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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 18:24
Une langue rouge de coque.

Une langue rouge de coque.

J'ai longtemps cherché le moyen de m'ouvrir définitivement à la capture du poisson sans que cela ne devienne pour autant une obsession. J'ai toujours pensé que la pêche est un exercice sain qui met le pratiquant face à ses limites. Comme tout le monde je me suis buté à essayer de comprendre les poissons à travers les récits d'autres pêcheurs sans pour autant toujours tout comprendre. Même si il y a tout un tapage autour des poissons, rien ne transpire de réellement sérieux qui pourrai aider le pratiquant. Peut être que celui qui poste des photos n'en sait pas plus que celui qui les regarde mais il y a autour de tout ça un secret qui semble intransmissible. J'entends beaucoup parler de cannes à pêche, de fils, de plombs, d'accessoires, d'électronique comme si ces matériels étaient l'essentiel dans l'art de la pêche en mer. Ces bruits de couloir font un tel vacarme sur la toile sans pour autant parler de l'essentiel, le poisson ! Hé oui, la majorité des pêcheurs ont oublié de parler de la chose la plus élémentaire dans leur pratique.  La connaissance de la biologie est essentiel et vu que le pêcheur ne joue que sur l'aspect alimentaire mieux vaut ne pas se tromper. Contrairement aux leurristes qui sont nettement plus fins dans leur approche de la mer, celui qui cale ses lignes n'a pas autant de possibilités pour aller titiller la curiosité des poissons. D'ailleurs il n'y a pas photo, le leurre surpasse largement l'appât traditionnel. C'est ainsi qu'une nuit à force de réfléchir à tout ça j'ai senti les prémices de la satisfaction perpétuelle vibrer en moi.

Je me suis retrouvé un soir face à la mer un peu désemparé à me demander pourquoi cette étendue d'eau devant moi était complètement vide. J'ai eu beau essayer tout un tas de montages, des astuces et d'autres trucs sans nom, une idée est venue soudain éclairer une parcelle de matière grise qui commande le haut du crâne. En fait, depuis cette nuit tout est parti à l'envers.

Alors que je m'appliquait à envoyer du plomb le plus loin possible, je regardait amoureusement mes beaux moulinets tout neufs surmontés par belles cannes à pêche dernier cri. Je me régalait de me rabâcher que si une grosse prise venait se prendre j'aurai tout le nécessaire pour la remonter sans encombre, seulement voilà...Où était ce poisson record ? En tout cas apparemment pas sous mes lignes...J'avait beau avoir du très beau matériel il me semblait tout au fond de moi qu'à moins qu'il ne sorte la tête de l'eau et qu'il sensible au carbone je n'en verrai pas la couleur. Alors j'ai fait le grand ménage dans mes idées, j'ai balayé l'espoir de croire que c'est avec un ensemble à cinq cent euros que j'était le plus sûr de revenir vainqueur, j'ai oublié de croire que la solidarité était un faim en tout pêcheurs, j'ai vaporisé toutes les fables que j'ai entendu sur le sujet de la pêche en mer. Parce qu'il faut bien le dire, le pêcheur est un humain et l'humain est un loup. 

Dans ces conditions j'ai longtemps pêché seul, les évidences n'ont pas tardé à faire surface et je me suis tourné vers d'autres pêches moins vampirisantes pour l'esprit. Rapidement je me suis senti comme un chef d'orchestre face à la mer. En agitant mes baguettes en carbone vieillissantes dans le ciel et je me suis concentré sur la musique de la mer. Il faut tendre l'oreille pour sentir toutes les petites fausses notes que l'on fait sans le savoir car les musiciens qui vivent dans l'eau n'écoutent que le chants subtils qui viennent plutôt du ventre. Voilà un sens bien cruel qui soutien un rythme de sélection là où il n'y a pas longtemps je m'était perdu. De nos jours il n'est pas simple de faire comprendre qu'il vaut mieux pêcher avec du matériel basique quitte à piocher dans le premier prix et soigner ce qu'on met au bout de l'hameçon, que d'avoir du matériel record et penser que le bout de ver est secondaire. Si on arrive à combiner les deux c'est mieux mais on commence toujours par le bout de ver ! Curieusement tout le monde ne comprendra pas ça et va persister à entasser des idées reçues au lieu de se payer à la place des appâts hors du commun. 

La langue rouge de coque.

Voilà tout ce que j'essaye d'inculquer à ceux qui participent à nos aventures nocturnes. Le respect de la nature, ne pas capturer plus de poissons que le raisonnable, s'habituer à prendre ce que la mer nous donne sans rouspéter. C'est un peu comme le jeu de l'oie, selon sur la case sur laquelle on tombe l'aventure prends une tournure différente et pas toujours pour notre bonheur. Mais ce soir là je suis en bonne compagnie avec Antho et Simon. Du coup la pêche sera plus douce que mon habituel parcours du combattant, pourtant je leur ai choisi une soirée qui n'est pas tout repos quand même. Nous allons marcher jusqu'à Podesta et ceux qui y vont pêcher savent que ce n'est pas une partie de rigolade, surtout le retour, ça pique un peu...

Mais pour une fois tout à l'air de se passer sans encombre, la marche est longue mais notre soif d'aventure est encore plus forte que le granit pur qui crisse sous nos pieds. Sur le chemin qui tournicote entre les arbustes épais, nous faison une pause pour montrer à Antho tout le petit trafic pas très discret qu'y s'y déroule presque tout le temps. Là bas c'est un plongeur en bouteille qui traque le denti avec son harpon et lumière, la bas c'est un pros qui met les filets dans la réserve, dessous nos pieds un mec fini de poser des casiers à langoustes ou à homards, la liste est impressionnante mais de soir en soir, comme sur la route les barrières tombent et l'humain se sent affranchi des codes. Les gars pillent les coins et passent au suivant quand ils l'ont rendu stérile. On en sait pas à quoi sert la police maritime car en fait nous ne l'avons vu qu'une seule fois en été, l'hiver elle reste au chaud sans doute. Mais au delà de tout ça c'est l'humain ne sait plus se tenir, c'est la raison pour laquelle les décrets pleuvent sur notre pratique, le GIP s'est largement rendu compte que la rapine est un métier parallèle. Pourtant si tout le monde voulait bien se cacher un peu nous serions tous bien tranquille. Mais c'est tout l'inverse qui se passe, cela oblige les instances à répondre aux sollicitations d'associations de défense de la faune qui n'est pas dupe.

Nous poursuivons notre route en toute hâte car la nuit tombe et c'est maintenant que la pêche commence...

Les retrouvailles sont chaleureuses car cela fait assez longtemps que je n'ai pas vu Simon. Lui il est arrivé dans l'après-midi en espoir de prendre quelques sujets diurnes. Pas de temps mort pour nous, les scions fendent l'air et les première prises arrivent en trombe. Nous avons une grosses palette d'appâts qui vient tout droit de la maison PEXEO. La seule inconnue ce soir c'est la taille des poissons qui est toujours une surprise, selon les jours il y a beaucoup d'indésirables et d'autres jours il y en a aucun. Ce soir nous n'avons manifestement pas trop de petits poissons mais ceux qui sont pris ne sont pas à la hauteur de nos espérances. Pour le moment aucun ne fait plus de cinq cent grammes, certes, toute la gamme des sparidés est dans le bac mais je ne serai pas contre une belle prise. 

La mer tape copieusement sur les roches, à vrai dire il faut faire attention car par moment ça monte vraiment haut. Les cailloux sont glissants à souhait et conduisent directement vers la mer rageuse, c'est pas le moment de faire l'andouille...

D'heure en heure je sent bien que la houle qui fait rage devant nous a certainement éloigné les beaux sujets. Moi j'ai remonté pas mal d'algues sur les noeuds et beaucoup de pelote fil autour du plomb, signe que sous la surface ça bouge un peu trop. Nous nous sommes tous précipité à la pêche car nous avons une belle fenêtre météo entre deux tempêtes, c'est parfois bon et souvent moins bon. Mais  au final ce n'est pas très important car malgré tout nous avons pas mal de touches et nous aurons de quoi faire la cuisine demain.

Je me prépare les bouts de Rimini à la maison, c'est plus rapide pour pêcher.

Je me prépare les bouts de Rimini à la maison, c'est plus rapide pour pêcher.

Les crabes roses surgelés.

Les crabes roses surgelés.

Les langues rouge de coques taille xxl.

Les langues rouge de coques taille xxl.

Les nouvelles petites seiches.

Les nouvelles petites seiches.

La langue rouge de coque.
La langue rouge de coque.
Simon en pleine bataille sur un sar !

Simon en pleine bataille sur un sar !

Qué misère ces petits sars !!!

Qué misère ces petits sars !!!

En quelques minutes il y avait déjà des poisson dans le bac !

En quelques minutes il y avait déjà des poisson dans le bac !

Vers deux heures du matin nous allons commencer à remballer car nous allons partir. D'abord c'est Simon qui prends la route puis Antho et moi un peu plus tard. Nous allons longuement parler de ces appâts qui nous accompagnent depuis longtemps maintenant et nous allons programmer de nouveaux comparatifs qui devraient nous éclairer un peu mieux. Certains sont voués à un avenir merveilleux comme ces grosses langues rouges de coques qui sont à couper le souffle de fraîcheur, ainsi que les petites seiches vont faire un malheur dès les beaux jours.

Le retour en voiture sera comme à l'aller dans Marseille. Il y a des bagarres un peu de partout, des crissements de pneus dans les ruelles et des bagnoles lancées à fond sur l'autoroute qui doublent par la droite. Putain, j'était si bien dans mes calanques...

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commentaires

Angelilie 07/04/2017 21:39

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une découverte et un enchantement.N'hésitez pas à venir visiter mon blog. au plaisir

gérard 06/03/2017 09:17

Salut, la calanque de Podestat est en réserve, impossible de manquer le panneau interdiction.Quant au secteur des cayrons c'est un nuage de filets qui habillent la mer.Dans le secteur de la mounine, il y a du poisson en nombre et de belle taille puis 48 heures aprés c'est la misère, meme pas une vérade ou un petit pageot. J'ai beaucoup de mal à comprendre ces changements brutaux en si peu de temps alors que la météo n'a guère évoluée ? Une idée sur ce mystère ?

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 06/03/2017 14:10

Nous avons fait la même constatation que vous sur ces deux postes sans pour autant tout comprendre. En effet à la mounine c'est soit un régal soit bredouille et à podestat c'est pleins de filets donc c'est encore plus dur. Je suppose que c'est à cause des courants et à l'influence de la lune qui semble jouer le chef d'orchestre. Pour les capélans c'est encore pire, car on peut passer un mois sans trouver le poisson. En fait on va dans les calanques pour autre chose que le poisson car il n'est pas assez présent.
il faut noter aussi que certains filets qui partent du petit port vont jusqu'aux pierres de la Mounine en rasant le bord des capélans, puis tracent vers Podestat en plusieurs fois. la particularité c'est qu'ils ne sont pas tous visibles de la surface. Donc on peut estimer qu'il n'y a pas de filets mais ils sont là sauf qu'on ne les voit pas. Forcément ça fait barrage aux poissons même si ils ne se prennent pas bien dans les mailles. Si vous avez un remarqué une autre choses faites nous le parvenir ou si vous encore mieux avez des photos. silverpeche@gmail.com merci à vous.

bernard 05/03/2017 06:15

salut Roro,pas facile de trouver une nouvelle formule pour ne pas se répéter afin de te dire notre plaisir de te lire .Il est triste de devoir faire plus attention au retour en voiture qu' en action de pêche.La societé evolue mais je pense qu'elle évolue mal,aussi cela me fait faire du soucis pour mes petits enfants quand ils auront l'âge de sortir le soir.A propos de ces derniers j'ai la surprise de voir le minicar utilisé pour l'espagne garé sur le parking de l'école de Beaudinard chaques fois que je vais les chercher .
Bises roro.

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 05/03/2017 09:32

Tu as raison car c'est à ça que je pense pour mes gosses, l'armée de cinglés qui vadrouillent dans Marseille ( ou ailleurs) n'est même pas inquiétée par la police. Ce qui m'étonne le plus c'est les automobilistes qui râlent des radars qui fleurissent de partout, ces gens n'ont pas un brin pensé que c'est grâce à cet affranchissement quotidien du code de la route qu'ils fleurissent. Le matin quand j'accompagne mes enfants à l'école je prends l'autoroute, tous les matins c'est le même cirque, dépassement par la droite, dépassement de la limite de vitesse, queue de poisson, appels de phare, incivilités. Moi je me cale dans une file de voiture et je fait voir à mes enfants tout ce bordel qui les attends plus tard. Il devront se méfier de l'humain et de la haine de son prochain, il n'y a pas un gramme de bien bienveillance dans leur comportement. Ils devront composer en plus avec la drogue qui sera demain monnaie courante, déjà que là c'est du quasi obligatoire... Bises Bernard !!!!

alainpaddy 04/03/2017 19:40

Toujours à la recherche Roro !! tu as tout dit sur le principal en matière de pêche !! L'APPAT !! ou les appâts !! tout le reste le poisson s'en fout !! il ne sortira pas de l'eau pour voir la marque ou le prix du matos !! il s'en bat les ouïes !!!
Merci pour ce régal de littérature , Bises !

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 05/03/2017 09:39

Si je te dit que je passe pour un fada quand je dit qu'il vaut mieux avoir un ensemble premier prix et les meilleurs appâts pour prendre du poisson tu serais surpris ! L'information faite aux pêcheurs es tellement agressive sur la perception qu'une majorité de pratiquants croient que c'est obligatoire d'avoir du bon matos. Moi par exemple tout ce que j'ai en matériel est usé par mes sorties et réparé des dizaines de fois, ça suffit pour envoyer du plomb et remonter mes poissons. Par contre côté appâts j'ai toujours le top et ça par contre, CA VA DANS L'EAU !!!!
Bises mon Pad !

Clement 04/03/2017 19:04

Haha c'est sur que les retour de pêche tard dans la nuit en traversant Marseille font mal au moral ! Quand le pêcheur apaisé croise le bourrin de retour de boîte avec 4 grammes...
Sinon merci pour ces jolies photos ! ;) Vous avez fait du nombre, c'est déjà beau en cette saison ! On peut pas prendre des fish 3 kg à toutes les sorties ! Lol
Bises

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 05/03/2017 09:45

Salut Clément, en fait nous avons fait beaucoup plus de poisson que cela mais j'ai eu une panne de batterie au dernier moment qui m'a empêché de tout prendre. Enfin l'essentiel c'est la variété des prises qui nous a permis de nous régaler même si il n'y a pas eu de gros poissons. Quoiqu'en réfléchissant bien, nous nous sommes fait couper les lignes sur les seiches et les coques mais pas sur les riminis. On va vérifier tout ça la prochaine fois car j'ai trouvé un montage tout simple qui va faire la différence.
A plus Clément !!!!

  • : Daurades, Sars, Pageots, Loup, calmars, seiches. Surfcasting, calanques de Marseille. Cuisine. Respect de la nature.
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  • : C'est l'histoire d'une poignée de gars qui rôdent les sentiers des calanques de Marseille, avec son lot de réussite, de déception face aux filets de pêcheurs, de la saleté laissé sans vergogne. Ici on montre tout et on vous dit tout !
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  • Quand la nuit tombe nos esprits s'éveillent, qu'importe le temps  ou les saisons il n'y a pas de poissons à l'abri de nos cannes à pêche...  Aventures de pieds nickelés garanti...
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