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On peut trouver beaucoup de raisons d'aller au bord de l'eau, se baigner, pêcher, observer
l'horizon car il ouvre une fenêtre sur un infini qui démarre sous vos pieds, un calme ou la violence des vagues contre les roches...
moi ce que j'aime en plus c'est son immensité et son côté mystérieux. J'aime contempler longuement les abords des roches pour y découvrir une bête minuscule qui s'accroche à la vie ou les
mouvements des eaux de surface qui trahissent une chasse à la tombée de la nuit, la vie qui grouille de partout en dessous, je reste souvent seul comme cela à fouiller du regard les
imperfections tout autour qui forment un grand ensemble, c'est un peu mon antidote pour essayer de guérir des plaies de tous les jours laissées par le comportement inhumain
des amis de passage.
Mais peu importe, pour l'instant je vais déployer mes cannes à pêche dans les calanques Marseillaises au coucher du soleil pour essayer de prendre encore quelques beaux poissons, pour cela j'ai
avec moi de belles sardines fraîches, des crevettes crues ( décongelées) et quelques bibis congelées ( aussi ) au gros sel que ma donné mon ami Philippe Orlando.
En cette saison il m'est difficile de dire à quoi les poissons mordent, je présume aux gros appâts et je subodore qu'ils le fassent ici ce soir. Les distances ou se trouve les
poissons peuvent être variables mais je connais assez bien la nature des fonds donc je poste un bibi aux environs des soixante dix mètres dans les fonds mixtes, une autre moins loin dans les
roches avec la sardine et il ne me reste plus qu'a farfouiller dans le coin au toc avec mon tandem crevette qui me vaut à chaque fois de belles surprises. Immédiatement je peigne les têtes
de roches au toc, impossible pour un sar de voir passer un gros morceau de crevette dégoulinant de jus odorant sans y goûter un peu...Mais en fait ma canne ploie comme si une vague prenais le
fil, mais il n'y a pas de vague, j'essaye d'analyser....Ha oui c'est un calmar ça ! je reconnais la tirée, bon en principe il ne se laisse pas remonter de si haut mais je tente le coup quand même
car cela m'est déjà arrivé qu'il reste sur la crevette hors de l'eau. En fait il s'est pendu par les tentacules, tu parles il ne risque pas de partir et heureusement que ce n'est pas un gros car
ma canne au toc n'est pas prévue pour remonter les gros patapoufs de Cassis.
Ce brave mais perdu calmar va me servir d'appât supplémentaire une fois mort car je sais que les gros prédateurs aiment sa chair délicieuse et comme souvent sautent sur l'occasion de faire en une
fois un bon repas.
Mais pendant que je me débrouille avec mon céphalopode la canne d' à côté trouve preneur à la sardine, bon je laisse pendu mon calmar car à la sardine si c'est un fiélas je serais obligé de
casser à moins que je le contre à temps... J'attends quelques instants...rien ne se passe je remonte. Je sent bien un truc mais ça n'a pas l'air bien gros et vu que je n'éclaire pas c'est la
surprise jusqu'au bout et au bout matez le sar qui va immédiatement retourner à l'eau...
De plus je me suis trompé c'est la canne au bibi que j'ai remonté, la sardine c'est l'autre juste à côté, pffffff !
Ce qui me surprend c'est que globalement il y a pas mal de touches, écureuils montent régulièrement, un petit sar par ici un autre par là, je ne m'ennuie pas un brin. Par contre aucun gros
poisson en vue sauf vers vingt deux heures où la canne montée au gros morceau de calmar à trouvé sûrement la belle pièce mais impossible de dire ce que c'est.
Au bout du compte il est quatre heures du matin j'ai relâche quelques petits sars et je n'ai gardé que les moyens, j'ai relâche aussi quelques rascasses minuscules et un tout petit fiélas
accroché par le dos. Franchement je suis assez surpris d'avoir eu autant de touches me dis-je en pliant lentement mes affaires de pêche. J'inspire quelques bouffées d'air marin de ce coin
désertique, le vent de Nord Est s'est levé c'est l'heure...C'est incroyable à quel point tout est passé, il y a quelques heures j'étais pleins d'espoirs et je suis déjà sur le retour. Le retour
sera comme d'ordinaire, je ferais pleins de plans au volant de ma voiture pour la prochaine pêche, espérant que le temps sera encore doux pour me permettre d'aller ou bon me semble pour épurer le
reste de mes sombres pensées...
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