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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 08:15

Juillet 1995…

 

Le soir tombe lentement sur la mer calme, je suis seul sur le bout de ce tombant dans les calanques de Cassis ma pauvre canne à pêche à la main en l’espoir de prendre mon premier gros poisson. Un copain m'en avait déja parlé que les poissons vivaient aussi la nuit. Je me sens seul au monde et je ne sais pas vraiment ce que je fais ici car je n’ai jamais pêché la nuit. Mon matériel dérisoire me plonge dans l’absurde, mon acharnement est sans doute vain. L’étrange brise qui  vient des terres habitées me serre le cœur, les découpes en contraste font courrir mon imagination et je vois les lumières des éclairages public au loin qui renforcent ma solitude mais me réconforte un peu. 

C’est le calme et le noir qui me fait me blottir contre cette roche tiède martelée par le soleil de la journée, j'ai pourtant le sentiment étrange que je ne suis pas seul et que la vie ne peut pas s’arrêter avec la nuit…Il ne me reste plus qu’a observer, sentir toutes ses odeurs que le jour cache pudiquement. Peu à peu je vois les vagues qui dansent lentement sous mes pieds, le découpage imaginaire de la falaise de canaille qui contraste à peine avec le sombre du ciel, je suis loin de tout et pourtant je suis bien, ce sentiment étrange qu’en fermant les yeux mon âme tourbillonne au dessus de ma tête et que je rentre dans cette dimension qui apaise ma colère de ma vie de tous les jours. Ce que m’inspire cet endroit n’est que de la plénitude du repos quand soudain…une touche destructrice pour mon pauvre matériel me fait reprendre contact avec la terre, un poisson est venu s’abandonner dans mes maigres pièges. Le combat que je livre avec l’inconnu bouleverse mes repères de novice mais ce poisson se livre peu à peu, il repart sans cesse vers la mer et il m’est impossible de le retenir sans tout casser…l'enseignement que m'a donné mon père me revient soudain, relacher le frein et ne pas s'affoler, la lumière qui vient de s'allumer derrière mes yeux m'aide à faire du concret avec du dérisoire abstrait. Au bout de longues minutes je vois furtivement enfin ma proie, c’est un loup qui est tout prêt à abandonner sa vie entre mes mains, je tremble de tout mon corps car je n’en ai jamais encore pris, sa livrée argentée dans le noir qui fend bruyamment la surface de l’eau m'impressionne au plus haut point, les algues vertes qui encombrent ce plateau qui descend dans la mer m'aide a capter sa présence sous l'eau...puis se couche sur le côté…je le prend avec mes mains délicatement.

Son œil cherche la fuite et ses ouies ne captent plus l’eau de mer, il s’ébroue lentement a bout de force entre mes doigts. A ce moment je réalise l’inutilité de mon geste, au final a quoi sert de prendre une pauvre vie ? Perdu entre la confusion d’un poisson venu me déranger dans ma quête intérieure et le plaisir de me retrouver au bord de l’eau, je décide de lui rendre la liberté, mais il est déjà trop tard il ne pourra plus reprendre vie.

Ce soir là au bord de l’eau à Cassis c’est marqué un tournant qui repeindra toute ma carrière de pêcheur. Au fil du temps je n'ai plus retrouvé ce genre de sensation d'inconnu mais le plus terrible c’est que l’on passe l’hiver comme on passe l’été, les saisons se suivent et on cour toujours après quelques chose sans retenir les instants présents. La plupart d’entre nous passons tout l’hiver à bricoler quelques calmars par ici, un sar par là, mais toujours dans l’esprit que les beaux jours sont à venir avec sont lot de prises records, du moins on y pense fortement. L’apogée est au mois de Juin qui apporte une grosse quantité de sparidés en goguette, tout bons pour enrichir les  sites de pêche. Chaque années le moi de Juillet tant attendu n’est pas bon à cause du Mistral et on cour après le moi d’Aout qui vous laisse souvent encore sur les dents car il pleut tous les temps ou presque. Le poisson est là mais nous ne prenons plus le temps de décortiquer les mécanismes d’alimentation, on se contente d’envoyer au loin un bibi ou un mouron et attendre la touche les bras croisés…Le paysage devient un concept et seul l'espoir de faire un carton qui va impressionner les copains devient une réalité.

Nos anciens, bien sur n’avaient pas nos contraintes financières ni nos vies de fous, mais le temps de se forger une vision parfaite des bons  et des moins bons jours.

Avec le temps et a force de se déplacer, de rencontrer nos lecteurs nous pensons souvent a ceux qui se croient seuls au monde et qui rêvent de prendre enfin du beau poissonn qui démarre une saison sans s'avoir que cela en est une et qui savent pas ou aller pêcher. Il y a quelques années nous étions dans le même cas à fouiller les sites de pêche en l'espoir de trouver l'astuce, mais comment deviner ce qui marche ou ne marche pas car bien souvent les sites masquent les infos pour tenir en haleine les lecteurs ou imposent une technique qui n’est accessible à tous. Sans être les détenteurs de la pêche miraculeuse nous avons appris à faire du sauve bredouille en pêchant au toc, nous nous retrouvons dans des lieux éloignés et nous y passons la nuit entière.

C'est encore ce que notre ami David tient à faire par dessus tout. Pour lui pas d'inquiétude particulière, la pêche qu'il pratique forge l'endurance cérébrale et ce soir là c'est  à la dorade qu'il traque car ellles sont en attente de nourriture. Si je vous racontai qu'un bibi ne ferai pas le poids face aux machoires toutes sorties d'un meilleur manga, vous feriez comme nous et pêcheriez au crabe et encore c'est le minimum. Ce soir  il y en a de partout il faut rester le fil bien tendu car en quelques minutes c'est la touche...Le vent léger impose un toucher exceptionnel quand on n' a pas de plomb, il faut sans cesse reprendre le mou du fil et rester bien concentré durand de longues minutes. Je dis minutes car en réalité quand elles sont là c'est quelques segondes pour se faire écraser un gros crabe. Même les gros velus ne font qu'une demi mesure dans la furie alimentaire des sparidés, stock ou pas ça défile sec !!!
Souvent je repense à mon histoire et à mes débuts dans ce même coin où jadis j'étais seul, avec mon ami ce soir là le mer etait devenue vivante, je vous laisse j'ai une touche............

 

Ca c'est une bouteille Coca zero de de deux litres. Hé je rigole matez les dorades !!!!!

Ca c'est triple zéro, 3/0...


Il y a encore beaucoup de photos, nous ferons un concentré dès que la saison sera finie, en gros j'en garde un peu sous le pied pour un gros résumé.

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Construit et imaginé par roland - dans COMMENTAIRES
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  • : Daurades, Sars, Pageots, Loup, calmars, seiches. Surfcasting, calanques de Marseille. Cuisine. Respect de la nature.
  • Daurades, Sars, Pageots, Loup, calmars, seiches. Surfcasting, calanques de Marseille. Cuisine. Respect de la nature.
  • : C'est l'histoire d'une poignée de gars qui rôdent les sentiers des calanques de Marseille, avec son lot de réussite, de déception face aux filets de pêcheurs, de la saleté laissé sans vergogne. Ici on montre tout et on vous dit tout !
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  • Quand la nuit tombe nos esprits s'éveillent, qu'importe le temps  ou les saisons il n'y a pas de poissons à l'abri de nos cannes à pêche...  Aventures de pieds nickelés garanti...
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