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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 19:57

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Il n'y a pas de saison plus étincelantes que l'hiver, les poissons sont constamment à la recherche de nourriture et bien souvent ils n'hésitent pas à manger avec rage pour survivre et c'est aussi à cette époque que les gros sars sortent de leur tanière. C'est aussi l'occasion pour nous de se mettre un peu à l'épreuve dans des lieux isolés qui n'accueillent que peu de monde en vadrouille, on prends rapidement conscience qu'une sortie de pêche par ces temps Sibériens ne favorisent pas la frivolité car la moindre erreur de jugement peut vous ouvrir grandes les portes des urgences médicales. Mais dès les premiers beaux jours tout ce baguage technique accumulé pendant l'hiver et cumulé sur de années nous raproche inéluctablement de ce que nous pêchons, fini les galères sur le choix des appâts, oublié le casse tête des postes à investir, tout devient clair et ho miracle les poissons sont enfin mieux compris seul les caprices de la météo réduit ou élargi le temps imparti pour une espèce. Nous totalisons les 90 sorties annuelles par tous les temps, toutes les époques avec presque le même matos et nous nous frotons à de nombreuses difficultés qui peu à peu trouvent une solution "naturelle". D'ailleurs l'attitude d'un pêcheur qui se respecte n'est pas de trouver un coin et d'y rester accroché en espérant qu'il va apporter toute l'année tout l'évantail des poissons qui existent. Il faut savoir vadrouiller, se retrouver dans des situations complexes qui font que le cerveau est obligé de trouver une solution pour dénicher "le" poisson si il y en a bien sûr.

Que diable dans le sud nous avons la chance de trouver des postes qui ne se ressemblent pas, plage, roche, mixte, herbiers, bout de port, pointe face à la mer, petits fonds, grands fonds tout est réuni pour que le pêcheur trouve en la mer un espace de jeu incroyable. Peu importe que cela semble difficile , l'esprit trouve toujours une solution à tout et c'est précisement quand on est devant l'inconnu que le jeu peut enfin commencer.

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Ci dessous je vous montre ce qui reste d'un de mes moulinet après la saison des calmars, achetté 8 euros, il va rejoindre le cimetière des moulinets même si ma foi, il tourne plutôt encore bien d'ailleurs tout en bas on va vous parler d'un mouliet qui présente des risques...

Pour cette sortie tardive je suis parti seul, mes autres copains d'armes sont tous éparpillés dans les méandres des obligations familiales ou professionnelles, mais je les sent qui bouillonnent furieusement dans mes veines comme mes propres frères. Je sent Marco qui pense à nous, il est à PARIS assis sur son canapé neuf IKEA un grand verre d'eau minérale à la main en train de regarder une chaîne de télé transparente qui ne le branche pas des masses car son ciboulot est loin de tout ça, le talon de sa jambe droite tressaute d'impatience car il est loin de nous et il bout comme une bouilloire prêt à exploser de nous retrouver. Gégé roule son pain nonchalamment dans la farine de ses mains calleuses de paysan qui façonnent sans s'en rendre compte des poissons à la place des baguettes, les petits fours ressemble à s'y méprendre à des vagues sur la mer car il faut bien le dire...il est loin. Greg fait une sourire furtif à son chef de service qui lui parle d'un travail important sur les lignes alors que son esprit est occupé à savoir comment il va tout envoyer en l'air pour nous rejoindre...

L'esprit des silverboys c'est ça...Toute la journée et parfois la nuit même, nos cocottes minutes sont en ébullition pour trouver la solution à la pêche. Quelques poissons, des sardines ou des crevettes sur l'étalage du supermarché et la machine à rêve se met en route immédiatement, les discutions sont gonflantes il nous faut de l'air et trouver un moyen de prendre la poudre d'escampette. C'est ainsi que chargé de mes âmes soeur en plus de mes affaires que je progresse dans la rocaille blanche de nos calanques de Marseille, à ce moment précis je ne suis pas sûr de pouvoir toutes les supporter à leur juste valeur mais en un mot...je les aime.

j'arrive juste tout essouflé pour le premier passage des calmars après la tombée de la nuit, les cannes sont envoyées rapidement et je ne peut m'empêcher de repenser aux déboires de Max ces derniers jours. Son matos n'est pas bien affuté pour le calmar , ses lignes sont trop fines et il lui arrive assez souvent de casser quelques montages en plein vol. Voilà c'est fait, sa ligne casse au lancé et le montage dérive...il se saisi de la deuxième canne et tente de récupérer l'ensemble. En quelques minutes il accroche par miracle son montage et un gros calmar venu voir ce qui se passait ici se plante sur les hameçons. Bon on résume.

Canne à pêche très fine, fil fin, moulinet minus, deux montages lourds embrouillés et un gros calmar dessus, voilà tout les ingrédients sont réuni pour qu'une couillonnade arrive. Pour finir l'ensemble il n'a pas de salabre donc c'est quitte ou double, soit la canne casses ou tout monte...Il va tirer comme un malade sur l'ensemble, le calmar va monter, monter et se décrocher pour atterrir lamentablement en équilibre sur un rocher en pente, d'un bond  il saute sur la pauvre bestiole qui achève son voyage ici. C'est con mais ça me fait pouffer de rire par ce que ça me fait penser à nos début où nos aventures étaient une franche partie  de rigolade mêlées à des déboires pas possibles.


Ce soir je met une canne au leurre, une au bouchon et une au fond , normalement avec ça il va être possible de savoir rapidement si les cocos rôdent pas loin. Ce que je savais c'est que mon histoire va tourner très court, immédiatement le bouchon coule, je remonte un gros calmar qui est piqué de tout les bords et c'est avec beaucoup de difficultés que je parvient à le hisser car impossible de la salabrer à bout de bras. Je fait quelques photos et je poursuit tout émoustillé par l'entrée du menu.

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8 heures, 9 heures, 10 heures plus aucune touche et je suis les mains dans les poches à attendre...Le vent d'Est s'installe et la mer se forme, le froid prends rapidement possession des lieux, les vagues commencent à envahir les roches je ne suis plus du tout à l'abri. je ne peut plus voir les touches sous les gifles de vent, les scions sont trop agités et les écureuils sont malmenés je vais plier boutique...Du coup je met un temps infernal à ranger les affaires car à peine les mains enlevées des gants qu'elles sont immédiatement prises par le froid pourtant le temps presse. Ceux qui sortent l'hiver connaissent bien la morsure du froid, eux savent à quel point la moindre chose qui dépasse sans protection est agressée...Je commence la longue remontée des cannes, le première est rangée méticuleusement mais mes mains me font très mal et je les enfourne vite vite dans les poches...Je me retourne en jurant très fort, le deuxième bouchon n'est plus  la surface.  Le problème c'est que j'ai les mains gelées je ne peut pas remonter, rien que fermer le pick-up est une effort que le bras entier doit faire. Ha !!!! je pense à Ange en ce moment qui est à Maregraphe bien au chaud dans sa voiture à boire du café bien chaud en jouant les aventuriers. Béni soit Vincent qui est installé sur son canapé en cuir Englo/Chinois devant les frasques des scènes de ménages. Là moi je suis devant un gros problème qui ne va pas tarder à me gonfler les roubignoles, tant pis !!!! Je sort les mains des poches et je vais remonter ce calmar coûte que coûte même si les mains doivent tomber par terre. HAAAAAAAARRRRRGGGGGGGG !!!!! Dans certaines situations on comprends bien ce que c'est que la survie, quand en temps ordinaire on se délecte du travail de la canne, dus rushs du poisson  là je vais l'envoyer valdinguer à vingt mètres en l'air !!!! Dommage le coco dépasse largement le kilo et manifestement si je ne le travaille pas un peu il va rester sous l'eau. Hé oui la vie est faite ainsi, c'est au moment où j'ai besoin que ma victime ne soit pas grosse que tout se complique. il est tout simplement gros. Une patate, un tube, un missile, vous le nommerez comme vous voulez mais là je suis hors des limites de mes possibilités. Mes mains me lâchent car je ne sent plus rien du tout, il me semble qu'après le poignet une brûlure intense dans le style j'ai mis les mains dans une friteuse me ronge de l'intérieur des doigts. Je le jette contre une roche car rien n'a cassé dans un acte de dernière minute avec la canne et tout et tout pour mettre les mains au chaud.

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Le plus petit des deux fait le kilo, va savoir combien fait le second ?

Péniblement tout est bien plié dans les boites, je peut commencer la marche vers la voiture mais ce vent qui me vient de face est vraiment hors cadre par sa force et par sa froideur, quand je voit ce qu'il me reste à marcher là je prends sur moi.

Arrivé à la voiture je voit deux gars qui bricolent autour de leur voiture dans la nuit juste à côté de la mienne, bon...

-" Salut les gars, un soucis ?"

Lance-je car leur voiture sens le liquide de refroidissement brûlé à plein nez et je peut voir un sac à dos bourré d'affaires appuyé contre la carrosserie.

-"Non, non on se prépare pour aller dormir dans les calanques ce soir."

-" Dormir dans les ca....?, Vous êtes sûr de votre coup les gars par ce que la nuit ça caille vraiment beaucoup et - 3 ou 4° ça va être un minimum.

-" Ouai mais on s'est dis que ce serait sympa"

J'ai essayé de les dissuader quelques instants mais les mecs avaient l'air vraiment motivés et rien ne m'a semblé utile à dire sans avoir l'air d'un touriste. Quand je pense à tout le cinéma que l'on fait avec les Galinettes pour savoir à qui va se les geler le plus, là je dis que nous avons encore du chemin à faire car dormir à la belle étoile en plein dans les calanques hier soir...Je ne sait pas si j'aurais osé !

Ci dessous voici un fer de lance d'une certaine gamme de chez OKUMA le trio 55. il est vendu aux alentour des 80 euros (tout de même pour la taille) il a presque tout les avantages de précision et de technologie et de design mais...Le cliquet qui permet de serrer le frein casse immédiatement à cause d'un mécanisme...en laiton. J'ai déjà vécu cela avec le célèbre Avosurf de chez Mitchell et j'ai du remplacer le mécanisme par un de chez Décathlon. Je voudrais dire à tous ces connards d'ingénieurs qui conçoivent, qui bidouillent, pourquoi aller faire un connerie aussi grosse ? A quoi bon mettre dix roulements en inox dans un petit moulinet ou du carbone de partout, un axe inox renforcé pour que la plus petite merde casse dessuite ? J'ai acheté un moulinet de chez Décath à 8 euros qui m'a fait toute la saison et le gros pageot et il marche encore parfaitement, j'ai acheté ce truc 85 euros et il est déjà en réparation.

Moralité:

Achetez dix moulinets à huit euros de chez Décath et vous en aurez toujours un qui marche au lieu d'en prendre un à quatre vingt qui va vous lâcher immédiatement...A bon entendeur salut !

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Construit et imaginé par RORO, GREG, MARCO, GEGE. - dans calmar
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  • : Daurades, Sars, Pageots, Loup, calmars, seiches. Surfcasting, calanques de Marseille. Cuisine. Respect de la nature.
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  • : C'est l'histoire d'une poignée de gars qui rôdent les sentiers des calanques de Marseille, avec son lot de réussite, de déception face aux filets de pêcheurs, de la saleté laissé sans vergogne. Ici on montre tout et on vous dit tout !
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  • Quand la nuit tombe nos esprits s'éveillent, qu'importe le temps  ou les saisons il n'y a pas de poissons à l'abri de nos cannes à pêche...  Aventures de pieds nickelés garanti...
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