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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 20:14

Ce dimanche je suis en compagnie de mon copain Antho. Nous sommes en route pour une bonne partie de pêche choisie un peu à l'arrachée au vu de la météo. Les bourrasques de Mistral font un véritable carnage sur les franges de la côte Marseillaise, et vu que c'est pile notre terrain de jeu il nous faudra aller ailleurs. Aller ailleurs c'est une belle histoire mais où ? J'ai beau retourner et retourner tout ce qui me sert d'inspiration je ne voit que le Cap Taillat pour abri d'un soir.

Voilà la messe est dite, nous partons en fanfare en sa direction....

Le mot du jour.

L'autoroute est longue est contraignante, malgré la beauté inégalable des forêts du Var ce n'est pas la porte à côté pour nous. En effet, il nous faudra allonger plus d'une centaine de kilomètres sans avoir l'assurance de trouver le bon poste et sans la conviction de faire une belle pêche. C'est toujours un comme cela quand on part pour des terres qui vont surtout nous contraindre sur le retour aux lueurs du petit matin.

L'aller est toujours assez rapide et il semble que l'élection présidentielle à cloué beaucoup de monde à la maison. Nous en profitons pour arriver au cap et trouver une place de parking à côté du chemin, seulement voilà...La mer tape un peu trop fort sur le roche lisse de cette petite côte mal taillée. Je n'ai pas un brin la sensation que nous sommes sur notre poste définitif car avec un peu d'habitude on peut voir de gros paquets d'algues qui finissent par s'abattre sur le bord sous la pression des vagues. Après mûre réflexion nous allons rebrousser chemin vers Pampelone. Arrivés sur l'immense plage ce sera le même constat qu'au Cap avec des murs d'algues brunes qui se sont échouées et d'autres qui colonisent les abords de la plage. Là c'est la garantie de faire casse sur casse et de bourrer les moulins d'algues mortes. En quelques dizaines de minutes nous sommes sur le quai de Port grimaud armes et baguages à la main.

ici tout est calme mais je sait à quel point ce lieu est complexe à pêcher. les petits fiélas se prélassent sans retenue et engloutissent tout les appâts qui sont à leur portée. Mais après une bonne heure passée sur ces quai nous avons une sorte de doute qui s'installe dans nos esprits. En effet les touches sont absentes et il n'y a pas l'ombre d'une trace d'un poisson aussi petit soit t'il. Machinalement je joue avec le grincement de la mâchoire tout en essayant de trouver la solutions avec ce problème qui risque de nous faire rentrer les mains vides. En réalité ce n'est qu'un demi problème mais c'est quand même un problème coupé en deux et la partie qui reste c'est l'envie de prendre du poisson. heureusement les touches arrivent vers une heure du matin. Bon ce n'est pas la folie mais globalement nous nous en sortons pas trop mal avec la prise de quelques jolies blanquettes et quelques sars pas vilains.

Vers trois heures du matin tout semble jouer pour nous. Nous commençons à parler retour et il va être temps pour nous de tenter l'impossible pour agrémenter notre sortie. Moi je vais profiter que la digue s'est désertifiée pour aller poser très loin un bon bout de ver de Rimini surgelé. Je vais malgré tout un peu diminuer la longueur du bas de ligne car avec ce que je vais envoyer dans les airs je craint qu'il ne s'entoure autour du corps de ligne. D'un jet puissant le plomb va aller toucher une  distance très respectable, je n'ai plus qu'à mettre un écureuil bien lumineux qui se voit de loin et attendre le passage d'un beau poisson. Entre temps nous allons sortir quelques poissons mais ce qui est difficile à comprendre c'est que bien souvent la touche est microscopique si tu n'as pas le nez dessus c'est presque invisible. d'ailleurs nous avons remonté quelques blanquette mortes sur les lignes faute d'avoir vu la tirette. Bon là c'est tout la grande discussion entre nous, pas question de garder une petite daurade de trois cent grammes si elle est vivante, mais si elle est morte là on ne sait pas...

mais la chance va nous sourire largement. Alors que nous parlions de tout ces connards qui laissent super sale le long de toutes ces digues qui sont pourtant magnifiques, ma canne qui est loin se met à parler. D'un bloc l'écureuil va se coller à l'anneau intermédiaire et secouer le scion très généreusement. De loin impossible de savoir si le frein tourne mais vu comment l'écureuil s'agite dans le noir, j'imagine que ça doit envoyer du lourd ! D'un bloc je m'empare de la canne sans réellement savoir si le poisson est au bout. Mais je n'ai pas le temps de tendre la ligne que je sent une tirée digne d'une belle portion. Sans trop ferrer je remonte mon poisson qui s'agite avec une complaisance qui me libère "enfin" d'un sentiment mitigé. Pas à pas le poisson fait surface sous la pression de mon matériel bien étudié pour ce genre de prises. Le scion plie mais n'est nullement dépassé, le fil en très fin diamètres joue ici parfaitement son rôle et je remercie ici les ingénieurs de la marque Caperlan pour tout le développement de ces lignes ordinaires mais qui me donne à cet instant un immense sentiment de confiance.

Derrière moi il y a mon ami qui me regarde les mains dans les poches...Je lui demande si il  a pris le salabre mais en fait non. Non ? Ho putain il faut le salabre car avec mon pauvre fil je ne vais pas pouvoir la remonter en poids !!!! Mon copain s'en retourne à toute jambes chercher les mailles pendant que je bataille avec ma prise. Finalement Antho arrive et sans ménagements enfourne ma pauvre daurade dans l'épuisette tout en n'économisant pas ses interjections provençales. Hé bé voilà, on a fait l'impossible !! Mais si je doit remercier des gens dans le paysage de ma passion pour la pêche, tout naturellement mes pensées vont pour le groupe PEXEO. Voilà des amis qui n'ont pas beaucoup de temps pour eux. Voilà des gars qui utilisent la moindre parcelle de travail pour développer de nouveaux process du surgelé qui facilitent la vie du pêcheur de tout les jours. Pour nous, on en fait la preuve que le surgelé est la pêche d'aujourd'hui et à plus forte raison celle de demain, il faudra juste qu'un jour le pratiquant écoute et se dépasse pour adopter une nouvelle façon de voir les choses.

Le mot du jour.

Vers cinq heures nous n'avons plus de touches et il semble que nos paupières soient lourdes, voire très lourdes. Nous décidons de tout remballer avec finalement une belles brochette de poissons au final. La voiture est loin et port Grimaud est tout fermé nous devrons passer par la plage, il y a sûrement un autre passage mais je en le connait pas et nous devons faire un retour à l'ancienne sans chichis.

Sur la route ça se complique un peu. Nous avons bien que la mole est un endroit dangereux pour l'humain à cause de la faune animale qui prospère dans les massifs boisés à l'extrême. Malgré tout nous soutenons une moyenne assez correcte sans dépasser toutefois les limites autorisées. La première raison c'est que je n'ai pas envie de me prendre un procès verbal de n'importe qu'elle naturelle que cela soit, la deuxième raison c'est qu'au final vu le nombre de sangliers, renards, biches qui rôdes au abords des routes, plier la voiture n'est pas dans le cadre de mes finances actuelles. Mais en réalité nous sommes à côté de la plaque. Nous nous sommes fait doubler par une centaine de bagnoles qui fusent dans le noir sans aucune visibilité. Plus loin un bel accident qui ralenti à peine la course de ces pilotes en herbe et qui se sont fait leur le code de la route. Au matin il n'y a plus de maître de la volonté les bagnoles bombardent sans retenue au risque de tuer une famille ou tout simplement quelqu'un qui n'y n'est pour rien.  Mais cela ne semble pas être dans la champs de réflexion de l'humain de base, Vous savez ceux qui continuent à téléphoner au volant, considérer que certains feux rouges sont inutiles, que les limitation ne servent qu'aux autres, que l'alcool ou la drogue donne des ailes...

Le mot du jour.
Le mot du jour.

Il y a longtemps déjà j'ai entamé une longue croisade contre la connerie. Celle qui fait parti de notre quotidien, celle qui est présente dans tout nos faits et gestes et c'est celle qui pourri chaque jours que dieu fait à ceux qui ont un peu réfléchi à la vie. Je ne peut raisonnablement pas me soustraire à cette pensée car moi même je suis forcément l'imbécile de quelqu'un et forcement vous aussi. Mais au delà de tout cela dans mon long désir d'être meilleurs, j'ai observé des comportements si juvéniles qu'il m'est immédiatement apparu tout le chemin que j'avais déjà parcouru depuis. Au passage je me suis débarrassé comme des reliques anciennes des emprises politiques et religieuses qui brident la pensée et la liberté des générations. Je me suis rendu compte que nos ancètres n'avait pas tout l'espace cérébral nécessaire pour penser par eux même sans avoir besoin d'avoir recours à des formations divine qui réduit plus l'esprit qu'il ne développe. Mon esprit sincère a finalement fait le tri dans tout ce qui m'entoure et a dû composer avec mes propres jugement sur le sujet.

J'en suis venu tout naturellement à étudier la nature humaine, voilà le vrai débat que j'ai entre mon être et ce que je suis. Pour moi c'est un peu comme un page blanche immense où il y a tellement de choses à dire qu'on ne sait finalement pas par où commencer. Pourtant les mots sont là et ils fusent à la vitesse de la lumière et tout ce qui me vient comme point de départ c'est l'humain...Mais au lieu de juger les autres comme point de mire, je me suis jugé moi, analysé et profondément remis en question. A vrai dire je pense que c'est par là que tout individu doit commencer, faire tomber ses protections de défense, au moins vis à vis de soi, pour mieux les comprendre et les contrôler. Voilà un vrai défi pour l'esprit qui cherche toujours à masquer ses méfaits par des généralités qui poussent la réalité au rang de la banalité. Cela permet de détourner la nature humaine en faveur de l'individualisme permanent. Nous savons tous que l'individualisme conduit directement à la matérialisation et la matérialisation à la dépendance. Quelle soit intellectuelle ou.. matérielle ce sont des leurres qui conduisent à l'enfouissement de tout ce qui est beau en soi.

Quand l'individu en est là il n'est plus vraiment maître de ses pensées. Il rejoint sans s'en rendre compte la pensée collective, bien souvent le profit en est le moteur. On le voit bien, on parle de l'huile de palme qui bouche les artères, pour sa culture on brûle des centaines de milliers d'hectares de forêt avec les singes qui y vivent pour replanter des palmiers. Nous avons que c'est une cause majeure de la mauvaise santé des enfants demain mais...Les industriels la mettent dans tous les plats cuisinés, les gâteaux des enfants et même dans le lait des nourrissons. Du coup comment faire confiance aux hommes ? C'est le plus grand sujet du monde après l'argent bien sûr...

 

Le mot du jour.

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 08:36

Il n'y a pas beaucoup d'occasion dans une année pour se faire réellement plaisir. A chacun ses aspirations profondes ou ses désirs intimes, mais il y a un tout petit recoin dans sa caboche où est dissimulé une barre de bonheur à l'état pur. C'est un peu comme un bonus dans un jeu vidéo ou une porte qui débouche sur une extra balle dans un flipper. On peut le trouver dans une multitude de choses car à vrai dire personne ne connait les limites du bonheur ni où il se trouve, mais on le reconnait bien quand il arrive, il commence à remonter des entrailles pour venir inonder l'esprit tout en faisant des frissons jusqu'au sommet du crâne. Heureusement ce n'est pas un état permanent, pour moi il ressemble un peu à une étincelle qui se répercute dans mes souvenirs et il conditionne malgré tout une bonne partie de ma satisfaction.

Hé bien moi c'est quand je prépare la fameuse sortie de pêche pour mon fils. Voilà une occasion en or de se faire plaisir car c'est un moment où on laisse de côté les mondanités et autres devoirs d'usages de tout les jours. C'est la bonne occasion de rassembler quelques amis avec avec soi pour partager quelques heures de liberté absolue.

Cinq heure et demi du matin mon fils me réveille car c'est l'heure de se préparer. Il y a déjà les copains à la maison car pour éviter de faire la tournée de ramassage le matin on les garde pour la nuit. Après un très rapide petit déjeuner nous passons récupérer Eric et Max puis Antho sur le chemin de la pêche.

A cette heure il n'y a pas grand monde sur la route et nous arrivons à CASSIS rapidement. Les pas lourds résonnent en cadence dans la carrière, les rires et les vannes commencent à monter avant de nous engager dans le sentier qui surplombe la somptueuse plage de Port Pin. Là je suis rassuré contrairement aux années précédentes car les enfants ont beaucoup grandi et je ne doit pas autant me soucier de leur sécurité, de plus ils sont étrangement devenus raisonnables et bien plus sportifs que moi. Ce qui n'a pas changé c'est leurs rires d'enfants qui envahissent les criques tranquilles, là où dorment les pins tordus par le vent, bordés de la beauté naturelle des roches cuites par le soleil. Notre progression est rapide et en moins d'une demi heure nous sommes enfin en poste.

Une leçon de vie au bord de l'eau.

Inutile de tourner autour du pot, les gosses ont une patate de tout les diables ! Je me régale de les voir s'émerveiller sur la beauté du paysage ou les petits poissons qui passent sous la surface de l'eau. Ils détaillent déjà leur plan de pêche pendant que je prépare les lignes de mes trois petits loulous.

Rapidement la satisfaction monte dans les rangs car tout le monde trouve son poisson à mettre au bout de sa ligne. Les touches arrivent en masse mais quoi de plus normal en somme. Moi mon plaisir est ailleurs car quand je vois la belle ligne de pêcheurs qui s'étale, tous aussi concentré sur le scion que possible, là, je suis heureux...

Une leçon de vie au bord de l'eau.

A vrai dire nous avons une chance de tout les diables ce matin. Normalement ce foutu vent va se lever vers quatorze heures et a sévi les jours précédents. Cela nous laisse une petite fenêtre météo de cinq heures et nous allons largement en profiter. Au départ rien n'était sûr mais là, pas un gramme de vent, il fait légèrement frais et la mer ressemble à une immense toile cirée couleur bleue, hou fan de chichourle ! Ca sent la poudre dans les rangs !!!

Malgré leurs tailles modestes, je mesure bien ce que pèse en réalité ces poissons de roche. La valeur poids satisfaction n'est pas comparable dans une équation arithmétique. Je parie ma chemise que les couleurs flamboyantes de cette girelle royale brilleront dans l'esprit de mon fils durant toute sa vie, ainsi à son tour, il aura un peu ces fameux moments particuliers qui figent des souvenirs dans le temps.

Girelle Royale ( Coris Julis)
Girelle Royale ( Coris Julis)

Girelle Royale ( Coris Julis)

Pour l'instant les rythme des captures est assez soutenu, il y a un peu toutes les espèces qui sont présentes et de temps en temps un sujet un peu plus gros fait surface.  Mais pour mettre toutes les chances de notre côté je me suis affairé à choisir de belles boites de vers. Pour l'occasion j'ai monté du 16 centièmes dans les moulins et bas de ligne en 14 centièmes, combiné avec des poids de quarante grammes il ne reste plus qu'à prier pour que les fonds ne soient pas trop accrocheurs. Malgré tout j'ai beau indiquer aux enfants qu'il faut envoyer au moins à trois mètres du bord pour que le poids aille jusqu'au fonds rien n'y fait, ils font gratter le plomb contre la paroie sous leurs pieds. Il s'en suit une série de casses qui aura raison du petit stock que j'avais en réserve et des bas de lignes ultras fins. Pourtant, le bac commence en se remplir franchement d'une belle brochette de poissons de toute les tailles. Vu que nous n'allons pas passer la journée ici et que pêcher les poissons de roche n'est pas exactement dans mes cordes je vais tenter de caler un ver plus gros et plus loin. C'est Antho qui m'a décidé car il vient de prendre un joli Pageot sur une esche entière, preuve que même avec ces vers on peut prendre pleins de trucs.

Dans l'ordre c'est Arnaud, Max, Matt et Toto.
Dans l'ordre c'est Arnaud, Max, Matt et Toto.
Dans l'ordre c'est Arnaud, Max, Matt et Toto.
Dans l'ordre c'est Arnaud, Max, Matt et Toto.

Dans l'ordre c'est Arnaud, Max, Matt et Toto.

Passé midi le vent commence à devenir plus présent. Les gosses font une véritable razzia dans le sac de nourriture et là, on est obligé de rigoler tant les mélanges sont surprenants. J'ai observé un combo bonbon/chips qui, je présume, doit être de la famille du sucré/salé ou croc monsieur/bonbon/chips/coca tout cela dans la même bouchée. Bon là je préfère ne plus trop regarder et me concentrer sur ma pêche. D'ailleurs il me semble avoir une belle touche sur ma canne et vu le diamètres des bas de ligne mieux vaut ne pas laisser trop batailler. Du coup je ferre mais avec les précautions qu'impose la résistance du fil. Il me semble que le poisson est assez sympa j'espère juste que je vais pouvoir le remonter sans que tout casse, hé oui, on a pas de salabre.

Un beau labre véridis ou labre vert ou lasagne.

Un beau labre véridis ou labre vert ou lasagne.

Du coup je vais un peu expliquer pourquoi son nom officiel est le Labrus Véridis ou labre vert. La raison est simple car toute la découverte du fond marin s'est faite sous le règne du latin ou du Grec et les prétendants scientifiques qui n'avaient de cesse que d'avoir leurs noms afficher dans les revues spécialisées de l'époque. En latin, Labrus veut dire " lèvres" et véridis veut dire " vert". Souvent les noms sont longs et complexes pour l'expliquer aux néophytes, ainsi naissent dans la bouche récalcitrante de nouveaux noms tout à fait surprenants comme Roucaou qui veut dire " roche" en provençal, mais lasagne ou vieille c'est difficile de savoir d'où cela provient... 

Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.

Nous allons plier vers quatorze heures sous l'insistance du vent. De toute façon nous avons largement de quoi faire notre traditionnelle soupe de poissons et nous avons fait le plein d'oxygène, quoi de mieux? 

Notre retour sera beaucoup moins solitaire qu'à l'aller. Les marcheurs sont nombreux ici et les bateaux qui transportent les touristes ( déjà ?) ont rapidement colonisé toutes criques interdites ou pas. Voilà un spectacle surprenant comparé à la tranquillité du VAR ou comparé au manque évident de civisme de la part de l'être humain. Heureusement les gosses on l'oeil pour se moquer ouvertement de ceux qui n'ont pas de morale, preuve qu'en fait, notre vision de l'avenir et tout ces messages que nous leur avons donné tant bien que mal, à bien fait son chemin dans leurs esprits...

Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 18:13

Hé bien voilà, nous sommes en AVRIL et il faut bien le dire la belle saison arrive à grands pas. Bien sûr, nous aimerions tous que l'été n'en finisse jamais afin que nous puissions aller et venir sur nos postes de pêche sans retenue. Oui je sait c'est un rêve qui a effleuré mainte fois l'esprit de tout à chacun. Il n'y a pas que dans le domaine de la pêche que ce rêve subsiste bien qu'en réalité nous n'avons pas trop à nous plaindre nous, Sudistes. Nous n'avons pas de marées ou si peu, nous n'avons pas des températures extrêmes qui figent tout. Non nous sommes salement vernis à côté de nos amis Nordistes car on va à la pêche quand on veut.

Tout cela a un revers quand même. Vu que les contraintes sont moins nombreuses et que les températures sont globalement plus clémente qu'ailleurs, ce petit paradis est plus souvent sollicité donc qui s'appauvrit plus rapidement. Ne nous voilons pas la face les amis, les poissons n'ont guère de repos avec l'armée de pêcheurs qui vadrouillent les plages, les digues, les ports et les roches toute l'année. Si nous ne pouvions pas pêcher à cause des tempêtes et ceci durant plusieurs mois le poisson aurai largement de quoi se refaire et donc serai plus présent. Mais à mon sens ce qui défavorise encore bien plus notre pratique ce serai plutôt l'aspect environnemental. Malgré que nos côtes soient largement rocheuses et donc susceptibles d'accueillir une multitudes de poissons variés, la pression humaine semble très lourde à porter pour la nature. En prenant exemple de Marseille jusqu'à Cassis il y a pas mal de choses qui peuvent être un facteur important sur la répartition très inégale du poisson. Nous allons éluder volontairement La baie de FOS qui génère une pollution démesurée qui s'échoue dans les calanques par Mistral.

Tout d'abord il y a le rejet de l'huveaune qui vient de loin dans le département des bouches du Rhônes. N'oublions pas que ce cours d'eau récolte les eaux de pluie et les rejets des zones industrielles en amont, le tout se jette directement sur les plages de l'escale Borelli.

Il y a le fameux égout de Cortiou qui siège en plein dans le coeur du Parc des Calanques. Malgré les messages rassurants des autorités qui nous assurent que les risques sont minimes, moi qui pêche dans ces coins je peut vous dire que par vent d'EST la pollution est bien là. L'eau vire au marron, l'odeur est épouvantable et bien sûr il n'y a plus un seul poisson. Les roches se blanchissent jusque dans l'eau et il n'y a plus une seule moule accrochées aux basques des cailloux.

Plus loin il y a le déversement des boues rouges vers Cassis qui finissent d'encadrer un Parc National qui doit composer avec ces pollutions diverses. Je ne vais pas tenter de refaire le monde industriel mais il me semble qu'autant de déversement dans la mer n'est pas très bon pour le poisson. Je me demande si cela n'est pas une des causes majeure de la raréfaction des espèces près du bord.

Il faut bien le dire, les pêcheurs qui ont une bonne connaissance de l'aspect biologique des poissons ne sont pas nombreux. Le pratiquant occasionnel et même bon nombre de confirmés ne se soucie pas ou peu de ces fameuses contraintes halieutiques. Finalement on va à la pêche quand on peut et au diable tout ce qui tourne autour.  J'avoue que c'est un peu normal car quand on approfondie un peu le sujet de la pêche on perds rapidement tout ses repères. Dans la perception du poisson rien n'est vraiment normal vu que le poisson est dans un élément radicalement différent du notre. Malgré tout on arrive à capter des points qui donnent des certains repères, mais le poisson n'est pas un robot et il est aussi versatile que contraint dans un segment de l'année où il se trouve, obéissant souvent à l'instinct de survie, alimentaire, amoureux ou même de l'amusement. En fait rien n'est réellement exclus dans le comportement des poissons. Bien souvent en essayant de nouvelles techniques on découvre une nouvelle porte qui débouche sur une autre facette de la pêche. En fait c'est ce que font tous les fabricants de leurres; ils jouent sur des stimulis que le pêcheur à la calée n'explore jamais...

Pendant longtemps j'ai été un fervent adepte de la pêche en milieu hostile. Quand je parle d'hostilités c'est souvent à cause de la météo qui bat la côte en écume. Vous savez, cette météo épouvantable qui fait normalement rester à la maison, ce ciel gris, celle qui remue la mer à fond la caisse mais qui est pourtant si riche en nourriture pour les poissons. Ces fameuses conditions qui transforment un coin en antre des démons. Pour moi c'était le signal de sortir les cannes à pêche et d'aller farfouiller les roches dans les calanques. Inutile de me parler de mer plate ou de sable fin tout cela ne m'a jamais parlé. Tant de plaisir à combattre la mer et le vent qui font rage mêlé aux effluves salines qui se mélangent avec le vent. les postes les plus productifs sont souvent ceux qui sont le moins accessible, d'ailleurs c'est là que j'ai souvent fait mes plus belles prises. Mais je ne compte plus les fois où je me suis retrouvé dans des conditions complexes qui éprouvait ma volonté et ma vie aussi.

Quel contraste avec hier et c'est d'ailleurs ce que je dit plus haut. Moi comme tout le monde je cherche aujourd'hui une fenêtre météo, vous savez, celle qui fait briller le soleil et réchauffe la mer. J'en ai fini avec les tempêtes, les frusques trempées, les oreilles harcelées par le sifflement du vent, les recoins minuscules qui servent d'abri d'urgence. Aujourd'hui je rêve de l'été éternel. D'ailleurs il me vient une anecdote qui m'est arrivée dans la calanque de Morgiou un soir de Mars qui a définitivement tiré un trait sur mes sorties rocambolesques.

Le Mistral avait envahi tout le département depuis plusieurs semaines. Moi j'en avait franchement marre de pêcher dans des conditions complexes mais une fois de plus je me suis rendu au chevet du minuscule port de Morgiou. Les bourrasques Violentes créent une ambiance étrange dans cette petite crique, comme un grondement sournois qui fait  penser au jugement dernier. Pour arriver sur le poste lointain il y a un mince sentier qui grimpe furieusement entre les arbustes épais et les pins torturés par le vent. La beauté froide du lieu impose un respect à toute épreuve un peu comme si on entrait chez quelqu'un d'autoritaire. la progression est rapide mais mal aisée à cause des dénivelées importants qui mettent à contribution la résistance de ma passion. En quelques minutes on se retrouve en hauteur et la vue s'élargie laissant tout le loisir du marcheur à s'émerveiller par les couleurs bleutées de la mer inégalables. Mais à un moment il faut passer une sorte de col très exposé aux vents par un chemin pas plus gros que deux pieds de large. A droite il y a la montagne abrupte qui surplombe tout et à gauche un grand vide sur plus de cent mètres qui débouche sur la mer. A ce point précis on doit passer en rasant la paroi rocheuse tout en sécurisant avec les mains sous peine de glisser. Hé bien là, juste au moment où il ne faut pas faire de faux pas une violente bourrasque s'empare de mon gros cas à dos et me fait vaciller et me décolle littéralement de cette paroi. Je perd soudain l'équilibre cherchant avec les bras de l'appui dans l'air, une autre bourrasque me pousse en arrière comme une grosse gifle qui secoue une deuxième fois mon gros sac de pêche et je ne doit mon salut qu'à une mince racine solidement encrée dans la terre qui m'a servi de fil d'ariane. Il s'en est fallu d'un rien pour que je ne bascule pas dans le vide, j'était trop sûr de moi, trop habitué à braver le mauvais temps. J'ai essayé de me rouler une cigarette un peu plus loin mais le tabac ne tenait pas dans le papier tellement le vent était fort. J'ai dû attendre d'être sur mon poste et m'allonger au sol pour pouvoir enfin fumer...C'est ainsi que je me suis promis de ne plus faire ce genre de choses et de passer à un autre style de pêche.

Mais novice dans l'art de la calée il m'a fallu revoir de fond en comble tout ce que savait de la pêche et revoir tout mon matériel. Je suis passé par de longues étapes de doutes car je me suis laissé berné par tout ceux qui se vantaient de tout connaitre. Je me suis noyé dans les écueils  de ceux qui étaient déjà dans une impasse, j'ai cru à beaucoup de choses inutiles qui m'ont fait perdre beaucoup de temps jusqu'au moment où j'ai rencontré les bonnes personnes qui m'ont mis sur la bonne voie. 

Mon expérience de la mauvaise mer m'a beaucoup servi et me sert toujours d'ailleurs. Même si je n'ai pas encore bien compris toutes astuces qui entourent la technique de la calée je me sert largement de la pêche au toc en absence apparente des poissons. Cela me permet si je le souhaite, de ne jamais revenir bredouille et ainsi toujours avoir quelques prises à faire bouillir dans la marmite. Il n'est pas si simple de piéger un poisson avec un appât mort, d'ailleurs on se demande même comment on y arrive aussi souvent car il faut bien qu'à un moment il se passe un truc qui déclenche l'action. La faim ? L'agressivité ? L'amusement ? La curiosité ? Voilà des registres difficiles à cerner quand il y a beaucoup d'eau entre le pêcheur et sa proie. Hé bien là nous allons tous avoir le même comportement, c'est soit on s'en fout royalement, soit on essaye d'aller titiller le petit truc qui fera la différence.

Le premier chemin est facile car il est déjà tout tracé par l'armée de gens qui n'ont pas l'intention d'investir leur cerveau pour la pêche. Le plus simple dans ce cas, c'est de faire confiance à ceux qui fabriquent tout et à travers cela ne rien produire de nouveau. Il est tellement plus simple de tout payer car il est évident que ne rien tenter évite d'aller toucher ses limites, donc évite d'égratigner son égo. Il est tellement plus simple de prendre un bon détecteur de poissons en couleur et d'aller farfouiller la mer. Cela évite de prendre des points de repères dans le temps ou dans l'espace, ainsi l'activité reste dépouillée de complexité, c'est de l'amour sans contraintes et si tout cela ne fonctionne pas on aura toujours le loisir de dire que le matos est bidon...

Le problème que j'ai avec ça, c'est que comme beaucoup de mes congénères j'ai du mal à utiliser un truc qui prends définitivement les commandes, ou même qu'il va remplacer tout ce que je ressent. Ce qui m'égratigne c'est que dans d'autres domaines la facilité a pris naturellement le pouvoir de l'activité et peu à peu plus personne ne connait l'origine du pourquoi.

Pour ma part je suis de retour dans les calanques de Marseille accompagné de mon copain Antho. Voilà un copain qui ne rechigne devant aucune difficultés pour assouvir sa soif de se rendre au bord de l'eau. Tout deux nous avons choisi d'aller dans le VAR pour une raison assez simple, dans les bouches du Rhônes la mers semble bien vide. Nous avons une véritable armada d'appâts surgelés signés PEXEO et nous sommes d'excellent monteurs d'appâts. Le tout combiné devrait normalement faire des étincelles, c'est tout ce que allons vérifier.

Notre route va durer un bon moment car nous sommes à plus de cent kilomètres de notre destination. Heureusement une fois sur place le coin est tranquille et peu fréquenté, nous aurons toute nos aises pour poser nos cannes où bon nous semble. Avec le temps et l'expérience je me rends compte qu'il ne faut que quelques minutes pour monter les lignes. Pour nous pas de fioritures sur les montages, j'ai banni les techniques complexes car si vous êtes comme moi, elles finissent toujours au fond de l'eau. Je conserve justes quelques perles brillantes de couleurs que je monte près de l'appât selon le poisson qui est présent. Mais en fait je trouve que tout cela est moins utile car avec des appâts qui ont déjà des effluves ajoutées dedans il semble moins nécessaire de jouer en plus sur le visuel.

Les premier appâts vont rapidement trouver preneur. L'armée de petits poissons qui vadrouillent le long des roches ne font pas dans la dentelle quand ils ont de quoi se mettre sous la dent. Les touches sont rassurantes car nous savons qu'avec nos appâts de tout premier ordre nous pouvons avoir la grosse surprise à tout instant. Ici je me régale de faire siffler le scion, les jets sont de toute beauté, franchement cela me change des calanques avec mes recoins taillés au millimètre... Ici c'est tout l'inverse, on a de l'espace et une mer calme immense devant nous, voilà de belles perspectives qui s'annoncent !

Comme d'habitude les ver de Rimini et les bibis vont être les premiers de la liste à séduire tout ce beau monde. Le stock diminue au fil des montages, les petits poissons seront tous relâchés et les appâts baissent à vue d'oeil. Pourtant rien de bien folichon quand même contrairement à la sensation que nous avons au creux de ventre. Mais nous gardons bien à l'esprit qu'à tout moment un beau sujet peut mordre. Moi je me régale de monter ces fameux vers surgelés, l'exercice est délicat et nous avons une contrainte terrible au dessus de nos têtes, c'est de garder les appâts bien glacés. Du coup j'essaye des franges plus ou moins longues sur les bibis, j'y inclus du krill pour voir si il y a une réelle différence, on bricole quoi...Mais la chance va se pencher encore un peu sur nous quelques instants. Mon ami Antho va arriver à arracher à la mer une série de jolis poissons au prix d'un acharnement fantastique. A force de chercher le coin, de ne pas se décourager après quelques grosses touches sans suite, il va quand même trouver le nid où se reposent les poissons. Du coup notre pêche prends une belle tournure malgré un pronostic de départ très morose.

Les pauses cigarettes et sandwichs sont légion. Entre deux touches on en profite pour faire de futurs plans dans plusieurs coin de la région. Je connait bien ces coins Varois qui abritent une belle variété d'espèces qui ne manquent pas de ravir l'oeil de l'amateur averti. Ca change un peu de la saleté de cette digue qui est régulièrement prise d'assaut par des pêcheurs qui se débarrasse de leurs poubelles dans les trous. Là y'a pas de gène, les gars on pris l'habitude de tout balancer dans les interstices et de foutre comme de leur première bogue de l'impact que cela produit.

Le matin avance à grands pas et les touches se tassent un peu, nous avons remis une demi tonne de beau yeux à l'eau et gardé une dizaine de sujet correct. Alors que je pense commencer à remballer vu que notre pêche n'est pas si mauvaise mon copain m'interpelle. Il est aux prises avec une grosse pastèque qui lui fait la misère. Sa canne est pliée et il ne peut pour l'instant pas lui faire rejoindre le bord. On voit bien que le poisson est au bout car le scion donne des tapes et l'instant d'après il sonde. Enfin la voilà la surprise ! Il est quatre heures du matin et nous ne pensions plus avoir aucune touches, c'est toujours comme ça. Le problème c'est que le poissons semble collé au fond et rien ne nous indique la moindre faiblesse corporelle de sa part. Mon ami va rester comme ça, sans pomper juste tendu vers le poisson tout en restant extrêmement prudent, vingt deux centièmes oblige. Les minutes passent et soudain le fil devient léger mon ami tente de remonter le poisson, mais en fait le bas de ligne à cassé ou a été coupé. Dommage car même si nous pensons à une belle raie qui serait retournée de toute façon à l'eau nous aurions pu faire quand même de belles photos. Dans le coup nous avons perdu notre motivation grignotée peu à peu par la fatigue et là pour de bon on commence à plier.

Le retour sera simple et sans histoire en compagnie d'un ami que nous connaissons bien, le sommeil. On roule avec prudence les vitres ouvertes aux quatre vents à combattre en  permanence ce copain encombrant qui prends la fuite dès que le jour qui arrive. Nous allons faire une grosse pause à St Maximin pour boire un peu de café, fumer une cigarette et pause pipi. Voilà une sortie tout à fait ordinaire mais où beaucoup de choses prennent forme, des amitiés se lient, des décisions se prennent, de futures sorties se complotent...

Ci dessous les photos de sorties où il ne sera pas passé grand chose, à plus les gars on pense à vous !

Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 18:24
Une langue rouge de coque.

Une langue rouge de coque.

J'ai longtemps cherché le moyen de m'ouvrir définitivement à la capture du poisson sans que cela ne devienne pour autant une obsession. J'ai toujours pensé que la pêche est un exercice sain qui met le pratiquant face à ses limites. Comme tout le monde je me suis buté à essayer de comprendre les poissons à travers les récits d'autres pêcheurs sans pour autant toujours tout comprendre. Même si il y a tout un tapage autour des poissons, rien ne transpire de réellement sérieux qui pourrai aider le pratiquant. Peut être que celui qui poste des photos n'en sait pas plus que celui qui les regarde mais il y a autour de tout ça un secret qui semble intransmissible. J'entends beaucoup parler de cannes à pêche, de fils, de plombs, d'accessoires, d'électronique comme si ces matériels étaient l'essentiel dans l'art de la pêche en mer. Ces bruits de couloir font un tel vacarme sur la toile sans pour autant parler de l'essentiel, le poisson ! Hé oui, la majorité des pêcheurs ont oublié de parler de la chose la plus élémentaire dans leur pratique.  La connaissance de la biologie est essentiel et vu que le pêcheur ne joue que sur l'aspect alimentaire mieux vaut ne pas se tromper. Contrairement aux leurristes qui sont nettement plus fins dans leur approche de la mer, celui qui cale ses lignes n'a pas autant de possibilités pour aller titiller la curiosité des poissons. D'ailleurs il n'y a pas photo, le leurre surpasse largement l'appât traditionnel. C'est ainsi qu'une nuit à force de réfléchir à tout ça j'ai senti les prémices de la satisfaction perpétuelle vibrer en moi.

Je me suis retrouvé un soir face à la mer un peu désemparé à me demander pourquoi cette étendue d'eau devant moi était complètement vide. J'ai eu beau essayer tout un tas de montages, des astuces et d'autres trucs sans nom, une idée est venue soudain éclairer une parcelle de matière grise qui commande le haut du crâne. En fait, depuis cette nuit tout est parti à l'envers.

Alors que je m'appliquait à envoyer du plomb le plus loin possible, je regardait amoureusement mes beaux moulinets tout neufs surmontés par belles cannes à pêche dernier cri. Je me régalait de me rabâcher que si une grosse prise venait se prendre j'aurai tout le nécessaire pour la remonter sans encombre, seulement voilà...Où était ce poisson record ? En tout cas apparemment pas sous mes lignes...J'avait beau avoir du très beau matériel il me semblait tout au fond de moi qu'à moins qu'il ne sorte la tête de l'eau et qu'il sensible au carbone je n'en verrai pas la couleur. Alors j'ai fait le grand ménage dans mes idées, j'ai balayé l'espoir de croire que c'est avec un ensemble à cinq cent euros que j'était le plus sûr de revenir vainqueur, j'ai oublié de croire que la solidarité était un faim en tout pêcheurs, j'ai vaporisé toutes les fables que j'ai entendu sur le sujet de la pêche en mer. Parce qu'il faut bien le dire, le pêcheur est un humain et l'humain est un loup. 

Dans ces conditions j'ai longtemps pêché seul, les évidences n'ont pas tardé à faire surface et je me suis tourné vers d'autres pêches moins vampirisantes pour l'esprit. Rapidement je me suis senti comme un chef d'orchestre face à la mer. En agitant mes baguettes en carbone vieillissantes dans le ciel et je me suis concentré sur la musique de la mer. Il faut tendre l'oreille pour sentir toutes les petites fausses notes que l'on fait sans le savoir car les musiciens qui vivent dans l'eau n'écoutent que le chants subtils qui viennent plutôt du ventre. Voilà un sens bien cruel qui soutien un rythme de sélection là où il n'y a pas longtemps je m'était perdu. De nos jours il n'est pas simple de faire comprendre qu'il vaut mieux pêcher avec du matériel basique quitte à piocher dans le premier prix et soigner ce qu'on met au bout de l'hameçon, que d'avoir du matériel record et penser que le bout de ver est secondaire. Si on arrive à combiner les deux c'est mieux mais on commence toujours par le bout de ver ! Curieusement tout le monde ne comprendra pas ça et va persister à entasser des idées reçues au lieu de se payer à la place des appâts hors du commun. 

La langue rouge de coque.

Voilà tout ce que j'essaye d'inculquer à ceux qui participent à nos aventures nocturnes. Le respect de la nature, ne pas capturer plus de poissons que le raisonnable, s'habituer à prendre ce que la mer nous donne sans rouspéter. C'est un peu comme le jeu de l'oie, selon sur la case sur laquelle on tombe l'aventure prends une tournure différente et pas toujours pour notre bonheur. Mais ce soir là je suis en bonne compagnie avec Antho et Simon. Du coup la pêche sera plus douce que mon habituel parcours du combattant, pourtant je leur ai choisi une soirée qui n'est pas tout repos quand même. Nous allons marcher jusqu'à Podesta et ceux qui y vont pêcher savent que ce n'est pas une partie de rigolade, surtout le retour, ça pique un peu...

Mais pour une fois tout à l'air de se passer sans encombre, la marche est longue mais notre soif d'aventure est encore plus forte que le granit pur qui crisse sous nos pieds. Sur le chemin qui tournicote entre les arbustes épais, nous faison une pause pour montrer à Antho tout le petit trafic pas très discret qu'y s'y déroule presque tout le temps. Là bas c'est un plongeur en bouteille qui traque le denti avec son harpon et lumière, la bas c'est un pros qui met les filets dans la réserve, dessous nos pieds un mec fini de poser des casiers à langoustes ou à homards, la liste est impressionnante mais de soir en soir, comme sur la route les barrières tombent et l'humain se sent affranchi des codes. Les gars pillent les coins et passent au suivant quand ils l'ont rendu stérile. On en sait pas à quoi sert la police maritime car en fait nous ne l'avons vu qu'une seule fois en été, l'hiver elle reste au chaud sans doute. Mais au delà de tout ça c'est l'humain ne sait plus se tenir, c'est la raison pour laquelle les décrets pleuvent sur notre pratique, le GIP s'est largement rendu compte que la rapine est un métier parallèle. Pourtant si tout le monde voulait bien se cacher un peu nous serions tous bien tranquille. Mais c'est tout l'inverse qui se passe, cela oblige les instances à répondre aux sollicitations d'associations de défense de la faune qui n'est pas dupe.

Nous poursuivons notre route en toute hâte car la nuit tombe et c'est maintenant que la pêche commence...

Les retrouvailles sont chaleureuses car cela fait assez longtemps que je n'ai pas vu Simon. Lui il est arrivé dans l'après-midi en espoir de prendre quelques sujets diurnes. Pas de temps mort pour nous, les scions fendent l'air et les première prises arrivent en trombe. Nous avons une grosses palette d'appâts qui vient tout droit de la maison PEXEO. La seule inconnue ce soir c'est la taille des poissons qui est toujours une surprise, selon les jours il y a beaucoup d'indésirables et d'autres jours il y en a aucun. Ce soir nous n'avons manifestement pas trop de petits poissons mais ceux qui sont pris ne sont pas à la hauteur de nos espérances. Pour le moment aucun ne fait plus de cinq cent grammes, certes, toute la gamme des sparidés est dans le bac mais je ne serai pas contre une belle prise. 

La mer tape copieusement sur les roches, à vrai dire il faut faire attention car par moment ça monte vraiment haut. Les cailloux sont glissants à souhait et conduisent directement vers la mer rageuse, c'est pas le moment de faire l'andouille...

D'heure en heure je sent bien que la houle qui fait rage devant nous a certainement éloigné les beaux sujets. Moi j'ai remonté pas mal d'algues sur les noeuds et beaucoup de pelote fil autour du plomb, signe que sous la surface ça bouge un peu trop. Nous nous sommes tous précipité à la pêche car nous avons une belle fenêtre météo entre deux tempêtes, c'est parfois bon et souvent moins bon. Mais  au final ce n'est pas très important car malgré tout nous avons pas mal de touches et nous aurons de quoi faire la cuisine demain.

Je me prépare les bouts de Rimini à la maison, c'est plus rapide pour pêcher.

Je me prépare les bouts de Rimini à la maison, c'est plus rapide pour pêcher.

Les crabes roses surgelés.

Les crabes roses surgelés.

Les langues rouge de coques taille xxl.

Les langues rouge de coques taille xxl.

Les nouvelles petites seiches.

Les nouvelles petites seiches.

La langue rouge de coque.
La langue rouge de coque.
Simon en pleine bataille sur un sar !

Simon en pleine bataille sur un sar !

Qué misère ces petits sars !!!

Qué misère ces petits sars !!!

En quelques minutes il y avait déjà des poisson dans le bac !

En quelques minutes il y avait déjà des poisson dans le bac !

Vers deux heures du matin nous allons commencer à remballer car nous allons partir. D'abord c'est Simon qui prends la route puis Antho et moi un peu plus tard. Nous allons longuement parler de ces appâts qui nous accompagnent depuis longtemps maintenant et nous allons programmer de nouveaux comparatifs qui devraient nous éclairer un peu mieux. Certains sont voués à un avenir merveilleux comme ces grosses langues rouges de coques qui sont à couper le souffle de fraîcheur, ainsi que les petites seiches vont faire un malheur dès les beaux jours.

Le retour en voiture sera comme à l'aller dans Marseille. Il y a des bagarres un peu de partout, des crissements de pneus dans les ruelles et des bagnoles lancées à fond sur l'autoroute qui doublent par la droite. Putain, j'était si bien dans mes calanques...

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 20:02
C'est mon petit cadeau du jeudi.

C'est mon petit cadeau du jeudi.

Hé bien voilà, nous sommes mi Février et le thermomètre n'est pas descendu à moins de 12 degrés de tout la soirée. C'est une chose qui ne m'est pas du tout familière, ordinairement ce fameux mois est le plus froid de tous les mois offrant même selon les années un peu de neige en Provence. Là du coup on en est très loin car en faisant quelques bonds sur les roches et quelques allés retours vers les cannes on sent vite la chaleur remonter du col de la doudoune vers les joues et la nuque.

Tout de même et pour ne pas être pris de court, il est de bon aloi de se couvrir généreusement car il est interdit de se retrouver seul en hiver dans les calanques mal couvert. Il est toujours plus facile d'enlever une veste que de ne pas l'avoir.

Au départ je ne devait pas aller à la pêche. Quand on a une grande famille rares sont les fois où mes sorties sont programmées à l'avance. Il y a toujours un truc de dernière minute, une course à faire, un enfant à aller chercher ou pire, une blessure qui nous conduit vers les urgences...C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'évite de faire des plans sur plusieurs jours car cela fini toujours par tomber à l'eau. Mais cette fois c'est tout l'inverse qui se produit. La longue liste d'aller/retour entre AUBAGNE et AURIOL se réduit à un simple arrêt au drive de notre hypermarché favori. Dans ma tête, j'ai beau faire le tour des trucs qui pourraient faire partir en fumée la sortie que je suis en train de fabriquer, mais rien en me vient à première vue. J'en perd même le fil de ce que je fait tellement mon cerveau est à contribution. Du coup, nous sommes Jeudi, il fait bon, j'ai quelques appâts surgelés qui attendent dans le congélateur, je fait quelques bisous à ma troupe et me voilà parti...

Sur la route rien ne peut gâcher mon plaisir d'aller vers la mer. Je roule tout en douceur pour que rien de fâcheux n'arrive à la dernière minute. Le long cordon d'asphalte qui serpente entre CASSIS et MARSEILLE ressemble à un tapis roulant qui me conduit vers le bonheur. 

Arrivé à Callelongue je sent bien qu'il va être difficile d'aller là où je pensait aller. Il y a un petit vent de travers qui n'est pas exactement celui prévu ce qui a pour conséquence de tout compliquer. A première vue c'est juste un détail sans importance, mais ce genre de tout petit détail pèse très lourd dans la balance buccale des poissons. Le pêcheur doit avant tout essayer de capter l'ensemble des éléments qui l'entoure. D'après ce que je voit j'ai bien compris qu'il n'est pas utile d'aller très loin. Du coup mon poste préféré n'est pas dans le cadre de qui est bon pour prendre du poisson. Par contre j'ai repéré un autre coin qui sera parfait pour pêcher car il fait courir l'eau de surface et remue un peu le fond. Voilà des conditions surprenantes qui n'arrivent pas souvent ici et je doit en profiter.

Rapidement toutes les cannes sont à l'eau en attente des premières touches. Ce qui m'intrigue le plus c'est de savoir comment les poissons vont manger ce soir si toutefois il y a du poisson. Les pêcheurs savent ce dont je parle, le poisson ne mange pas toujours de la même façon selon les jours. Quand on y pense quoi de plus normal, il n'a pas toujours la même faim c'est un peu comme nous. En plus tout dépend du moment de l'année et les conditions météo, en principe, l'hiver est très bon pour la capture des sparidés.

Mais tout cela est un calcul technique et ne me prouve que je soit dans le vrai, à n'importe quel moment les conditions peuvent me montrer que j'aurai dû rester à la maison question poisson. Je suis bien conscient de ça et c'est avec une grande humilité que j'évite par dessus tout de me prendre pour un grand pêcheur.  Même si je sait que grâce à ma ténacité, mon refus de me limiter, mes merveilleux appâts, mes postes finement choisis que la chance frappe souvent à ma porte. C'est un peu tout cela que j'ai compris. Rien ne sert d'avoir du matériel hors de prix pour pêcher dans les calanques car tout fait parfaitement l'affaire. Il faut juste surveiller à avoir du fil toujours neuf embobiné dans un moulin léger pour se faire plaisir. De toute façon les distances de lancés ne varient que très peu vu l'inconfort de ces roches. On est obligé de fouetter sur peu d'espace le corps toujours un peu en équilibre, c'est la raison pour laquelle je mise plutôt sur la finesse des montages et la qualité de mes appâts.

Mon attente ne va pas durer des masses car la première touche va survenir dès le nuit tombée. Voilà une tirée franche qui me signale ce poisson a trouvé le ver de Rimini tout à son goût et franchement ce n'est pas une surprise. Vu la taille de l'appât si le poisson dépasse les cinq cent grammes il va se piquer correctement. En fait pour que le poisson se pique sans qu'il ne s'en rendre compte mon astuce c'est de ligaturer un petit morceau de ver pour qu'il soit très fin. Je met un petit hameçon fort de fer n°4 pour qu'a la dégustation tout le ver passe sans encombre. Malheureusement c'est presque obligé avec les daurades tant elles titillent l'appât avant de le mettre dans la bouche, exit les gros hameçons qui cognent contre les dents, c'est le meilleurs moyen de les faire fuir à toute nageoires. Là avec ma technique je retrouve souvent  le crochet planté dans la gorge et c'est la preuve que là, pour une fois je suis dans le vrai...

Bon allé je ferre ! Pas besoin de tirer sur le fil comme un dingue il faut juste un coup sec pour que le petit hameçon se plante bien dans la bouche. Super, je le sent bien au bout qui donne des coups de tête et là je reconnait immédiatement une belle daurade. Je sent bien qu'elle de belle taille mais pas encore assez grosse pour me faire douter de l'issue, malgré tout il me faudra le salabre qui pour une fois est là, juste à côté de moi.

Je me régale de remonter ce poisson, je n'ai pas un brin de stress et je prends tout mon temps pour sentir ses rushs tant l'issue me paraît évidente. En quelques minutes ce beau poisson est à la surface de l'eau et est complètement lessivé, il ne trouve même plus la force de sonder vers le fond. Je me tourne pour empoigner ma grosse épuisette que je fait coulisser jusque dans l'eau, le poisson rentre sans encombre...Mince elle est de belle taille cette daurade, elle doit faire un bon kilo et demi, la soirée commence très bien dis donc !

Quand les daurades sont de passage il est vraiment important de vérifier régulièrement les lignes. Il faut compter qu'avec certains vers quelques coups de crocs dedans vont lui donner une drôle de gueule donc, pas pêchant du tout. On peut étaler les vérifications si il n'y a pas d'indésirables mais il faut toujours garder cela en tête et changer les appâts souvent même si ils ne sont pas touchés. Bon voilà j'ai fait le tour des lignes il est grand temps de me rouler une bonne cigarette et de boire un bon coup d'eau minérale.

Je n'ai même pas eu le temps de sortir mon paquet de tabac qu'il y a un écureuil qui monte vers l'anneau. C'est une touche merveilleuse car c'est sans violence mais d'une régularité exemplaire. L'écureuil se colle à l'anneau et se fige, le scion ploie sans pour autant que le frein ne tourne. Sans attendre je ferre presque dans le vide ? Mais au fur et à mesure la ligne se durcie et les tours de manivelles deviennent impossible jusqu'au moment où le poisson sonde avec rage. Je suis obligé de libérer le frein car avec les diamètres que j'utilise il ne faut pas aller bien loin dans la tension avant qu'il ne casse. Bon là je sent bien que je suis avec un autre style de poisson, il semble que c'est toujours une daurade mais celle là n'a pas la même taille. Je suis obligé de rester tendu sans tourner le moulin et de jouer sur le frein en attendant qu'elle veuille bien venir un peu. Pour l'instant j'attends qu'elle se fatigue avant de tenter une remontée improbable, je reste là bien au contact tout en essuyant ses coups de tête. Peu à peu je gagne du terrain, pas grand chose mais la tendance s'inverse un peu. Le problème c'est que j'ai envoyé loin et je ne suis pas prêt de voir mon poisson arriver tout de suite. Je doit pour l'instant de me contenter de quelques tours de manivelle dans le vide et de prier pour que mon 22 centièmes soit à la hauteur. De plus je ne peut pas compter vraiment sur la tenue de l'hameçon dans la bouche de ce poisson, avec une daurade d'un bon kilo ça va parfaitement mais là, c'est vraiment gonflé.

Je trouve le temps vraiment long, le poisson ne se donne pas encore et au plus le temps passe au plus mes chances de le voir diminuent. Mais la chance va me sourire enfin, la daurade semble être fatiguée et je peut commencer à tourner la manivelle tout en pompant comme je peut. Ici la douceur doit être exemplaire, la moindre fausse note me sera facturée cash et je n'aurai pas de seconde chance. Le gros poisson arrive et je doit me tenir sur mes gardes car c'est toujours à ce moment que les grosses daurades font des rushs de dingue et casse tout ! Je me saisi du salabre elle est à mes pieds, je libère le frein et je tient le fil avec un doigt, de l'autre main je plonge les mailles pour la glisser dedans...Sans encombre elle rentre dans le piège sans résistance car elle est épuisée, quel bonheur !!!!

Le retour du beau poisson.

Je ne lasse pas de la regarder, ses couleurs vives prouvent de santé parfaite. Du coup, l'autre fait la moitié de la taille de celle-là elle paraît toute petite ! Elle n'a pas senti l'hameçon dans l'appât et elle a englouti, mais le petit crochet pointu est allé se planter directement dans la gorge.

Hé bien du coup j'ai fait ma pêche il n'est pas utile de rester encore. De toute façon je ne souhaite pas prendre plus de poissons car là nous avons quasi cinq kilos d'oméga 3 à nous partager Samedi soir. Tient au fait il est quel heure ? Mince, il est à peine 22 heures, bon tant pis je rentre quand même...

Je vais profiter du week-end pour faire une belle recette sur la cuisine de la daurade quand elle ne rentre pas dans le four, vous verrez c'est tout simple.

Le retour du beau poisson.
Le retour du beau poisson.

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 13:57
Langue rouge de coque, bibis, Rimini sont le menu des poissons ce soir...

Langue rouge de coque, bibis, Rimini sont le menu des poissons ce soir...

Même si la météo n'est pas bonne ce samedi, je part avec Stef en direction de Marseille avec qu'une seule obsession en tête. Nous avons beaucoup d'appâts à essayer et certains même resterons dans le congélateur faute de place. En fait, nous avons le projet non dissimulé d'essayer de prendre ce fameux gros poissons qui nous a donné beaucoup de fils à retordre lors de nos dernière pêches. Ce poison m'a tellement retourné le cerveau que je suis presque prêt à tout. Nous avons enfin le matériel adéquat avec nous, les montages sont finement aiguisés, nous avons tous les appâts de la création bref, y'a plus qu'à...

Le temps semble pas trop mal du côté de l'escale et tout le long du chemin qui mène vers les calanques, le vent semble absent et la mer est presque plate. Arrivé à Callelongue tout change, on dirai même qu'on à ouvert la fenêtre de la cuisine un jour de tempête ! En sortant de la voiture c'est encore pire, les cheveux  virevoltent dans tous les sens et d'un coup le vent ne nous donne guère envie de prendre le chemin. On voit bien que derrière la montagne c'est pas joyeux car quand le vent fait des tourbillons bruyants sur l'eau inutile d'espérer être à l'abri. Les bourrasques d'Est sont marquées et pour enfoncer le clou elles viennent en plein travers. Qué misère, je suis dégouté ! Mon rêve de croiser ce fameux gros poisson tombe en ruine...On regarde vite la météo sur le téléphone portable, les ondes passent mal ici et notre impatience monte rapidement. Mais une fois connecté la sentence tombe, nous irons ailleurs, merci les pévisions... Bon là on est dans l'impasse car nos recoins favoris ne regorgent pas de poissons je dirai même que c'est un peu la roulette et avoir pris ces précieux appâts pour quatre beaux yeux me font un peu regretter d'être venu ici.

Finalement à force de farfouiller nous allons finir par trouver la perle rare. Oui ce coin de pêche est complètement désaxé par rapport à ce que nous connaissons, il est assez proche de la route et peut accueillir pas mal de pêcheurs tout en semblant être loin de tout. Voilà qui est très surprenant et finalement nous allons nous installer largement rassuré.

Les lignes sont rapidement montées car tout le nécessaire à été fait à la maison. Comme à notre habitude nous nous délectons de fendre bruyamment l'air avec nos scion, le sifflement strident donne le signal du départ. Hou là là, à première vue je ne suis pas le seul à avoir de l'adrénaline dans les veines vu où tombe le plomb, à première vue les poissons vont morfler. Le seul truc c'est qu'il ne semble pas utile de déployer le gros matos pour gros poissons, nous allons essayer de voir avant tout si il y a un peu de vie la dessous.

Il n'y a pas un seul gramme de vent, nous sommes si à l'abri que nous nous posons même la question si il ne s'est pas brutalement effondré ? Pourtant en montant un peu plus haut on le sent un peu, mais ici on ne le sent pas du tout. Hé bé voilà un petit cadeau du destin que nous apprécions au plus haut point mais c'est pas tout...

Comme toujours le ver de Rimini est le premier à explorer les profondeurs des eaux. Nous avons tellement confiance en ce ver que partir sans lui paraît totalement impossible. Dans la foulée je déballe les langues rouge des coques, les beaux bibis et autres bonbons à poissons. Mon copain ne cesse d'hésiter sur les prochains montages tant la palette de possibilité est énorme. Là je suis sûr que je suis dans le cadre de ma pêche car nous avons sept cannes en tout et nous allons finir de mitrailler le coin. D'ailleurs il ne faudra qu'une poignée de minutes pour trouver les premiers poissons. Il semble que ce soir il n'y ai pas beaucoup de barrières aux plaisirs de la pêche vu le nombre de touches que nous allons prendre.

Pourtant le poisson chipote dur sur les lignes, ce n'est pas vraiment des petits poissons mais ils semblent avoir toutes astuces pour contourner l'hameçon. Il faut un peu de doigté pour piéger les canailles qui ne se laissent pas si facilement avoir. Mais malgré tout nous allons pouvoir faire rapidement l'inventaire des espèces qui rôdent sous la surface des eaux tant les touches ne cessent. J'ai calculé qu'à certains moments je n'ai pas le temps de rouler la cigarette ou encore moins de la fumer tranquille sans être interrompu par une touche. Par contre les langues rouge de coques font merveille, tout mord avec ce truc et plusieurs fois nous avons eu la ligne coupée net après une grosse touche. Pourtant avec du 30 centièmes quand même...Mais tout cela ne m'étonne pas, la réputation de cet appât n'est pas à faire et si par chance quelques daurades ou des loups traînent dans le coin c'est le carton plein assuré !!!

La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!

On est bien, l'heure tourne et on parle un peu entre deux touches, on fait un peu le point sur les concours passés et à venir, les potins quoi... Soudain mon copain stoppe la conversation et se précipite sur sa canne. Moi je suis surpris car je n'ai rien vu mais lui oui. Il prends sa canne et ferre de toute ses forces, à moitié parcours  il est stoppé net !!!!

Il est débout canne pliée le frein qui tourne assez lentement et pour l'instant impossible de ferrer. Tout cela ressemble à un gag car on dirai qu'il y a un plongeur ( mis à part les coups de tête) qui est pris dans la ligne et qui nage tranquillement vers le large. Bon là il n'y a pas d'autres choix que de laisser faire jusqu'au moment où il va se passe un truc. Au bout d'une poignée de minutes le fameux truc c'est que le poisson vas se décrocher, nous aurions aimé une autre sortie mais le destin en a décidé autrement. Il n'est pas toujours facile d'essuyer ce genre de prise quand on y réfléchi un peu. On ne connait pas le poisson en ligne, il est plus fort que toi et tu n'as presque aucune chance de le remonter pourtant tu as tout ce qui faut dans le sac et il est là, au bout de ton fil. Pffff, qué misère...

Au fil de la soirée j'ai armé une canne avec un appâts différent des autres, il est posé à bonne distance et légèrement désaxé par rapport aux autres lignes. Je n'ai pas touché la ligne d'une bonne heure quand soudainement l'écureuil claque alors que l'on papote un peu. L'avantage d'avoir des témoins de touche (s) qui sont extra lumineux c'est qu'on voit bien les touches même de loin peu importe la couleur. Celui-ci est collé en haut de la canne et me signale qu'il faut que je me grouille un peu quand même. Mais au premier ferrage je ne sent rien au bout la ligne semble coupée ! A force de mouliner je comprends que le poisson a tellement tiré sur le frein qu'il a une bonne dizaine de mètres de champs libre car d'un coup je le sent qui part vers le large.

-Enfin !! me dis-je rassuré.

-Nous aurons au moins un beau poisson a montrer à nos copains !

En moins d'une minute Stef me salabre un très beau sar qui m'a fait un spécial tout compris arrivé au bord, il a sondé avec une rage si exceptionnelle qui m'a fait croire un instant à un individu bien plus gros.

Mais le temps passe vite et il nous reste bien peu de temps pour pêcher. En effet, vers deux heures du matin c'est la limite que nous nous sommes fixé comme heure de départ car nous avons tout les deux des obligations familiales incontournables. Il est "presque" l'heure et nous allons nous préparer pour remballer.

La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!

Au final je ne suis pas trop déçu de ne pas avoir été dans les calanques. Je sait bien que le poisson y est pour quelque chose mais maintenant que j'y pense, c'est un peu pour la marche aussi. Ho oui, c'est toujours un épreuve de marcher en pleine nuit dans ces fameux chemins qui serpentent entre les épais buissons épineux. Les cailloux sont de vrais défis pour chevilles tant ils sont mal foutus, là, notre marche sera une vraie rigolade comparé à ce qui nous attendait là bas. D'un autre côté, tout ce qui est caché derrière cette montagne me rassure même par mauvaise mer. J'y ai mes repères, mes habitudes et des mondes de souvenirs, je n'y suis jamais seul même si tout semble désert. Mais je me dis que c'est pour la prochaine fois. Je réserve une série de surprise à mes futurs poissons qui se verrons proposer des appâts chargés de krill, des crabes roses ça aussi ça a fait ses preuves et je compte bien vous démontrer tout cela...

La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 09:08
La lune qui sort signe l'arrêt des touches.

La lune qui sort signe l'arrêt des touches.

Globalement, les vrais mois d'hiver sont assez complexes pour aller pêcher. Pour ma part je réserve cette saison à mes copains, je profite de la fraîcheur pour partager ces moments d'amitié que je ne peut pas égaler à la belle saison. Mes amis sont moins éparpillés dans le département et est plus en accord avec ce que j'attends d'une partie de pêche.

Samedi dernier je suis parti dans les calanques de Marseille avec une obsession en tête, le pageot. Mes quelques postes sont assez propice à la présence de cette espèce mais à condition bien sûr de lui réserver toute l'exclusivité de la soirée. Ce poisson se pêche beaucoup plus facilement l'hiver pour des raisons qui m'échappent. Les sujets sont beaucoup plus gros, exit les juvéniles. Mais ce qui m'attends sous les eaux ce soir dépasse la réalité, de mémoire je n'ai jamais vécu un tel déploiement de force animale.

Au départ je suis parti en compagnie de Cyril pour tenter de comprendre les quelques mécanismes intempestifs qui hantent les eaux de mes calanques froides. Les lourdes affaires d'hiver entassées dans les gros sacs à dos vont nous garantir un peu de la morsure glaciale du Mistral. Encore une fois la météo n'est pas exacte et rapidement nous allons en faire les frais. Sur le chemin tout vas bien mais une fois le poste choisi il ne sera pas possible de tout remballer pour aller ailleurs alors, il faut tomber juste. La nuit tombe il faut faire un choix, il sera pris à la hâte, le grand pas de roche là bas fera l'affaire si le Mistral se renforce, nous pourrons surveiller les cannes tout en étant protégé. Nous étalons méticuleusement nos cannes sur la frange des roches en espérant secrètement que nous n'allons pas subir encore plus de vent. Nous avons quelques appâts de fortune comme quelques sardines, un bout de ver de rimini, des calmars, des bibis le tout surgelés.  Nos espoirs sont bien minces car il faut bien le dire, c'est l'hiver. Je suis le plus prompt à bourlinguer une ligne au loin armé d'un morceau de Rimini, je tend ma ligne, j'installe l'écureuil pour laisser la place à mon ami. Mais alors que mon copain tente de mettre lui aussi une ligne il est surpris par un claquage d'écureuil digne d'un départ de formule 1 sur ma canne juste à côté de lui. En une poignée de secondes j'ai la canne en main, la ligne file à toute allure sans s'essouffler je ne peut pour l'instant que subir le poisson qui est au bout. La canne est pliée à l'extrême et le frein se dévide toujours malgré qu'il soit presque bloqué, je met instinctivement la main sur la bobine pour tenter de freiner la course folle du fil mais c'est peine perdue.

C'est pas croyable, ce poisson m'a pris au moins deux cent mètres sans sourciller. Nous sommes tout deux dans le flou le plus total et tout en énumérant tout les noms de gros poissons qui nous vient en mémoire, la bobine tourne toujours. Quoi de plus déconcertant que de se faire botter les fesses par un poisson dont on ne connait pas l'identité, quoi de plus horrible quand à un moment donné le poisson se décroche alors qu'il a pris plusieurs centaines de mètres.

Du coup nous ne saurons pas quel était ce poisson, le mystère reste intact. C'est la deuxième fois que je suis témoin de ce genre de départ de frein au même endroit car la dernière fois, c'était pour Stef et le poisson a cassé la ligne. Là j'ai rembobiné les quelques centaines de mètres, le plomb, le bas de ligne embourbé dans un paquet d'algues. On s'est regardé, tout à été dit d'en un millième de seconde, Cyril a rangé le salabre contre une roche, moi j'ai mis les mains dans les poches et on a fumé une cigarette assis face à la mer...Mais au fond de moi je suis heureux. On ne peut pas être satisfait avec ce type d'aventure mais je suis content que le destin me remette sur les rails. Il y a un très gros poisson sous les eaux et il semble qu'il fréquente ce coin. Stef l'a déjà eu en ligne maintenant, c'est moi.

La mer et moi.
La mer et moi.

Les jours passent et je suis encore hanté par cette touche dévastatrice. le week-end qui arrive ne vas pas me permettre de retenter l'expérience car la météo est tout simplement épouvantable. malgré tout, ce dimanche soir je décide d'aller pêcher. Le vent est fort mais c'est du Mistral et je serai sûrement  bien à l'abri sur Cassis. Bien entendu je vais devoir essuyer quelques bourrasques et un froid glacial mais peu importe, je suis en manque d'eau salée...

J'arrive à la nuit tombée et je dois décider de mon plan d'action. En fonction de la mer il n'est pas toujours possible de faire les mêmes pêches, je part sur la pêche au bouchon, une calée et une au toc. En principe avec ces trois montages j'arrive toujours à savoir ce qui navigue sous les eaux. Un calmar par ici, un petit loup par là, quelques sars voilà le menu que je m'attends à trouver ce soir.

Mon bouchon navigue beaucoup avec le courant, il balaye beaucoup de terrain ce qui n'est pas pour me déplaire. Cela me permet surtout de prospecter toute la zone qui s'étale devant moi sans toucher à ma ligne. D'ailleurs j'ai confiance en ces fameuse petites sardines surgelées, elles tiennent bien dans le temps et sont capable de séduire tous les poissons et tous les calmars du coin. La nuit est à peine établie qu'un calmar est déjà en lice pour foudroyer ma pauvre sardine. En quelques tours de manivelles il est à mes pieds mais...il pendouille sur une tentacule, le temps de déployer le salabre il se fera la belle. Bon, c'est pas la fin du monde mais je me sent bien de faire quelques prises rapidement histoire de soigner un peu ma détermination.

Tient mon écureuil sur la ligne au toc frétille bizarrement. Je m'approche de la canne tout en essayant de ne pas me casser la figure car je ne voit pas bien le scion. Tout feux éteints j'essaye de distinguer à contre jour la moindre tirette et je m'attends un peu à tout. J'espère secrètement que c'est une bogue comme cela je pourrai l'embrocher sur la calamarette et ne plus me soucier des oblades qui pulvérisent mes sardines. Mais en principe les bogues ne font guère de détails quand elles passent à table et je doit de toute évidence chercher dans un autre registre l'espèce qui pourrai mordre à cet instant. Hou là là je sent bien le fiélas en fait du coup ou peut être une petite murène, què misère.... En fait non, C'est une mustelle ! Voilà qui est très réjouissant car vu la qualité de la chair de ce poisson mon repas de demain soir va finir par du poisson noble ! Hé bé il ne me reste plus qu'à refaire le montage et d'espérer en prendre encore une. 

La mer et moi.

Avec l'heure qui avance le froid s'installe. Un froid digne de l'hiver, j'ai les pieds qui commencent à s'engourdir, les mains c'est pas mieux, aïe aïe il est à peine huit heures du soir...Mais là je continue de pêcher tout en me dandinant car si je suis venu ce soir c'est pas uniquement pour me geler les arpions. En effet, c'est à cette heure bien précise où la lune commence à produire son effet, même si certain n'y croient pas, c'est à mon sens le meilleurs moment d'une journée. J'ai peu de temps pour essayer de faire ma pêche car dès que la lune sera sorti de derrière la montagne je pourrai tout remballer...

En quelques minutes il semble que ma stratégie va parler, les touches sont moins espacées et mon petit bac va commencer à se remplir de jolis poissons variés. Bon, rien à voir avec ce que j'attends mais vu les conditions de pêche et le temps qui court, je vais avoir une belle assiette de filets pour les prochains jours. D'ailleurs je suis très surpris de voir ce qui traîne sous la surface de l'eau, pourtant il y a quelques dizaines de minutes j'aurai pu croire que cette grande étendue d'eau devant moi était morte, mais que néni, la vie est là, bien là.

Il me semble qu'il ne va pas y avoir beaucoup de limites ce soir côté poissons. Il y a un peu toutes les espèces qui se croisent et visiblement sous ma ligne il y a pas mal de monde. J'ai bien conscience d'être en juste équilibre avec tous les facteurs subtils de ce soir, pour la peine d'avoir mis un bas de ligne très fin je vais me faire casser le montage trois fois à la filée mais... c'est le prix à payer quand on veut rapidement faire du poisson. Le pire c'est qu'il y a du très beau monde qui vadrouille car j'ai fait une belle blanquette, des mustelles, des sars et quelques rascasses. Même si la plupart des poissons vont retourner à l'eau car ils ne sont pas assez gros pour une bonne friture le résultat est là, je ne m'ennuie pas un brin. Bon là visiblement la soirée est bien enclenchée et si mes calculs sont bons dans quelques minutes c'est fini. La grosse boule éclairée va sortir d'ici quelques instants de derrière le Cap canaille et inonder de sa lumière toute la baie de Cassis.

Moi je vais rester là appuyé contre un pan de roche à fumer mes cigarettes roulées. L'air est glacial, les volutes de brume qui s'échappent de ma bouche rivalisent d'opacité avec la fumée de ma cigarette. A vrai dire je en sent plus grand chose avec mes pieds ou avec mes mains mais qu'importe je suis bien. Je suis bien parce que je suis tranquille. Ici il n'y a pas une âme qui vive pour gâcher ma solitude éphémère. 

Voilà, la lune est sortie de son trou et on peut y voir comme en plein jour ou presque. Comme promis les touches ont immédiatement disparues me laissant que bien peu d'espoirs pour la suite de la soirée. Malgré tout il est à peine vingt et une heure trente c'est vraiment dommage de partir. je vais essayer conjurer le froid en faisant quelques clichés nocturnes, en farfouillant dans les failles à la recherche un ustensile perdu par un autre pêcheur. Mais vers vingt deux heures je n'arrive plus à résister au froid, mes pensées sont toutes assises au volant de la voiture chauffage à fond. C'est ainsi que péniblement je remballe mes affaires, les cannes sont pliées, le bac à poisson nettoyé, voilà, la pêche pour cette fois est finie...

Petite papillote de poisson.

Petite papillote de poisson.

La mer et moi.
La mer et moi.
La mer et moi.
La mer et moi.
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 13:23

Etre un pêcheur dans L'âme c'est merveilleux. Cette activité est de loin la plus fantasque de la planète tant les scénarios d'issues possibles sont nombreux. J'écarte volontairement de cet article l'aspect financier qui engendre des pratiques publicitaires qui n'ont rien à faire dans le loisir. J'élude sans détours tout ceux qui se sont perdu dans les méandres de la passion d'un poisson et de sa capture, pensant que ces deux choses sont identiques. Je ne vais pas parler non plus du public intermittent de la mer qui n'a pas l’étoffe pour porter le nom de pêcheur.

Non je vous parle de ceux qui n'en n'ont rien à foutre de revenir sans aucun poissons dans la musette. Je vous parle de ceux qui se rendent au bord de l'eau pour assouvir une soif d'absolu. Ceux qui plongent leur regard dans le creux des vagues car ils ont compris que la mer se détourne de ceux qui ne la respecte pas.

Pour ma part j'ai longuement réfléchi sur la capture des poissons. Je n'ai pas d’intérêt particulier pour espèce car pour moi tout ce qui se trouve sous l'eau est digne de vivre et c'est un peu cela qui me pose problème. Bien sûr je pourrai ignorer cette équation urticante car rien ne m'indique où se trouve la solution ni que je soit dans le vrai sauf...ma conscience. Pis, ce qui me dérange avec mon humanité c'est que je saurai comment faire pour éradiquer tous les poissons dans les calanques, mais je ne sait comment faire pour qu'ils se reproduisent aussi vite que je pourrai les détruire. En gros, je me sent un acteur majeur dans un segment de vie où mon intervention n'est pas anodine. Ces quelques réflexions qui mettent à l'épreuve mon pauvre cerveau ne datent pas d'hier, car bien avant moi, l'étude de l'impact de la main de l'homme sur la nature est sujet à grands débats. Depuis plus deux mille ans la pression humaine sur la nature est matière à philosopher, mais personne ne pouvait imaginer alors, que passé l'an deux mille la planète allait basculer dans une autre aire.

Malheureusement, dans la hotte de la publicité tous les stimulis de l'humain sont bien connus et longuement étudiés. Nous ne pourrons pas nous empêcher de succomber à la tentation car à un moment où un autre, notre faiblesse l'emporte sur le raisonnable. Les grandes compagnies savent bien que le cerveau est un tableau de bord dans lequel se trouve tout pleins de déclencheurs. Toutes les personnalités sont en nous mais une seule domine la plupart du temps et c'est ce qui fait notre "être" de tout les jours. Les autres "stimulis" sont endormis ou en latence mais attention, ils sont bien là prêts à bondir. Vous l'avez bien vu, dans une simple journée nous passons par beaucoup d'étapes et en fonction de l'outil ou de la pression nous changeons du tout ou tout.

Le problème c'est que nous en avons pas conscience de ces sentiments et nous nous laissons facilement déborder par leur force quand ils débarquent. Hé bien voilà, vous avez déjà compris qu'une photo bien placée au bon moment avec les bons ingrédients atteint souvent sa cible. Celui qui se sent en mal de poissons va se laisser séduire par une image flatteuse de son champion préféré qui lui prouve que c'est avec tel ou tel matériel que la réussite va enfin voir le jour.

En réalité, la réussite d'un pêcheur tient à beaucoup de choses comme la météo, les appâts, sa propre observation et le tout ne se combine pas forcement. Il est dangereux de croire que c'est grâce à du carbone ou à un moulinet farci de roulements, voire à de l'électronique que le tour est joué. Rien ne remplace l'art de la pêche car ces accessoires coûteux ne sont que des éléments de confort. 

Pour moi la pêche c'est tout simple. La perception de cet art est le fruit d'innombrables heures passées au bord de l'eau face à ma canne à pêche. A force on se rend compte que la clé de la réussite tient souvent dans un long cordon de petits détails largement sopoudré du facteur " chance". Inutile d'aller sur la toile pour acheter sa chance car les sentiments de produisent ou naissent mais en aucun cas la chance n'est à vendre. 

Le courage et le rêve a toujours été le moteur du pêcheur, c'est d'ailleurs à ça que l'on le reconnait. Les pensées supersoniques du pratiquant lui fait faire mille expériences, il se conforte toujours à sa propre intuition et alors...quand ça marche, le plaisir n'est pas une moindre chose. La pêcheur est globalement prêt à tout pour assouvir une soif terrible qui lui prends les tripes et qui ne peut pas se noyer dans une autre activité. Pour ma part, si je n'avais pas la mer pour terrain de jeu, je me demande bien ce que je pourrai bien faire dans mon loisir car en fait, rien ne ma plaît vraiment. Je sait que ce n'est pas facile à vivre pour mon entourage, je suppose que mes copains doivent aussi me pardonner beaucoup de choses car quand mon esprit s'enflamme, bien peu de barrières me retiennent. Combien de fois suis-je parti sous la pluie au fin fond des calanques en plein hiver pour presque rien, combien d'expériences m'ont laissées dans une impasse mais qu'importe...Ma passion de la pêche ne recule devant rien et quand l'heure arrive elle prends rapidement les commandes.

Exit ceux qui laissent nos coins de pêche comme de vrai dépotoirs, il se servent des roches millénaires à leur surverse, un dévidoir à matière noire. Mais ce peuple d'irresponsables ne sont pas des pêcheurs, ce sont juste des passants d'un soir. Des gens qui occupent les calanques comme les ombres des nuages, ils n'ont pas de racines, pas d'image, pas de sens profond. Ils nourrissent les imbéciles avec leurs mots futiles, mais jamais ils ne sentiront passer dans leurs veines le flux de ma mer.

Je suis de sortie ce soir, après la semaine que nous avons passé on peut dire que je suis ému de revoir enfin la mer. Ma raison a été prise en charge par la furie de pêcher, cela n' a presque rien à voir avec la capture des poissons, c'est un truc plus profond que ça...La respiration courte je regarde mon recoin en bas de la route. Tout est si calme comparé à l'agitation de la semaine, je ne sait pas au juste si pêcher après les grosses pluies est bon ou mauvais, mais mon esprit est embrouillé par l'iode du large qui flatte mes narines.

Une fois les affaires posées au sol je me rend compte que je n'ai pas grand chose pour pêcher. Il faut dire que les finances qui sont ordinairement dévoués à mon loisir sont au plus bas ce mois-ci.  Je bricole quelques montages pour le calmar en espoir que cela marche un peu. Mais la mer est belle ce qui pourrai être le premier facteur de réussite, mon ami AlainPaddy m'a fabriqué un bouchon extraordinaire, j'ai de belles sardines, tous les espoirs sont permis...

La nuit venue je suis toujours en attente de mon premier calmar. L'ambiance est empreinte d'une sorte d'entité qui couvre l'ensemble de cette crique bien éclairée par les lampadaires de la route. Les boules lumineuses se reflètent jusqu'à la surface de l'eau, la lumière du bouchon tranche bien avec la pénombre et soudainement j'ai le sentiment que quelque chose va se passer...Voilà, il est là ce fameux creux dans le ventre qui fait jaillir les fantasmes les plus délirants. En l'affaire de quelques minutes mon esprit va passer en revue les innombrables fois  où j'ai croisé le carbone avec une prise extraordinaire. Sans m'en rendre compte me revoilà encore une fois dans une histoire rocambolesque où les calmars sont géants et dont l'issue inassouvie est toujours interrompue. Mais alors que je vagabonde sans retenue c'est la touche. Le bouchon lumineux se couche un peu et peine à se redresser, c'est le signe évident qu'un coco tourne autour de mon appât et chipote comme un malade. Mais malheureusement pour le calmar avoir autant de bras autour de la tête ne doit pas toujours voter en sa faveur. Les calmars ne sont pas aussi subtils que les autres céphalopodes mais ils ont tous en commun cet instant particulier où la rage leur monte à la tête et crée leur perte. Là je me retrouve avec un individu qui va tenter le diable pour arriver à ses fins même si, il semble que l'alimentaire ne soit pas sont premier désir. Ce qui devait arriver arriva. Le bouchon se couche définitivement sur le côté et il ne reste plus qu'à remonter ma prise tout en douceur. Rien ne sert de le brusquer il suffit juste de tourner lentement la manivelle du moulinet jusqu'au moment où le calmar glisse et se plante sur les hameçons. S'en suit une série de tirettes qui renseigne sur la taille du calmar. En un rien de temps mon premier coco est dans le bac, il m'a bousillé la sardine, allé, au suivant...

L'heure tourne et il semble qu'il n'y ai pas beaucoup de vie sous les eaux. J'ai beau passer en revue l'ensemble de mes techniques rien ne marche vraiment. Mais à la maison j'ai fabriqué un montage que j'ai nommé "piège à fadas" qui n'est en fait qu'un double montage. J'ai remarqué que mes autres pièges à fadas pour le poisson marchaient très bien au toc et particulièrement sur le Sar. En fait c'est une potence sur le corps de ligne en quarante centièmes qui me permet de mettre deux sardines. Je me suis dit qu'en fait si le calmar réagi un peu comme les sars, il est tout à fait possible qu'il cherche à s'emparer des deux appâts, mais voilà...Le malheur pour lui c'est que je pense qu'il sera nettement moins précis lorsqu'il voudra s'emparer de la deuxième sardine, vu le nombre de tentacules à gérer combiné avec la précipitation, ça pourrai marcher. Mais...parce qu'il y a un mais. Si j'ai deux gros calmars qui se pendent respectivement sur chaque sardines je risque d'en baver copieusement voire de perdre le montage entier. Le pire c'est que j'ai déjà utilisé ce montage par le passé. A l'époque j'avais un espace financier embryonnaire et mes montages de fortune valaient tout mon or, pas question de perdre un bouchon ou une tige en inox fabriqués tout deux avec grands soins. Tout était issu de la récupération dans les poubelles, baleines de parapluie, anneaux de porte clefs, boules de plastique, tout avait une valeur inestimable et je voyais alors dans chaque objets un moyen de rebondir encore...Le problème c'est que j'ai perdu plusieurs fois ces montages soit accrochés au fond, soit à cause de l'usure rapide de certains composants de fortune, j'ai laissé tombé. Aujourd'hui je peut re essayer ces fameux montages avec des accessoires solides en espérant que tout cela marche vraiment.

L'attente est bien longue, je fume mes cigarettes les unes derrière les autres confortablement assis face à la mer. En bruit de fond j'entend les voitures qui passent, des claquements de portières. Je remonte le col de la veste pour le plaquer contre le cou comme si j'allais m'encrer encore plus dans mon intérieur. Dans le creux des vagues la danse du bouchon me renseigne en permanence de la présence éventuelle d'une visite. Il hoche soudain la tête d'une façon bien étrange. Ho mince c'est une touche, même si elle n'est pas évidente elle est bien là ! Lentement je tend la ligne et je prends contact avec ma prise. A première vue le calmar que j'ai en direct n'est pas mal du tout, je sent bien son poids qui trahi sa présence. Tout en douceur il est remonté, je ne doit pas faire une seule fausse note car il ne ne tire pas et cela veut dire qu'il se sent en confiance, mais dès qu'il sentira les pics de la calamarette mon registre va radicalement changer. Le voilà il est à la surface, je suis en présence d'un beau calmar qui se joue pour l'instant du destin. Mais à ce jeu mon expérience ne va pas lui laisser beaucoup d'espace et d'un geste précis il va se laisse berner. Ses jets d'eau sont réjouissants et d'un bloc il va aller rejoindre son copain d'infortune.

Mais j'ai remarqué que le coco n'était pas seul à suivre la sardine. Immédiatement je remet doucement dans l'eau et je garde la ligne bien tendue. Ho mince ! je sent une lourdeur, je remonte dans la foulée mon troisième calmar. Je relance au même endroit pour voir...Yahouuuuuu, une nouveau calmar est dessus. Dans cet instant je vais remonter plusieurs calmars à la suite car je présume qu'ils attendent là, juste sous mes pieds.

Mais ce sera la fin, je pense que j'ai bien exploité le passage. Cela me réconforte de savoir que je n'ai pas trop perdu la main car ce genre d'exercice était monnaie courante par le passé. Je vais laisser ce coin car il est tard et il n'est pas utile de faire des dizaines de calmars pour aller par la suite les fourrer dans le congélo bien que...Non je préfère tout bouffer avec ma famille et être obligé de me sortir les tripes pour refaire ce mini exploit. Et puis il n'est pas dans ma nature de piller un coin même si j'en avait l'occasion car à ce petit jeu, d'autres m'ont prouvé que l'on pouvait couper la branche sur laquelle on est assis...

Ci dessous quelques photos prises avec mes copains ce mois-ci...

Bises.

La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
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La pêche, le mode d'emploi.
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 21:25

Le calmar est sans doute une des espèces les plus convoitées au monde, non pas par son prix à la revente, mais plutôt par la qualité de sa chair. Il est présent dans toutes les mers du globe et sa capture suscite bien des passions. Nous Sudistes, nous avons l'immense privilège de le croiser régulièrement tout au long de l'hiver, cela donne lieu à de grands rassemblements rocambolesques. Les pêcheurs assidus à cette période forment une longue chaîne de lumière qui s'étale le long des roches Cassidaine. On voit passer furtivement dans le ciel des bouchons lourdement éclairés, des cris de joie éclatent dans les criques, c'est la saison des calmars. Pour moi c'est la plus belle saison de l'année tant on sent la joie dans les esprits. Les montages de fortune rivalisent avec le matériel spécialisé, tout le monde a sa chance mais seul les plus aguerris feront régulièrement de beaux paniers.

Le calmar est considéré comme un grand prédateur dans la chaîne alimentaire. Il n'a pas vraiment une position enviable vu le nombre d'espèce qui lui courent après, mais, il sait assurer sa survie par d'extraordinaires facultés naturelles.

Pour le piéger il semble que le leurre soit la manière la plus efficace pour satisfaire la curiosité de cet animal. Oui, ses mécanismes d'alimentation sont ceux d'un prédateur et non d'un fourrage. Par là, la technique à employer résiderai plutôt dans la simulation d'une proie qui détale ou qui n'a pas conscience du danger.

Les leurres qui sont à notre disposition sont nombreux. Ils nagent au fond ou flottent, rebondissent sur le substrat, se colorisent et adoptent des matières proches du naturel. Aujourd'hui on peut dire avec certitude que même le débutant peut se faire plaisir tant cette pêche est accessible. On peut tout compliquer à volonté mais dans son grand ensemble la pêche aux calmars ne met pas trop à contribution le pratiquant car bien souvent cet animal cherche sa nourriture non loin des éclairages publics. Pourtant, cet animal n'est pas facile à comprendre car il est aussi volage que sa nature de prédateur lui impose. Nous on est au bout de la chaîne et nous devons composer avec les destin...

La pêche aux calmars.

Moi je suis en poste sur le phare rouge de Cassis, la mer est vraiment belle et mes chances de faire quelques captures sont nombreuses. Au premier lancé mon affaire ne va pas être aussi évidente que dans mon souvenir où, dans mes jeunes années les calmars étaient nombreux à cet endroit. Là je doit composer avec une mer qui peine à se refroidir car disons le, c'est une des conditions essentielles.

Mon bouchon lumineux navigue dans le courant et ça c'est pas mal. Il couvre une longue distance ce qui me permet de trouver l'endroit où les courants se rencontrent. Comme d'ordinaire c'est à ces endroits où l'eau forme un grand tourbillon qui concentre plus ou moins la nourriture des prédateurs. Voilà, mon bouchon plonge avec une rare violence à l'approche de cet " oeil", même de loin il n'est pas possible de louper un tel détail. Malheureusement je récupère une sardine qui s'est fait passer à tabac sous les mâchoires de poissons affamés. Je connais bien ce genre de situation en action de pêche et je doit savoir ce qui traîne réellement sous l'eau avant de me positionner pour la pêche aux calmars. L'astuce consiste  à faire  "pendouiller" un morceau de sardine à côté d'une sardine toute neuve en accrochant un petit bas de ligne sur l'agrafe. dans la frénésie les poissons ne fait plus la différence entre les morceaux qui virevoltent et un appât. Rapidement on arrive à savoir ce qui traîne sous les eaux et éventuellement pêcher avec.

Bon là j'ai de la chance car c'est des sars qui assaillent la sardine et en quelques minutes je me trouve en contact avec de très beaux spécimens. Durand une partie de la soirée mon bouchon va trouver un peu tout ce qui existe sous l'eau et mes remises à l'eau sont nombreuses car il faut bien le dire, je bande pour une bogue ou une oblade pas trop grosse. Ca me ferai sourire le restant de l'année mais là, une bogue de 150 grammes peut me rapporter plusieurs gros calmars alors qu'une sardine se fait rapidement bousiller. Ainsi je peut me concentrer sur la pêche aux calmars plutôt qu'à une troupe de poissons en mal de d'oméga 3.

La pêche aux calmars.

Mon attente va durer assez longtemps, je fume langoureusement mes cigarette roulée bien assis sur  ces roches polies par les pas tout en profitant de la très relative douceur de la soirée.  les éclairages sont nombreux ici et les distractions ne manquent pas dès lors que les esgourdes fonctionnent. Les passages successifs de jeunes amoureux qui recherchent un coin à l'abri des regards, des curieux qui se demandent à quoi je pêche, des alcolos surpris par la puissante lumière de ma frontale bref, la soirée est animée... On en perds facilement le cours de la pêche si on se laisse distraire par la vie qui cherche un maître ici.

Mais vers onze heure les choses changent radicalement. Mon bouchon qui a dérivé au fin fond  de la nuit va se coucher sur l'eau en plusieurs fois. C'est un signe formidable d'une touche qui se profile. tout en douceur je tend la ligne qui ne doit pas être brusquée, mon premier calmar est en ligne, je lui fait le tapis rouge, chausse pied et vaseline...

La remontée est d'une douceur exemplaire, aucune fausse note ne doit lui indiquer qu'il est train de se faire avoir. Tout en remontant ma ligne d'une main je contrôle mon calmar de l'autre je calibre l'éclairage de ma frontale. C'est tout l'avantage d'avoir une frontale qui a un variateur de lumière avec une touche tactile sur le côté, on peut bien voir son calmar sans l'effrayer avec tout plein de lumens et on peut avoir plein phare si il se décroche. Arrivé au bord il n'a rien vu venir car à aucun moment il n'a senti le besoin de se défendre, la lumière ne l'a pas effrayé il ne me reste plus qu'à le monter poids. Pour cela il faut lui sortir la tête de l'eau tout en douceur jusqu'au moment où il commence à évacuer de l'eau à la surface. Il se vide de l'eau et en principe il se plante sur les pics de la calamarette, vu qu'il est vide en trois jets, ses "pschittts" sonnent creux c'est le bon moment de le sortir. En un coup il va aller rejoindre le bac qui est derrière moi.

La pêche aux calmars.

Le prochain calmar ne va pas faire dans la dentelle.

Je vient de relancer pour la énième fois sans succès et je commence déjà à sentir la douceur de mon lit qui trouble ma perception globale. Pour autant une touche qui fait couler le bouchon à moins de dix mètres du bord ne peut pas passer inaperçue. Je voit la lumière qui fuse vers le large aussi vite qu'une fusée. Bon là, inutile de prendre toute les précautions d'usage car là, il a senti le truc venir ! heureusement il n'est pas aussi gros que le premier et il va être rapidement remonté sans encombre. Pourtant ses rushs sont plaisants et je m'amuse à le travailler tout en douceur car ce petit bout de vivant me fait du bien. Ses crachottis fantasques animent l'espace dans l'éclairage de la lumière, mon état de prédateur est pleinement satisfait.

Hé bien, au final ce n'et pas si mal cette soirée. J'ai fait deux sars et deux calmars, il est presque minuit, je peut rentrer serein. Je remballe mon appareil photo dans la lourde sacoche, les quelques affaires de pêche et les morceaux de sardines éclatés. Je fait un peu de propreté autour de moi et il ne reste plus qu'à remballer la boutique. Bon voilà tout est prêt  il ne me reste  plus qu'à remonter la ligne dans l'eau et l'emprisonner dans un étuis de plastique pour le retour. Je me retourne sur moi-même sans glisser sur les roche polies par les pas de milliards de pas profanes, tient ? mais où est mon bouchon ? Ho merde il est au diable vauvert sous la pression d'un calmar... Bon je ne vais quand même pas tout ressortir pour la photo, je m'empare de ma canne et le remonte sans encombre, il va dans le bac avec les autres. Du coup mon état de prédateur cède à la surprise voire à la réflexion.  Dans le halo de lumière de la puissante frontale je le regarde dans mes mains souffler les quelques micros gouttes d'eau qui lui reste en réserve dans le tube. J'ai bien conscience de l'acte que je suis en train de faire, cela m'attriste car je m'en réjoui, en tant qu'être intelligent ou en tant que prédateur, le choc des titans qui sont en moi s'affrontent sans cesse.

La pêche aux calmars.
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Construit et imaginé par RORO, GREG, MARCO, GEGE. - dans sport pêche appâts calmar Poissons
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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 20:43
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 On sait que voyager est un besoin intense de rêver, on s'inflige une douce punition en se délocalisant tout en rêvant très fort. On sait à quel point le quotidien pèse lourd dans la balance nos vies et un retour dans le coeur de l'aventure est absolument nécessaire au moins une fois par an. Là je vous parle d'une aventure qui se compose à huit bouillantes âmes prêtes à en découdre avec le destin...

Viva Espàna 2 !

Au départ nous avions prévu d'aller au delta de l'èbre. Cette contrée sauvage se situe dans le sud de la Catalogne. Voilà un terrain de jeu formidable pour nous car le coin est très isolé et il y a beaucoup de place pour étendre nos nombreuses cannes à pêche. Voilà des critères importants dans cette sortie car à vrai dire nous ne sommes pas très discrets. Pour autant il n'est pas question de faire n'importe quoi ici car la législation canalise la pratique de la pêche fort étroitement. Nous découvrons que le camping, les feux, la musique et le nombre illimité de canne est interdit.

Le voyage est long et même avec un bon GPS nous aurons quelques difficultés à trouver ce coin magique mais notre arrivée en fanfare libère notre stress. Sans nous soucier de la présence de quelques habitants nous déballons à la hâte les affaires sur le sable comme des gosses survoltés avant d'étaler le matériel de pêche sur plus de deux cent mètres.

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !

Les plus rusés vont s'installer confortablement, prévoir le petit coin pour la nuit et tout le nécessaire pour recharger les cannes en cas de passage intensif du poisson. Sur ce point nous allons tomber sur un os de taille ! La mer est belle mais il y a un courant de dingue qui fait riper des plombs de cent cinquante grammes sur le fond. En moins de cinq minutes on se retrouve avec une ligne qui a embarqué une tonne d'algues et qui s'échoue au bord. Pour ma part de je ne suis pas équipé pour ce style de conditions et d'ailleurs même, aucun de mes copains je crois. Vu que la météo ne va pas s'arranger il y a de fortes chances que nous subissions ce courant durant les quatre jours. On se parle entre deux remontées et tout ceci n'amuse personne en fait.

Le conseil va se rassembler la nuit venue autour d'un solide apéro organisé par Greg pour décider si certains veulent rester ou partir. Dans la nuit la décision est prise, on fout le camp ailleurs demain...

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !

Au matin qui pointe les gueules enfarinées en disent long sur la nuit passée. Le café fumant à la main on commence à remballer ça est là les premières affaires dans le coffre du fourgon. Peu à peu tout notre monolithe va prendre place derrière les sièges et le départ pour la playa de Garbet commence à prendre forme.Cette plage a été choisie sur google maps il y a deux mois, c'est notre plan "B" en cas de problème au Delta de lèbre. Le problème c'est que ce fameux coin de repli se trouve à trois cent bornes du Delta, encore une fois nous n'irons pas directement sur ce poste et la faute en revient à notre absence de sérieux. Les virages s'enchaînent entre les montagnes jusqu'au moment où les plage libératrice est en vue. Au premier coup d'oeil nous pouvons remarquer les beaux panneaux espagnols qui signalent qu'ici tout y est interdit. La police à l'air d'être bien présente et si elle détecte quelques chose de suspect dans notre comportement il faudra tout plier. Mais en bon Marseillais nous allons jouer avec le feu et installer un véritable camping à ciel ouvert.

Inutile de vous dire que notre discrétion est une légende. Les cris de grands enfants résonnent à plein tube dans la crique moins désertique qu'il n'y paraît. Les scions sifflent dans le ciel en espoir de trouver une distance correcte, mais il faut bien le dire, la notion de distance n'est pas la même pour tout le monde... Certain croient pêcher à 100 mètres alors qu'il sont plutôt dans la frange des 50, certains parlent de 80 alors qu'ils sont au delà des 100 bref, y'en a pour tout le monde. Les discutions sont largement animées lors des apéros, vous savez, là où la mauvaise foi prends le pas sur la réalité, là où les rêves sont presque devenus réalité.

Viva Espàna 2 !

Rapidement nous commençons à voir du poisson hors de l'eau. Pour l'instant il n'y a que peu d'espoirs de voir un monstre mais avec les nuits qui restent la donne va sûrement changer. Curieusement c'est ceux qui pêchent au bord qui font recette. Nous, avec nos cannes et moulinets à plusieurs centaines d'euros on attends la nuit tout en envoyant des missiles tout azimuts. On ne peut pas lutter contre l'envie de rire à plein poumons et de chambrer copieusement ses copains, nous sommes venus pour cela, le poisson on verra bien...

En attendant de jour comme de nuit tout est prétexte à faire l'apéro et bouffer à gogo. Zak nous fait du pain Bérbère sur la pancha, les saucisses grillent, le poisson cuit et le vin coule à flot. Les vannes fusent de tout les côtés et nous n'avons que bien peu de moments pour être sérieux. La mauvaise foi est notre meilleurs compagnon de rigolade, à certain moments il est impossible d'aligner une phrase sans éclater de rire sous les gags qui pleuvent de partout ! La discrétion est un vain mot le soir venu et on ne compte plus les lourdes rigoles où il n'est pas possible de sortir un son d'une gorge dépassée par le rire et les larmes. Que dieu nous préserve, les femmes sont heureusement loin...

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !

Le temps passe comme ça, on rigole, on mange, on boit, on pêche et on refait le monde. La pluie vient puis repart, le vent s'installe et s'en va, les nuages passent, la marée monte...Soudain c'est Pat qui nous fait le show. Son écureuil lui signale qu'une possible belle prise est en ligne et il nous demande de l'aide "morale". Nous nous précipitons avec nos appareils photos pour immortaliser  cet instant sous les clameurs et les vannes bien grasses ! A peine avons nous fini de rigoler que un de mes écureuils monte rapidement vers le ciel. La boule lumineuse se colle contre la canne et j'imagine sans peine que le frein tourne. Je part à toute allure sous le sable qui roule difficilement sous mes pieds pour atteindre péniblement ma canne. le frein hurle, enfiinnnnnn !!!!!

Je ferre et je suis en ligne avec un poisson très correct. J'entends Reno qui appelle les copains pour qu'ils se rassemblent autour de moi. Bon, j'en fait un peu des tonnes pour que le suspens dure un peu mais...Il n'est pas si vilain ce poisson et je pense qu'il va peser lourd dans les yeux de mes amis. Malgré mon petit 20 centièmes je n'ai pas trop de mal à le brider jusqu'au bord et de l'échouer sur le sable, Ange le sécurise avec  un bon coup de pied dans la gueule et la séance photo commence. No kill ou pas ? Non là on décolle demain matin et je l'emporte avec moi dans la glacière. ( voir vidéo de Ange)

Samedi soir vers 23 heures je décide de plier boutique. La marée est pas mal montée et je me suis retrouvé plusieurs fois avec le trépied baignant dans l'eau malgré que j'ai tout remonté de dix mètres. De toute façon la mer est trop agitée et mes bas de lignes sont rapidement tout embrouillés autour du plomb. Vu qu'à chaque fois je doit refaire les montages j'ai perdu patience. Mais mes copains n'ont pas vu ce détail subtil et dans la nuit leurs trépieds étaient carrément dans l'eau. J'ai encore en mémoire la vision de Pat qui s'extirpe comme un malade de sa tante trop petite et qui part en courant à moitié à poil pour sauver ses cannes qui baignent dans l'eau. Dans la manoeuvre il s'offre un bon bain de pied avec ses baskets ! 

Viva Espàna 2 !
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Viva Espàna 2 !
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Dimanche matin c'est le signal du départ. Les affaires sont une fois de plus rangées dans l'immense coffre du camion qui cumule au sol les substrats divers. Peu à peu les copains arrivent fatigués des quatre coins de la plage avec leur lourd barda sur le dos qu'ils déposent avec précaution au cul du vaisseau, moi je me charge d'optimiser au mieux l'espace restant.

Mais avant de quitter définitivement les lieux la police vient nous rendre une petite visite amicale. Ils contrôlent tour à tour nos permis de pêche et nous signalent que le camping, le feu et le reste aussi est interdit. En gros nous avons tout faux mais ils ont bien vu que nous avons tout nettoyé, ramassé le moindre mégot de clope, que nous n'avons pas de drogue et que nous ne sommes pas saoul donc ça passe. Vu qu'ils ne captent pas un mot de Français nous en priverons pas de leur envoyer quelques missiles en pleine quiche sans qu'ils puissent en comprendre le sens. Leur méfait enfin terminé nous reprenons la route après avoir tout verrouillé, sécurisé et nous débarbouillés.

Le retour sera comme à l'allé, les vannes vont pleuvoir du début jusqu'à la fin laissant encore une fois, bien peu d'espace pour les moments sérieux. La route est longue car la fatigue nous accompagne depuis quelques jours déjà, la plupart des copains n'ont pas beaucoup dormi et ça se sent. En passant près de Port Leucate je ne peut m'empêcher de me souvenir de mon enfance et de ces lieux où reposent tout les aïeux du côté de mon père. De ces longues vacances scolaires où la pêche et l'insouciance étaient les seuls maître mots.

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !

Nous allons poursuivre notre route jusqu'à notre destination finale où attendent impatient ma famille. Les dernière vannes sont lancées autour d'un bon café sur la table de la cuisine et sous le poids de la fatigue qui gagne définitivement le groupe. On se fait quelques bises au cul des voitures qui chauffent, on se promet une autre aventure mais là, avant de repenser à tout cela, faut vraiment dormir un peu...

Bon voilà on attends plus que la vidéo de Ange, bises les Loulous et d'avance, toute nos excuses pour ce que vous allez voir dedans...

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
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  • : C'est l'histoire d'une poignée de gars qui rôdent les sentiers des calanques de Marseille, avec son lot de réussite, de déception face aux filets de pêcheurs, de la saleté laissé sans vergogne. Ici on montre tout et on vous dit tout !
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