Nous sommes Samedi, nous avons prévu une petite sortie au frioul. D’entrée de jeu nous sommes sur de ne pas pouvoir pêcher côté Marseille car il y a un pétard de vent de Sud-Est qui
va à lui seul dicter notre coin. Pas le choix c’est le Cap Cavaux qui va nous accueillir, c’est très loin et de plus nous sommes, comme d'hab' chargés comme des bêtes. Je crois que ce
coup-ci j’ai prévu large, trop large…David rigole de moi !
Arrivé sur l’ile aux poissons nous croisons déjà des copains qui, soit vont à la pêche, soit son bloqués en bateau au port à cause du vent. La marche commence et nous sommes encore surpris par le
paysage, un côté de l'ile démonté par les vagues et l'autre côté calme comme dans l'oeil d'un cyclone, depuis le temps nous devrions être habitués, mais non, c’est plein la poire que nous
avançons sous le vent et de beautés naturelles nous progessons. Au fil de la marche nous voyons le port qui est bien loin maintenant, Il ne faut pas moins d’une bonne heure pour arriver sur
le lieu de pêche, nous sommes en nage, les sacs lâchés au sol, nous y sommes enfin.
Le vent n’agrémente pas cette sortie, les cannes volent dans tous les sens c’est dur de voir une touche. Les frises qui courent sur l’eau font comme un sifflement qui embarque les fils de nos
cannes a pêche et fait s’agiter les herbes, je suis songeur car passer toute la nuit dans ces conditions…ça va être du sport, mal de tête garanti demain matin. Je commence par mitrailler le coin
avec un tandem crevette sans plomb entre les nombreuses failles caractéristiques pour voir ce que ces petits endroits peuvent abriter. Les sars sont bien présents il ne ma faut pas plus de deux
minutes pour en prendre quelques uns, mais cela ne va pas durer, je ne vois plus les touches tellement il ya du vent et je suis contraint de plomber un peu. Les sars sont malins et ne passent pas
à côté de ce genre de détails et du coup je passe de longs épisodes sans prises. Pénible, c’est le mot que j’ai employé plusieurs fois car les roches qui sont assaillies par la mer depuis
des millénaires sont tranchantes comme des rasoirs, elles forment de gros pics pointus, il m’est impossible de m’assoir près de mes cannes sans me lacérer les fesses.
IL est aux alentours des dix heures du soir, le vent redouble de force mais il
n’est pas froid, je n’ai pas encore mis ma veste, David qui pêche un peu plus loin vient me rejoindre pour prendre un peu des nouvelles il n’a pas fait grand-chose d’autre que de grosses bogues
et quelques sars. Moi je ne suis pas mieux les bogues en moins car dans mon coin il n’y en a pas. Soudain ma canne montée au calmar trouve un poisson, TZOUINNGGGG TZOUINGGGGGGGG !!!!
Mon moulinet hurle de toutes ses forces, avec un demi calmar en appât cela doit être un beau poisson…ce n’est pas un congre c’est sur, mais peut être un Denti, un gros sar, une grosse dorade… ce
poisson bataille très fort et part complètement sur la droite pour couper la ligne sur ces fameuses roches tranchantes, je suis obligé de le brider en force pour le stopper en couchant la canne
vers le bas. Soudain mon esprit s’éclaire, j’ai du fil alpha dorada en 35 centièmes, une canne qui à monté un Denti de deux kilos en poids, tant pis je le monte en force. Je lui fais gagner
difficilement la surface de force, je n’en crois pas mes yeux, sous l’éclairage de la frontale de David qui attends en embuscade salabre à la main le poisson, je vois un pagre d’un taille tout à
fait modeste qui ploie dans la lumière. C’est à peine croyable la force de ce poisson, elle est démesurée par rapport à sa taille, tous les piquants dehors il est magnifique dommage que je n’ai
pas pris son grand frère…
Tout au long de la nuit les prises se succèdent mais ce n’est pas folie, j’ai à peine une dizaine de beaux sars quelques bogues tailles magnum pour mes futurs calmars, ordinairement a cette heure
on en à le double et bien plus gros, bon…Je trouve un abris pour mettre mes affaires, je me cale contre une roche en escalier pour ne pas subir le vent, j’enfile ma grosse veste de survie et je
profite du calme sous marin pour me poser un peu, je me roule une cigarette et mon observatoire commence. Je mesure combien j’ai de la chance d’avoir le courage de venir ici, obtenir une
compensation se paye souvent par un effort important. Je suis contre cette roche blanche au chaud dans mes lourdes affaires, je suis à l’abri du vent, mes écureuils volent dans tous les sens je
pense qu’il faudrait une touche d’un cachalot pour qu’ils fassent leur rôle. IL est trois heures du matin je commence à m’assoupir un peu, il nous reste encore deux heures avant de tout plier, je
ferme les yeux…
Howww, Roland !!!!
Il est six heures je n’ai pas contrôlé l’heure, il faut tout plier en vitesse si on veut prendre la navette de sept heures et quart!!!! A mon avis c’est cuit on prendra la prochaine !!!!
Je me suis carrément endormi sans m’en rendre compte, les phrases de mon ami son lointaines et apparemment ce n’est pas pour me dire que miss monde m’attend dans la cuisine ! Le problème c’est que je dois être impérativement à Aubagne à huit heures, donc c’est ou on prend la navette ou on prend la navette à l’heure ! Les affaires seront pliées en deux deux, l’énorme côte de trois cent mètres qui mène aux anciennes habitations va être avalée au détriment de notre santé, les cuisseset le dos brulent, le cœur est hors limites, nous n’avons plus une goutte de salive dans la bouche mais nous sommes en dix minutes sur le sommet. Le chariot de transport est chargé à bloc avec les affaire de David et les miennes, nous n’avons pas le choix il faut courir. Par chance le chemin descend presque tous le long, il est six heures quarante cinq nous ne sommes pas encore dans les temps, nous continuons à courir, on dirai deux fadas l’un avec une brouette de traçage de stade et l’autre avec un seau à bloc de poissons. Six heures quarante sept nous avons dépassé l’élevage des dorades, si nous gardons le rythme ça devrai être bon ! Finalement sept heures nous sommes au port et nous avons même un peu d’avance, nous n’avons plus de jambes, plus de souffle bref nous sommes cuits !!! Nous avons avalé toute cette marche en une demi heure, mais finalement ça va nous avons bien encaissé le coup, une bonne course au réveil voilà qui tient en forme … Je pense que nous en reparlerons un jour de cette aventure…
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