cet animal cherche sa nourriture non loin des éclairages publics. Pourtant, cet animal n'est pas facile à comprendre car il est aussi volage que sa nature de prédateur lui impose. Nous on est au bout de la chaîne et nous devons composer avec les destin...

La pêche aux calmars.

Moi je suis en poste sur le phare rouge de Cassis, la mer est vraiment belle et mes chances de faire quelques captures sont nombreuses. Au premier lancé mon affaire ne va pas être aussi évidente que dans mon souvenir où, dans mes jeunes années les calmars étaient nombreux à cet endroit. Là je doit composer avec une mer qui peine à se refroidir car disons le, c'est une des conditions essentielles.

Mon bouchon lumineux navigue dans le courant et ça c'est pas mal. Il couvre une longue distance ce qui me permet de trouver l'endroit où les courants se rencontrent. Comme d'ordinaire c'est à ces endroits où l'eau forme un grand tourbillon qui concentre plus ou moins la nourriture des prédateurs. Voilà, mon bouchon plonge avec une rare violence à l'approche de cet " oeil", même de loin il n'est pas possible de louper un tel détail. Malheureusement je récupère une sardine qui s'est fait passer à tabac sous les mâchoires de poissons affamés. Je connais bien ce genre de situation en action de pêche et je doit savoir ce qui traîne réellement sous l'eau avant de me positionner pour la pêche aux calmars. L'astuce consiste  à faire  "pendouiller" un morceau de sardine à côté d'une sardine toute neuve en accrochant un petit bas de ligne sur l'agrafe. dans la frénésie les poissons ne fait plus la différence entre les morceaux qui virevoltent et un appât. Rapidement on arrive à savoir ce qui traîne sous les eaux et éventuellement pêcher avec.

Bon là j'ai de la chance car c'est des sars qui assaillent la sardine et en quelques minutes je me trouve en contact avec de très beaux spécimens. Durand une partie de la soirée mon bouchon va trouver un peu tout ce qui existe sous l'eau et mes remises à l'eau sont nombreuses car il faut bien le dire, je bande pour une bogue ou une oblade pas trop grosse. Ca me ferai sourire le restant de l'année mais là, une bogue de 150 grammes peut me rapporter plusieurs gros calmars alors qu'une sardine se fait rapidement bousiller. Ainsi je peut me concentrer sur la pêche aux calmars plutôt qu'à une troupe de poissons en mal de d'oméga 3.

La pêche aux calmars.

Mon attente va durer assez longtemps, je fume langoureusement mes cigarette roulée bien assis sur  ces roches polies par les pas tout en profitant de la très relative douceur de la soirée.  les éclairages sont nombreux ici et les distractions ne manquent pas dès lors que les esgourdes fonctionnent. Les passages successifs de jeunes amoureux qui recherchent un coin à l'abri des regards, des curieux qui se demandent à quoi je pêche, des alcolos surpris par la puissante lumière de ma frontale bref, la soirée est animée... On en perds facilement le cours de la pêche si on se laisse distraire par la vie qui cherche un maître ici.

Mais vers onze heure les choses changent radicalement. Mon bouchon qui a dérivé au fin fond  de la nuit va se coucher sur l'eau en plusieurs fois. C'est un signe formidable d'une touche qui se profile. tout en douceur je tend la ligne qui ne doit pas être brusquée, mon premier calmar est en ligne, je lui fait le tapis rouge, chausse pied et vaseline...

La remontée est d'une douceur exemplaire, aucune fausse note ne doit lui indiquer qu'il est train de se faire avoir. Tout en remontant ma ligne d'une main je contrôle mon calmar de l'autre je calibre l'éclairage de ma frontale. C'est tout l'avantage d'avoir une frontale qui a un variateur de lumière avec une touche tactile sur le côté, on peut bien voir son calmar sans l'effrayer avec tout plein de lumens et on peut avoir plein phare si il se décroche. Arrivé au bord il n'a rien vu venir car à aucun moment il n'a senti le besoin de se défendre, la lumière ne l'a pas effrayé il ne me reste plus qu'à le monter poids. Pour cela il faut lui sortir la tête de l'eau tout en douceur jusqu'au moment où il commence à évacuer de l'eau à la surface. Il se vide de l'eau et en principe il se plante sur les pics de la calamarette, vu qu'il est vide en trois jets, ses "pschittts" sonnent creux c'est le bon moment de le sortir. En un coup il va aller rejoindre le bac qui est derrière moi.

La pêche aux calmars.

Le prochain calmar ne va pas faire dans la dentelle.

Je vient de relancer pour la énième fois sans succès et je commence déjà à sentir la douceur de mon lit qui trouble ma perception globale. Pour autant une touche qui fait couler le bouchon à moins de dix mètres du bord ne peut pas passer inaperçue. Je voit la lumière qui fuse vers le large aussi vite qu'une fusée. Bon là, inutile de prendre toute les précautions d'usage car là, il a senti le truc venir ! heureusement il n'est pas aussi gros que le premier et il va être rapidement remonté sans encombre. Pourtant ses rushs sont plaisants et je m'amuse à le travailler tout en douceur car ce petit bout de vivant me fait du bien. Ses crachottis fantasques animent l'espace dans l'éclairage de la lumière, mon état de prédateur est pleinement satisfait.

Hé bien, au final ce n'et pas si mal cette soirée. J'ai fait deux sars et deux calmars, il est presque minuit, je peut rentrer serein. Je remballe mon appareil photo dans la lourde sacoche, les quelques affaires de pêche et les morceaux de sardines éclatés. Je fait un peu de propreté autour de moi et il ne reste plus qu'à remballer la boutique. Bon voilà tout est prêt  il ne me reste  plus qu'à remonter la ligne dans l'eau et l'emprisonner dans un étuis de plastique pour le retour. Je me retourne sur moi-même sans glisser sur les roche polies par les pas de milliards de pas profanes, tient ? mais où est mon bouchon ? Ho merde il est au diable vauvert sous la pression d'un calmar... Bon je ne vais quand même pas tout ressortir pour la photo, je m'empare de ma canne et le remonte sans encombre, il va dans le bac avec les autres. Du coup mon état de prédateur cède à la surprise voire à la réflexion.  Dans le halo de lumière de la puissante frontale je le regarde dans mes mains souffler les quelques micros gouttes d'eau qui lui reste en réserve dans le tube. J'ai bien conscience de l'acte que je suis en train de faire, cela m'attriste car je m'en réjoui, en tant qu'être intelligent ou en tant que prédateur, le choc des titans qui sont en moi s'affrontent sans cesse.

La pêche aux calmars.
La pêche aux calmars.
La pêche aux calmars.

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Construit et imaginé par RORO, GREG, MARCO, GEGE. - dans sport pêche appâts calmar Poissons
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antoine des goudes 22/11/2016 16:22

Quel site je me regale de vous lire merci pour le partage.

Stéphane 17/11/2016 21:09

Bonjour et nouveau ici. Tout d'abord, felicitation pour votre blog et vos histoires...on si croirais ;)
Je commence tout juste au surf casting et je voudrais savoir ce que vous utilisez comme ecureuils ? Car je n'ai aucune idée là dessus. Merci

bernard 09/11/2016 08:44

de retour à marseille et content de lire les derniers articles notamment celui qui relate vos aventures ibériques.Bises à tous.
PS :une pensée pour pad qui, comme jésus s'est retrouvé cloué non pas sur la croix mais sur son lit.
J'espère qu'il est vacciné contre le tétanos

kamel 07/11/2016 20:51

Bonsoir,

C'est vrai que l'eau n'est pas encore froide pour que les calmars sortent, mais apparemment ça commence.

2 calmars c'est déjà bien.

Je suis allé la journée, j'ai fais quelques sars et j'en suis content.

Bonne continuation

alainpaddy 05/11/2016 19:34

cloué avec une gastro , biz , pad

alainpaddy 04/11/2016 09:15

Comme tout le monde !! je trouve ton récit super !! Merci pour ce C R !
Bises mon Roro ,

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