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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 19:38

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Ce qu'il y a de bien avec les postes ou personne ne va, c'est que les poissons qui vivent sous l'eau sont moins craintifs, ils ne subissent pas beaucoup la pression humain et ils détectent moins facilement les pièges que nos lignes fines leur tendent. la dernière pêche que nous avons fait Max et moi a mis en action un processus de fantasmes ( si je puis dire ainsi) qui décuple notre bouleversante soif, que dis-je, notre rage de pêcher et se retrouver encore une fois face à l'inconnu. Là on parle bien de pêche car au fond tout ça c'est quoi ? Nous n'aimons guère poser nos cannes en attente coincée entre deux rochers, nous n'aimons pas non plus les coins qui sont sali par une armée de pêcheurs qui ne respectent rien. Seul les grands espaces riches en possibilités fantastique nous attirent et quoi que les saisons offrent comme ressources provisoire nous retournons toujours vers nos calanques chéries. les postes du Var on été le théâtre d'une invasion humaine ces dernières semaines à cause de la présence des daurades mais tout est presque fini, Cassis ne nous donne plus les calmars que nous attendons toute l'année et c'est la raison profonde pour laquelle nous repartons très loin dans les méandres des calanques de Marseille. Je sais, je sais...la marche est très dure, les postes sont loin et hostile et il faut être jeune pour pouvoir subir autant mais ils battent dans nos coeurs comme une arme fatale contre le stress. Comment ne pas aimer ces espaces libres qui vous accueillent simplement, ces recoins gros comme une terrasse d'une villa modeste perdu dans une faille profonde sont souvent le théâtre d'un marasme alimentaire que nous essayons d'exploiter au mieux si on y tombe dessus bien sûr. dans cet esprit cela nous donne en plus l'occasion de parler un peu plus car il y a beaucoup de choses à dire et c'est pas parce qu'on est un simple pêcheur que rien d'autre ne nous interpelle. Vous avez sûrement remarqué que nous nous intéressons assez lourdement à la politique, les élections présidentielles qui approchent animent très souvent les débat au bord de l'eau, d'ailleurs c'est à force de ne pas s'intéresser à ce qui fait notre vie de tous les jours que le pire arrive et nous parlerons beaucoup de politique à l'approche des élections car nous avons des idées bien assises et nous vous en feront profiter le moment venu.

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Pour l'heure c'est avec une montagne d'espoirs que nous progressons difficilement dans les chemins rocailleux qui serpentent en dévers de la montagne aride, je souffle un peu  à mi -chemin car la montée est trop raide pour mes guiboles de 44 ans et c'est pas mon sac de forçat qui va me dire le contraire. Le soir qui décline fortement éblouis les gouttes de sueurs qui perlent sur mon front et cela ne nous aide pas à profiter du chemin, les pieds qui poussent nonchalamment les épaisses broussailles qui jonchent un chemin succin fait toute les promesses d'une soirée encore formidable. On se fout un peu de ne pas faire une grosse pêche, quelques poissons suffisent à remplir des millions de mètres cubes cérébral et l'important c'est ça, mais, si en plus y' a de l'action c'est formidable. Ici on retrouve le bien fondé du poisson car il ne faut pas oublier que ç'est ça la pêche c'est les poissons en premier et non pas le matos ou une image de conquérant qui pêche mieux que les autres. On nous pousse trop à faire des performances et beaucoup oublient souvent le plaisir de la pêche, le plaisir de se retrouver au bord de l'eau pour se poser un peu sans autre idée que penser à sois. Peu importe ton matos, tes appâts, ton fil ou le slip que tu portes, à la pêche tu dois être toi même et certains ne l'on pas bien compris. Nous essayons de promouvoir une idée toute simple d'une pêche simple qui n'a pas encore germé dans les cigares de tous, d'ailleurs il suffit de se rendre sur des digues où se trouvent parfois quelques grosses daurades pour y trouver les plus démunis des pêcheurs. Le matériel est là pour que l'individu se fasse plaisir, pour qu'il puisse trouver un confort évident qu'il ne pourra pas trouver dans les premiers prix. Pour autant la pêche c'est commencer par le poisson, le matos suit et pas l'inverse. Peut importe que la canne vaut trente euros, nos anciens pêchaient à la main. Peut importe que ton attirail ne ressemble pas à une boutique de compétiteur car le poisson n'a pas envie de te voir de près et c'est bien cela dont on parle. il faut rester simple dans une activité où avec presque rien on peut toucher gros. J'ai en mémoire les aventures de Marco avec sa fameuse canne de Décathlon qui lui apporte régulièrement de très très beaux poissons, il ne peut pas faire de miracles avec mais elle lui donne confiance et cela paye à toutes ses pêches et je crois qu'à ce jour il  a pris avec un peu toutes les races de poissons sous l'eau. Voyez plutôt, nos cannes les plus anémiques sont perpétuellement celles qui sont bombardées loin dans les flots, celles qui nous ont offert le plus de sensations c'est justement celles qui sont à nos pieds. Notre ami Gégé qui n'a pas vraiment le sentiment de devoir pêcher loin et qui par dessus le marché il aligne des diamètres de fil époustouflants rarement au dessous de quarante centièmes et il se paye le luxe de sortir régulièrement de beaux spécimens sous notre barbe avec du matos quasi antique. Nous aussi nous avons fait la course à l'armement, nous aussi nous avons cru qu'en alignant du matos de premier rang nous allions prendre plus de poissons mais en fait il n'en est rien...Seul le fil est l'appât compte, l'appât (ou le leurre) c'est pour le poisson et le fil c'est pour vous, le reste c'est du vent...


Je parle, je parle, du moins je pense, je pense et nous arrivons en poste. Le froid de ce mardi soir n'est pas une mince affaire car il a plus de partout et il  a même neigé. J'ai un mal fou à monter mes cannes car le vent qui nous vient dans le dos est tout simplement glacé, heureusement il n'est pas très soutenu ce qui devrais en principe nous laisser souffler un peu. Bon voilà, les bouchons flottent nonchalamment sur une mer qui est presque d'huile mais battu secrètement par un courant sous marin habituel dans ce genre de coin loin de tout. Ha tiens, le mien fait quelques virgules acrobatiques ce qui peut ressembler à une touche si on extrapole un peu et dans le doute...je vais contrôler. Ca ne fait pas une demi heure que nous sommes ici, ça serait un beau coup si déjà les calmars passaient à table mais....A peine la canne en main je détecte une coulée suivi d'un petit plat du bouchon qui trahit la présence discrète de mes amis nageurs. Je tend la ligne et je remonte lentement, à la surface au raz des roches je peut voir quatre petits calmars qui attaquent sans vergogne mon demi maquereau breton, et puis alors c'est pas de la rigolade, il s'acharnent dessus comme des vampires qui se disputent un morceaux de chair. Dans le coup il est facile pour moi de remonter immédiatement le premier qui sera mis au sec sans qu'il ne se soit piqué sur les hameçons, suivi d'un deuxième et d'un troisième dans la foulée.

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Pendant ce temps Max doit courir rapidement vers sa canne car son bouchon est à plat sur l'eau, là je ne peut pas l'aider car je suis moi aussi aux prises avec un autre coco qui vient de se piquer sur mon leurre bleu nuit que je balade au raz de la surface, j'entends des crachotis du côté de mon copain qui me signale que son forfait est fait et en plus il est de belle taille, ouffff nous ne serons pas venus pour rien ce soir.

Un quart d'heure plus tard je dois stopper un peu le leurre car je ne sent plus mes mains, le froid intense qui s'étale ici nous fait perdre beaucoup de sensibilité, je pose ma canne tout en me frottant énergiquement les mains tient ou est mon mouchoir en papier ? J'ai au bout du nez une chandelle digne d'une stalactite de la grotte de l'aven d'orgnac qui risque de geler si je ne balaye pas de ma narine. Ha mince je me suis assis dessus, bon remarque il fera quand même l'affaire même écrasé ( heureusement que je n'ai pas de gaz ça aurait été sûrement plus compliqué).

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Houaaaaa super grand luxe max a pris de la charcuterie, du pain de mie et du coca pour le casse croûte, je ne puis dire à quel point se petit repas de fortune tombe à pic, d'ailleurs toutes boites vont être nettoyées rapidement ce qui devrait nous permettre de tenir un peu le froid qui s'intensifie car mon petit thermomètre m'indique -5°, Si ça c'est pas du sport...Saucisson, jambon cru, jambon blanc, pâté et pain de mie...A tableeeeee !!!!!!

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Ho fan de chichourle le petit bouchon de Max vient de couler alors que nous commençons à peine à engloutir nos premiers sandwichs, il est rempli d'un gros stalight qui a rendu l'âme depuis un bon moment et cela ne nous permet pas d'être sûr à cent pourcent mais quand même...il a disparu ! Nous sautons de roches en roches comme des gamins en équilibre entre les profondes failles qui fusent vers la mer, pourtant une fois le fil tendu ce n'est pas évident de capter leur présence. Mon copain doute, puis non, dans le sillage de la sardine arrivée à nos pieds trois calmars apparaissent en trombe pour l'assaillir, le premier est facilement prenable et lui salabre sans problème. Le segond se tient sur ses gardes mais il ne résiste pas longtemps aux lambeaux de chair gras de la sardine et il se pique radicalement, le troisième fera la même erreur et se plantera lourdement sur les puissants hameçons de la teutonière en inox.

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Hé bé ça nous a redonné espoir de voir ces calmars qui arrivent en masse sur ton appât, en plus c'est un spectacle formidable qui laisse des images uniques dans l'esprit même si c'est donner la mort...

Bon allé on va finir de casser la croûte quand même, nous allons nous asseoir longuement sous le froid polaire qui est à présent bien installé. Mon petit cadrant indique - 6° ce qui mêlé à un Mistral qui se renforce peut donner quelques regrets de ne pas avoir pris du café chaud, mais à la place on a du coca glacé ce qui ne fait pas pareil immédiatement dans le gosier mais qui au bout du compte on se dit que la cafeïne, peut être...

Sans la savoir ce sera la fin des touches sur notre poste, le froid a pris définitivement le pas sur nos espoirs de pêcher encore malgré notre attirail polaire, malgré notre détermination à aller au bord de l'eau toute l'année nous devons bien reconnaître une chose...La nuit est illuminée par des milliards d'étoiles qui crépitent au dessus de nous, de temps en temps une étoile filante balaye tout l'horizon pour s'étioler quelque part, les coins et les recoins renaissant à la vie par manque de curieux, qu'elle belle saison l'hiver.

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Je vais donner quelques poissons morts aux crabes qui fusent dessus comme des missiles, on leur fait tant de mal durant l'année que quelques récompenses sont la moindre des choses.

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  • : Daurades, Sars, Pageots, Loup, calmars, seiches. Surfcasting, calanques de Marseille. Cuisine. Respect de la nature.
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  • : C'est l'histoire d'une poignée de gars qui rôdent les sentiers des calanques de Marseille, avec son lot de réussite, de déception face aux filets de pêcheurs, de la saleté laissé sans vergogne. Ici on montre tout et on vous dit tout !
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  • Quand la nuit tombe nos esprits s'éveillent, qu'importe le temps  ou les saisons il n'y a pas de poissons à l'abri de nos cannes à pêche...  Aventures de pieds nickelés garanti...
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