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SILVERPECHE.com

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LE BLOG DES SAISONS

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #sport, #pêche, #appâts, #Poissons
Les couloirs de la pêche.

Pêcher de nos jours est fantastique. On va dire qu'aujourd'hui même les débutants arrivent à avoir des résultats gratifiants tant la technique globale est devenue accessible à tous. En comparant les époques on peut mesurer à quel point le pêcheur moderne est guidé pas à pas dans une véritable industrie selon la tecgnique qu'il choisi. Imaginez la solitude extrême d'un pauvre amateur des années 70 qui débarquait dans l'art de la capture avec pour seuls baguages les ragots ingurgités au comptoir d'un magasin de pêche. Les revues n'étaient pas encore très spécialisées et bien souvent la technique pure étaient laissées au bon vouloir de celui déchiffrait ses lignes. Les ouvrages parlaient de la biologie d'une espèce et très peu de la capture car en fait le mer n'avait pas la place qu'elle a aujourd'hui. Chacun se gagnait son savoir à grand coups de sorties avec le peu de matériel qui lui était proposé dans le commerce. Imaginez encore, l'immense tas de croyances qui faisaient parti du monde de la pêche et qui faisaient plus barrage à l'apprentissage qu'autre chose. Pour ma part je me souvient de discutions bruyantes entre les pêcheurs de rivières et ceux qui pratiquent en mer. En fait à l'époque, nous n'avions qu'à traverser la place du marché pour atterrir sur le parvis de l'enseigne "Fyol" quand l'heure de la pêche avait sonné. Les articles de pêche ou de chasse posés sur une descente de moquette verte cohabitaient tant bien que mal dans la vitrine, s'exposant entre les musettes en osier et les canards en plastique. Il y avait aussi des appeaux de toutes sortes, des chapeaux ornés de plumes de faisans, la tête d'un cerf immortalisée sur une planche en bois vernie. Mais une fois à l'intérieur une forêt de cannes à pêche faisaient une haie d'honneur et ceux qui faisaient le pas étaient immédiatement surpris par la fraîcheur qu'il y avait à l'intérieur. A droite il y avait un vieux comptoir en bois orné de zinc où se trouvaient en dessous les précieux de vers bien à l'abri dans les réfrigérateurs. Dans le fonds de la boutique les pêcheurs assis autour d'une table échangeaient leurs expériences avec plus ou moins d'exagérations. Celui-ci parlait des temps anciens où les daurades sautaient presque dans la musette. Celui-ci explique la technique du lancé, l'autre intercale de temps en temps le poids de ses congres vite coupé par les brimades du meneur de discussion.  Hé puis il y avait mon père. Hautement novice il essayait de voler quelques mots à ces gars qui en savaient manifestement plus que lui, il aurait pu demander conseil au patron mais... Les poches vides il ne se sentait pas de s'enfoncer encore plus dans son extrême solitude en la matière...il ramassait ses quelques esches demi dures emballées dans des algues vertes et du papier journal, puis nous repartions tout les deux quittant la fraîcheur de cette grotte mal éclairée, tout en examinant d'un air nonchalant les prix sur les étiquettes suspendus aux anneaux des cannes. Nous retraversions la place silencieusement sous le poids de profonds calculs financiers qui ne trouveront jamais de solution.

Mais depuis il est passé par là des gens qui ont su développer le matériel de la pêche en mer. Nous devons tout à ces gens qui travaillent toute l'année pour que la pêche soit évidente et que cela ne coûte presque plus rien. De nos jours on peut avoir 20 euros en poche et repartir avec une canne et un moulinet rempli de fil, le pire, c'est qu'en plus c'est pas si mal ! Nous avons sur la toile toutes les vidéos qui nous servent de professeurs quoiqu'on veuille pêcher, le rêve quoi !!! Nous avons tous les sites internet qui proposent tout le matériel à tous le monde à tous les prix.

Le pêcheur amateur, différent du professionnel, doit vivre avec son temps pour être dans le coup. Malgré tout celui qui bricole un peu, peut se fabriquer certains accessoires qui rendent la vie plus facile à défaut de capturer plus de poissons. Mais le pratiquant ne doit jamais perdre de vue que le poisson est un être vivant comme nous. Prélever pour se nourrir ou pour observer de près est un acte réfléchi qui est inscrit dans nos gènes et qui est purement animal, donc pas de souci avec ça. Attention toutefois avec les sentiments que procurent les images publicitaires qui n'ont rien à voir avec l'art de la pêche car il y a une face et une interface.

Pour nous la pêche c'est tout simple car j'ai connu "l'avant" et "aujourd'hui". Je m'émerveille de voir à quel point tout est devenu accessible et qu'il est possible d'avoir l'impossible en quelques clics ! Je doit avouer que tout ce qui brille m'inspire de la méfiance car comme vous le savez, tout ce qui est  "rapide" " facile et gratuit" cache toujours quelque chose de néfaste pour l'homme... Mais je remercie quand même chaudement tout les Asiatiques qui travaillent 15 heures par jours pour développer le moindre matériel de pêche. Je remercie aussi tous les sites web et les grandes enseignes qui offrent tout cela au premier venu pour trois sous. On voit bien que l'industrie fait tout les efforts pour le pratiquant, tout est devenu accessible et il suffit de se rendre dans les rayons de chez Cabesto pour se rendre compte à quel point tout est là. Oui je parle de Cabesto car c'est "mon" magasin de référence, il propose tout le nécessaire au pêcheur, en  plus, cette enseigne est directement liée à ma réussite au bord de l'eau. Le concept global est à mon sens le devenir de la pêche, et même si il reste une poignée de réfractaires il faudra se faire à l'idée que ces commerces de masse vont progressivement fermer le rideau des petites enseignes. C'est l'évolution qui veut ça, l'homme s'est saisi de la chance d'avoir des boutiques ouvertes tout le temps qui propose tout à tout les prix. Hé oui, nous sommes en train de figer le passé dans l'histoire pour entrer dans l'aire moderne de la pêche. C'est une sorte de renaissance qui est en train de voir le jour car les marqueurs du changement sont plantés depuis que le premier curieux à franchi l'entrée d'un supermarché de la mer. Il n'y a rien de curieux à ça car c'est ce qui s'est passé il y a un demi siècle, les petits magasins de pêche ont éradiqué ceux qui vendaient les appâts à petite échelle, aujourd'hui l'évolution continue...

Ce soir c'est Antho et moi qui sommes se sortie. Le temps est parfait pour aller dans les calanques car le vent est léger et le ressenti est fort flatteur.  Nous ne mettons pas beaucoup de temps pour de joindre notre petit coin de pêche malgré toute la lourdeur de nos affaires sur le dos. Sur le chemin nous parlons de tout ce qui va arriver d'ici les prochains mois dans le monde la pêche, des nouveautés et surtout du possible retour bredouille. Bien que cela semble impossible vu les appâts que nous avons, nous sommes toujours à la merci de nombreux filets qui font des entraves à la circulation des poissons et des barrages à la pêche. Par chance il n'y a pas beaucoup de filets dans l'eau ce qui immédiatement nous permettre de capturer nos première daurades.

Depuis la semaine dernière la taille à nettement diminuée mais cela reste encore correct. Effectivement il y a deux semaines j'ai pu capturer de beaux sujets dépassant les deux kilos mais au fur et à mesure ce poids est atteint mais avec plusieurs poissons. D'ailleurs en explorant les entrailles des daurades j'ai constaté que les ventres n'étaient pas bien gros. J'ai parlé sur mon mur facebook de l'absence de nourriture dans les estomacs et ceci sur plusieurs semaines. Bizarre cette saison quand même, il y a tout pour manger mais les ventres sont vides, va comprendre... Mais cela fait nos affaires car il suffit de peu pour contenter nos poissons. J'ai bien noté ce soir que tout ce petit monde ne fait pas dans la demi mesure question nourriture, elles avalent l'appât un point c'est tout !

Les couloirs de la pêche.

Les heures avancent et nous nous faisons déboiter par les moustiques. L'absence de vent y est pour quelque chose et c'est toujours pareil, ceux qui craignent peuvent rester à la maison car là c'est du lourd !

Les touches sont discrètes pour des poissons de cette taille. En effet, au mieux l'écureuil monte de dix centimètres et retombe aussitôt et ne bouge plus. Cela ne veut pas dire que c'est un petit poisson, toute l'astuce consiste à surveiller les beaux témoins lumineux et ne pas s'égarer, ou alors remonter les lignes régulièrement sans attendre d'avoir vu quelque chose. Il est presque trois heures du matin et nous n'avons que quatre blanquettes dans notre bac à poissons. Ce n'est pas si mal vu le coin et notre maigre motivation dû à nos journées mouvementées. Mais tout cela ne fait rien car j'ai mes poissons à cuisiner pour le dimanche, ce sera l'occasion de me creuser la tête pour régaler ma petite colonie.

Ce coup-ci je n'ai rien de bien extra à me mettre sous la dent car ces poissons ne sont passez gros pour que cela représente quelque chose d'extraordinaire dans le scion de ma ligne. Malgré tout le combat qu'elles ont livré à été réjouissant mais mon matériel n'a pas été très sollicité. Comme d'habitude mon fil YUKI invisible en 18 centième n'a pas bronché et est si discret que grâce à lui je dénoue bien souvent des conditions très complexes. Bien que ce ne soit pas "le" secret de la réussite il contribue largement à ce que le poisson ne se sente pas piégé, ce fil est un des maillons qui forme une chaîne de discrétion jusqu'à l'appât. 

Ce soir j'ai bien noté toute l'évolution de la pêche en mer et le besoin des outils qu'un pratiquant à besoin pour pêcher. Tout cela n'était pas possible par le passé mais aujourd'hui notre rêve est accessible il suffit de s'investir un peu.

Le côté perverse de l'évolution c'est que le pêcheur va penser qu'avec un certain matériel tout va lui tomber tout cuit. Voilà une erreur typique du novice qui s'est laissé prendre dans les filets de la publicité. Cela est encore plus flagrant dans la pêche aux leurres...Voilà t'as ce leurre à 30 euros t'es au niveau des pros...

Erreur ! Ceux qui pêchent pour une marque ont de très nombreuses années de pratique et sont pour certains finalistes aux championnats mondiaux. Revenons sur terre 99% des pêcheurs ne sont pas dans ce cas. La pêche se forge avec ses propres moyens et tout ce qu'on a pu trouver sur le net et dans les grandes boutiques, les sondeurs, marqueurs de poissons sont fait pour les pros et les amateurs sont le moteur financier de la marque. Restez zen face à de multiples publicités qui font étalage de la pêche miraculeuse, soyez confiant en vous même et en votre sens de l'observation car aucun matos ne pourra le remplacer. Par contre si vous ne voulez pas vous investir un peu ou si vous voulez faire de gros cartons à toutes vos sorties changez de pratique. 

La mer ne s'ouvre qu'aux initiés, ceux qui ont un sens de la préservation, ceux qui ne laissent rien derrière eux après une sortie. Ceux qui sont humbles face à la mer pour qu'un mariage se forme. Ceux qui n'ont pas cet intérêt seront toujours à la porte de leurs rêves parce qu'ils sont durs à vivre. La mer est comme un miroir et on y voit ce qu'on veut y voir dedans...

Les couloirs de la pêche.
Les couloirs de la pêche.

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