Habituellement nous sommes assez
indécis sur le lieux de pêche car cela dépend souvent de la météo de dernière minute, il nous est arrivé des dizaines de fois de faire fi de notre soif d'aller pêcher sur un poste devenu
météorologiquement impraticable...
Cette fois tout s'arrange, nos pronostics sur un départ pour le frioul se dessine et apparemment rien ne pourra le gâcher mais...y'a quand même un gros hic, c'est le vent. Pas prévu au départ il
nous cassé les bonbons toute la nuit. Se retrouver à la pointe du cap Cavau, avec la marche que cela comporte, pour trouver des conditions tout juste acceptables c'est vraiment pas de bol
!!!
Très lourdement chargé le
trajet qui nous sépare du port n'est pas une mince affaire, impossible d'utiliser un chariot ou autre car la moitié du petit chemin est fait de petits éboulis, il faudra donc tout porter sur le
dos. Malgré les efforts que cela vous inflige c'est à chaque fois un compte magique dont cette nature vous imprègne,un curieux mélange de sensations qui réveille des choses enfouies en vous.
On fini par s'émerveiller devant ces jeunes pousses multi-colores qui fleurissent en bouquets et qui attendent patiemment un printemps futur. Il y a des gorges abruptes bordées de roches blanchies
par les millénaires de soleil qui dévalent au fin fond de ces calanques fleurissantes et qui ne laisserai pas de doutes possibles si un de vos pieds venais à déraper. D'autres qui caressent la mer
en pente douce, comme le ferai une sirène de la main pour ne pas heurter le regard, le moindre recoin à une particularité envoutante. Nous ne sommes pas encore habitués à ce que ce monde
vous offre autant de merveilles et autant de danger probable dans un même endroit réuni.
Mais nos desseins sont bien noirs, nous sommes venu traquer les sars. Comme un histoire déjà courue d'avance il va y avoir beaucoup de victimes ce soir.
La passion qu'a le sar pour le crevette est sans doute notre meilleur atout, nous allons en profiter encore une fois.
Mon ami, avec qui j'ai fait le déplacement, tente de prendre quelques calmars qui rôderaient près des côtes, c'est sans surprises il y en a, mais le vent qui n'était pas prévu se joue de nous pour
une nouvelle déconvenue.
La nuit est riche en sensations, des départs, des loupés, des prises, des casses rien ne vous est épargné, mais c'est à
peine croyable la présence importante de très nombreux poissons de toutes tailles. Les poissons s'enchainent les uns derrière les autres c'est comme ceci que j'aime la pêche, pour se calmer soudain
vers deux heures du matin...raisons obscures. En faisant les comptes au petit matin, c'est encore une nuit pas possible qui vient de se dérouler, le jour n'est pas mon ami à ce moment. Je vais
laisser encore un petit morceau de moi ici comme une dîme que m'arrache cette nature soudainement froide. Au loin les premières lueurs bleutées j'aillissent des montagnes, le vent frais qui me
carrèsse doucement le visage m'apporte des senteurs du large, mon air sérieux éssaye d'analyser ces odeurs inhabituelles, puis nous faisons quelques photos pour se souvenir de ces nombreux
sars qui m'ont donné tant de sensations fortes, mais c'est l'heure de partir...
Le retour est doublement pénible
car je n'ai pas les jambes d'hier après-midi et surtout je n'ai pas la moindre envie de rentrer. Mon silence sur le retour est évocateur de mon dégout de Marseille, la populace avide de mauvaises
sensations qui grouille déjà, la saleté autour du port que les services de néttoyage ne peuvent plus contenir, les gens qui sont visiblement habités par une transparence intellectuelle...rien ne me
vaut ici, le fil d'ariane que j'ai involontairement tendu avec la nature
me fait rembobiner le film de cette nuit jusqu'a mon retour à la voiture.
Mercredi 28 octobre 2009
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28
/10
/2009
18:18
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Publié dans : Poissons
Par Roland & David
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