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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 21:17

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Les calanques ce ne sont pas des lieux qui sont anodins pour nous, tout inspire le repos même au coeur de l'hiver. Tout respire le bien être et peu importe la pêche ceux qui s'y rendent avec respect y trouvent toujours un lot de satisfactions inégalable. Pour ma part j'ai été élevé à ses chants mélodieux, le clapotis des vagues me font sourire, les chemins tortueux qui mènent vers une réussite improbable me font rêver au plus haut point. Peut importe la pêche car c'est trop aléatoire, peut importe le lieux qui change tout le temps, la pêche c'est un vice qui ne meurt jamais car comme le phoenix, il renaît de ses cendres à la moindre pensée d'une sortie.

J'ai découvert les calanques il y a fort longtemps alors que j'étais enfant, à cette époque tout était complexe pour un pêcheur ordinaire. Il n'y avait pas de sites internet, tout se transmettait de bouche à oreille et cela donnait lieux à de fabuleuses histoires incroyables qui n'ont probablement jamais eu lieu. Mais ces comptes pour grands enfants démunis faisaient incroyablement rêver nos pères, ils s'abreuvaient sans limites aux dires de menteurs de l'extrême. De nos jours, certains anciens  poursuivent encore ces fables mais beaucoup ont heureusement considérablement revu la taille de leurs prises pour qu'elles soient dans le cadre d'aujourd'hui.

Il n'est pas facile de faire comprendre à quel point quand j'était tout jeune, ces calanques étaient chez moi. Le romarin ou le thym qui pousse encore de partout entre les roches de granit pur m'incitait à imiter mes oncles qui fumaient des cigarettes, je coupait un brindille de romarin que je portait à la bouche entre le pouce et l'index j'inspirait de larges bouffées de vide à travers la mince tige pour en relâcher une vapeur virtuelle vers le ciel.  Je pouvait rester plusieurs heures allongé sur une plaque de roches blanches à regarder les vagues de la mer qui s'ébrouaient en face de moi, je me laissait traverser par la brise estivale qui passait dans les longs couloirs de pins, tout était matière à jouer car la vie était partout. Avec le temps j'ai appris à revenir souvent sur ces anciens lieux, je revoit encore mon père en short bleu debout la canne à pêche à la main bataillant comme un beau diable pour libérer un plomb coincé au fond. Je revoit sans cesse ces poissons de roche multicolores s'agitant dans la bouriche rouillée qui ont fait mainte fois la joie de notre table, tout ces calculs interminables arque bouté sur la table de la cuisine pour trouver le moyen de pêcher dans d'autres saisons jusqu'au jour où... Un collègue de travail invite mon père en bateau pour pêcher quoi ? la totène. Ho putain, il n'en fallait pas plus pour que l'esprit de mon père file à toute allure aux quatre coins de son cerveau, il avait vu à la télévision un film du commandant Cousteau qui montrait cet animal fabuleux. Je me souvient de son désespoir de ne rien savoir sur sa capture, l'angoisse de pêcher la nuit avec rien pour matériel. Tout ça aujourd'hui fait sourire car avec peu d'efforts on sait tout sur ce que l'on veut pêcher, le débutant n'est plus un vrai débutant car il y a des centaines de mecs qui montrent tout sur youtube. Pourtant il y a des espèces qui restent encore assez mystérieuses et ne restent pas bien longtemps par chez nous, le calmar en fait parti et est vraiment très versatile par moment, il faut toute une palette de savoir faire pour en capturer un peu à un moment donné. C'est tout ce que j'essaye d'expliquer, inutile de faire comme en surfcasting et d'attendre une improbable touche, il faut fouiller, racler, tenter l'impossible pour trouver une parcelle de réussite. Ce soir là en compagnie de Max j'ai déployé une armada de savoir faire pour comprendre l'humeur des calmars et là, tout y est passé malgré la météo. J'ai  démontré à mon jeune apprenti l'absurdité de mettre beaucoup de cannes dans l'eau. Pour cette pêche il faut rester concentré sur le comportement du bouchon, parfois il fait quelques virgules significatives qui ne trompent pas l'oeil averti seulement voilà, si il faut surveiller plusieurs bouchons à la fois il y a forcement des trucs qui passent à ouf. Moi j'ai décidé de mettre un bouchon loin et une canne au raz des roches sans plomb avec juste un hameçon dans une queue de sardine. Il est fort conseillé de faire ainsi car le calmar n'est pas toujours enclin à mordiller du lourd, souvent il pastouille sur des petits bouts de poissons qui nagent entre deux eaux, en gros, il flaire rapidement une calamarette trop chargée en inox et si il n'est pas mort de faim c'est l'échec. Pourtant la nuit n'est pas encore tombée que mon bouchon donne des signes de la tête tout à fait étranges, il  se couche puis se redresse d'un coup, puis il bat de l'aile pour se re-coucher. Voilà un signe fort qui pourtant n'est pas très évident à comprendre, seuls les avertis vont bondir sur leurs cannes et capter ce subtil message. A la remontée Max et moi nous pouvons voir deux calmars fermement décidés à filer le compte à la bogue magnifiquement décongelée, ils n'ont pas la moindre intention de laisser passer un tel repas, d'ailleurs Max pourra les salabrer tout les deux en un coup. Bon nous sommes tout juste arrivés et j'ai déjà deux calmars pas vilains en poche,n si ça c'est pas de la pêche rentable...Rapidement tout s'enchaîne, le bout de sardine mis à droite vas trouver un autre calmar affamé, là rien pour le piquer car j'ai planté un trois zéro dans le gras du poisson, si avec des hordes d'hameçons ils ne se plantent pas toujours, inutile de dire qu'avec un seul, il n'est pas un brin piqué. Nous allons braquer les 200 lumens des frontales sur le coco qui arrive, Max pour la deuxième fois en quelques minutes me porte assistance pour mettre dans les mailles le calmar qui arrive. De loin je voit bien que mon bouchon n'est pas du tout à l'aise sur l'eau, il se couche puis remonte, disparaît aussi sec pour remonter à la surface et fini par s'enfoncer dans l'eau. Là je comprends que la bestiole qui est en ligne n'a pas la même taille du tout. D'ailleurs vu la tronche de la canne qui est complètement tordue ( une gladiator YUKI siou plait réputée pour encaisser du très très lourd) je remonte avec prudence la bestiole qui arrive enfin, Max salabre sans encombre le tube qui arrive car nous avons tout deux une technique bien rodée. A peine le temps de le dire c'est encore mon bouchon qui parle, il est presque à mes pieds et ma foi je serait presque tenté de dire que c'est la vague ou le courant plutôt qu'une touche, je remonte pour voir mais je découvre deux calmars qui se tire la bourre sur la bogue. Le premier est presque piqué et je vais pouvoir le remonter tant bien que mal, le segond par contre à tourné tout autour du poisson pendant cinq minutes pour au final se décider à le prendre. Même dans le noir et la canne à la main on arrive à capter la tirée très discrète d'un calmar prudent. A la surface je tends la ligne à l'horizontale pour que le calmar le soit aussi, puis une fois idéalement allongé je sort la tête du poisson hors de l'eau sans le sortir pour que le calmar glisse jusqu'aux hameçons, dès qu'il craque ses gerbes d'eau c'est le signal qu'il est piqué et je peut le remonter sans encombre.

Par la suite nous allons bricoler quelques calmars mais le courant est beaucoup trop fort pour nous, il plaque les bouchons contre la falaise et le vent vient de s'inviter à notre soirée, bon, vers onze heure c'est l'arrêt définitif pour cause de conditions impossibles. C'est le moment de faire les photos d'usage, tient je n'ai même pas la batterie de l'appareil photo, ha, je me souvient de l'avoir laissé sur le chargeur à la maison; Bon ben on fera des photos sur l'évier...

Bises les gars, les photos c'est dessous...

 

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Huit c'est bien, ça commence à sentir bon pour les pêches futures.

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Quand c'est frais il y a encore des couleurs irisées, la marmite n'est pas loin.

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L'oeil du calmar est le plus gros organe toute espèces confondues, si si vous pouvez vous renseigner.

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Matez la taille du cristalin il est contenu dans une poche brillante qui est quasi indéchirable.

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La calmar a une boite craniène osseuse où sont accrochés les yeux, ce qui sort de ce cartilage en blanc, c'est la cervelle, hummmmmmmmm !!!

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Construit et imaginé par RORO, GREG, MARCO, GEGE. - dans calmar
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alainpaddy 14/11/2013 12:20


Je me suis toujours régalé d'écouter ces histoires Marseillaises ! même que certains disent quelles sont éxagérées !! ce sont des jaloux !! 


je me souviens d'une , c'est le gars qui revient des Etats Unis , d'Amérique tranquille !! et il dit à ses collègues "" En amérique , tout est grand !! même le blé !! je marchais sur la route
dans la campagne , et j'étais perdu !! le blé était tellement grand !! mais grand !! quil a fallu que je monte en haut du poteau de téléphone pour essayer de voir le clocher du village pour me
retrouver "" 

Renaud 14/11/2013 10:24


Super article Ro, un de mes préféré ! Bel hommage a ton paternel !! J'ai beaucoup aimé.


Perso des thons j'en ai chargé beaucoup dans mes différentes voitures et je peux te dire que cela n'a jamais posé de problème hein ................


Bravo pour cette belle peche !


Et la bise a Max.


 

Roro 14/11/2013 09:40


Hahaha, non rien de commun avec nos histoires de Marseille, nos vieux n'avaient pas de limites dans l'exagération.  Pour exemple, un voisin me recontait qu'il avait pêché un énorme thon, il
était très emmerdé car il n'arrivait pas fermer le hayon de la 2cv et il a perdu trois fois le thon sur la route enfin bref, une histoire rocambolesque que ses copains buvaient naîvement avec
délectation et sans doute largement améliorée par la suite. Par chez nous tu prends 10 daurades de cinq cent, en une semaine et passée du bouche à oreille elle font trois kilos pièces
et tu en a pris 120 kilos.


Pour faire simple, à l'époque il y avait un grand vide dans les connaissances des pêcheurs, tous se raccorchaient à une histoire, des dires, des bruits de couloir et là, on a entendu le pire et
le meilleurs et mon père est passé par là aussi, il a cru mordicus des choses de malade et pourtant un homme de culture comme lui...


Bises Pad. Ha au fait les bouchons passent au trapèze Samedi après-midi.

alainpaddy 13/11/2013 23:09


Bravo !! travail de pro ! rien n'est laissé au hasard !! 


 


je ne voudrais pas créer la zizanie !! mais tu penses à qui en parlant de ces certains anciens qui poursuivent encore ces fables ??? 


 


aller bises !

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  • : C'est l'histoire d'une poignée de gars qui rôdent les sentiers des calanques de Marseille, avec son lot de réussite, de déception face aux filets de pêcheurs, de la saleté laissé sans vergogne. Ici on montre tout et on vous dit tout !
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  • Quand la nuit tombe nos esprits s'éveillent, qu'importe le temps  ou les saisons il n'y a pas de poissons à l'abri de nos cannes à pêche...  Aventures de pieds nickelés garanti...
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