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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 09:08
La lune qui sort signe l'arrêt des touches.

La lune qui sort signe l'arrêt des touches.

Globalement, les vrais mois d'hiver sont assez complexes pour aller pêcher. Pour ma part je réserve cette saison à mes copains, je profite de la fraîcheur pour partager ces moments d'amitié que je ne peut pas égaler à la belle saison. Mes amis sont moins éparpillés dans le département et est plus en accord avec ce que j'attends d'une partie de pêche.

Samedi dernier je suis parti dans les calanques de Marseille avec une obsession en tête, le pageot. Mes quelques postes sont assez propice à la présence de cette espèce mais à condition bien sûr de lui réserver toute l'exclusivité de la soirée. Ce poisson se pêche beaucoup plus facilement l'hiver pour des raisons qui m'échappent. Les sujets sont beaucoup plus gros, exit les juvéniles. Mais ce qui m'attends sous les eaux ce soir dépasse la réalité, de mémoire je n'ai jamais vécu un tel déploiement de force animale.

Au départ je suis parti en compagnie de Cyril pour tenter de comprendre les quelques mécanismes intempestifs qui hantent les eaux de mes calanques froides. Les lourdes affaires d'hiver entassées dans les gros sacs à dos vont nous garantir un peu de la morsure glaciale du Mistral. Encore une fois la météo n'est pas exacte et rapidement nous allons en faire les frais. Sur le chemin tout vas bien mais une fois le poste choisi il ne sera pas possible de tout remballer pour aller ailleurs alors, il faut tomber juste. La nuit tombe il faut faire un choix, il sera pris à la hâte, le grand pas de roche là bas fera l'affaire si le Mistral se renforce, nous pourrons surveiller les cannes tout en étant protégé. Nous étalons méticuleusement nos cannes sur la frange des roches en espérant secrètement que nous n'allons pas subir encore plus de vent. Nous avons quelques appâts de fortune comme quelques sardines, un bout de ver de rimini, des calmars, des bibis le tout surgelés.  Nos espoirs sont bien minces car il faut bien le dire, c'est l'hiver. Je suis le plus prompt à bourlinguer une ligne au loin armé d'un morceau de Rimini, je tend ma ligne, j'installe l'écureuil pour laisser la place à mon ami. Mais alors que mon copain tente de mettre lui aussi une ligne il est surpris par un claquage d'écureuil digne d'un départ de formule 1 sur ma canne juste à côté de lui. En une poignée de secondes j'ai la canne en main, la ligne file à toute allure sans s'essouffler je ne peut pour l'instant que subir le poisson qui est au bout. La canne est pliée à l'extrême et le frein se dévide toujours malgré qu'il soit presque bloqué, je met instinctivement la main sur la bobine pour tenter de freiner la course folle du fil mais c'est peine perdue.

C'est pas croyable, ce poisson m'a pris au moins deux cent mètres sans sourciller. Nous sommes tout deux dans le flou le plus total et tout en énumérant tout les noms de gros poissons qui nous vient en mémoire, la bobine tourne toujours. Quoi de plus déconcertant que de se faire botter les fesses par un poisson dont on ne connait pas l'identité, quoi de plus horrible quand à un moment donné le poisson se décroche alors qu'il a pris plusieurs centaines de mètres.

Du coup nous ne saurons pas quel était ce poisson, le mystère reste intact. C'est la deuxième fois que je suis témoin de ce genre de départ de frein au même endroit car la dernière fois, c'était pour Stef et le poisson a cassé la ligne. Là j'ai rembobiné les quelques centaines de mètres, le plomb, le bas de ligne embourbé dans un paquet d'algues. On s'est regardé, tout à été dit d'en un millième de seconde, Cyril a rangé le salabre contre une roche, moi j'ai mis les mains dans les poches et on a fumé une cigarette assis face à la mer...Mais au fond de moi je suis heureux. On ne peut pas être satisfait avec ce type d'aventure mais je suis content que le destin me remette sur les rails. Il y a un très gros poisson sous les eaux et il semble qu'il fréquente ce coin. Stef l'a déjà eu en ligne maintenant, c'est moi.

La mer et moi.
La mer et moi.

Les jours passent et je suis encore hanté par cette touche dévastatrice. le week-end qui arrive ne vas pas me permettre de retenter l'expérience car la météo est tout simplement épouvantable. malgré tout, ce dimanche soir je décide d'aller pêcher. Le vent est fort mais c'est du Mistral et je serai sûrement  bien à l'abri sur Cassis. Bien entendu je vais devoir essuyer quelques bourrasques et un froid glacial mais peu importe, je suis en manque d'eau salée...

J'arrive à la nuit tombée et je dois décider de mon plan d'action. En fonction de la mer il n'est pas toujours possible de faire les mêmes pêches, je part sur la pêche au bouchon, une calée et une au toc. En principe avec ces trois montages j'arrive toujours à savoir ce qui navigue sous les eaux. Un calmar par ici, un petit loup par là, quelques sars voilà le menu que je m'attends à trouver ce soir.

Mon bouchon navigue beaucoup avec le courant, il balaye beaucoup de terrain ce qui n'est pas pour me déplaire. Cela me permet surtout de prospecter toute la zone qui s'étale devant moi sans toucher à ma ligne. D'ailleurs j'ai confiance en ces fameuse petites sardines surgelées, elles tiennent bien dans le temps et sont capable de séduire tous les poissons et tous les calmars du coin. La nuit est à peine établie qu'un calmar est déjà en lice pour foudroyer ma pauvre sardine. En quelques tours de manivelles il est à mes pieds mais...il pendouille sur une tentacule, le temps de déployer le salabre il se fera la belle. Bon, c'est pas la fin du monde mais je me sent bien de faire quelques prises rapidement histoire de soigner un peu ma détermination.

Tient mon écureuil sur la ligne au toc frétille bizarrement. Je m'approche de la canne tout en essayant de ne pas me casser la figure car je ne voit pas bien le scion. Tout feux éteints j'essaye de distinguer à contre jour la moindre tirette et je m'attends un peu à tout. J'espère secrètement que c'est une bogue comme cela je pourrai l'embrocher sur la calamarette et ne plus me soucier des oblades qui pulvérisent mes sardines. Mais en principe les bogues ne font guère de détails quand elles passent à table et je doit de toute évidence chercher dans un autre registre l'espèce qui pourrai mordre à cet instant. Hou là là je sent bien le fiélas en fait du coup ou peut être une petite murène, què misère.... En fait non, C'est une mustelle ! Voilà qui est très réjouissant car vu la qualité de la chair de ce poisson mon repas de demain soir va finir par du poisson noble ! Hé bé il ne me reste plus qu'à refaire le montage et d'espérer en prendre encore une. 

La mer et moi.

Avec l'heure qui avance le froid s'installe. Un froid digne de l'hiver, j'ai les pieds qui commencent à s'engourdir, les mains c'est pas mieux, aïe aïe il est à peine huit heures du soir...Mais là je continue de pêcher tout en me dandinant car si je suis venu ce soir c'est pas uniquement pour me geler les arpions. En effet, c'est à cette heure bien précise où la lune commence à produire son effet, même si certain n'y croient pas, c'est à mon sens le meilleurs moment d'une journée. J'ai peu de temps pour essayer de faire ma pêche car dès que la lune sera sorti de derrière la montagne je pourrai tout remballer...

En quelques minutes il semble que ma stratégie va parler, les touches sont moins espacées et mon petit bac va commencer à se remplir de jolis poissons variés. Bon, rien à voir avec ce que j'attends mais vu les conditions de pêche et le temps qui court, je vais avoir une belle assiette de filets pour les prochains jours. D'ailleurs je suis très surpris de voir ce qui traîne sous la surface de l'eau, pourtant il y a quelques dizaines de minutes j'aurai pu croire que cette grande étendue d'eau devant moi était morte, mais que néni, la vie est là, bien là.

Il me semble qu'il ne va pas y avoir beaucoup de limites ce soir côté poissons. Il y a un peu toutes les espèces qui se croisent et visiblement sous ma ligne il y a pas mal de monde. J'ai bien conscience d'être en juste équilibre avec tous les facteurs subtils de ce soir, pour la peine d'avoir mis un bas de ligne très fin je vais me faire casser le montage trois fois à la filée mais... c'est le prix à payer quand on veut rapidement faire du poisson. Le pire c'est qu'il y a du très beau monde qui vadrouille car j'ai fait une belle blanquette, des mustelles, des sars et quelques rascasses. Même si la plupart des poissons vont retourner à l'eau car ils ne sont pas assez gros pour une bonne friture le résultat est là, je ne m'ennuie pas un brin. Bon là visiblement la soirée est bien enclenchée et si mes calculs sont bons dans quelques minutes c'est fini. La grosse boule éclairée va sortir d'ici quelques instants de derrière le Cap canaille et inonder de sa lumière toute la baie de Cassis.

Moi je vais rester là appuyé contre un pan de roche à fumer mes cigarettes roulées. L'air est glacial, les volutes de brume qui s'échappent de ma bouche rivalisent d'opacité avec la fumée de ma cigarette. A vrai dire je en sent plus grand chose avec mes pieds ou avec mes mains mais qu'importe je suis bien. Je suis bien parce que je suis tranquille. Ici il n'y a pas une âme qui vive pour gâcher ma solitude éphémère. 

Voilà, la lune est sortie de son trou et on peut y voir comme en plein jour ou presque. Comme promis les touches ont immédiatement disparues me laissant que bien peu d'espoirs pour la suite de la soirée. Malgré tout il est à peine vingt et une heure trente c'est vraiment dommage de partir. je vais essayer conjurer le froid en faisant quelques clichés nocturnes, en farfouillant dans les failles à la recherche un ustensile perdu par un autre pêcheur. Mais vers vingt deux heures je n'arrive plus à résister au froid, mes pensées sont toutes assises au volant de la voiture chauffage à fond. C'est ainsi que péniblement je remballe mes affaires, les cannes sont pliées, le bac à poisson nettoyé, voilà, la pêche pour cette fois est finie...

Petite papillote de poisson.

Petite papillote de poisson.

La mer et moi.
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La mer et moi.
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zak 22/01/2017 19:16

Bravo mon roro j'ai également braver le froid ce weekend a sete avec Guy je pe te dir que on a gelé malgré le feux pas beaucoup de poisson mer exécrable vive metteo France tu rajoute la pluit sa fait un weekend qui restera dans la mémoire mdr bis poto et dommage pour la touche

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 22/01/2017 20:08

Bon on va dire que ça ne peut que s'améliorer, on verra du beau poisson, espérons... Bises mon Zak !

Momo 22/01/2017 18:36

Super blog merci pour tous les astuces que tu m'apporte grace a ton blog et les video d'ange que j'ai trouvé sur youtu je suis passé de novice a apprenti continue et ne changez rien vous êtes au top et un de ces 4 je ferrai un petit tour vers marseille passer une bonne soiree avec vous

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 22/01/2017 20:13

Cher Momo ne t'emballe pas sur nos connaissances, nous sommes des opportunistes avant tout, il est vrai que nous avons une chance de tout les diables mais globalement nous en sommes nous aussi au départ. Nous avons acquis des astuces de débrouillards qui font souvent office mais de là nous prendre pour des pros, nous en sommes loin. Mais on s'en fout, on est au bord de l'eau, nos aventures sont souvent poivrées et c'est tout cela que l'on cherche. Merci Momo pour ton commentaire !!!!

bernard 22/01/2017 16:51

le voici de retour notre Roro,l'éternel arpenteur des calanques,le guerrier qui n'a pas peur des éléments et des températures polaires.Un cr toujours aussi palpitant,pour moi c'est comme si j'y étais tenant la gaffe car le salabre eut été un peu juste .Celui là ,t'aurais pas pu le faire en papillote .

Bises et bonne année à tous

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 22/01/2017 20:18

Salut Bernard, la semaine prochaine je retourne dans les calanque pour capturer ce poissons qui a cassé quelques lignes mais qui semble avoir pris ses quartiers ici. Quitte à le relâcher je saurai ce que c'est !!! J'ai déjà monté la tresse sur le moulin, les hameçons forts de fer car je craint que cela soit vraiment gros...De toute façon si je le capture y' a la photo à la clé. Le seul problème c'est que si je suis seul je vais en baver et je n'aurai pas d'autre choix que de le crocheter et là, pour la relâche, une fois troué... Bon on croise les doigts ! Bises Bernard !!!

Ponchel Stéphane 22/01/2017 09:49

Bonjour. Toujours un plaisir de vous lire... les photos: sublimes...Et le "plat du jour" j'en salive !
Félicitation ;)

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 22/01/2017 20:21

Ha oui le plat c'est tout l'intérêt de la pêche. Les mustelles étaient tout aussi fantastiques mais au niveau présentation c'est pas pareil. Dès que la météo redevient plus calme nous aurons le loisir de montrer du beau poisson, d'ici là, on patiente comme on peut ... Merci pour ton com ça fait plaisir !!!

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