Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 19:24

DSC01903

 

Photo0152

Vous nous connaissez assez bien maintenant pour entrevoir dans chacun de nos articles les lueurs incandescentes qui brillent dans nos récits de tous nos vendredi soir.

Pour couronner et combler nos aventures, parfois un de nos meilleurs amis nous rejoints dans les couloirs de l'impossible à la poursuite du poisson roi, la Dorade. Elle a tous les superlatifs tant sa méfiance est légendaire mais au bout du compte elle est traquée sans relâche par une véritable horde de fous furieux qui espèrent en priant la prendre un jour. Quoi de plus valorisant que de se montrer au bras d'une belle pièce ? Quoi de plus fantasque que de faire croire à une poignée de malchanceux que prendre du beau poisson est notre quotidien ? En réalité il n'en est rien de tout ça...Sur ce plan tous les monde est au même niveau seul la chance fait la différence car les paramètres naturels sont trop nombreux et aucun homme n'est en mesure de prévoir ses prises. Nous, nous arrivons par nos nombreuses sorties à tirer un peu notre épingle du jeu car le fait d'en prendre une d'une taille acceptable réside toujours dans une série de mal-entendus fatal au poisson.

Ce jeu là justement, n'en est pas un. Il ne faut pas perdre de vue qu'en fin de compte ce poisson est un être vivant qui disparaît rapidement, bien peu d'entre nous en ont conscience car à voir le nombre de blanquettes  juvéniles qui ornent les bacs en été prouve sans aucun doute le manque de discernementde certains. A force de prendre poissons pas maillés les stocks s'épuisent rapidement d'années en années d'autant plus que les petits pris par erreurs finissent souvent à la poubelle.

Voilà un angle de vue qui n'a pas cours ici ce soir, mon ami pat ( le pêcheur des calanques) et son fils ont depuis longtemps dépassé ce stade. Nous sommes venus prendre de la belle, les petites ne sont pas les invitées de ce soir et jusqu'à cinq cent grammes aucune ne fera le retour en voiture.

Photo0151 

Le temps est calme, le vent de Sud-Ouest est bien gentil avec nous. Il carresse tendrement la mer pour la rendre si lisse qu'elle ressemble à une immense toile cirée reflétant les lumières de la route lointaine jusqu'à nos pieds. il n'y a pas le moindre ressac qui berce ordinairement mes calanques de Cassis, pas la moindre trace de pêcheurs non plus venus vivre leur rêves jusqu'au matin. Il faut bien dire qu'ici tout renifle les dollars, grosses berlines à cent mille euros garées devant des appâts à cinq cent mille, des voiliers de 30 mètres un peu partout, je pense que le sport favori ici n'est pas la pêche au bord...

Depuis le début de l'après midi nous sommes en contact entre nous pour assurer au mieux cette soirée inoubliable. Greg qui est en place depuis seize heures a des nouvelles très croustillantes car il viens de manquer le poisson de sa saison. Une grosse daurade affamée de lui apprendre à vivre, partie de très loin dans le sable, elle lui coupe le fil au raz des roches au moment juste où un autre pêcheur venu lui porter de l'aide. Il ne ressasse que ça, un départ démoniaque suivi d'un blocage total de la manivelle du moulinet. Le travail long qui fait sifflet la bobine et délicat pour la fatiguer lentement elle se donne peu à peu, mais au bord dans un dernier souffle de vie elle crève la surface de l'eau complètement lisse pour aller se ficher entre deux roches coupantes pour le fil...

Gégé et moi on est dans les embouteillages de Toulon, nous avons la tension nerveuse au bord de l'infarctus, les détails du comportement des automobilistes dans la semaine ne me contrarient pas des masses car je m'en fout, mais là, heureusement que ce soir je ne suis pas armé car aujourd'hui j'aurais écrit mon article du centre pénitencier des Beaumettes...

Arrivés enfin sur la digue les retrouvailles sont sincères, quel plaisir de revoir mon pêcheur des calanques et sont fils, les enfoirés ils sont déjà installés et même ils ont déjà pris quelques poissons. Bon, c'est  notre tour de nous installer plus loin sous un soleil qui a presque basculé derrière la mer, une clope bien méritée pour se calmer et c'est parti...

Dans ce coin il n'est pas nécessaire parfois de beaucoup patienter pour prendre son premier poisson. C'est d'ailleurs ce qui arrive à Patrice qui va prendre successivement un sar, un beau marbré, une blanquette et dans ce genre de condition la bonne humeur est palpable dans nos rangs.

  Photo0157

Nos cannes à pêche sont bien calées entre les blocs, les écureuils dansent lentement avec le mince brise, je suis assis confortablement à côté de Gégé et on discute un peu entre deux touches. Il y a des moments où la cigarette que je fume me pose un problème sur ma santé car on sait bien que le tabac est nocif, mais là je m'en fout elle me réconforte et appaise une angoisse bien légitime. les poissons sont tout justes maillés et certains même ne le sont franchement pas, malgré le 3/0 ils arrivent quand même à tout avaler, on fait du no-Kill mais nous ne sommes pas sur que certains arrivent à la taille adulte... 

Un peu plus loin notre ami Eric ( le corse) arrive en fanfare, nous sommes heureux qu'il ai pu se libérer malgré ses obligations et tout en nous donnant de ses dernières nouvelles il installe très confortablement ses sept cannes. Pour ma part je n'arrive pas à concrétiser une de mes très nombreuses touches, les poissons semblent acharnés à dépouiller les hameçons ce qui supprime un peu mes espoirs de croiser une belle pièce ce soir. Derrière nous les pêcheur de barracudas fouettent les airs avec leur cannes, des chasses de surface soudaines nous font sauter en l'air et coupent radicalement la conversation. Un peu à l'écart de temps en temps j'observe mes amis qui discutent comme des gonzesses. C'est drôle, on dirais une bande de gosses qui retrouvent la cour d'école quelques instants, on crie, on pousse des chansonnettes paillardes, on se casse la gueule entre les blocs pour aller salabrer un poisson, je suis heureux de faire partie de ce groupe reconstitué de fadas, c'est mes amis...

Heureusement dans la soirée les blanquettes bien maillées vont atterrir ici, vont s'en suivre une série de touches bien plaisantes pour nos nerfs mis à nu. Le premier à s'en régaler c'est Eric qui va nous en sortir trois sous le nez en quelques instants. Puis c'est un peu le tour de tous le monde en même temps et au moment où je vais enfin pouvoir prendre quelques clichés...la batterie de l'appareil photo m'indique qu'elle est vide...Juste pour comprendre ce qui s'est passé je fouille vite fait les dernières prises. Une série de photo faites par mes enfants qui ont vu l'appareil posé sur le meuble du salon...Ils s'en sont discrètement emparé et on fait une série de poses de grimaces dans l'objectif et ont oublié de l'éteindre, l'appareil s'est épuisé. Mon ami Pat  a fait mieux, il a tout bien préparé et a oublié sont appareil sur la table de la cuisine...J'vous jure quand ça veut pas aller...

 Photo0160 Photo0174

 

Vers deux heures du matin c'est le départ pour la moitié du groupe, le retour est très long nous le savons et il est  inquiétant de penser que l'on pourrais s'endormir vu les journées de travail que l'on se braquent et l'heure et demi de l'aller et du retour. Heureusement le téléphone de mon ami fait des photos et nous devrons nous contenter de cela. Pour nous le départ se fera à quatre heures et demi, Gégé prendra sa dernière belle blanquette de six cent bien tassé qui ne sera pas prise en photo vous savez maintenant pourquoi, Greg et moi on est en pleine discute sur le devenir du groupe.

Photo0150

Le retour sera long, lent, fatiguant et cher. Le prix des appâts, le péage, l'essence ne nous permettent pas de venir ici souvent car au bas mot ce genre de sortie nous coûte cinquante euros chacun.

Comme il a été dis plus haut, malgré nos quelques prises assez belles nous sommes passés à côté des beaux poissons pour une raison que nous ne connaissons pas. Les conditions ont été extraordinaires, pas bonne hein... Vraiment fantastiques. Pourtant le poisson record n'y était pas, une fois de plus nous avons été attiré par une certitude, le sentiment de croire que c'est Noël tous les jours sur cette digue et nous en avons fait encore les frais....Comme bien souvent. 

Photo0158 

Partager cet article

Repost 0
Construit et imaginé par RORO, GREG, MARCO. - dans Poissons
commenter cet article

commentaires

  • : Daurades, Sars, Pageots, Loup, calmars, seiches. Surfcasting, calanques de Marseille. Cuisine. Respect de la nature.
  • Daurades, Sars, Pageots, Loup, calmars, seiches. Surfcasting, calanques de Marseille. Cuisine. Respect de la nature.
  • : C'est l'histoire d'une poignée de gars qui rôdent les sentiers des calanques de Marseille, avec son lot de réussite, de déception face aux filets de pêcheurs, de la saleté laissé sans vergogne. Ici on montre tout et on vous dit tout !
  • Contact

Roro.

  • RORO, GREG, MARCO, GEGE.
  • Quand la nuit tombe nos esprits s'éveillent, qu'importe le temps  ou les saisons il n'y a pas de poissons à l'abri de nos cannes à pêche...  Aventures de pieds nickelés garanti...
  • Quand la nuit tombe nos esprits s'éveillent, qu'importe le temps ou les saisons il n'y a pas de poissons à l'abri de nos cannes à pêche... Aventures de pieds nickelés garanti...

Pour contacter SILVERPECHE.

                Depuis Votre Messagerie notre adresse est: 

                              silverpeche@gmail.com

    

Recherche Dans Le Blog

Catégories