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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 11:10
Les couloirs de la pêche.

Pêcher de nos jours est fantastique. On va dire qu'aujourd'hui même les débutants arrivent à avoir des résultats gratifiants tant la technique globale est devenue accessible à tous. En comparant les époques on peut mesurer à quel point le pêcheur moderne est guidé pas à pas dans une véritable industrie selon la tecgnique qu'il choisi. Imaginez la solitude extrême d'un pauvre amateur des années 70 qui débarquait dans l'art de la capture avec pour seuls baguages les ragots ingurgités au comptoir d'un magasin de pêche. Les revues n'étaient pas encore très spécialisées et bien souvent la technique pure étaient laissées au bon vouloir de celui déchiffrait ses lignes. Les ouvrages parlaient de la biologie d'une espèce et très peu de la capture car en fait le mer n'avait pas la place qu'elle a aujourd'hui. Chacun se gagnait son savoir à grand coups de sorties avec le peu de matériel qui lui était proposé dans le commerce. Imaginez encore, l'immense tas de croyances qui faisaient parti du monde de la pêche et qui faisaient plus barrage à l'apprentissage qu'autre chose. Pour ma part je me souvient de discutions bruyantes entre les pêcheurs de rivières et ceux qui pratiquent en mer. En fait à l'époque, nous n'avions qu'à traverser la place du marché pour atterrir sur le parvis de l'enseigne "Fyol" quand l'heure de la pêche avait sonné. Les articles de pêche ou de chasse posés sur une descente de moquette verte cohabitaient tant bien que mal dans la vitrine, s'exposant entre les musettes en osier et les canards en plastique. Il y avait aussi des appeaux de toutes sortes, des chapeaux ornés de plumes de faisans, la tête d'un cerf immortalisée sur une planche en bois vernie. Mais une fois à l'intérieur une forêt de cannes à pêche faisaient une haie d'honneur et ceux qui faisaient le pas étaient immédiatement surpris par la fraîcheur qu'il y avait à l'intérieur. A droite il y avait un vieux comptoir en bois orné de zinc où se trouvaient en dessous les précieux de vers bien à l'abri dans les réfrigérateurs. Dans le fonds de la boutique les pêcheurs assis autour d'une table échangeaient leurs expériences avec plus ou moins d'exagérations. Celui-ci parlait des temps anciens où les daurades sautaient presque dans la musette. Celui-ci explique la technique du lancé, l'autre intercale de temps en temps le poids de ses congres vite coupé par les brimades du meneur de discussion.  Hé puis il y avait mon père. Hautement novice il essayait de voler quelques mots à ces gars qui en savaient manifestement plus que lui, il aurait pu demander conseil au patron mais... Les poches vides il ne se sentait pas de s'enfoncer encore plus dans son extrême solitude en la matière...il ramassait ses quelques esches demi dures emballées dans des algues vertes et du papier journal, puis nous repartions tout les deux quittant la fraîcheur de cette grotte mal éclairée, tout en examinant d'un air nonchalant les prix sur les étiquettes suspendus aux anneaux des cannes. Nous retraversions la place silencieusement sous le poids de profonds calculs financiers qui ne trouveront jamais de solution.

Mais depuis il est passé par là des gens qui ont su développer le matériel de la pêche en mer. Nous devons tout à ces gens qui travaillent toute l'année pour que la pêche soit évidente et que cela ne coûte presque plus rien. De nos jours on peut avoir 20 euros en poche et repartir avec une canne et un moulinet rempli de fil, le pire, c'est qu'en plus c'est pas si mal ! Nous avons sur la toile toutes les vidéos qui nous servent de professeurs quoiqu'on veuille pêcher, le rêve quoi !!! Nous avons tous les sites internet qui proposent tout le matériel à tous le monde à tous les prix.

Le pêcheur amateur, différent du professionnel, doit vivre avec son temps pour être dans le coup. Malgré tout celui qui bricole un peu, peut se fabriquer certains accessoires qui rendent la vie plus facile à défaut de capturer plus de poissons. Mais le pratiquant ne doit jamais perdre de vue que le poisson est un être vivant comme nous. Prélever pour se nourrir ou pour observer de près est un acte réfléchi qui est inscrit dans nos gènes et qui est purement animal, donc pas de souci avec ça. Attention toutefois avec les sentiments que procurent les images publicitaires qui n'ont rien à voir avec l'art de la pêche car il y a une face et une interface.

Pour nous la pêche c'est tout simple car j'ai connu "l'avant" et "aujourd'hui". Je m'émerveille de voir à quel point tout est devenu accessible et qu'il est possible d'avoir l'impossible en quelques clics ! Je doit avouer que tout ce qui brille m'inspire de la méfiance car comme vous le savez, tout ce qui est  "rapide" " facile et gratuit" cache toujours quelque chose de néfaste pour l'homme... Mais je remercie quand même chaudement tout les Asiatiques qui travaillent 15 heures par jours pour développer le moindre matériel de pêche. Je remercie aussi tous les sites web et les grandes enseignes qui offrent tout cela au premier venu pour trois sous. On voit bien que l'industrie fait tout les efforts pour le pratiquant, tout est devenu accessible et il suffit de se rendre dans les rayons de chez Cabesto pour se rendre compte à quel point tout est là. Oui je parle de Cabesto car c'est "mon" magasin de référence, il propose tout le nécessaire au pêcheur, en  plus, cette enseigne est directement liée à ma réussite au bord de l'eau. Le concept global est à mon sens le devenir de la pêche, et même si il reste une poignée de réfractaires il faudra se faire à l'idée que ces commerces de masse vont progressivement fermer le rideau des petites enseignes. C'est l'évolution qui veut ça, l'homme s'est saisi de la chance d'avoir des boutiques ouvertes tout le temps qui propose tout à tout les prix. Hé oui, nous sommes en train de figer le passé dans l'histoire pour entrer dans l'aire moderne de la pêche. C'est une sorte de renaissance qui est en train de voir le jour car les marqueurs du changement sont plantés depuis que le premier curieux à franchi l'entrée d'un supermarché de la mer. Il n'y a rien de curieux à ça car c'est ce qui s'est passé il y a un demi siècle, les petits magasins de pêche ont éradiqué ceux qui vendaient les appâts à petite échelle, aujourd'hui l'évolution continue...

Ce soir c'est Antho et moi qui sommes se sortie. Le temps est parfait pour aller dans les calanques car le vent est léger et le ressenti est fort flatteur.  Nous ne mettons pas beaucoup de temps pour de joindre notre petit coin de pêche malgré toute la lourdeur de nos affaires sur le dos. Sur le chemin nous parlons de tout ce qui va arriver d'ici les prochains mois dans le monde la pêche, des nouveautés et surtout du possible retour bredouille. Bien que cela semble impossible vu les appâts que nous avons, nous sommes toujours à la merci de nombreux filets qui font des entraves à la circulation des poissons et des barrages à la pêche. Par chance il n'y a pas beaucoup de filets dans l'eau ce qui immédiatement nous permettre de capturer nos première daurades.

Depuis la semaine dernière la taille à nettement diminuée mais cela reste encore correct. Effectivement il y a deux semaines j'ai pu capturer de beaux sujets dépassant les deux kilos mais au fur et à mesure ce poids est atteint mais avec plusieurs poissons. D'ailleurs en explorant les entrailles des daurades j'ai constaté que les ventres n'étaient pas bien gros. J'ai parlé sur mon mur facebook de l'absence de nourriture dans les estomacs et ceci sur plusieurs semaines. Bizarre cette saison quand même, il y a tout pour manger mais les ventres sont vides, va comprendre... Mais cela fait nos affaires car il suffit de peu pour contenter nos poissons. J'ai bien noté ce soir que tout ce petit monde ne fait pas dans la demi mesure question nourriture, elles avalent l'appât un point c'est tout !

Les couloirs de la pêche.

Les heures avancent et nous nous faisons déboiter par les moustiques. L'absence de vent y est pour quelque chose et c'est toujours pareil, ceux qui craignent peuvent rester à la maison car là c'est du lourd !

Les touches sont discrètes pour des poissons de cette taille. En effet, au mieux l'écureuil monte de dix centimètres et retombe aussitôt et ne bouge plus. Cela ne veut pas dire que c'est un petit poisson, toute l'astuce consiste à surveiller les beaux témoins lumineux et ne pas s'égarer, ou alors remonter les lignes régulièrement sans attendre d'avoir vu quelque chose. Il est presque trois heures du matin et nous n'avons que quatre blanquettes dans notre bac à poissons. Ce n'est pas si mal vu le coin et notre maigre motivation dû à nos journées mouvementées. Mais tout cela ne fait rien car j'ai mes poissons à cuisiner pour le dimanche, ce sera l'occasion de me creuser la tête pour régaler ma petite colonie.

Ce coup-ci je n'ai rien de bien extra à me mettre sous la dent car ces poissons ne sont passez gros pour que cela représente quelque chose d'extraordinaire dans le scion de ma ligne. Malgré tout le combat qu'elles ont livré à été réjouissant mais mon matériel n'a pas été très sollicité. Comme d'habitude mon fil YUKI invisible en 18 centième n'a pas bronché et est si discret que grâce à lui je dénoue bien souvent des conditions très complexes. Bien que ce ne soit pas "le" secret de la réussite il contribue largement à ce que le poisson ne se sente pas piégé, ce fil est un des maillons qui forme une chaîne de discrétion jusqu'à l'appât. 

Ce soir j'ai bien noté toute l'évolution de la pêche en mer et le besoin des outils qu'un pratiquant à besoin pour pêcher. Tout cela n'était pas possible par le passé mais aujourd'hui notre rêve est accessible il suffit de s'investir un peu.

Le côté perverse de l'évolution c'est que le pêcheur va penser qu'avec un certain matériel tout va lui tomber tout cuit. Voilà une erreur typique du novice qui s'est laissé prendre dans les filets de la publicité. Cela est encore plus flagrant dans la pêche aux leurres...Voilà t'as ce leurre à 30 euros t'es au niveau des pros...

Erreur ! Ceux qui pêchent pour une marque ont de très nombreuses années de pratique et sont pour certains finalistes aux championnats mondiaux. Revenons sur terre 99% des pêcheurs ne sont pas dans ce cas. La pêche se forge avec ses propres moyens et tout ce qu'on a pu trouver sur le net et dans les grandes boutiques, les sondeurs, marqueurs de poissons sont fait pour les pros et les amateurs sont le moteur financier de la marque. Restez zen face à de multiples publicités qui font étalage de la pêche miraculeuse, soyez confiant en vous même et en votre sens de l'observation car aucun matos ne pourra le remplacer. Par contre si vous ne voulez pas vous investir un peu ou si vous voulez faire de gros cartons à toutes vos sorties changez de pratique. 

La mer ne s'ouvre qu'aux initiés, ceux qui ont un sens de la préservation, ceux qui ne laissent rien derrière eux après une sortie. Ceux qui sont humbles face à la mer pour qu'un mariage se forme. Ceux qui n'ont pas cet intérêt seront toujours à la porte de leurs rêves parce qu'ils sont durs à vivre. La mer est comme un miroir et on y voit ce qu'on veut y voir dedans...

Les couloirs de la pêche.
Les couloirs de la pêche.

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 11:20

L'année 2017 aura marqué un tournant radical dans l'histoire de nos aventures. Depuis ces derniers mois il s'est installé un doux de raz le bol dans nos caboches qui nous a fait prendre certaines décisions. En effet, beaucoup de nos sorties a mis en évidence le désir d'aller plus loin dans la perception de la pêche. En fait, depuis le temps que je traîne mes souliers dans les sentiers des calanques, le désir de m'éloigner de la côte a pris forme dans mon esprit. Je pense que nous avons fait le tour de toutes nos pêches et il faut bien le dire, je ne part plus la rage aux dents comme par le passé. C'est un peu comme si c'était le bon moment pour prendre une autre direction, comme si la soif de prendre la mer était devenu une évidence.

C'est ainsi que j'ai entrepris d'acheter une embarcation. Un truc pas trop grand que je peut manipuler seul, doté de belles qualités marines, pas trop cher en entretien et qui peut se ranger dans un mouchoir de poche. Hé bien là, tout naturellement j'ai opté pour un pneumatique car à mon sens c'est avec cela que j'ai le plus de chance de me faire rapidement plaisir. Mais quand on est pas riche le choix se restreint très vite. Malgré tout on trouve de tout sur le net, en passant par de vieilles poubelles jusqu'au bateau neuf on se surprends à rêver, du moins, à rêver encore.

Tout cela va nous permettre aussi de ne plus subir autant tout les à côtés de la pêche, il nous suffira de mettre le boudin à l'eau sans avoir à attendre de longues minutes qu'une place se libère, subir une marche forcée juste avant de se rendre compte que ton coin de pêche est bourré de filets.

A vrai dire l'histoire que je vais vous raconter est un peu complexe. En effet nous vivons les derniers instants sous l'obligation de rester sur la terre ferme, et pour confirmer cette nouvelle aire qui s'offre à nous, nous avons décidé Antho et moi de reprendre les doux chemins des calanques.

Nous sommes samedi soir d'été et il est très difficile de trouver un place, le petit port de Callelongue accueille plus de monde qu'il ne peut en contenir et les places de parking sont chères. Mais une fois passé cette première déconvenue le sentier qui grimpe à la verticale s'élargi et en principe plus personne en viendra troubler notre petite sortie. J'ai bien noté quelques âmes dispersées, mais dès que la marche commence sérieusement, les candidats se font extrêmement rares. Tout cela est une aubaine pour nous et nous allons précipiter sur notre petit recoin favori. Les lignes sont quasi déjà montées il ne reste plus que connecter les divers éléments pour que tout soit opérationnel. En un rien de temps les appâts vont aller farfouiller pour nous ces fameuses tranchées sableuse où se nourrissent les poissons. Malheureusement nous avons peu de temps pour séduire un beau poisson. En effet, passé minuit il semble que les beaux sujets s'éloignent du bord, rares sont les fois où cela n'a pas été ainsi. Donc là on est à la bourre et sans trop réfléchir nous allons mitrailler le coin.

Au loin les éclairs animent l'espace et le vent d'Ouest est chaud. Pour nous c'est extraordinaire car les touchent sont sympathiques et manifestement les blanquettes sont bien là. Pour ma part j'ai une petite touche qui m'interpelle. En fait l'écureuil est monté une fois franchement et tremble sur le fil. Voilà un scénario que je connait bien car il est presque toujours le même, une belle prise est au bout et ce poisson ne sait plus comment se débarrasser de l'hameçon mais attention...Ici mon petit crochet de 6 ne supporte pas un ferrage musclé, tout doit se faire en douceur, mon fil en 20 centièmes ne peut pas soulever un poisson du kilo alors je doit rester concentré. je dévale la petite pente où se trouve ma canne et je la débarrasse du témoin de touche. Le scion bouge tellement que je n'ai pas besoin de plus de renseignements, je ferre dans le velours pour que le petit hameçon rentre en douceur dans la bouche. Ici je suis avec un mouron bien juteux donc en principe les poissons se montrent moins regardant vu son attractivité reconnue. Mais ce soir la chance va frapper à porte, encore une fois...

 

Hé bé voilà, je suis en ligne avec une très belle prise qui manifeste sont mécontentement en m'envoyant de bons rushs dans les bras, à cet instant je ne connait pas son poids mais les deux kilos sont sûrement franchis. La belle a une vigueur réjouissante qui me libère d'une certaine angoisse du bredouille, ce n'est pas un problème ordinairement mais vu ce a vécu les semaines passées là, ça fait du bien. Les minutes passent et nous ne sommes toujours pas en vue du poisson. La générosité de la daurade combiné à mon extrême finesse du montage fait qu'elle a la possibilité de me reprendre pas mal de mètres à la remontée. Mais peu à peu dans la lumière des frontales une tâche bien brillance se profile. C'est à ces moments bénis que l'adrénaline commence à monter dans les veines et c'est justement là que le point de la capture est le plus critique. Soudain le noeud d'arraché sort de l'eau et commence à passer dans les anneaux puis il retourne dans l'eau aussi vite que le poisson retrouve sa patate ! l'attente est longue et moi aussi je fatigue, mais c'est le prix à payer pour capturer ce genre de sparidés, elles sont expertes en décrochages et c'est bien souvent à ces instants que sa capture est la plus intense.

Finalement au bout de très longues minutes elle fait enfin surface dans un clapotis bruyant. Mon ami calcule bien son coup et l'enfile sans hésitation dans les maille de l'épuisette géante. Voilà elle est là et à première vue elle dépasse largement les deux kilos. je ne cesse de la détailler sous tous les angles tellement ses couleurs sont vives, elle est complètement rincée et à vrai dire...moi aussi.

Pourtant le plat est gros, mais la daurade est encore plus grosse, elle ne passera pas au four celle-là.

Pourtant le plat est gros, mais la daurade est encore plus grosse, elle ne passera pas au four celle-là.

Mais soudainement nous allons avoir une sorte de déferlement de touches. Mon copain va se fendre de quelques belles prises dont une qui est bien assise sur son kilo jusqu'au moment où...

Nous n'avions pas vu les nuages chargés éclairs qui s'étaient largement approchés du bord, les gouttes commencent à faire leur apparition, aïe aïe ça sent le roussi là ! Rapidement la pluie se transforme en orage d'été et nous devons remballer de toute urgence. Les éclairs tapent de partout, nous sommes officiellement dans la merde! Sur le chemin les cailloux se sont transformés en patinoire et on y voit pas plus de dix mètres, les ruisseaux se forment faisant penser à de petites rivières que nous esquivons tant bien que mal. Notre progression est alourdie par le sentiment horrible qu'un de ces éclairs pourrai nous tomber sur le crâne vu qu'au dessus on dirai une boite de nuit  ( il y a les son et la lumière)! Heureusement passé la montagne la pluie se calme un peu et les éclairs ont fait volte face à la montagne, malgré tout nous sommes trempés jusqu'aux os, caleçon compris !

Mais dans une bonne semaine nos aventures vont prendre le large, je pense que nous irons fêter la venu de ce petit bateau en poussant jusqu'au Frioul à moins que la météo ne soit pas clémente. D'ici là on vous tiendra au courant...

Ci dessus c'est une photo des très rares sorties que nous avons faites.
Ci dessus c'est une photo des très rares sorties que nous avons faites.

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 20:14

Ce dimanche je suis en compagnie de mon copain Antho. Nous sommes en route pour une bonne partie de pêche choisie un peu à l'arrachée au vu de la météo. Les bourrasques de Mistral font un véritable carnage sur les franges de la côte Marseillaise, et vu que c'est pile notre terrain de jeu il nous faudra aller ailleurs. Aller ailleurs c'est une belle histoire mais où ? J'ai beau retourner et retourner tout ce qui me sert d'inspiration je ne voit que le Cap Taillat pour abri d'un soir.

Voilà la messe est dite, nous partons en fanfare en sa direction....

Le mot du jour.

L'autoroute est longue est contraignante, malgré la beauté inégalable des forêts du Var ce n'est pas la porte à côté pour nous. En effet, il nous faudra allonger plus d'une centaine de kilomètres sans avoir l'assurance de trouver le bon poste et sans la conviction de faire une belle pêche. C'est toujours un comme cela quand on part pour des terres qui vont surtout nous contraindre sur le retour aux lueurs du petit matin.

L'aller est toujours assez rapide et il semble que l'élection présidentielle à cloué beaucoup de monde à la maison. Nous en profitons pour arriver au cap et trouver une place de parking à côté du chemin, seulement voilà...La mer tape un peu trop fort sur le roche lisse de cette petite côte mal taillée. Je n'ai pas un brin la sensation que nous sommes sur notre poste définitif car avec un peu d'habitude on peut voir de gros paquets d'algues qui finissent par s'abattre sur le bord sous la pression des vagues. Après mûre réflexion nous allons rebrousser chemin vers Pampelone. Arrivés sur l'immense plage ce sera le même constat qu'au Cap avec des murs d'algues brunes qui se sont échouées et d'autres qui colonisent les abords de la plage. Là c'est la garantie de faire casse sur casse et de bourrer les moulins d'algues mortes. En quelques dizaines de minutes nous sommes sur le quai de Port grimaud armes et baguages à la main.

ici tout est calme mais je sait à quel point ce lieu est complexe à pêcher. les petits fiélas se prélassent sans retenue et engloutissent tout les appâts qui sont à leur portée. Mais après une bonne heure passée sur ces quai nous avons une sorte de doute qui s'installe dans nos esprits. En effet les touches sont absentes et il n'y a pas l'ombre d'une trace d'un poisson aussi petit soit t'il. Machinalement je joue avec le grincement de la mâchoire tout en essayant de trouver la solutions avec ce problème qui risque de nous faire rentrer les mains vides. En réalité ce n'est qu'un demi problème mais c'est quand même un problème coupé en deux et la partie qui reste c'est l'envie de prendre du poisson. heureusement les touches arrivent vers une heure du matin. Bon ce n'est pas la folie mais globalement nous nous en sortons pas trop mal avec la prise de quelques jolies blanquettes et quelques sars pas vilains.

Vers trois heures du matin tout semble jouer pour nous. Nous commençons à parler retour et il va être temps pour nous de tenter l'impossible pour agrémenter notre sortie. Moi je vais profiter que la digue s'est désertifiée pour aller poser très loin un bon bout de ver de Rimini surgelé. Je vais malgré tout un peu diminuer la longueur du bas de ligne car avec ce que je vais envoyer dans les airs je craint qu'il ne s'entoure autour du corps de ligne. D'un jet puissant le plomb va aller toucher une  distance très respectable, je n'ai plus qu'à mettre un écureuil bien lumineux qui se voit de loin et attendre le passage d'un beau poisson. Entre temps nous allons sortir quelques poissons mais ce qui est difficile à comprendre c'est que bien souvent la touche est microscopique si tu n'as pas le nez dessus c'est presque invisible. d'ailleurs nous avons remonté quelques blanquette mortes sur les lignes faute d'avoir vu la tirette. Bon là c'est tout la grande discussion entre nous, pas question de garder une petite daurade de trois cent grammes si elle est vivante, mais si elle est morte là on ne sait pas...

mais la chance va nous sourire largement. Alors que nous parlions de tout ces connards qui laissent super sale le long de toutes ces digues qui sont pourtant magnifiques, ma canne qui est loin se met à parler. D'un bloc l'écureuil va se coller à l'anneau intermédiaire et secouer le scion très généreusement. De loin impossible de savoir si le frein tourne mais vu comment l'écureuil s'agite dans le noir, j'imagine que ça doit envoyer du lourd ! D'un bloc je m'empare de la canne sans réellement savoir si le poisson est au bout. Mais je n'ai pas le temps de tendre la ligne que je sent une tirée digne d'une belle portion. Sans trop ferrer je remonte mon poisson qui s'agite avec une complaisance qui me libère "enfin" d'un sentiment mitigé. Pas à pas le poisson fait surface sous la pression de mon matériel bien étudié pour ce genre de prises. Le scion plie mais n'est nullement dépassé, le fil en très fin diamètres joue ici parfaitement son rôle et je remercie ici les ingénieurs de la marque Caperlan pour tout le développement de ces lignes ordinaires mais qui me donne à cet instant un immense sentiment de confiance.

Derrière moi il y a mon ami qui me regarde les mains dans les poches...Je lui demande si il  a pris le salabre mais en fait non. Non ? Ho putain il faut le salabre car avec mon pauvre fil je ne vais pas pouvoir la remonter en poids !!!! Mon copain s'en retourne à toute jambes chercher les mailles pendant que je bataille avec ma prise. Finalement Antho arrive et sans ménagements enfourne ma pauvre daurade dans l'épuisette tout en n'économisant pas ses interjections provençales. Hé bé voilà, on a fait l'impossible !! Mais si je doit remercier des gens dans le paysage de ma passion pour la pêche, tout naturellement mes pensées vont pour le groupe PEXEO. Voilà des amis qui n'ont pas beaucoup de temps pour eux. Voilà des gars qui utilisent la moindre parcelle de travail pour développer de nouveaux process du surgelé qui facilitent la vie du pêcheur de tout les jours. Pour nous, on en fait la preuve que le surgelé est la pêche d'aujourd'hui et à plus forte raison celle de demain, il faudra juste qu'un jour le pratiquant écoute et se dépasse pour adopter une nouvelle façon de voir les choses.

Le mot du jour.

Vers cinq heures nous n'avons plus de touches et il semble que nos paupières soient lourdes, voire très lourdes. Nous décidons de tout remballer avec finalement une belles brochette de poissons au final. La voiture est loin et port Grimaud est tout fermé nous devrons passer par la plage, il y a sûrement un autre passage mais je en le connait pas et nous devons faire un retour à l'ancienne sans chichis.

Sur la route ça se complique un peu. Nous avons bien que la mole est un endroit dangereux pour l'humain à cause de la faune animale qui prospère dans les massifs boisés à l'extrême. Malgré tout nous soutenons une moyenne assez correcte sans dépasser toutefois les limites autorisées. La première raison c'est que je n'ai pas envie de me prendre un procès verbal de n'importe qu'elle naturelle que cela soit, la deuxième raison c'est qu'au final vu le nombre de sangliers, renards, biches qui rôdes au abords des routes, plier la voiture n'est pas dans le cadre de mes finances actuelles. Mais en réalité nous sommes à côté de la plaque. Nous nous sommes fait doubler par une centaine de bagnoles qui fusent dans le noir sans aucune visibilité. Plus loin un bel accident qui ralenti à peine la course de ces pilotes en herbe et qui se sont fait leur le code de la route. Au matin il n'y a plus de maître de la volonté les bagnoles bombardent sans retenue au risque de tuer une famille ou tout simplement quelqu'un qui n'y n'est pour rien.  Mais cela ne semble pas être dans la champs de réflexion de l'humain de base, Vous savez ceux qui continuent à téléphoner au volant, considérer que certains feux rouges sont inutiles, que les limitation ne servent qu'aux autres, que l'alcool ou la drogue donne des ailes...

Le mot du jour.
Le mot du jour.

Il y a longtemps déjà j'ai entamé une longue croisade contre la connerie. Celle qui fait parti de notre quotidien, celle qui est présente dans tout nos faits et gestes et c'est celle qui pourri chaque jours que dieu fait à ceux qui ont un peu réfléchi à la vie. Je ne peut raisonnablement pas me soustraire à cette pensée car moi même je suis forcément l'imbécile de quelqu'un et forcement vous aussi. Mais au delà de tout cela dans mon long désir d'être meilleurs, j'ai observé des comportements si juvéniles qu'il m'est immédiatement apparu tout le chemin que j'avais déjà parcouru depuis. Au passage je me suis débarrassé comme des reliques anciennes des emprises politiques et religieuses qui brident la pensée et la liberté des générations. Je me suis rendu compte que nos ancètres n'avait pas tout l'espace cérébral nécessaire pour penser par eux même sans avoir besoin d'avoir recours à des formations divine qui réduit plus l'esprit qu'il ne développe. Mon esprit sincère a finalement fait le tri dans tout ce qui m'entoure et a dû composer avec mes propres jugement sur le sujet.

J'en suis venu tout naturellement à étudier la nature humaine, voilà le vrai débat que j'ai entre mon être et ce que je suis. Pour moi c'est un peu comme un page blanche immense où il y a tellement de choses à dire qu'on ne sait finalement pas par où commencer. Pourtant les mots sont là et ils fusent à la vitesse de la lumière et tout ce qui me vient comme point de départ c'est l'humain...Mais au lieu de juger les autres comme point de mire, je me suis jugé moi, analysé et profondément remis en question. A vrai dire je pense que c'est par là que tout individu doit commencer, faire tomber ses protections de défense, au moins vis à vis de soi, pour mieux les comprendre et les contrôler. Voilà un vrai défi pour l'esprit qui cherche toujours à masquer ses méfaits par des généralités qui poussent la réalité au rang de la banalité. Cela permet de détourner la nature humaine en faveur de l'individualisme permanent. Nous savons tous que l'individualisme conduit directement à la matérialisation et la matérialisation à la dépendance. Quelle soit intellectuelle ou.. matérielle ce sont des leurres qui conduisent à l'enfouissement de tout ce qui est beau en soi.

Quand l'individu en est là il n'est plus vraiment maître de ses pensées. Il rejoint sans s'en rendre compte la pensée collective, bien souvent le profit en est le moteur. On le voit bien, on parle de l'huile de palme qui bouche les artères, pour sa culture on brûle des centaines de milliers d'hectares de forêt avec les singes qui y vivent pour replanter des palmiers. Nous avons que c'est une cause majeure de la mauvaise santé des enfants demain mais...Les industriels la mettent dans tous les plats cuisinés, les gâteaux des enfants et même dans le lait des nourrissons. Du coup comment faire confiance aux hommes ? C'est le plus grand sujet du monde après l'argent bien sûr...

 

Le mot du jour.

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 08:36

Il n'y a pas beaucoup d'occasion dans une année pour se faire réellement plaisir. A chacun ses aspirations profondes ou ses désirs intimes, mais il y a un tout petit recoin dans sa caboche où est dissimulé une barre de bonheur à l'état pur. C'est un peu comme un bonus dans un jeu vidéo ou une porte qui débouche sur une extra balle dans un flipper. On peut le trouver dans une multitude de choses car à vrai dire personne ne connait les limites du bonheur ni où il se trouve, mais on le reconnait bien quand il arrive, il commence à remonter des entrailles pour venir inonder l'esprit tout en faisant des frissons jusqu'au sommet du crâne. Heureusement ce n'est pas un état permanent, pour moi il ressemble un peu à une étincelle qui se répercute dans mes souvenirs et il conditionne malgré tout une bonne partie de ma satisfaction.

Hé bien moi c'est quand je prépare la fameuse sortie de pêche pour mon fils. Voilà une occasion en or de se faire plaisir car c'est un moment où on laisse de côté les mondanités et autres devoirs d'usages de tout les jours. C'est la bonne occasion de rassembler quelques amis avec avec soi pour partager quelques heures de liberté absolue.

Cinq heure et demi du matin mon fils me réveille car c'est l'heure de se préparer. Il y a déjà les copains à la maison car pour éviter de faire la tournée de ramassage le matin on les garde pour la nuit. Après un très rapide petit déjeuner nous passons récupérer Eric et Max puis Antho sur le chemin de la pêche.

A cette heure il n'y a pas grand monde sur la route et nous arrivons à CASSIS rapidement. Les pas lourds résonnent en cadence dans la carrière, les rires et les vannes commencent à monter avant de nous engager dans le sentier qui surplombe la somptueuse plage de Port Pin. Là je suis rassuré contrairement aux années précédentes car les enfants ont beaucoup grandi et je ne doit pas autant me soucier de leur sécurité, de plus ils sont étrangement devenus raisonnables et bien plus sportifs que moi. Ce qui n'a pas changé c'est leurs rires d'enfants qui envahissent les criques tranquilles, là où dorment les pins tordus par le vent, bordés de la beauté naturelle des roches cuites par le soleil. Notre progression est rapide et en moins d'une demi heure nous sommes enfin en poste.

Une leçon de vie au bord de l'eau.

Inutile de tourner autour du pot, les gosses ont une patate de tout les diables ! Je me régale de les voir s'émerveiller sur la beauté du paysage ou les petits poissons qui passent sous la surface de l'eau. Ils détaillent déjà leur plan de pêche pendant que je prépare les lignes de mes trois petits loulous.

Rapidement la satisfaction monte dans les rangs car tout le monde trouve son poisson à mettre au bout de sa ligne. Les touches arrivent en masse mais quoi de plus normal en somme. Moi mon plaisir est ailleurs car quand je vois la belle ligne de pêcheurs qui s'étale, tous aussi concentré sur le scion que possible, là, je suis heureux...

Une leçon de vie au bord de l'eau.

A vrai dire nous avons une chance de tout les diables ce matin. Normalement ce foutu vent va se lever vers quatorze heures et a sévi les jours précédents. Cela nous laisse une petite fenêtre météo de cinq heures et nous allons largement en profiter. Au départ rien n'était sûr mais là, pas un gramme de vent, il fait légèrement frais et la mer ressemble à une immense toile cirée couleur bleue, hou fan de chichourle ! Ca sent la poudre dans les rangs !!!

Malgré leurs tailles modestes, je mesure bien ce que pèse en réalité ces poissons de roche. La valeur poids satisfaction n'est pas comparable dans une équation arithmétique. Je parie ma chemise que les couleurs flamboyantes de cette girelle royale brilleront dans l'esprit de mon fils durant toute sa vie, ainsi à son tour, il aura un peu ces fameux moments particuliers qui figent des souvenirs dans le temps.

Girelle Royale ( Coris Julis)
Girelle Royale ( Coris Julis)

Girelle Royale ( Coris Julis)

Pour l'instant les rythme des captures est assez soutenu, il y a un peu toutes les espèces qui sont présentes et de temps en temps un sujet un peu plus gros fait surface.  Mais pour mettre toutes les chances de notre côté je me suis affairé à choisir de belles boites de vers. Pour l'occasion j'ai monté du 16 centièmes dans les moulins et bas de ligne en 14 centièmes, combiné avec des poids de quarante grammes il ne reste plus qu'à prier pour que les fonds ne soient pas trop accrocheurs. Malgré tout j'ai beau indiquer aux enfants qu'il faut envoyer au moins à trois mètres du bord pour que le poids aille jusqu'au fonds rien n'y fait, ils font gratter le plomb contre la paroie sous leurs pieds. Il s'en suit une série de casses qui aura raison du petit stock que j'avais en réserve et des bas de lignes ultras fins. Pourtant, le bac commence en se remplir franchement d'une belle brochette de poissons de toute les tailles. Vu que nous n'allons pas passer la journée ici et que pêcher les poissons de roche n'est pas exactement dans mes cordes je vais tenter de caler un ver plus gros et plus loin. C'est Antho qui m'a décidé car il vient de prendre un joli Pageot sur une esche entière, preuve que même avec ces vers on peut prendre pleins de trucs.

Dans l'ordre c'est Arnaud, Max, Matt et Toto.
Dans l'ordre c'est Arnaud, Max, Matt et Toto.
Dans l'ordre c'est Arnaud, Max, Matt et Toto.
Dans l'ordre c'est Arnaud, Max, Matt et Toto.

Dans l'ordre c'est Arnaud, Max, Matt et Toto.

Passé midi le vent commence à devenir plus présent. Les gosses font une véritable razzia dans le sac de nourriture et là, on est obligé de rigoler tant les mélanges sont surprenants. J'ai observé un combo bonbon/chips qui, je présume, doit être de la famille du sucré/salé ou croc monsieur/bonbon/chips/coca tout cela dans la même bouchée. Bon là je préfère ne plus trop regarder et me concentrer sur ma pêche. D'ailleurs il me semble avoir une belle touche sur ma canne et vu le diamètres des bas de ligne mieux vaut ne pas laisser trop batailler. Du coup je ferre mais avec les précautions qu'impose la résistance du fil. Il me semble que le poisson est assez sympa j'espère juste que je vais pouvoir le remonter sans que tout casse, hé oui, on a pas de salabre.

Un beau labre véridis ou labre vert ou lasagne.

Un beau labre véridis ou labre vert ou lasagne.

Du coup je vais un peu expliquer pourquoi son nom officiel est le Labrus Véridis ou labre vert. La raison est simple car toute la découverte du fond marin s'est faite sous le règne du latin ou du Grec et les prétendants scientifiques qui n'avaient de cesse que d'avoir leurs noms afficher dans les revues spécialisées de l'époque. En latin, Labrus veut dire " lèvres" et véridis veut dire " vert". Souvent les noms sont longs et complexes pour l'expliquer aux néophytes, ainsi naissent dans la bouche récalcitrante de nouveaux noms tout à fait surprenants comme Roucaou qui veut dire " roche" en provençal, mais lasagne ou vieille c'est difficile de savoir d'où cela provient... 

Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.

Nous allons plier vers quatorze heures sous l'insistance du vent. De toute façon nous avons largement de quoi faire notre traditionnelle soupe de poissons et nous avons fait le plein d'oxygène, quoi de mieux? 

Notre retour sera beaucoup moins solitaire qu'à l'aller. Les marcheurs sont nombreux ici et les bateaux qui transportent les touristes ( déjà ?) ont rapidement colonisé toutes criques interdites ou pas. Voilà un spectacle surprenant comparé à la tranquillité du VAR ou comparé au manque évident de civisme de la part de l'être humain. Heureusement les gosses on l'oeil pour se moquer ouvertement de ceux qui n'ont pas de morale, preuve qu'en fait, notre vision de l'avenir et tout ces messages que nous leur avons donné tant bien que mal, à bien fait son chemin dans leurs esprits...

Une leçon de vie au bord de l'eau.
Une leçon de vie au bord de l'eau.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 18:13

Hé bien voilà, nous sommes en AVRIL et il faut bien le dire la belle saison arrive à grands pas. Bien sûr, nous aimerions tous que l'été n'en finisse jamais afin que nous puissions aller et venir sur nos postes de pêche sans retenue. Oui je sait c'est un rêve qui a effleuré mainte fois l'esprit de tout à chacun. Il n'y a pas que dans le domaine de la pêche que ce rêve subsiste bien qu'en réalité nous n'avons pas trop à nous plaindre nous, Sudistes. Nous n'avons pas de marées ou si peu, nous n'avons pas des températures extrêmes qui figent tout. Non nous sommes salement vernis à côté de nos amis Nordistes car on va à la pêche quand on veut.

Tout cela a un revers quand même. Vu que les contraintes sont moins nombreuses et que les températures sont globalement plus clémente qu'ailleurs, ce petit paradis est plus souvent sollicité donc qui s'appauvrit plus rapidement. Ne nous voilons pas la face les amis, les poissons n'ont guère de repos avec l'armée de pêcheurs qui vadrouillent les plages, les digues, les ports et les roches toute l'année. Si nous ne pouvions pas pêcher à cause des tempêtes et ceci durant plusieurs mois le poisson aurai largement de quoi se refaire et donc serai plus présent. Mais à mon sens ce qui défavorise encore bien plus notre pratique ce serai plutôt l'aspect environnemental. Malgré que nos côtes soient largement rocheuses et donc susceptibles d'accueillir une multitudes de poissons variés, la pression humaine semble très lourde à porter pour la nature. En prenant exemple de Marseille jusqu'à Cassis il y a pas mal de choses qui peuvent être un facteur important sur la répartition très inégale du poisson. Nous allons éluder volontairement La baie de FOS qui génère une pollution démesurée qui s'échoue dans les calanques par Mistral.

Tout d'abord il y a le rejet de l'huveaune qui vient de loin dans le département des bouches du Rhônes. N'oublions pas que ce cours d'eau récolte les eaux de pluie et les rejets des zones industrielles en amont, le tout se jette directement sur les plages de l'escale Borelli.

Il y a le fameux égout de Cortiou qui siège en plein dans le coeur du Parc des Calanques. Malgré les messages rassurants des autorités qui nous assurent que les risques sont minimes, moi qui pêche dans ces coins je peut vous dire que par vent d'EST la pollution est bien là. L'eau vire au marron, l'odeur est épouvantable et bien sûr il n'y a plus un seul poisson. Les roches se blanchissent jusque dans l'eau et il n'y a plus une seule moule accrochées aux basques des cailloux.

Plus loin il y a le déversement des boues rouges vers Cassis qui finissent d'encadrer un Parc National qui doit composer avec ces pollutions diverses. Je ne vais pas tenter de refaire le monde industriel mais il me semble qu'autant de déversement dans la mer n'est pas très bon pour le poisson. Je me demande si cela n'est pas une des causes majeure de la raréfaction des espèces près du bord.

Il faut bien le dire, les pêcheurs qui ont une bonne connaissance de l'aspect biologique des poissons ne sont pas nombreux. Le pratiquant occasionnel et même bon nombre de confirmés ne se soucie pas ou peu de ces fameuses contraintes halieutiques. Finalement on va à la pêche quand on peut et au diable tout ce qui tourne autour.  J'avoue que c'est un peu normal car quand on approfondie un peu le sujet de la pêche on perds rapidement tout ses repères. Dans la perception du poisson rien n'est vraiment normal vu que le poisson est dans un élément radicalement différent du notre. Malgré tout on arrive à capter des points qui donnent des certains repères, mais le poisson n'est pas un robot et il est aussi versatile que contraint dans un segment de l'année où il se trouve, obéissant souvent à l'instinct de survie, alimentaire, amoureux ou même de l'amusement. En fait rien n'est réellement exclus dans le comportement des poissons. Bien souvent en essayant de nouvelles techniques on découvre une nouvelle porte qui débouche sur une autre facette de la pêche. En fait c'est ce que font tous les fabricants de leurres; ils jouent sur des stimulis que le pêcheur à la calée n'explore jamais...

Pendant longtemps j'ai été un fervent adepte de la pêche en milieu hostile. Quand je parle d'hostilités c'est souvent à cause de la météo qui bat la côte en écume. Vous savez, cette météo épouvantable qui fait normalement rester à la maison, ce ciel gris, celle qui remue la mer à fond la caisse mais qui est pourtant si riche en nourriture pour les poissons. Ces fameuses conditions qui transforment un coin en antre des démons. Pour moi c'était le signal de sortir les cannes à pêche et d'aller farfouiller les roches dans les calanques. Inutile de me parler de mer plate ou de sable fin tout cela ne m'a jamais parlé. Tant de plaisir à combattre la mer et le vent qui font rage mêlé aux effluves salines qui se mélangent avec le vent. les postes les plus productifs sont souvent ceux qui sont le moins accessible, d'ailleurs c'est là que j'ai souvent fait mes plus belles prises. Mais je ne compte plus les fois où je me suis retrouvé dans des conditions complexes qui éprouvait ma volonté et ma vie aussi.

Quel contraste avec hier et c'est d'ailleurs ce que je dit plus haut. Moi comme tout le monde je cherche aujourd'hui une fenêtre météo, vous savez, celle qui fait briller le soleil et réchauffe la mer. J'en ai fini avec les tempêtes, les frusques trempées, les oreilles harcelées par le sifflement du vent, les recoins minuscules qui servent d'abri d'urgence. Aujourd'hui je rêve de l'été éternel. D'ailleurs il me vient une anecdote qui m'est arrivée dans la calanque de Morgiou un soir de Mars qui a définitivement tiré un trait sur mes sorties rocambolesques.

Le Mistral avait envahi tout le département depuis plusieurs semaines. Moi j'en avait franchement marre de pêcher dans des conditions complexes mais une fois de plus je me suis rendu au chevet du minuscule port de Morgiou. Les bourrasques Violentes créent une ambiance étrange dans cette petite crique, comme un grondement sournois qui fait  penser au jugement dernier. Pour arriver sur le poste lointain il y a un mince sentier qui grimpe furieusement entre les arbustes épais et les pins torturés par le vent. La beauté froide du lieu impose un respect à toute épreuve un peu comme si on entrait chez quelqu'un d'autoritaire. la progression est rapide mais mal aisée à cause des dénivelées importants qui mettent à contribution la résistance de ma passion. En quelques minutes on se retrouve en hauteur et la vue s'élargie laissant tout le loisir du marcheur à s'émerveiller par les couleurs bleutées de la mer inégalables. Mais à un moment il faut passer une sorte de col très exposé aux vents par un chemin pas plus gros que deux pieds de large. A droite il y a la montagne abrupte qui surplombe tout et à gauche un grand vide sur plus de cent mètres qui débouche sur la mer. A ce point précis on doit passer en rasant la paroi rocheuse tout en sécurisant avec les mains sous peine de glisser. Hé bien là, juste au moment où il ne faut pas faire de faux pas une violente bourrasque s'empare de mon gros cas à dos et me fait vaciller et me décolle littéralement de cette paroi. Je perd soudain l'équilibre cherchant avec les bras de l'appui dans l'air, une autre bourrasque me pousse en arrière comme une grosse gifle qui secoue une deuxième fois mon gros sac de pêche et je ne doit mon salut qu'à une mince racine solidement encrée dans la terre qui m'a servi de fil d'ariane. Il s'en est fallu d'un rien pour que je ne bascule pas dans le vide, j'était trop sûr de moi, trop habitué à braver le mauvais temps. J'ai essayé de me rouler une cigarette un peu plus loin mais le tabac ne tenait pas dans le papier tellement le vent était fort. J'ai dû attendre d'être sur mon poste et m'allonger au sol pour pouvoir enfin fumer...C'est ainsi que je me suis promis de ne plus faire ce genre de choses et de passer à un autre style de pêche.

Mais novice dans l'art de la calée il m'a fallu revoir de fond en comble tout ce que savait de la pêche et revoir tout mon matériel. Je suis passé par de longues étapes de doutes car je me suis laissé berné par tout ceux qui se vantaient de tout connaitre. Je me suis noyé dans les écueils  de ceux qui étaient déjà dans une impasse, j'ai cru à beaucoup de choses inutiles qui m'ont fait perdre beaucoup de temps jusqu'au moment où j'ai rencontré les bonnes personnes qui m'ont mis sur la bonne voie. 

Mon expérience de la mauvaise mer m'a beaucoup servi et me sert toujours d'ailleurs. Même si je n'ai pas encore bien compris toutes astuces qui entourent la technique de la calée je me sert largement de la pêche au toc en absence apparente des poissons. Cela me permet si je le souhaite, de ne jamais revenir bredouille et ainsi toujours avoir quelques prises à faire bouillir dans la marmite. Il n'est pas si simple de piéger un poisson avec un appât mort, d'ailleurs on se demande même comment on y arrive aussi souvent car il faut bien qu'à un moment il se passe un truc qui déclenche l'action. La faim ? L'agressivité ? L'amusement ? La curiosité ? Voilà des registres difficiles à cerner quand il y a beaucoup d'eau entre le pêcheur et sa proie. Hé bien là nous allons tous avoir le même comportement, c'est soit on s'en fout royalement, soit on essaye d'aller titiller le petit truc qui fera la différence.

Le premier chemin est facile car il est déjà tout tracé par l'armée de gens qui n'ont pas l'intention d'investir leur cerveau pour la pêche. Le plus simple dans ce cas, c'est de faire confiance à ceux qui fabriquent tout et à travers cela ne rien produire de nouveau. Il est tellement plus simple de tout payer car il est évident que ne rien tenter évite d'aller toucher ses limites, donc évite d'égratigner son égo. Il est tellement plus simple de prendre un bon détecteur de poissons en couleur et d'aller farfouiller la mer. Cela évite de prendre des points de repères dans le temps ou dans l'espace, ainsi l'activité reste dépouillée de complexité, c'est de l'amour sans contraintes et si tout cela ne fonctionne pas on aura toujours le loisir de dire que le matos est bidon...

Le problème que j'ai avec ça, c'est que comme beaucoup de mes congénères j'ai du mal à utiliser un truc qui prends définitivement les commandes, ou même qu'il va remplacer tout ce que je ressent. Ce qui m'égratigne c'est que dans d'autres domaines la facilité a pris naturellement le pouvoir de l'activité et peu à peu plus personne ne connait l'origine du pourquoi.

Pour ma part je suis de retour dans les calanques de Marseille accompagné de mon copain Antho. Voilà un copain qui ne rechigne devant aucune difficultés pour assouvir sa soif de se rendre au bord de l'eau. Tout deux nous avons choisi d'aller dans le VAR pour une raison assez simple, dans les bouches du Rhônes la mers semble bien vide. Nous avons une véritable armada d'appâts surgelés signés PEXEO et nous sommes d'excellent monteurs d'appâts. Le tout combiné devrait normalement faire des étincelles, c'est tout ce que allons vérifier.

Notre route va durer un bon moment car nous sommes à plus de cent kilomètres de notre destination. Heureusement une fois sur place le coin est tranquille et peu fréquenté, nous aurons toute nos aises pour poser nos cannes où bon nous semble. Avec le temps et l'expérience je me rends compte qu'il ne faut que quelques minutes pour monter les lignes. Pour nous pas de fioritures sur les montages, j'ai banni les techniques complexes car si vous êtes comme moi, elles finissent toujours au fond de l'eau. Je conserve justes quelques perles brillantes de couleurs que je monte près de l'appât selon le poisson qui est présent. Mais en fait je trouve que tout cela est moins utile car avec des appâts qui ont déjà des effluves ajoutées dedans il semble moins nécessaire de jouer en plus sur le visuel.

Les premier appâts vont rapidement trouver preneur. L'armée de petits poissons qui vadrouillent le long des roches ne font pas dans la dentelle quand ils ont de quoi se mettre sous la dent. Les touches sont rassurantes car nous savons qu'avec nos appâts de tout premier ordre nous pouvons avoir la grosse surprise à tout instant. Ici je me régale de faire siffler le scion, les jets sont de toute beauté, franchement cela me change des calanques avec mes recoins taillés au millimètre... Ici c'est tout l'inverse, on a de l'espace et une mer calme immense devant nous, voilà de belles perspectives qui s'annoncent !

Comme d'habitude les ver de Rimini et les bibis vont être les premiers de la liste à séduire tout ce beau monde. Le stock diminue au fil des montages, les petits poissons seront tous relâchés et les appâts baissent à vue d'oeil. Pourtant rien de bien folichon quand même contrairement à la sensation que nous avons au creux de ventre. Mais nous gardons bien à l'esprit qu'à tout moment un beau sujet peut mordre. Moi je me régale de monter ces fameux vers surgelés, l'exercice est délicat et nous avons une contrainte terrible au dessus de nos têtes, c'est de garder les appâts bien glacés. Du coup j'essaye des franges plus ou moins longues sur les bibis, j'y inclus du krill pour voir si il y a une réelle différence, on bricole quoi...Mais la chance va se pencher encore un peu sur nous quelques instants. Mon ami Antho va arriver à arracher à la mer une série de jolis poissons au prix d'un acharnement fantastique. A force de chercher le coin, de ne pas se décourager après quelques grosses touches sans suite, il va quand même trouver le nid où se reposent les poissons. Du coup notre pêche prends une belle tournure malgré un pronostic de départ très morose.

Les pauses cigarettes et sandwichs sont légion. Entre deux touches on en profite pour faire de futurs plans dans plusieurs coin de la région. Je connait bien ces coins Varois qui abritent une belle variété d'espèces qui ne manquent pas de ravir l'oeil de l'amateur averti. Ca change un peu de la saleté de cette digue qui est régulièrement prise d'assaut par des pêcheurs qui se débarrasse de leurs poubelles dans les trous. Là y'a pas de gène, les gars on pris l'habitude de tout balancer dans les interstices et de foutre comme de leur première bogue de l'impact que cela produit.

Le matin avance à grands pas et les touches se tassent un peu, nous avons remis une demi tonne de beau yeux à l'eau et gardé une dizaine de sujet correct. Alors que je pense commencer à remballer vu que notre pêche n'est pas si mauvaise mon copain m'interpelle. Il est aux prises avec une grosse pastèque qui lui fait la misère. Sa canne est pliée et il ne peut pour l'instant pas lui faire rejoindre le bord. On voit bien que le poisson est au bout car le scion donne des tapes et l'instant d'après il sonde. Enfin la voilà la surprise ! Il est quatre heures du matin et nous ne pensions plus avoir aucune touches, c'est toujours comme ça. Le problème c'est que le poissons semble collé au fond et rien ne nous indique la moindre faiblesse corporelle de sa part. Mon ami va rester comme ça, sans pomper juste tendu vers le poisson tout en restant extrêmement prudent, vingt deux centièmes oblige. Les minutes passent et soudain le fil devient léger mon ami tente de remonter le poisson, mais en fait le bas de ligne à cassé ou a été coupé. Dommage car même si nous pensons à une belle raie qui serait retournée de toute façon à l'eau nous aurions pu faire quand même de belles photos. Dans le coup nous avons perdu notre motivation grignotée peu à peu par la fatigue et là pour de bon on commence à plier.

Le retour sera simple et sans histoire en compagnie d'un ami que nous connaissons bien, le sommeil. On roule avec prudence les vitres ouvertes aux quatre vents à combattre en  permanence ce copain encombrant qui prends la fuite dès que le jour qui arrive. Nous allons faire une grosse pause à St Maximin pour boire un peu de café, fumer une cigarette et pause pipi. Voilà une sortie tout à fait ordinaire mais où beaucoup de choses prennent forme, des amitiés se lient, des décisions se prennent, de futures sorties se complotent...

Ci dessous les photos de sorties où il ne sera pas passé grand chose, à plus les gars on pense à vous !

Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 18:24
Une langue rouge de coque.

Une langue rouge de coque.

J'ai longtemps cherché le moyen de m'ouvrir définitivement à la capture du poisson sans que cela ne devienne pour autant une obsession. J'ai toujours pensé que la pêche est un exercice sain qui met le pratiquant face à ses limites. Comme tout le monde je me suis buté à essayer de comprendre les poissons à travers les récits d'autres pêcheurs sans pour autant toujours tout comprendre. Même si il y a tout un tapage autour des poissons, rien ne transpire de réellement sérieux qui pourrai aider le pratiquant. Peut être que celui qui poste des photos n'en sait pas plus que celui qui les regarde mais il y a autour de tout ça un secret qui semble intransmissible. J'entends beaucoup parler de cannes à pêche, de fils, de plombs, d'accessoires, d'électronique comme si ces matériels étaient l'essentiel dans l'art de la pêche en mer. Ces bruits de couloir font un tel vacarme sur la toile sans pour autant parler de l'essentiel, le poisson ! Hé oui, la majorité des pêcheurs ont oublié de parler de la chose la plus élémentaire dans leur pratique.  La connaissance de la biologie est essentiel et vu que le pêcheur ne joue que sur l'aspect alimentaire mieux vaut ne pas se tromper. Contrairement aux leurristes qui sont nettement plus fins dans leur approche de la mer, celui qui cale ses lignes n'a pas autant de possibilités pour aller titiller la curiosité des poissons. D'ailleurs il n'y a pas photo, le leurre surpasse largement l'appât traditionnel. C'est ainsi qu'une nuit à force de réfléchir à tout ça j'ai senti les prémices de la satisfaction perpétuelle vibrer en moi.

Je me suis retrouvé un soir face à la mer un peu désemparé à me demander pourquoi cette étendue d'eau devant moi était complètement vide. J'ai eu beau essayer tout un tas de montages, des astuces et d'autres trucs sans nom, une idée est venue soudain éclairer une parcelle de matière grise qui commande le haut du crâne. En fait, depuis cette nuit tout est parti à l'envers.

Alors que je m'appliquait à envoyer du plomb le plus loin possible, je regardait amoureusement mes beaux moulinets tout neufs surmontés par belles cannes à pêche dernier cri. Je me régalait de me rabâcher que si une grosse prise venait se prendre j'aurai tout le nécessaire pour la remonter sans encombre, seulement voilà...Où était ce poisson record ? En tout cas apparemment pas sous mes lignes...J'avait beau avoir du très beau matériel il me semblait tout au fond de moi qu'à moins qu'il ne sorte la tête de l'eau et qu'il sensible au carbone je n'en verrai pas la couleur. Alors j'ai fait le grand ménage dans mes idées, j'ai balayé l'espoir de croire que c'est avec un ensemble à cinq cent euros que j'était le plus sûr de revenir vainqueur, j'ai oublié de croire que la solidarité était un faim en tout pêcheurs, j'ai vaporisé toutes les fables que j'ai entendu sur le sujet de la pêche en mer. Parce qu'il faut bien le dire, le pêcheur est un humain et l'humain est un loup. 

Dans ces conditions j'ai longtemps pêché seul, les évidences n'ont pas tardé à faire surface et je me suis tourné vers d'autres pêches moins vampirisantes pour l'esprit. Rapidement je me suis senti comme un chef d'orchestre face à la mer. En agitant mes baguettes en carbone vieillissantes dans le ciel et je me suis concentré sur la musique de la mer. Il faut tendre l'oreille pour sentir toutes les petites fausses notes que l'on fait sans le savoir car les musiciens qui vivent dans l'eau n'écoutent que le chants subtils qui viennent plutôt du ventre. Voilà un sens bien cruel qui soutien un rythme de sélection là où il n'y a pas longtemps je m'était perdu. De nos jours il n'est pas simple de faire comprendre qu'il vaut mieux pêcher avec du matériel basique quitte à piocher dans le premier prix et soigner ce qu'on met au bout de l'hameçon, que d'avoir du matériel record et penser que le bout de ver est secondaire. Si on arrive à combiner les deux c'est mieux mais on commence toujours par le bout de ver ! Curieusement tout le monde ne comprendra pas ça et va persister à entasser des idées reçues au lieu de se payer à la place des appâts hors du commun. 

La langue rouge de coque.

Voilà tout ce que j'essaye d'inculquer à ceux qui participent à nos aventures nocturnes. Le respect de la nature, ne pas capturer plus de poissons que le raisonnable, s'habituer à prendre ce que la mer nous donne sans rouspéter. C'est un peu comme le jeu de l'oie, selon sur la case sur laquelle on tombe l'aventure prends une tournure différente et pas toujours pour notre bonheur. Mais ce soir là je suis en bonne compagnie avec Antho et Simon. Du coup la pêche sera plus douce que mon habituel parcours du combattant, pourtant je leur ai choisi une soirée qui n'est pas tout repos quand même. Nous allons marcher jusqu'à Podesta et ceux qui y vont pêcher savent que ce n'est pas une partie de rigolade, surtout le retour, ça pique un peu...

Mais pour une fois tout à l'air de se passer sans encombre, la marche est longue mais notre soif d'aventure est encore plus forte que le granit pur qui crisse sous nos pieds. Sur le chemin qui tournicote entre les arbustes épais, nous faison une pause pour montrer à Antho tout le petit trafic pas très discret qu'y s'y déroule presque tout le temps. Là bas c'est un plongeur en bouteille qui traque le denti avec son harpon et lumière, la bas c'est un pros qui met les filets dans la réserve, dessous nos pieds un mec fini de poser des casiers à langoustes ou à homards, la liste est impressionnante mais de soir en soir, comme sur la route les barrières tombent et l'humain se sent affranchi des codes. Les gars pillent les coins et passent au suivant quand ils l'ont rendu stérile. On en sait pas à quoi sert la police maritime car en fait nous ne l'avons vu qu'une seule fois en été, l'hiver elle reste au chaud sans doute. Mais au delà de tout ça c'est l'humain ne sait plus se tenir, c'est la raison pour laquelle les décrets pleuvent sur notre pratique, le GIP s'est largement rendu compte que la rapine est un métier parallèle. Pourtant si tout le monde voulait bien se cacher un peu nous serions tous bien tranquille. Mais c'est tout l'inverse qui se passe, cela oblige les instances à répondre aux sollicitations d'associations de défense de la faune qui n'est pas dupe.

Nous poursuivons notre route en toute hâte car la nuit tombe et c'est maintenant que la pêche commence...

Les retrouvailles sont chaleureuses car cela fait assez longtemps que je n'ai pas vu Simon. Lui il est arrivé dans l'après-midi en espoir de prendre quelques sujets diurnes. Pas de temps mort pour nous, les scions fendent l'air et les première prises arrivent en trombe. Nous avons une grosses palette d'appâts qui vient tout droit de la maison PEXEO. La seule inconnue ce soir c'est la taille des poissons qui est toujours une surprise, selon les jours il y a beaucoup d'indésirables et d'autres jours il y en a aucun. Ce soir nous n'avons manifestement pas trop de petits poissons mais ceux qui sont pris ne sont pas à la hauteur de nos espérances. Pour le moment aucun ne fait plus de cinq cent grammes, certes, toute la gamme des sparidés est dans le bac mais je ne serai pas contre une belle prise. 

La mer tape copieusement sur les roches, à vrai dire il faut faire attention car par moment ça monte vraiment haut. Les cailloux sont glissants à souhait et conduisent directement vers la mer rageuse, c'est pas le moment de faire l'andouille...

D'heure en heure je sent bien que la houle qui fait rage devant nous a certainement éloigné les beaux sujets. Moi j'ai remonté pas mal d'algues sur les noeuds et beaucoup de pelote fil autour du plomb, signe que sous la surface ça bouge un peu trop. Nous nous sommes tous précipité à la pêche car nous avons une belle fenêtre météo entre deux tempêtes, c'est parfois bon et souvent moins bon. Mais  au final ce n'est pas très important car malgré tout nous avons pas mal de touches et nous aurons de quoi faire la cuisine demain.

Je me prépare les bouts de Rimini à la maison, c'est plus rapide pour pêcher.

Je me prépare les bouts de Rimini à la maison, c'est plus rapide pour pêcher.

Les crabes roses surgelés.

Les crabes roses surgelés.

Les langues rouge de coques taille xxl.

Les langues rouge de coques taille xxl.

Les nouvelles petites seiches.

Les nouvelles petites seiches.

La langue rouge de coque.
La langue rouge de coque.
Simon en pleine bataille sur un sar !

Simon en pleine bataille sur un sar !

Qué misère ces petits sars !!!

Qué misère ces petits sars !!!

En quelques minutes il y avait déjà des poisson dans le bac !

En quelques minutes il y avait déjà des poisson dans le bac !

Vers deux heures du matin nous allons commencer à remballer car nous allons partir. D'abord c'est Simon qui prends la route puis Antho et moi un peu plus tard. Nous allons longuement parler de ces appâts qui nous accompagnent depuis longtemps maintenant et nous allons programmer de nouveaux comparatifs qui devraient nous éclairer un peu mieux. Certains sont voués à un avenir merveilleux comme ces grosses langues rouges de coques qui sont à couper le souffle de fraîcheur, ainsi que les petites seiches vont faire un malheur dès les beaux jours.

Le retour en voiture sera comme à l'aller dans Marseille. Il y a des bagarres un peu de partout, des crissements de pneus dans les ruelles et des bagnoles lancées à fond sur l'autoroute qui doublent par la droite. Putain, j'était si bien dans mes calanques...

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 20:02
C'est mon petit cadeau du jeudi.

C'est mon petit cadeau du jeudi.

Hé bien voilà, nous sommes mi Février et le thermomètre n'est pas descendu à moins de 12 degrés de tout la soirée. C'est une chose qui ne m'est pas du tout familière, ordinairement ce fameux mois est le plus froid de tous les mois offrant même selon les années un peu de neige en Provence. Là du coup on en est très loin car en faisant quelques bonds sur les roches et quelques allés retours vers les cannes on sent vite la chaleur remonter du col de la doudoune vers les joues et la nuque.

Tout de même et pour ne pas être pris de court, il est de bon aloi de se couvrir généreusement car il est interdit de se retrouver seul en hiver dans les calanques mal couvert. Il est toujours plus facile d'enlever une veste que de ne pas l'avoir.

Au départ je ne devait pas aller à la pêche. Quand on a une grande famille rares sont les fois où mes sorties sont programmées à l'avance. Il y a toujours un truc de dernière minute, une course à faire, un enfant à aller chercher ou pire, une blessure qui nous conduit vers les urgences...C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'évite de faire des plans sur plusieurs jours car cela fini toujours par tomber à l'eau. Mais cette fois c'est tout l'inverse qui se produit. La longue liste d'aller/retour entre AUBAGNE et AURIOL se réduit à un simple arrêt au drive de notre hypermarché favori. Dans ma tête, j'ai beau faire le tour des trucs qui pourraient faire partir en fumée la sortie que je suis en train de fabriquer, mais rien en me vient à première vue. J'en perd même le fil de ce que je fait tellement mon cerveau est à contribution. Du coup, nous sommes Jeudi, il fait bon, j'ai quelques appâts surgelés qui attendent dans le congélateur, je fait quelques bisous à ma troupe et me voilà parti...

Sur la route rien ne peut gâcher mon plaisir d'aller vers la mer. Je roule tout en douceur pour que rien de fâcheux n'arrive à la dernière minute. Le long cordon d'asphalte qui serpente entre CASSIS et MARSEILLE ressemble à un tapis roulant qui me conduit vers le bonheur. 

Arrivé à Callelongue je sent bien qu'il va être difficile d'aller là où je pensait aller. Il y a un petit vent de travers qui n'est pas exactement celui prévu ce qui a pour conséquence de tout compliquer. A première vue c'est juste un détail sans importance, mais ce genre de tout petit détail pèse très lourd dans la balance buccale des poissons. Le pêcheur doit avant tout essayer de capter l'ensemble des éléments qui l'entoure. D'après ce que je voit j'ai bien compris qu'il n'est pas utile d'aller très loin. Du coup mon poste préféré n'est pas dans le cadre de qui est bon pour prendre du poisson. Par contre j'ai repéré un autre coin qui sera parfait pour pêcher car il fait courir l'eau de surface et remue un peu le fond. Voilà des conditions surprenantes qui n'arrivent pas souvent ici et je doit en profiter.

Rapidement toutes les cannes sont à l'eau en attente des premières touches. Ce qui m'intrigue le plus c'est de savoir comment les poissons vont manger ce soir si toutefois il y a du poisson. Les pêcheurs savent ce dont je parle, le poisson ne mange pas toujours de la même façon selon les jours. Quand on y pense quoi de plus normal, il n'a pas toujours la même faim c'est un peu comme nous. En plus tout dépend du moment de l'année et les conditions météo, en principe, l'hiver est très bon pour la capture des sparidés.

Mais tout cela est un calcul technique et ne me prouve que je soit dans le vrai, à n'importe quel moment les conditions peuvent me montrer que j'aurai dû rester à la maison question poisson. Je suis bien conscient de ça et c'est avec une grande humilité que j'évite par dessus tout de me prendre pour un grand pêcheur.  Même si je sait que grâce à ma ténacité, mon refus de me limiter, mes merveilleux appâts, mes postes finement choisis que la chance frappe souvent à ma porte. C'est un peu tout cela que j'ai compris. Rien ne sert d'avoir du matériel hors de prix pour pêcher dans les calanques car tout fait parfaitement l'affaire. Il faut juste surveiller à avoir du fil toujours neuf embobiné dans un moulin léger pour se faire plaisir. De toute façon les distances de lancés ne varient que très peu vu l'inconfort de ces roches. On est obligé de fouetter sur peu d'espace le corps toujours un peu en équilibre, c'est la raison pour laquelle je mise plutôt sur la finesse des montages et la qualité de mes appâts.

Mon attente ne va pas durer des masses car la première touche va survenir dès le nuit tombée. Voilà une tirée franche qui me signale ce poisson a trouvé le ver de Rimini tout à son goût et franchement ce n'est pas une surprise. Vu la taille de l'appât si le poisson dépasse les cinq cent grammes il va se piquer correctement. En fait pour que le poisson se pique sans qu'il ne s'en rendre compte mon astuce c'est de ligaturer un petit morceau de ver pour qu'il soit très fin. Je met un petit hameçon fort de fer n°4 pour qu'a la dégustation tout le ver passe sans encombre. Malheureusement c'est presque obligé avec les daurades tant elles titillent l'appât avant de le mettre dans la bouche, exit les gros hameçons qui cognent contre les dents, c'est le meilleurs moyen de les faire fuir à toute nageoires. Là avec ma technique je retrouve souvent  le crochet planté dans la gorge et c'est la preuve que là, pour une fois je suis dans le vrai...

Bon allé je ferre ! Pas besoin de tirer sur le fil comme un dingue il faut juste un coup sec pour que le petit hameçon se plante bien dans la bouche. Super, je le sent bien au bout qui donne des coups de tête et là je reconnait immédiatement une belle daurade. Je sent bien qu'elle de belle taille mais pas encore assez grosse pour me faire douter de l'issue, malgré tout il me faudra le salabre qui pour une fois est là, juste à côté de moi.

Je me régale de remonter ce poisson, je n'ai pas un brin de stress et je prends tout mon temps pour sentir ses rushs tant l'issue me paraît évidente. En quelques minutes ce beau poisson est à la surface de l'eau et est complètement lessivé, il ne trouve même plus la force de sonder vers le fond. Je me tourne pour empoigner ma grosse épuisette que je fait coulisser jusque dans l'eau, le poisson rentre sans encombre...Mince elle est de belle taille cette daurade, elle doit faire un bon kilo et demi, la soirée commence très bien dis donc !

Quand les daurades sont de passage il est vraiment important de vérifier régulièrement les lignes. Il faut compter qu'avec certains vers quelques coups de crocs dedans vont lui donner une drôle de gueule donc, pas pêchant du tout. On peut étaler les vérifications si il n'y a pas d'indésirables mais il faut toujours garder cela en tête et changer les appâts souvent même si ils ne sont pas touchés. Bon voilà j'ai fait le tour des lignes il est grand temps de me rouler une bonne cigarette et de boire un bon coup d'eau minérale.

Je n'ai même pas eu le temps de sortir mon paquet de tabac qu'il y a un écureuil qui monte vers l'anneau. C'est une touche merveilleuse car c'est sans violence mais d'une régularité exemplaire. L'écureuil se colle à l'anneau et se fige, le scion ploie sans pour autant que le frein ne tourne. Sans attendre je ferre presque dans le vide ? Mais au fur et à mesure la ligne se durcie et les tours de manivelles deviennent impossible jusqu'au moment où le poisson sonde avec rage. Je suis obligé de libérer le frein car avec les diamètres que j'utilise il ne faut pas aller bien loin dans la tension avant qu'il ne casse. Bon là je sent bien que je suis avec un autre style de poisson, il semble que c'est toujours une daurade mais celle là n'a pas la même taille. Je suis obligé de rester tendu sans tourner le moulin et de jouer sur le frein en attendant qu'elle veuille bien venir un peu. Pour l'instant j'attends qu'elle se fatigue avant de tenter une remontée improbable, je reste là bien au contact tout en essuyant ses coups de tête. Peu à peu je gagne du terrain, pas grand chose mais la tendance s'inverse un peu. Le problème c'est que j'ai envoyé loin et je ne suis pas prêt de voir mon poisson arriver tout de suite. Je doit pour l'instant de me contenter de quelques tours de manivelle dans le vide et de prier pour que mon 22 centièmes soit à la hauteur. De plus je ne peut pas compter vraiment sur la tenue de l'hameçon dans la bouche de ce poisson, avec une daurade d'un bon kilo ça va parfaitement mais là, c'est vraiment gonflé.

Je trouve le temps vraiment long, le poisson ne se donne pas encore et au plus le temps passe au plus mes chances de le voir diminuent. Mais la chance va me sourire enfin, la daurade semble être fatiguée et je peut commencer à tourner la manivelle tout en pompant comme je peut. Ici la douceur doit être exemplaire, la moindre fausse note me sera facturée cash et je n'aurai pas de seconde chance. Le gros poisson arrive et je doit me tenir sur mes gardes car c'est toujours à ce moment que les grosses daurades font des rushs de dingue et casse tout ! Je me saisi du salabre elle est à mes pieds, je libère le frein et je tient le fil avec un doigt, de l'autre main je plonge les mailles pour la glisser dedans...Sans encombre elle rentre dans le piège sans résistance car elle est épuisée, quel bonheur !!!!

Le retour du beau poisson.

Je ne lasse pas de la regarder, ses couleurs vives prouvent de santé parfaite. Du coup, l'autre fait la moitié de la taille de celle-là elle paraît toute petite ! Elle n'a pas senti l'hameçon dans l'appât et elle a englouti, mais le petit crochet pointu est allé se planter directement dans la gorge.

Hé bien du coup j'ai fait ma pêche il n'est pas utile de rester encore. De toute façon je ne souhaite pas prendre plus de poissons car là nous avons quasi cinq kilos d'oméga 3 à nous partager Samedi soir. Tient au fait il est quel heure ? Mince, il est à peine 22 heures, bon tant pis je rentre quand même...

Je vais profiter du week-end pour faire une belle recette sur la cuisine de la daurade quand elle ne rentre pas dans le four, vous verrez c'est tout simple.

Le retour du beau poisson.
Le retour du beau poisson.

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 13:57
Langue rouge de coque, bibis, Rimini sont le menu des poissons ce soir...

Langue rouge de coque, bibis, Rimini sont le menu des poissons ce soir...

Même si la météo n'est pas bonne ce samedi, je part avec Stef en direction de Marseille avec qu'une seule obsession en tête. Nous avons beaucoup d'appâts à essayer et certains même resterons dans le congélateur faute de place. En fait, nous avons le projet non dissimulé d'essayer de prendre ce fameux gros poissons qui nous a donné beaucoup de fils à retordre lors de nos dernière pêches. Ce poison m'a tellement retourné le cerveau que je suis presque prêt à tout. Nous avons enfin le matériel adéquat avec nous, les montages sont finement aiguisés, nous avons tous les appâts de la création bref, y'a plus qu'à...

Le temps semble pas trop mal du côté de l'escale et tout le long du chemin qui mène vers les calanques, le vent semble absent et la mer est presque plate. Arrivé à Callelongue tout change, on dirai même qu'on à ouvert la fenêtre de la cuisine un jour de tempête ! En sortant de la voiture c'est encore pire, les cheveux  virevoltent dans tous les sens et d'un coup le vent ne nous donne guère envie de prendre le chemin. On voit bien que derrière la montagne c'est pas joyeux car quand le vent fait des tourbillons bruyants sur l'eau inutile d'espérer être à l'abri. Les bourrasques d'Est sont marquées et pour enfoncer le clou elles viennent en plein travers. Qué misère, je suis dégouté ! Mon rêve de croiser ce fameux gros poisson tombe en ruine...On regarde vite la météo sur le téléphone portable, les ondes passent mal ici et notre impatience monte rapidement. Mais une fois connecté la sentence tombe, nous irons ailleurs, merci les pévisions... Bon là on est dans l'impasse car nos recoins favoris ne regorgent pas de poissons je dirai même que c'est un peu la roulette et avoir pris ces précieux appâts pour quatre beaux yeux me font un peu regretter d'être venu ici.

Finalement à force de farfouiller nous allons finir par trouver la perle rare. Oui ce coin de pêche est complètement désaxé par rapport à ce que nous connaissons, il est assez proche de la route et peut accueillir pas mal de pêcheurs tout en semblant être loin de tout. Voilà qui est très surprenant et finalement nous allons nous installer largement rassuré.

Les lignes sont rapidement montées car tout le nécessaire à été fait à la maison. Comme à notre habitude nous nous délectons de fendre bruyamment l'air avec nos scion, le sifflement strident donne le signal du départ. Hou là là, à première vue je ne suis pas le seul à avoir de l'adrénaline dans les veines vu où tombe le plomb, à première vue les poissons vont morfler. Le seul truc c'est qu'il ne semble pas utile de déployer le gros matos pour gros poissons, nous allons essayer de voir avant tout si il y a un peu de vie la dessous.

Il n'y a pas un seul gramme de vent, nous sommes si à l'abri que nous nous posons même la question si il ne s'est pas brutalement effondré ? Pourtant en montant un peu plus haut on le sent un peu, mais ici on ne le sent pas du tout. Hé bé voilà un petit cadeau du destin que nous apprécions au plus haut point mais c'est pas tout...

Comme toujours le ver de Rimini est le premier à explorer les profondeurs des eaux. Nous avons tellement confiance en ce ver que partir sans lui paraît totalement impossible. Dans la foulée je déballe les langues rouge des coques, les beaux bibis et autres bonbons à poissons. Mon copain ne cesse d'hésiter sur les prochains montages tant la palette de possibilité est énorme. Là je suis sûr que je suis dans le cadre de ma pêche car nous avons sept cannes en tout et nous allons finir de mitrailler le coin. D'ailleurs il ne faudra qu'une poignée de minutes pour trouver les premiers poissons. Il semble que ce soir il n'y ai pas beaucoup de barrières aux plaisirs de la pêche vu le nombre de touches que nous allons prendre.

Pourtant le poisson chipote dur sur les lignes, ce n'est pas vraiment des petits poissons mais ils semblent avoir toutes astuces pour contourner l'hameçon. Il faut un peu de doigté pour piéger les canailles qui ne se laissent pas si facilement avoir. Mais malgré tout nous allons pouvoir faire rapidement l'inventaire des espèces qui rôdent sous la surface des eaux tant les touches ne cessent. J'ai calculé qu'à certains moments je n'ai pas le temps de rouler la cigarette ou encore moins de la fumer tranquille sans être interrompu par une touche. Par contre les langues rouge de coques font merveille, tout mord avec ce truc et plusieurs fois nous avons eu la ligne coupée net après une grosse touche. Pourtant avec du 30 centièmes quand même...Mais tout cela ne m'étonne pas, la réputation de cet appât n'est pas à faire et si par chance quelques daurades ou des loups traînent dans le coin c'est le carton plein assuré !!!

La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!

On est bien, l'heure tourne et on parle un peu entre deux touches, on fait un peu le point sur les concours passés et à venir, les potins quoi... Soudain mon copain stoppe la conversation et se précipite sur sa canne. Moi je suis surpris car je n'ai rien vu mais lui oui. Il prends sa canne et ferre de toute ses forces, à moitié parcours  il est stoppé net !!!!

Il est débout canne pliée le frein qui tourne assez lentement et pour l'instant impossible de ferrer. Tout cela ressemble à un gag car on dirai qu'il y a un plongeur ( mis à part les coups de tête) qui est pris dans la ligne et qui nage tranquillement vers le large. Bon là il n'y a pas d'autres choix que de laisser faire jusqu'au moment où il va se passe un truc. Au bout d'une poignée de minutes le fameux truc c'est que le poisson vas se décrocher, nous aurions aimé une autre sortie mais le destin en a décidé autrement. Il n'est pas toujours facile d'essuyer ce genre de prise quand on y réfléchi un peu. On ne connait pas le poisson en ligne, il est plus fort que toi et tu n'as presque aucune chance de le remonter pourtant tu as tout ce qui faut dans le sac et il est là, au bout de ton fil. Pffff, qué misère...

Au fil de la soirée j'ai armé une canne avec un appâts différent des autres, il est posé à bonne distance et légèrement désaxé par rapport aux autres lignes. Je n'ai pas touché la ligne d'une bonne heure quand soudainement l'écureuil claque alors que l'on papote un peu. L'avantage d'avoir des témoins de touche (s) qui sont extra lumineux c'est qu'on voit bien les touches même de loin peu importe la couleur. Celui-ci est collé en haut de la canne et me signale qu'il faut que je me grouille un peu quand même. Mais au premier ferrage je ne sent rien au bout la ligne semble coupée ! A force de mouliner je comprends que le poisson a tellement tiré sur le frein qu'il a une bonne dizaine de mètres de champs libre car d'un coup je le sent qui part vers le large.

-Enfin !! me dis-je rassuré.

-Nous aurons au moins un beau poisson a montrer à nos copains !

En moins d'une minute Stef me salabre un très beau sar qui m'a fait un spécial tout compris arrivé au bord, il a sondé avec une rage si exceptionnelle qui m'a fait croire un instant à un individu bien plus gros.

Mais le temps passe vite et il nous reste bien peu de temps pour pêcher. En effet, vers deux heures du matin c'est la limite que nous nous sommes fixé comme heure de départ car nous avons tout les deux des obligations familiales incontournables. Il est "presque" l'heure et nous allons nous préparer pour remballer.

La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!

Au final je ne suis pas trop déçu de ne pas avoir été dans les calanques. Je sait bien que le poisson y est pour quelque chose mais maintenant que j'y pense, c'est un peu pour la marche aussi. Ho oui, c'est toujours un épreuve de marcher en pleine nuit dans ces fameux chemins qui serpentent entre les épais buissons épineux. Les cailloux sont de vrais défis pour chevilles tant ils sont mal foutus, là, notre marche sera une vraie rigolade comparé à ce qui nous attendait là bas. D'un autre côté, tout ce qui est caché derrière cette montagne me rassure même par mauvaise mer. J'y ai mes repères, mes habitudes et des mondes de souvenirs, je n'y suis jamais seul même si tout semble désert. Mais je me dis que c'est pour la prochaine fois. Je réserve une série de surprise à mes futurs poissons qui se verrons proposer des appâts chargés de krill, des crabes roses ça aussi ça a fait ses preuves et je compte bien vous démontrer tout cela...

La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!
La pêche enfin !!!!

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 09:08
La lune qui sort signe l'arrêt des touches.

La lune qui sort signe l'arrêt des touches.

Globalement, les vrais mois d'hiver sont assez complexes pour aller pêcher. Pour ma part je réserve cette saison à mes copains, je profite de la fraîcheur pour partager ces moments d'amitié que je ne peut pas égaler à la belle saison. Mes amis sont moins éparpillés dans le département et est plus en accord avec ce que j'attends d'une partie de pêche.

Samedi dernier je suis parti dans les calanques de Marseille avec une obsession en tête, le pageot. Mes quelques postes sont assez propice à la présence de cette espèce mais à condition bien sûr de lui réserver toute l'exclusivité de la soirée. Ce poisson se pêche beaucoup plus facilement l'hiver pour des raisons qui m'échappent. Les sujets sont beaucoup plus gros, exit les juvéniles. Mais ce qui m'attends sous les eaux ce soir dépasse la réalité, de mémoire je n'ai jamais vécu un tel déploiement de force animale.

Au départ je suis parti en compagnie de Cyril pour tenter de comprendre les quelques mécanismes intempestifs qui hantent les eaux de mes calanques froides. Les lourdes affaires d'hiver entassées dans les gros sacs à dos vont nous garantir un peu de la morsure glaciale du Mistral. Encore une fois la météo n'est pas exacte et rapidement nous allons en faire les frais. Sur le chemin tout vas bien mais une fois le poste choisi il ne sera pas possible de tout remballer pour aller ailleurs alors, il faut tomber juste. La nuit tombe il faut faire un choix, il sera pris à la hâte, le grand pas de roche là bas fera l'affaire si le Mistral se renforce, nous pourrons surveiller les cannes tout en étant protégé. Nous étalons méticuleusement nos cannes sur la frange des roches en espérant secrètement que nous n'allons pas subir encore plus de vent. Nous avons quelques appâts de fortune comme quelques sardines, un bout de ver de rimini, des calmars, des bibis le tout surgelés.  Nos espoirs sont bien minces car il faut bien le dire, c'est l'hiver. Je suis le plus prompt à bourlinguer une ligne au loin armé d'un morceau de Rimini, je tend ma ligne, j'installe l'écureuil pour laisser la place à mon ami. Mais alors que mon copain tente de mettre lui aussi une ligne il est surpris par un claquage d'écureuil digne d'un départ de formule 1 sur ma canne juste à côté de lui. En une poignée de secondes j'ai la canne en main, la ligne file à toute allure sans s'essouffler je ne peut pour l'instant que subir le poisson qui est au bout. La canne est pliée à l'extrême et le frein se dévide toujours malgré qu'il soit presque bloqué, je met instinctivement la main sur la bobine pour tenter de freiner la course folle du fil mais c'est peine perdue.

C'est pas croyable, ce poisson m'a pris au moins deux cent mètres sans sourciller. Nous sommes tout deux dans le flou le plus total et tout en énumérant tout les noms de gros poissons qui nous vient en mémoire, la bobine tourne toujours. Quoi de plus déconcertant que de se faire botter les fesses par un poisson dont on ne connait pas l'identité, quoi de plus horrible quand à un moment donné le poisson se décroche alors qu'il a pris plusieurs centaines de mètres.

Du coup nous ne saurons pas quel était ce poisson, le mystère reste intact. C'est la deuxième fois que je suis témoin de ce genre de départ de frein au même endroit car la dernière fois, c'était pour Stef et le poisson a cassé la ligne. Là j'ai rembobiné les quelques centaines de mètres, le plomb, le bas de ligne embourbé dans un paquet d'algues. On s'est regardé, tout à été dit d'en un millième de seconde, Cyril a rangé le salabre contre une roche, moi j'ai mis les mains dans les poches et on a fumé une cigarette assis face à la mer...Mais au fond de moi je suis heureux. On ne peut pas être satisfait avec ce type d'aventure mais je suis content que le destin me remette sur les rails. Il y a un très gros poisson sous les eaux et il semble qu'il fréquente ce coin. Stef l'a déjà eu en ligne maintenant, c'est moi.

La mer et moi.
La mer et moi.

Les jours passent et je suis encore hanté par cette touche dévastatrice. le week-end qui arrive ne vas pas me permettre de retenter l'expérience car la météo est tout simplement épouvantable. malgré tout, ce dimanche soir je décide d'aller pêcher. Le vent est fort mais c'est du Mistral et je serai sûrement  bien à l'abri sur Cassis. Bien entendu je vais devoir essuyer quelques bourrasques et un froid glacial mais peu importe, je suis en manque d'eau salée...

J'arrive à la nuit tombée et je dois décider de mon plan d'action. En fonction de la mer il n'est pas toujours possible de faire les mêmes pêches, je part sur la pêche au bouchon, une calée et une au toc. En principe avec ces trois montages j'arrive toujours à savoir ce qui navigue sous les eaux. Un calmar par ici, un petit loup par là, quelques sars voilà le menu que je m'attends à trouver ce soir.

Mon bouchon navigue beaucoup avec le courant, il balaye beaucoup de terrain ce qui n'est pas pour me déplaire. Cela me permet surtout de prospecter toute la zone qui s'étale devant moi sans toucher à ma ligne. D'ailleurs j'ai confiance en ces fameuse petites sardines surgelées, elles tiennent bien dans le temps et sont capable de séduire tous les poissons et tous les calmars du coin. La nuit est à peine établie qu'un calmar est déjà en lice pour foudroyer ma pauvre sardine. En quelques tours de manivelles il est à mes pieds mais...il pendouille sur une tentacule, le temps de déployer le salabre il se fera la belle. Bon, c'est pas la fin du monde mais je me sent bien de faire quelques prises rapidement histoire de soigner un peu ma détermination.

Tient mon écureuil sur la ligne au toc frétille bizarrement. Je m'approche de la canne tout en essayant de ne pas me casser la figure car je ne voit pas bien le scion. Tout feux éteints j'essaye de distinguer à contre jour la moindre tirette et je m'attends un peu à tout. J'espère secrètement que c'est une bogue comme cela je pourrai l'embrocher sur la calamarette et ne plus me soucier des oblades qui pulvérisent mes sardines. Mais en principe les bogues ne font guère de détails quand elles passent à table et je doit de toute évidence chercher dans un autre registre l'espèce qui pourrai mordre à cet instant. Hou là là je sent bien le fiélas en fait du coup ou peut être une petite murène, què misère.... En fait non, C'est une mustelle ! Voilà qui est très réjouissant car vu la qualité de la chair de ce poisson mon repas de demain soir va finir par du poisson noble ! Hé bé il ne me reste plus qu'à refaire le montage et d'espérer en prendre encore une. 

La mer et moi.

Avec l'heure qui avance le froid s'installe. Un froid digne de l'hiver, j'ai les pieds qui commencent à s'engourdir, les mains c'est pas mieux, aïe aïe il est à peine huit heures du soir...Mais là je continue de pêcher tout en me dandinant car si je suis venu ce soir c'est pas uniquement pour me geler les arpions. En effet, c'est à cette heure bien précise où la lune commence à produire son effet, même si certain n'y croient pas, c'est à mon sens le meilleurs moment d'une journée. J'ai peu de temps pour essayer de faire ma pêche car dès que la lune sera sorti de derrière la montagne je pourrai tout remballer...

En quelques minutes il semble que ma stratégie va parler, les touches sont moins espacées et mon petit bac va commencer à se remplir de jolis poissons variés. Bon, rien à voir avec ce que j'attends mais vu les conditions de pêche et le temps qui court, je vais avoir une belle assiette de filets pour les prochains jours. D'ailleurs je suis très surpris de voir ce qui traîne sous la surface de l'eau, pourtant il y a quelques dizaines de minutes j'aurai pu croire que cette grande étendue d'eau devant moi était morte, mais que néni, la vie est là, bien là.

Il me semble qu'il ne va pas y avoir beaucoup de limites ce soir côté poissons. Il y a un peu toutes les espèces qui se croisent et visiblement sous ma ligne il y a pas mal de monde. J'ai bien conscience d'être en juste équilibre avec tous les facteurs subtils de ce soir, pour la peine d'avoir mis un bas de ligne très fin je vais me faire casser le montage trois fois à la filée mais... c'est le prix à payer quand on veut rapidement faire du poisson. Le pire c'est qu'il y a du très beau monde qui vadrouille car j'ai fait une belle blanquette, des mustelles, des sars et quelques rascasses. Même si la plupart des poissons vont retourner à l'eau car ils ne sont pas assez gros pour une bonne friture le résultat est là, je ne m'ennuie pas un brin. Bon là visiblement la soirée est bien enclenchée et si mes calculs sont bons dans quelques minutes c'est fini. La grosse boule éclairée va sortir d'ici quelques instants de derrière le Cap canaille et inonder de sa lumière toute la baie de Cassis.

Moi je vais rester là appuyé contre un pan de roche à fumer mes cigarettes roulées. L'air est glacial, les volutes de brume qui s'échappent de ma bouche rivalisent d'opacité avec la fumée de ma cigarette. A vrai dire je en sent plus grand chose avec mes pieds ou avec mes mains mais qu'importe je suis bien. Je suis bien parce que je suis tranquille. Ici il n'y a pas une âme qui vive pour gâcher ma solitude éphémère. 

Voilà, la lune est sortie de son trou et on peut y voir comme en plein jour ou presque. Comme promis les touches ont immédiatement disparues me laissant que bien peu d'espoirs pour la suite de la soirée. Malgré tout il est à peine vingt et une heure trente c'est vraiment dommage de partir. je vais essayer conjurer le froid en faisant quelques clichés nocturnes, en farfouillant dans les failles à la recherche un ustensile perdu par un autre pêcheur. Mais vers vingt deux heures je n'arrive plus à résister au froid, mes pensées sont toutes assises au volant de la voiture chauffage à fond. C'est ainsi que péniblement je remballe mes affaires, les cannes sont pliées, le bac à poisson nettoyé, voilà, la pêche pour cette fois est finie...

Petite papillote de poisson.

Petite papillote de poisson.

La mer et moi.
La mer et moi.
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 13:23

Etre un pêcheur dans L'âme c'est merveilleux. Cette activité est de loin la plus fantasque de la planète tant les scénarios d'issues possibles sont nombreux. J'écarte volontairement de cet article l'aspect financier qui engendre des pratiques publicitaires qui n'ont rien à faire dans le loisir. J'élude sans détours tout ceux qui se sont perdu dans les méandres de la passion d'un poisson et de sa capture, pensant que ces deux choses sont identiques. Je ne vais pas parler non plus du public intermittent de la mer qui n'a pas l’étoffe pour porter le nom de pêcheur.

Non je vous parle de ceux qui n'en n'ont rien à foutre de revenir sans aucun poissons dans la musette. Je vous parle de ceux qui se rendent au bord de l'eau pour assouvir une soif d'absolu. Ceux qui plongent leur regard dans le creux des vagues car ils ont compris que la mer se détourne de ceux qui ne la respecte pas.

Pour ma part j'ai longuement réfléchi sur la capture des poissons. Je n'ai pas d’intérêt particulier pour espèce car pour moi tout ce qui se trouve sous l'eau est digne de vivre et c'est un peu cela qui me pose problème. Bien sûr je pourrai ignorer cette équation urticante car rien ne m'indique où se trouve la solution ni que je soit dans le vrai sauf...ma conscience. Pis, ce qui me dérange avec mon humanité c'est que je saurai comment faire pour éradiquer tous les poissons dans les calanques, mais je ne sait comment faire pour qu'ils se reproduisent aussi vite que je pourrai les détruire. En gros, je me sent un acteur majeur dans un segment de vie où mon intervention n'est pas anodine. Ces quelques réflexions qui mettent à l'épreuve mon pauvre cerveau ne datent pas d'hier, car bien avant moi, l'étude de l'impact de la main de l'homme sur la nature est sujet à grands débats. Depuis plus deux mille ans la pression humaine sur la nature est matière à philosopher, mais personne ne pouvait imaginer alors, que passé l'an deux mille la planète allait basculer dans une autre aire.

Malheureusement, dans la hotte de la publicité tous les stimulis de l'humain sont bien connus et longuement étudiés. Nous ne pourrons pas nous empêcher de succomber à la tentation car à un moment où un autre, notre faiblesse l'emporte sur le raisonnable. Les grandes compagnies savent bien que le cerveau est un tableau de bord dans lequel se trouve tout pleins de déclencheurs. Toutes les personnalités sont en nous mais une seule domine la plupart du temps et c'est ce qui fait notre "être" de tout les jours. Les autres "stimulis" sont endormis ou en latence mais attention, ils sont bien là prêts à bondir. Vous l'avez bien vu, dans une simple journée nous passons par beaucoup d'étapes et en fonction de l'outil ou de la pression nous changeons du tout ou tout.

Le problème c'est que nous en avons pas conscience de ces sentiments et nous nous laissons facilement déborder par leur force quand ils débarquent. Hé bien voilà, vous avez déjà compris qu'une photo bien placée au bon moment avec les bons ingrédients atteint souvent sa cible. Celui qui se sent en mal de poissons va se laisser séduire par une image flatteuse de son champion préféré qui lui prouve que c'est avec tel ou tel matériel que la réussite va enfin voir le jour.

En réalité, la réussite d'un pêcheur tient à beaucoup de choses comme la météo, les appâts, sa propre observation et le tout ne se combine pas forcement. Il est dangereux de croire que c'est grâce à du carbone ou à un moulinet farci de roulements, voire à de l'électronique que le tour est joué. Rien ne remplace l'art de la pêche car ces accessoires coûteux ne sont que des éléments de confort. 

Pour moi la pêche c'est tout simple. La perception de cet art est le fruit d'innombrables heures passées au bord de l'eau face à ma canne à pêche. A force on se rend compte que la clé de la réussite tient souvent dans un long cordon de petits détails largement sopoudré du facteur " chance". Inutile d'aller sur la toile pour acheter sa chance car les sentiments de produisent ou naissent mais en aucun cas la chance n'est à vendre. 

Le courage et le rêve a toujours été le moteur du pêcheur, c'est d'ailleurs à ça que l'on le reconnait. Les pensées supersoniques du pratiquant lui fait faire mille expériences, il se conforte toujours à sa propre intuition et alors...quand ça marche, le plaisir n'est pas une moindre chose. La pêcheur est globalement prêt à tout pour assouvir une soif terrible qui lui prends les tripes et qui ne peut pas se noyer dans une autre activité. Pour ma part, si je n'avais pas la mer pour terrain de jeu, je me demande bien ce que je pourrai bien faire dans mon loisir car en fait, rien ne ma plaît vraiment. Je sait que ce n'est pas facile à vivre pour mon entourage, je suppose que mes copains doivent aussi me pardonner beaucoup de choses car quand mon esprit s'enflamme, bien peu de barrières me retiennent. Combien de fois suis-je parti sous la pluie au fin fond des calanques en plein hiver pour presque rien, combien d'expériences m'ont laissées dans une impasse mais qu'importe...Ma passion de la pêche ne recule devant rien et quand l'heure arrive elle prends rapidement les commandes.

Exit ceux qui laissent nos coins de pêche comme de vrai dépotoirs, il se servent des roches millénaires à leur surverse, un dévidoir à matière noire. Mais ce peuple d'irresponsables ne sont pas des pêcheurs, ce sont juste des passants d'un soir. Des gens qui occupent les calanques comme les ombres des nuages, ils n'ont pas de racines, pas d'image, pas de sens profond. Ils nourrissent les imbéciles avec leurs mots futiles, mais jamais ils ne sentiront passer dans leurs veines le flux de ma mer.

Je suis de sortie ce soir, après la semaine que nous avons passé on peut dire que je suis ému de revoir enfin la mer. Ma raison a été prise en charge par la furie de pêcher, cela n' a presque rien à voir avec la capture des poissons, c'est un truc plus profond que ça...La respiration courte je regarde mon recoin en bas de la route. Tout est si calme comparé à l'agitation de la semaine, je ne sait pas au juste si pêcher après les grosses pluies est bon ou mauvais, mais mon esprit est embrouillé par l'iode du large qui flatte mes narines.

Une fois les affaires posées au sol je me rend compte que je n'ai pas grand chose pour pêcher. Il faut dire que les finances qui sont ordinairement dévoués à mon loisir sont au plus bas ce mois-ci.  Je bricole quelques montages pour le calmar en espoir que cela marche un peu. Mais la mer est belle ce qui pourrai être le premier facteur de réussite, mon ami AlainPaddy m'a fabriqué un bouchon extraordinaire, j'ai de belles sardines, tous les espoirs sont permis...

La nuit venue je suis toujours en attente de mon premier calmar. L'ambiance est empreinte d'une sorte d'entité qui couvre l'ensemble de cette crique bien éclairée par les lampadaires de la route. Les boules lumineuses se reflètent jusqu'à la surface de l'eau, la lumière du bouchon tranche bien avec la pénombre et soudainement j'ai le sentiment que quelque chose va se passer...Voilà, il est là ce fameux creux dans le ventre qui fait jaillir les fantasmes les plus délirants. En l'affaire de quelques minutes mon esprit va passer en revue les innombrables fois  où j'ai croisé le carbone avec une prise extraordinaire. Sans m'en rendre compte me revoilà encore une fois dans une histoire rocambolesque où les calmars sont géants et dont l'issue inassouvie est toujours interrompue. Mais alors que je vagabonde sans retenue c'est la touche. Le bouchon lumineux se couche un peu et peine à se redresser, c'est le signe évident qu'un coco tourne autour de mon appât et chipote comme un malade. Mais malheureusement pour le calmar avoir autant de bras autour de la tête ne doit pas toujours voter en sa faveur. Les calmars ne sont pas aussi subtils que les autres céphalopodes mais ils ont tous en commun cet instant particulier où la rage leur monte à la tête et crée leur perte. Là je me retrouve avec un individu qui va tenter le diable pour arriver à ses fins même si, il semble que l'alimentaire ne soit pas sont premier désir. Ce qui devait arriver arriva. Le bouchon se couche définitivement sur le côté et il ne reste plus qu'à remonter ma prise tout en douceur. Rien ne sert de le brusquer il suffit juste de tourner lentement la manivelle du moulinet jusqu'au moment où le calmar glisse et se plante sur les hameçons. S'en suit une série de tirettes qui renseigne sur la taille du calmar. En un rien de temps mon premier coco est dans le bac, il m'a bousillé la sardine, allé, au suivant...

L'heure tourne et il semble qu'il n'y ai pas beaucoup de vie sous les eaux. J'ai beau passer en revue l'ensemble de mes techniques rien ne marche vraiment. Mais à la maison j'ai fabriqué un montage que j'ai nommé "piège à fadas" qui n'est en fait qu'un double montage. J'ai remarqué que mes autres pièges à fadas pour le poisson marchaient très bien au toc et particulièrement sur le Sar. En fait c'est une potence sur le corps de ligne en quarante centièmes qui me permet de mettre deux sardines. Je me suis dit qu'en fait si le calmar réagi un peu comme les sars, il est tout à fait possible qu'il cherche à s'emparer des deux appâts, mais voilà...Le malheur pour lui c'est que je pense qu'il sera nettement moins précis lorsqu'il voudra s'emparer de la deuxième sardine, vu le nombre de tentacules à gérer combiné avec la précipitation, ça pourrai marcher. Mais...parce qu'il y a un mais. Si j'ai deux gros calmars qui se pendent respectivement sur chaque sardines je risque d'en baver copieusement voire de perdre le montage entier. Le pire c'est que j'ai déjà utilisé ce montage par le passé. A l'époque j'avais un espace financier embryonnaire et mes montages de fortune valaient tout mon or, pas question de perdre un bouchon ou une tige en inox fabriqués tout deux avec grands soins. Tout était issu de la récupération dans les poubelles, baleines de parapluie, anneaux de porte clefs, boules de plastique, tout avait une valeur inestimable et je voyais alors dans chaque objets un moyen de rebondir encore...Le problème c'est que j'ai perdu plusieurs fois ces montages soit accrochés au fond, soit à cause de l'usure rapide de certains composants de fortune, j'ai laissé tombé. Aujourd'hui je peut re essayer ces fameux montages avec des accessoires solides en espérant que tout cela marche vraiment.

L'attente est bien longue, je fume mes cigarettes les unes derrière les autres confortablement assis face à la mer. En bruit de fond j'entend les voitures qui passent, des claquements de portières. Je remonte le col de la veste pour le plaquer contre le cou comme si j'allais m'encrer encore plus dans mon intérieur. Dans le creux des vagues la danse du bouchon me renseigne en permanence de la présence éventuelle d'une visite. Il hoche soudain la tête d'une façon bien étrange. Ho mince c'est une touche, même si elle n'est pas évidente elle est bien là ! Lentement je tend la ligne et je prends contact avec ma prise. A première vue le calmar que j'ai en direct n'est pas mal du tout, je sent bien son poids qui trahi sa présence. Tout en douceur il est remonté, je ne doit pas faire une seule fausse note car il ne ne tire pas et cela veut dire qu'il se sent en confiance, mais dès qu'il sentira les pics de la calamarette mon registre va radicalement changer. Le voilà il est à la surface, je suis en présence d'un beau calmar qui se joue pour l'instant du destin. Mais à ce jeu mon expérience ne va pas lui laisser beaucoup d'espace et d'un geste précis il va se laisse berner. Ses jets d'eau sont réjouissants et d'un bloc il va aller rejoindre son copain d'infortune.

Mais j'ai remarqué que le coco n'était pas seul à suivre la sardine. Immédiatement je remet doucement dans l'eau et je garde la ligne bien tendue. Ho mince ! je sent une lourdeur, je remonte dans la foulée mon troisième calmar. Je relance au même endroit pour voir...Yahouuuuuu, une nouveau calmar est dessus. Dans cet instant je vais remonter plusieurs calmars à la suite car je présume qu'ils attendent là, juste sous mes pieds.

Mais ce sera la fin, je pense que j'ai bien exploité le passage. Cela me réconforte de savoir que je n'ai pas trop perdu la main car ce genre d'exercice était monnaie courante par le passé. Je vais laisser ce coin car il est tard et il n'est pas utile de faire des dizaines de calmars pour aller par la suite les fourrer dans le congélo bien que...Non je préfère tout bouffer avec ma famille et être obligé de me sortir les tripes pour refaire ce mini exploit. Et puis il n'est pas dans ma nature de piller un coin même si j'en avait l'occasion car à ce petit jeu, d'autres m'ont prouvé que l'on pouvait couper la branche sur laquelle on est assis...

Ci dessous quelques photos prises avec mes copains ce mois-ci...

Bises.

La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.
La pêche, le mode d'emploi.

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Construit et imaginé par RORO, GREG, MARCO, GEGE. - dans sport pêche appâts calmar Poissons pêche au bord de l'eau. technique.
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 21:25

Le calmar est sans doute une des espèces les plus convoitées au monde, non pas par son prix à la revente, mais plutôt par la qualité de sa chair. Il est présent dans toutes les mers du globe et sa capture suscite bien des passions. Nous Sudistes, nous avons l'immense privilège de le croiser régulièrement tout au long de l'hiver, cela donne lieu à de grands rassemblements rocambolesques. Les pêcheurs assidus à cette période forment une longue chaîne de lumière qui s'étale le long des roches Cassidaine. On voit passer furtivement dans le ciel des bouchons lourdement éclairés, des cris de joie éclatent dans les criques, c'est la saison des calmars. Pour moi c'est la plus belle saison de l'année tant on sent la joie dans les esprits. Les montages de fortune rivalisent avec le matériel spécialisé, tout le monde a sa chance mais seul les plus aguerris feront régulièrement de beaux paniers.

Le calmar est considéré comme un grand prédateur dans la chaîne alimentaire. Il n'a pas vraiment une position enviable vu le nombre d'espèce qui lui courent après, mais, il sait assurer sa survie par d'extraordinaires facultés naturelles.

Pour le piéger il semble que le leurre soit la manière la plus efficace pour satisfaire la curiosité de cet animal. Oui, ses mécanismes d'alimentation sont ceux d'un prédateur et non d'un fourrage. Par là, la technique à employer résiderai plutôt dans la simulation d'une proie qui détale ou qui n'a pas conscience du danger.

Les leurres qui sont à notre disposition sont nombreux. Ils nagent au fond ou flottent, rebondissent sur le substrat, se colorisent et adoptent des matières proches du naturel. Aujourd'hui on peut dire avec certitude que même le débutant peut se faire plaisir tant cette pêche est accessible. On peut tout compliquer à volonté mais dans son grand ensemble la pêche aux calmars ne met pas trop à contribution le pratiquant car bien souvent cet animal cherche sa nourriture non loin des éclairages publics. Pourtant, cet animal n'est pas facile à comprendre car il est aussi volage que sa nature de prédateur lui impose. Nous on est au bout de la chaîne et nous devons composer avec les destin...

La pêche aux calmars.

Moi je suis en poste sur le phare rouge de Cassis, la mer est vraiment belle et mes chances de faire quelques captures sont nombreuses. Au premier lancé mon affaire ne va pas être aussi évidente que dans mon souvenir où, dans mes jeunes années les calmars étaient nombreux à cet endroit. Là je doit composer avec une mer qui peine à se refroidir car disons le, c'est une des conditions essentielles.

Mon bouchon lumineux navigue dans le courant et ça c'est pas mal. Il couvre une longue distance ce qui me permet de trouver l'endroit où les courants se rencontrent. Comme d'ordinaire c'est à ces endroits où l'eau forme un grand tourbillon qui concentre plus ou moins la nourriture des prédateurs. Voilà, mon bouchon plonge avec une rare violence à l'approche de cet " oeil", même de loin il n'est pas possible de louper un tel détail. Malheureusement je récupère une sardine qui s'est fait passer à tabac sous les mâchoires de poissons affamés. Je connais bien ce genre de situation en action de pêche et je doit savoir ce qui traîne réellement sous l'eau avant de me positionner pour la pêche aux calmars. L'astuce consiste  à faire  "pendouiller" un morceau de sardine à côté d'une sardine toute neuve en accrochant un petit bas de ligne sur l'agrafe. dans la frénésie les poissons ne fait plus la différence entre les morceaux qui virevoltent et un appât. Rapidement on arrive à savoir ce qui traîne sous les eaux et éventuellement pêcher avec.

Bon là j'ai de la chance car c'est des sars qui assaillent la sardine et en quelques minutes je me trouve en contact avec de très beaux spécimens. Durand une partie de la soirée mon bouchon va trouver un peu tout ce qui existe sous l'eau et mes remises à l'eau sont nombreuses car il faut bien le dire, je bande pour une bogue ou une oblade pas trop grosse. Ca me ferai sourire le restant de l'année mais là, une bogue de 150 grammes peut me rapporter plusieurs gros calmars alors qu'une sardine se fait rapidement bousiller. Ainsi je peut me concentrer sur la pêche aux calmars plutôt qu'à une troupe de poissons en mal de d'oméga 3.

La pêche aux calmars.

Mon attente va durer assez longtemps, je fume langoureusement mes cigarette roulée bien assis sur  ces roches polies par les pas tout en profitant de la très relative douceur de la soirée.  les éclairages sont nombreux ici et les distractions ne manquent pas dès lors que les esgourdes fonctionnent. Les passages successifs de jeunes amoureux qui recherchent un coin à l'abri des regards, des curieux qui se demandent à quoi je pêche, des alcolos surpris par la puissante lumière de ma frontale bref, la soirée est animée... On en perds facilement le cours de la pêche si on se laisse distraire par la vie qui cherche un maître ici.

Mais vers onze heure les choses changent radicalement. Mon bouchon qui a dérivé au fin fond  de la nuit va se coucher sur l'eau en plusieurs fois. C'est un signe formidable d'une touche qui se profile. tout en douceur je tend la ligne qui ne doit pas être brusquée, mon premier calmar est en ligne, je lui fait le tapis rouge, chausse pied et vaseline...

La remontée est d'une douceur exemplaire, aucune fausse note ne doit lui indiquer qu'il est train de se faire avoir. Tout en remontant ma ligne d'une main je contrôle mon calmar de l'autre je calibre l'éclairage de ma frontale. C'est tout l'avantage d'avoir une frontale qui a un variateur de lumière avec une touche tactile sur le côté, on peut bien voir son calmar sans l'effrayer avec tout plein de lumens et on peut avoir plein phare si il se décroche. Arrivé au bord il n'a rien vu venir car à aucun moment il n'a senti le besoin de se défendre, la lumière ne l'a pas effrayé il ne me reste plus qu'à le monter poids. Pour cela il faut lui sortir la tête de l'eau tout en douceur jusqu'au moment où il commence à évacuer de l'eau à la surface. Il se vide de l'eau et en principe il se plante sur les pics de la calamarette, vu qu'il est vide en trois jets, ses "pschittts" sonnent creux c'est le bon moment de le sortir. En un coup il va aller rejoindre le bac qui est derrière moi.

La pêche aux calmars.

Le prochain calmar ne va pas faire dans la dentelle.

Je vient de relancer pour la énième fois sans succès et je commence déjà à sentir la douceur de mon lit qui trouble ma perception globale. Pour autant une touche qui fait couler le bouchon à moins de dix mètres du bord ne peut pas passer inaperçue. Je voit la lumière qui fuse vers le large aussi vite qu'une fusée. Bon là, inutile de prendre toute les précautions d'usage car là, il a senti le truc venir ! heureusement il n'est pas aussi gros que le premier et il va être rapidement remonté sans encombre. Pourtant ses rushs sont plaisants et je m'amuse à le travailler tout en douceur car ce petit bout de vivant me fait du bien. Ses crachottis fantasques animent l'espace dans l'éclairage de la lumière, mon état de prédateur est pleinement satisfait.

Hé bien, au final ce n'et pas si mal cette soirée. J'ai fait deux sars et deux calmars, il est presque minuit, je peut rentrer serein. Je remballe mon appareil photo dans la lourde sacoche, les quelques affaires de pêche et les morceaux de sardines éclatés. Je fait un peu de propreté autour de moi et il ne reste plus qu'à remballer la boutique. Bon voilà tout est prêt  il ne me reste  plus qu'à remonter la ligne dans l'eau et l'emprisonner dans un étuis de plastique pour le retour. Je me retourne sur moi-même sans glisser sur les roche polies par les pas de milliards de pas profanes, tient ? mais où est mon bouchon ? Ho merde il est au diable vauvert sous la pression d'un calmar... Bon je ne vais quand même pas tout ressortir pour la photo, je m'empare de ma canne et le remonte sans encombre, il va dans le bac avec les autres. Du coup mon état de prédateur cède à la surprise voire à la réflexion.  Dans le halo de lumière de la puissante frontale je le regarde dans mes mains souffler les quelques micros gouttes d'eau qui lui reste en réserve dans le tube. J'ai bien conscience de l'acte que je suis en train de faire, cela m'attriste car je m'en réjoui, en tant qu'être intelligent ou en tant que prédateur, le choc des titans qui sont en moi s'affrontent sans cesse.

La pêche aux calmars.
La pêche aux calmars.
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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 20:43
Cliquez sur l'image et visionnez les photos sans passer par le texte.
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 On sait que voyager est un besoin intense de rêver, on s'inflige une douce punition en se délocalisant tout en rêvant très fort. On sait à quel point le quotidien pèse lourd dans la balance nos vies et un retour dans le coeur de l'aventure est absolument nécessaire au moins une fois par an. Là je vous parle d'une aventure qui se compose à huit bouillantes âmes prêtes à en découdre avec le destin...

Viva Espàna 2 !

Au départ nous avions prévu d'aller au delta de l'èbre. Cette contrée sauvage se situe dans le sud de la Catalogne. Voilà un terrain de jeu formidable pour nous car le coin est très isolé et il y a beaucoup de place pour étendre nos nombreuses cannes à pêche. Voilà des critères importants dans cette sortie car à vrai dire nous ne sommes pas très discrets. Pour autant il n'est pas question de faire n'importe quoi ici car la législation canalise la pratique de la pêche fort étroitement. Nous découvrons que le camping, les feux, la musique et le nombre illimité de canne est interdit.

Le voyage est long et même avec un bon GPS nous aurons quelques difficultés à trouver ce coin magique mais notre arrivée en fanfare libère notre stress. Sans nous soucier de la présence de quelques habitants nous déballons à la hâte les affaires sur le sable comme des gosses survoltés avant d'étaler le matériel de pêche sur plus de deux cent mètres.

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !

Les plus rusés vont s'installer confortablement, prévoir le petit coin pour la nuit et tout le nécessaire pour recharger les cannes en cas de passage intensif du poisson. Sur ce point nous allons tomber sur un os de taille ! La mer est belle mais il y a un courant de dingue qui fait riper des plombs de cent cinquante grammes sur le fond. En moins de cinq minutes on se retrouve avec une ligne qui a embarqué une tonne d'algues et qui s'échoue au bord. Pour ma part de je ne suis pas équipé pour ce style de conditions et d'ailleurs même, aucun de mes copains je crois. Vu que la météo ne va pas s'arranger il y a de fortes chances que nous subissions ce courant durant les quatre jours. On se parle entre deux remontées et tout ceci n'amuse personne en fait.

Le conseil va se rassembler la nuit venue autour d'un solide apéro organisé par Greg pour décider si certains veulent rester ou partir. Dans la nuit la décision est prise, on fout le camp ailleurs demain...

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !

Au matin qui pointe les gueules enfarinées en disent long sur la nuit passée. Le café fumant à la main on commence à remballer ça est là les premières affaires dans le coffre du fourgon. Peu à peu tout notre monolithe va prendre place derrière les sièges et le départ pour la playa de Garbet commence à prendre forme.Cette plage a été choisie sur google maps il y a deux mois, c'est notre plan "B" en cas de problème au Delta de lèbre. Le problème c'est que ce fameux coin de repli se trouve à trois cent bornes du Delta, encore une fois nous n'irons pas directement sur ce poste et la faute en revient à notre absence de sérieux. Les virages s'enchaînent entre les montagnes jusqu'au moment où les plage libératrice est en vue. Au premier coup d'oeil nous pouvons remarquer les beaux panneaux espagnols qui signalent qu'ici tout y est interdit. La police à l'air d'être bien présente et si elle détecte quelques chose de suspect dans notre comportement il faudra tout plier. Mais en bon Marseillais nous allons jouer avec le feu et installer un véritable camping à ciel ouvert.

Inutile de vous dire que notre discrétion est une légende. Les cris de grands enfants résonnent à plein tube dans la crique moins désertique qu'il n'y paraît. Les scions sifflent dans le ciel en espoir de trouver une distance correcte, mais il faut bien le dire, la notion de distance n'est pas la même pour tout le monde... Certain croient pêcher à 100 mètres alors qu'il sont plutôt dans la frange des 50, certains parlent de 80 alors qu'ils sont au delà des 100 bref, y'en a pour tout le monde. Les discutions sont largement animées lors des apéros, vous savez, là où la mauvaise foi prends le pas sur la réalité, là où les rêves sont presque devenus réalité.

Viva Espàna 2 !

Rapidement nous commençons à voir du poisson hors de l'eau. Pour l'instant il n'y a que peu d'espoirs de voir un monstre mais avec les nuits qui restent la donne va sûrement changer. Curieusement c'est ceux qui pêchent au bord qui font recette. Nous, avec nos cannes et moulinets à plusieurs centaines d'euros on attends la nuit tout en envoyant des missiles tout azimuts. On ne peut pas lutter contre l'envie de rire à plein poumons et de chambrer copieusement ses copains, nous sommes venus pour cela, le poisson on verra bien...

En attendant de jour comme de nuit tout est prétexte à faire l'apéro et bouffer à gogo. Zak nous fait du pain Bérbère sur la pancha, les saucisses grillent, le poisson cuit et le vin coule à flot. Les vannes fusent de tout les côtés et nous n'avons que bien peu de moments pour être sérieux. La mauvaise foi est notre meilleurs compagnon de rigolade, à certain moments il est impossible d'aligner une phrase sans éclater de rire sous les gags qui pleuvent de partout ! La discrétion est un vain mot le soir venu et on ne compte plus les lourdes rigoles où il n'est pas possible de sortir un son d'une gorge dépassée par le rire et les larmes. Que dieu nous préserve, les femmes sont heureusement loin...

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !

Le temps passe comme ça, on rigole, on mange, on boit, on pêche et on refait le monde. La pluie vient puis repart, le vent s'installe et s'en va, les nuages passent, la marée monte...Soudain c'est Pat qui nous fait le show. Son écureuil lui signale qu'une possible belle prise est en ligne et il nous demande de l'aide "morale". Nous nous précipitons avec nos appareils photos pour immortaliser  cet instant sous les clameurs et les vannes bien grasses ! A peine avons nous fini de rigoler que un de mes écureuils monte rapidement vers le ciel. La boule lumineuse se colle contre la canne et j'imagine sans peine que le frein tourne. Je part à toute allure sous le sable qui roule difficilement sous mes pieds pour atteindre péniblement ma canne. le frein hurle, enfiinnnnnn !!!!!

Je ferre et je suis en ligne avec un poisson très correct. J'entends Reno qui appelle les copains pour qu'ils se rassemblent autour de moi. Bon, j'en fait un peu des tonnes pour que le suspens dure un peu mais...Il n'est pas si vilain ce poisson et je pense qu'il va peser lourd dans les yeux de mes amis. Malgré mon petit 20 centièmes je n'ai pas trop de mal à le brider jusqu'au bord et de l'échouer sur le sable, Ange le sécurise avec  un bon coup de pied dans la gueule et la séance photo commence. No kill ou pas ? Non là on décolle demain matin et je l'emporte avec moi dans la glacière. ( voir vidéo de Ange)

Samedi soir vers 23 heures je décide de plier boutique. La marée est pas mal montée et je me suis retrouvé plusieurs fois avec le trépied baignant dans l'eau malgré que j'ai tout remonté de dix mètres. De toute façon la mer est trop agitée et mes bas de lignes sont rapidement tout embrouillés autour du plomb. Vu qu'à chaque fois je doit refaire les montages j'ai perdu patience. Mais mes copains n'ont pas vu ce détail subtil et dans la nuit leurs trépieds étaient carrément dans l'eau. J'ai encore en mémoire la vision de Pat qui s'extirpe comme un malade de sa tante trop petite et qui part en courant à moitié à poil pour sauver ses cannes qui baignent dans l'eau. Dans la manoeuvre il s'offre un bon bain de pied avec ses baskets ! 

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !

Dimanche matin c'est le signal du départ. Les affaires sont une fois de plus rangées dans l'immense coffre du camion qui cumule au sol les substrats divers. Peu à peu les copains arrivent fatigués des quatre coins de la plage avec leur lourd barda sur le dos qu'ils déposent avec précaution au cul du vaisseau, moi je me charge d'optimiser au mieux l'espace restant.

Mais avant de quitter définitivement les lieux la police vient nous rendre une petite visite amicale. Ils contrôlent tour à tour nos permis de pêche et nous signalent que le camping, le feu et le reste aussi est interdit. En gros nous avons tout faux mais ils ont bien vu que nous avons tout nettoyé, ramassé le moindre mégot de clope, que nous n'avons pas de drogue et que nous ne sommes pas saoul donc ça passe. Vu qu'ils ne captent pas un mot de Français nous en priverons pas de leur envoyer quelques missiles en pleine quiche sans qu'ils puissent en comprendre le sens. Leur méfait enfin terminé nous reprenons la route après avoir tout verrouillé, sécurisé et nous débarbouillés.

Le retour sera comme à l'allé, les vannes vont pleuvoir du début jusqu'à la fin laissant encore une fois, bien peu d'espace pour les moments sérieux. La route est longue car la fatigue nous accompagne depuis quelques jours déjà, la plupart des copains n'ont pas beaucoup dormi et ça se sent. En passant près de Port Leucate je ne peut m'empêcher de me souvenir de mon enfance et de ces lieux où reposent tout les aïeux du côté de mon père. De ces longues vacances scolaires où la pêche et l'insouciance étaient les seuls maître mots.

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !

Nous allons poursuivre notre route jusqu'à notre destination finale où attendent impatient ma famille. Les dernière vannes sont lancées autour d'un bon café sur la table de la cuisine et sous le poids de la fatigue qui gagne définitivement le groupe. On se fait quelques bises au cul des voitures qui chauffent, on se promet une autre aventure mais là, avant de repenser à tout cela, faut vraiment dormir un peu...

Bon voilà on attends plus que la vidéo de Ange, bises les Loulous et d'avance, toute nos excuses pour ce que vous allez voir dedans...

Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !
Viva Espàna 2 !

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 11:12
Un aller retour vers Marseille.

Voilà, il est 21H30 et je décolle pour les calanques de Marseille. Je roule assez rapidement car je ne suis exactement dans les clous pour pêcher correctement. Heureusement j'ai avec moi quelques vers surgelés, du couteau surgelé et une petite batterie de futures nouveautés signées PEXEO. Bon, on vous en parlera dès que j'aurai pris du poisson avec car là, j'essaye voir ce que cela donne.

Malheureusement je ne vais pouvoir aller bien loin dans les calanques vu l'heure et la circulation qui n'a pas l'air de vouloir s'étirer. Je vous laisse deviner à quelle heure j'ai échoué sur mon poste... Non là je saute presque en marche, je dévale la petite colline les talons plantés dans la terre, je déballe tout au sol et je bombarde les trois cannes que j'ai pris avec moi. Au menu de la première canne c'est du couteau avec de la chair d'oursin entouré autour...Hé hé hé hé...

Un couteau armé de chair d'oursin.

Un couteau armé de chair d'oursin.

Dans la pêche que je pratique il n'est pas toujours très simple de faire passer le message d'une pratique différente. En ce moment je bataille un peu avec les détracteurs du surgelé sur notre messagerie. Pourtant tout le monde avoue manger du surgelé à gogo de l'entrée au dessert et se sentent égratignés dès qu'on parle pêche. Pour ma part si j'avais une aversion pour le surgelé je n'en mangerais pas. D'autant plus que bien souvent, la ménagère sélectionne souvent des aliments de classe moyenne voire très moyenne qui correspond à un prix et non à la qualité du produit. Ben là c'est tout ce que je ne fait pas !

Un aller retour vers Marseille.

En gros j'ai quatre heures pour pêcher, en principe un tel planning signe un bredouille de toute beauté même avec un arsenal de cannes et d'appâts, mais là...

A peine le temps de me retourner et c'est déjà la touche. L'écureuil dégringole le long du fil pour retourner vers le sol prouvant que les poissons sont là. Dans la foulée je ferre d'une main ferme mais sans brutalité qui me fait oublier un possible retour pleins de doutes. Le poisson bataille ferme sous les eaux, je sent bien que je ne suis en présence d'un monstre mais vu le point où j'en suis je prends tout poissons indélicat. A mi-course les coups de tête me font immédiatement penser à une belle blanquette, le salabre est loin, grrrrr....

Au final mon 18 centièmes tient bien la route, avec un peu de doigté, de la patience et beaucoup d'espoirs je vais réussir à mettre au sec une jolie pièce de sept cent grammes. Voilà tout ce que je cherche dans ma pêche, une belle portion qui va rentrer pile poil dans un plat en pyrex, hou là là, une recette se profile. Bon allé il ne faut pas mollir il est temps d'exploiter ce passage de blanquette car je sait d'avance que cela ne dure pas bien longtemps. Rapidement les choses vont s'enchaîner et je doit essuyer touches sur touches et même sans touches vérifier très régulièrement. Les daurades ne font pas toujours de grands éclats pour signaler qu'elles ont " gobé" l'appât, pourtant quand elles sont là elles monopolisent tout l'espace maritime et si elles sont assez nombreuses. Mon but c'est de revenir à la maison avec six ou sept poissons pas plus. L'idéal c'est des portions de sept ou huit cent grammes et essayer d'éviter tant que possible la grosse pièce qui fait perdre beaucoup de temps à la remontée. Il faut enchaîner les prises et dans le creux des touches faire au plus vite quelques montages d'avance pour "décrocher/ raccrocher" dans la foulée. L'astuce c'est de ne pas mettre de trop gros bouts de bibis et retourner la partie coupée pour éviter que le poisson joue avec la bouchée. Rien de pire dans une soirée où les mâchoires indécises font monter les écureuils mais qui ne se piquent pas du tout. Les appâts sont mâchouillés et il faut beaucoup trop de temps pour remettre un appât en branle.

Un aller retour vers Marseille.

Les quelques heures disponibles passent à la vitesse de l'éclair. Il est largement plus de minuit et je n'ose pas regarder l'heure. J'ai quelques blanquettes dans le bac et je suis très satisfait mais je vais essuyer une touche qui va rester graver dans la mémoire.

Au départ j'ai bien capté que les poissons sont très loin de moi. Avec trois cannes je peut facilement comprendre où les touches se situent. La première est loin, la deuxième est moins loin et la troisième encore moins loin. A tout les coups c'est la plus loin qui parle, comme par hasard...

J'ai la botte secrète avec une canne de réserve avec qui je peut envoyer du lourd très loin histoire de voir. En quelques minutes me voilà sur une petite plateforme armé en cent cinquante grammes avec du 18 centièmes dans la bobine et un arracher conique qui fini en cinquante centièmes. Inutile de vous dire qu'avec ça il va y avoir des dégâts, si je me loupe je vais me couper l'index net ! Dans un grand mouvement tout en force et détermination le plomb va partir à une distance incroyable armé d'un beau morceau de ver de Rimini bien présenté et fermement ligaturé. La canne est presque à la verticale pour éviter qu'avec le poids le fil ne traîne de trop au fond des eaux, avec la distance et la très faible section du montage il ne faut pas que tout ce petit monde soit baladeur sous l'eau. Le frein est réglé, l'écureuil plombé avec dix grammes suffit à faire le juste équilibre. Ce que je n'avais pas calculé au premier abord c'est cet équilibre subtil entre la force de la canne et la section du fil. Mince ! Envoyer loin est un fait mais la ratio sensibilité de la canne et le diamètre du fil est essentiel. J'imagine que d'une plage cela joue moins mais de roche cela change tout. En désespoir de cause je vais laisser faire en espérant ne pas toucher un gros poisson.

Les minutes passent et mon esprit est mobilisé par cette possible faiblesse qui peut me jouer des tours. Mais ce qui devait arriver arriva...Mon écureuil frétille, il sursaute et se range. Vu la distance et l'élasticité du fil j'imagine que cela représente une belle touche. Je prends sans attendre la lourde canne en main et à peine le ligne tendue je sent une belle tirée que je sanctionne immédiatement par un ferrage. En haut de course je suis bloqué par le poisson qui est de toute évidence de très belle taille. Avec toute la précaution d'usage j'entame une longue et fastidieuse remontée vers le bord. le poison me fait comprendre qu'il n'est la premier venu et qu'il faudra faire profil bas.

Il sonde, il sonde, il sonde, voilà ce que je peut retenir de ce combat. J'espère de toute mes forces et je me surprends à espérer que tout va bien finir pour moi. Je ne peut pas le brider correctement et je pense que la bestiole l'a bien compris, elle se met à partir sur la droite avec une détermination qui met ma patience à rude épreuve. Pourtant il m'est possible de le remonter de temps en temps à coups de demi tours de manivelle tout essuyant quelques tours de frein.

Le temps passe et je ne peut encore dire qui va gagner ce combat tellement le jeu semble égal. Voilà une déconvenue de première car avec le matos que j'ai entre les mains je pourrai remonter un thon ( sauf le fil). Je n'ose pas regarder l'écureuil sur l'autre canne qui s'est collé, me voilà dans un grand moment de solitude où rien de ce que je n'ai mis en route ne me réussi. Soudain tout part en sucette. Je fatigue beaucoup contrairement au poisson que j'ai en ligne, j'ai les jambes qui tremblent et les épaules me font très mal. Je suis en équilibre la canne en l'air subissant des coup de tête et parfois même des rushs. Je décide de changer pour une place plus confortable, juste là devant moi. La ligne s'est détendue un peu...Quand je reprends contact il n'y a plus rien au bout....

Je suis...je suis...y' a pas de mots.

J'ai beau me consoler avec mes belles prises mais là rien ne me fait réellement du bien. Je fait quelques photos, je plie la boutique pour diluer au mieux mes troubles sentiments, Pfffffff, qué misère...Il est deux heures, c'est l'heure.

Un aller retour vers Marseille.

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Construit et imaginé par RORO, GREG, MARCO, GEGE. - dans Poissons pêche au bord de l'eau. pêche sport
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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 22:31
Pêcher la daurade en toute simplicité.

En réalité la daurade n'est pas un animal très difficile à pêcher. Son alimentation est extrêmement variée tout au long de l'année ce qui ouvre pour la pêcheur à une large palette de possibilités. Mais sa capture est le fruit d'une observation précise selon le poste où on se trouve. N'allez pas imaginer que tout le monde aura les mêmes résultats sur le même poste. Hé oui, il y a des facteurs primordiaux qui sont essentiels à observer et qui feront immédiatement la différence entre un pêcheur et un autre. On vous parle de tout cela car d'ici quelques semaines les grosses patates sont de retour...

Tout d'abord la mer.

La règle d'or en matière de pêche c'est l'observation du milieu marin sur lequel on se trouve. Notez que le sens du courant est "le" facteur de base et à lui seul il détermine une partie de pêche. Pêcher en plein courant sur un fond désertique ou encombré est à éliminer d'entrée de jeu et le pourquoi est assez simple à comprendre. L'eau qui se déplace véhicule beaucoup de particules arrachées au fond comme les algues, les débris en tout genre, le poisson qui farfouille n'aime guerre se fatiguer pour presque rien. Les lignes du pêcheur vont rapidement se charger et devenir insensibles aux touches.

Non, le poisson détermine si il remonte le courant ou si il le descend. Dans tous les cas il va chercher à trouver des zones de calmes relatifs en amont ou en aval. En amont le poisson va cibler la nourriture qui est arrachée au fond et qui va être emportée par le courant, il ne lui reste plus qu'à capter ce qui passe. Mais ces zones de nourrissage sont temporaires et les poissons n'y restent pas bien longtemps car la dépense énergie est souvent supérieure au gain d'énergie.

L'autre zone d'alimentation est l'endroit où toutes ces particules échouent sous l'effet d'une crique ou d'un promontoire rocheux. c'est la zone de calme relatif. Voilà un poste à privilégier car en fait, avec très peu de fatigue le poisson va pouvoir capter ce qui arrive et déterminer avec précision le fameux rapport poids/énergie. Ces postes sont souvent une barrière rocheuse, un cassant abrupt, une grosse faille, une grosse ile. Le poisson se planque à l'abri et attends que la nourriture lui tombe dans le bec. C'est un facteur humain que nous connaissons tous très bien vous savez, tout est facile, peu d'efforts, cela exisite même chez les poissons...

Si la mer est très calme la pêche change du tout au tout. Les poissons sont loin et il faut se casser les bras pour toucher de longues distances. J'ai noté que les jours de grands vents les belles rentrent dans les ports pour se mettre à l'abri. Les jours de beaux temps elles naviguent beaucoup  plus donc, pas de limite à l'imagination seule la présence de moule ou de crabes ou de pics rocheux qui sortent de l'eau doivent suciter l'intérêt. Il faut que le coin vous parle, il faut qu' à un moment vous trouviez naturel d'y pêcher et déjà là c'est 50% de la réussite !

Pêcher la daurade en toute simplicité.
Pêcher la daurade en toute simplicité.
Pêcher la daurade en toute simplicité.

Le matériel.

De manière générale le matériel est le moins important dans la pêche. Il est très utile de préciser que le poisson ne voit pas votre matos et même si il srotait de l'eau, il s'en fout royalement. Toutefois par beau temps vu qu'il est nécessaire d'allonger considérablement les distances de pêche, du bon matériel fait la différence. Pour ma part, j'ai du matériel basique mais pas trop ( yuki/maver), des moulins haut de gamme mais vieux ( maver/cinnetic), par contre le fil lui est toujours neuf. Voilà un peu le secret de la pêche...

Le fil est la pièce principale de l'ensemble du matériel du pêcheur. Oui , la discrétion est le nerf de la guerre et si vous passez à côté de ce détail restez à la maison. La poisson pardonne beaucoup de choses mais pas la discrétion d'un montage, il doit avoir toujours l'illusion que sa pitance est naturelle et qu'il l'a dénichée en toute simplicité. Mais les fils très fins, eux, ne pardonnent pas une erreur de frein ou de roches immergées au pescadou. Les casses sont légion pour les novices mais...avec un peu de doigté, de patience et d'humilité, les choses changent rapidement pour le pratiquant(e). Tout change forcement, quand on a le triple de touches donc il sait mieux pardonner au destin.

Pour ma part j'ai du 22 centièmes dans la bobine du moulinet, je fait une jonction d'arraché en 35 centièmes de 5 mètres pour envoyer 125 grammes de plomb et pour finir en bas de ligne de deux mètres en 16 ou 18 centièmes maxi. Le prix des trois différents fils n'est pas égal. Le 22 vaut 10 € pour trois mille mètres, le 35 vaut 15 € les cinq cent mètres et le bas de ligne en 16 vaut 25 € pour cent mètres. Si je doit faire une comparaison entre les fils, le 16 centièmes à une meilleure valeur de résistance que le 22.

Pêcher la daurade en toute simplicité.
Pêcher la daurade en toute simplicité.

Les appâts.

Voilà une chose que le pêcheur considère comme l"élément primordial de la partie, c'est vrai mais il y a certaines nuances qui ne faut pas négliger.

Si on considère tout les paramètres que je vient de vous donner, il apparaît que l'appât est avec le fil et la discrétion l'élément incontournable d'une partie de pêche. Avec les techniques modernes le pratiquant a le choix de la stratégie qu'il va mettre en oeuvre pour arriver à décider une daurade à s'emparer de votre "leurre".

Il y a les appâts naturels sont là pour s'exposer au grand jour et qui correspondent parfaitement à une alimentation basique de tout individu marin qui se respecte. Mais nous l'avons vu avec les vrais leurres qui sont en réalité des bouts de plastiques durs ou mous, le poisson ne se laisse pas toujours tenter"que" par le naturel. Je dirai même que ceux qui pêchent aux leurres font de bien meilleurs résultats que le pêcheur du bord avec des appâts frais. Oui, il faut prendre en considération cet important facteur de la curiosité que le poisson a toujours au plus profond de lui. Du moment où votre appât est consommable et qu'il est dans des conditions attirante rien ne prouve qu'il ne va pas déclencher chez le poisson une subite envie d'y goûter. c'est un peu tout le sujet de cet article qui tente de vous faire comprendre qu'avec un peu de bon sens vos sorties de pêches vont prendre une tournure très différente.

He bien c'est ce qui m'est arrivé il y a trois ans maintenant. Comme tous les pêcheurs je n'était pas très enclin à essayer des appâts surgelés. La raison en est que tous les récits dont mes songes étaient bercés n'évoquaient pas la présence d'appâts surgelés. Je dirai même à l'inverse que pour moi, tout ce qui était surgelé n'était pas viable voire répulsifs. Pourtant mes amis Nordistes n'utilisent presque pas le "frais" lors de leurs sorties à cause d'une météo trop complexe. Tout est congelé au sel  ( différent de surgelé) avec plus ou moins de réussite mais au bout du compte le poisson lui, y trouve son compte. Je me suis dit qu'il était grand temps d'essayer ces fameux appâts et de voir au bout du tunel ce que cela donne en réalité.

Le résultat est sans commune mesure. Alors que que je cumulait les sorties médiocres au coeur de la saison avec mes fameux bibis frais, le ver de Rimini m'a fait entrer dans une autre dimension. J'ai enchaîné les daurades tout en prenant soin de comparer sur différentes lignes le bon fondé de mon expérience surprenante. Mais peu importe l'appât surgelé choisi, en réalité je me suis rendu compte que c'était plus la distance et la discrétion qui jouait un rôle primordial dans ma pêche. J'ai même noté un gros plus pour mes vers surgelés, ils sont bourrés d'acides aminés et ces fameuses effluves attirent comme par magie le poisson. Ne faisons pas le débat des produits chimiques dans les appâts car ceux-ci sont totalement naturels contrairement aux vers asiatiques qui sont, eux, bourrés d'antibiotiques ( douanes oblige).

 

Pas de limites au surgelé, tout est faisable et pas de crise à la disponibilité !  La chair orangée c'est du violet, je vous laisse deviner ce que cela donne sous l'eau...
Pas de limites au surgelé, tout est faisable et pas de crise à la disponibilité !  La chair orangée c'est du violet, je vous laisse deviner ce que cela donne sous l'eau...
Pas de limites au surgelé, tout est faisable et pas de crise à la disponibilité !  La chair orangée c'est du violet, je vous laisse deviner ce que cela donne sous l'eau...
Pas de limites au surgelé, tout est faisable et pas de crise à la disponibilité !  La chair orangée c'est du violet, je vous laisse deviner ce que cela donne sous l'eau...
Pas de limites au surgelé, tout est faisable et pas de crise à la disponibilité !  La chair orangée c'est du violet, je vous laisse deviner ce que cela donne sous l'eau...
Pas de limites au surgelé, tout est faisable et pas de crise à la disponibilité !  La chair orangée c'est du violet, je vous laisse deviner ce que cela donne sous l'eau...
Pas de limites au surgelé, tout est faisable et pas de crise à la disponibilité !  La chair orangée c'est du violet, je vous laisse deviner ce que cela donne sous l'eau...

Pas de limites au surgelé, tout est faisable et pas de crise à la disponibilité ! La chair orangée c'est du violet, je vous laisse deviner ce que cela donne sous l'eau...

Ce qui me pousse à approfondir le sujet du surgelé c'est son exceptionnelle disponibilité et sont tarif global défiant toute concurrence. Oui le surgelé ne se soucie guère des aléas de la météo et ceci tout au long de l'année. Cette mane providentielle n'est pas un détail anodin pour le pêcheur annuel comme nous. Il nous faut une quantité d'appâts astronomique car nos déplacements, bien qu'aléatoires, sont de tout les instants et il n'est pas question de rester pendu à un revendeur qui double les prix à cause de la météo ou d'une facture soudaine ( sauf sud'esca) qui est dans nos coeurs. Pour nous il est impératif de s'appuyer sur du concret et du sérieux à la fois. Même si dans sa globalité les appâts surgelés sont un poil plus contraignants à utiliser car ils doivent rester surgelés tout au long de la partie de pêche, mais au final le ratio prix / disponibilité/ productivité est imbattable. Voilà un concept qui ne nous a pas échappé bien longtemps car j'ai pu largement exploser les compteurs de mes prises et j'ai en même temps divisé mon budget pêche par trois. Mes appâts eux, restent dans mon congélateur en attente d'une sortie.

Grâce à cette technique industrielle classique de surgélation les saveurs restent intactes, l'atractivité du produit est conservée. Cela n'a pas échappé non plus aux daurade qui se sont littéralement jeté sur ce nouveau type de ver, je dirai même, que nous avons plutôt sélectionné les beaux sujets.

En gros il n'y a pas ou peu de limites avec les produits surgelés. Pour ma part je fait le plein de ver de rimini, bibis, chipirons, sardines, couteaux, coques, crabes, crevettes que je conserve sagement dans mon congélateur. Selon la météo il est si facile de prendre juste la quantité d'appâts que j'estime juste, et je peut partir à n'importe quel moment au bord de l'eau avec le sentiment que je suis dans le vrai. Je peut même partir à des heures où je n'ai pas eu à prévoir une sortie et cela fait la différence.

Ce que je voulait vous dire dans cet article c'est que la pêche, à la daurade ou autre, tient aussi de la disponibilité des appâts. Combien de poissons ai-je pris à la faveur d'une sortie de dernière minute alors qu'en apparence tout était cuit. C'est un peu grâce à ça que j'ai pu capturer beaucoup de daurades par ce que j'ai eu ces fameux appâts qui m'ont permis d'être présent sur mes postes. Nous savons tous que si tu vas à la pêche tous les soirs, un soir, tu vas bien tomber. Si tu y vas un fois par mois, il faudra des mois avant de bien tomber appâts frais ou surgelés.

Voilà un petit tour d'horizon des possibilités du pêcheur qui s'offre à vous. Pour globaliser cet article et pour résumer au mieux ce qu'il faut retenir de tout cela:

Pêcher fin, allez-y le plus souvent possible, soyez très patient et diversifiez vos postes de pêche. Pour le matos, les appâts ça, c'est à vous de voir...mais moi je suis un inconditionnel du surgelé PEXEO.

Si vous avez des récits accompagnés de photos que vous désirez publier sur notre site, envoyez le tout à silverpeche@gmail.com et on vous tient au courant !

Tous les poissons vu dans cet article ont été capturés avec des appâts surgelés, on vous en aurait bien montré d'autre mais là il nous faudrait toute la toile !
Tous les poissons vu dans cet article ont été capturés avec des appâts surgelés, on vous en aurait bien montré d'autre mais là il nous faudrait toute la toile !
Tous les poissons vu dans cet article ont été capturés avec des appâts surgelés, on vous en aurait bien montré d'autre mais là il nous faudrait toute la toile !
Tous les poissons vu dans cet article ont été capturés avec des appâts surgelés, on vous en aurait bien montré d'autre mais là il nous faudrait toute la toile !

Tous les poissons vu dans cet article ont été capturés avec des appâts surgelés, on vous en aurait bien montré d'autre mais là il nous faudrait toute la toile !

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Construit et imaginé par RORO, GREG, MARCO, GEGE. - dans sport Poissons pêche au bord de l'eau. pêche
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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 22:45
La pointe Marlet ( FRIOUL )

La pointe Marlet ( FRIOUL )

Le vent léger passe dans mes cheveux en cette nuit d'été. Il ne fait pas très chaud malgré une saison agréable et dans un grande respiration de bien être je remonte le col de ma polaire tout en le plaquant contre mes joues. Ce soir je suis au bout du Frioul confortablement assis sur un pic rocheux face au cap Cavaux. Je regarder la mer très calme qui scintille sous la lune pleine que je m'amuse à masquer avec la fumée de ma cigarette. Je suis venu pêcher mais je n'ai pourtant pas envie que les touches arrivent trop vite. Tout est si calme, je suis si seul au monde, personne ne peut venir troubler mes profondes pensées pas même la sonnerie du téléphone car je l'ai oublié à la maison. Voilà un contraste saisissant au vu de toute l'agitation qui règne à quelques kilomètres derrière moi, d'ailleurs à cet instant je me demande pour lequel de ces deux mondes je suis fait, du moins, je n'échangerai pas ma place.

Je connait si bien ce coin et tout ce qui traîne sous les eaux qu'il me suffirait de descendre un peu plus bas et d'aller gratter les roches au toc avec mes merveilleuses petites crevettes. Je pourrai remplir un bac plein de sparidés sans que cela ne soit un exploit mais qu'en ferais-je en réalité ? Non, il n'est pas dans ma nature de faire des scores pour le fun ou pour mon image sur la toile c'est plutôt l'inverse que je chéri depuis toujours.

J'attache une importance capitale à la vie. Je ne sait pas si ma philosophie est applicable dans la vie de tout les jours à cause d'un long passé de cuisto, mais dans ma vision il m'est impossible de pêcher pour autre chose que mon plaisir. Les poissons que je capture ne participent pas à ma survie alimentaire, ils ne sont pas non plus inscrit au registre de mes revenus d'appoint. Je pêche tout simplement pour trouver l'absolu, toucher le sublime à travers un merveilleux poisson.

Mais mon attente ne va pas durer bien longtemps car l'écureuil qui est devant moi va claquer avec une rage folle contre la canne. Si ça ce n'est pas un beau sar je ne m'y connait pas ! Rapidement je prends contact avec le poisson tout feu éteint. Je suis en équilibre entre deux roches en hauteur, le scion doit être bien tendu pour sentir la prochaine attaque sur mon appât. Je suis dans le noir mais la lune bien pleine me fourni toute la lumière nécessaire pour me déplacer en toute sécurité. Cette touche m'a fait revenir dans la réalité comme quand on rembobine un film à l'envers. Là je ne suis plus si sûr d'être aussi protecteur avec ces poissons car l'adrénaline qui a soudainement envahi mes veines trouble au plus haut point toute la générosité que je met à leur crédit. Pour ne pas m'éparpiller je baisse lentement la tête et je ferme les yeux car cela me permet de me concentrer uniquement sur le scion de la canne, ainsi je peut percevoir la moindre tirette ou tout autre changement de tension dans le fil. Parfois la touche est si fine qu'il est impossible de la voir. Une fois de plus la petite attente ne va pas durer, le fil se détend et il est l'heure pour moi de ferrer. En principe à ce stade le poisson a avalé l'appât et il essaye une fuite tout en douceur un peu dans toutes les directions pour se libérer. Pourtant ce poisson aura encore une chance supplémentaire de conserver sa vie car pour être équitable avec mes prises je pêche fin. J'ai suivi les conseils avisés de Stef qui découvre les joies les diamètres de fils interdits en mer surtout en roche. C'est ainsi qu'avant de partir pour MARSEILLE j'ai embobiné mes moulinets avec du 20 centièmes pour raccorder le tout avec du 35 fluorocarbone. Le bas de ligne choisi sera assez court mais son diamètre ne dépassera pas 16 centièmes.

Des crevettes surgelées qui ratissent large.

Des crevettes surgelées qui ratissent large.

Au ferrage le poisson n'a pas l'air d'avoir beaucoup de ressources à me proposer. Il ne rushe pas des masses et se laisse volontier tirer jusqu'à la surface. Pour ne pas "griller" le coin il n'est pas du tout conseillé d'allumer les lumières quand il fait noir, donc il faut jouer fin dans le ressenti. Pas la peine d'aller loin dans mes ressources pour ce coup-ci car une fois de plus ce soir je vais mettre au sec un joli petit sar qui ne cassera pas mon fil. Bon pour le coup je suis toujours en attente de mon premier beau poisson et au plus la nuit avance et moins de chance je vais avoir de croiser une daurade de belle taille. J'ai remarqué que ce scénario se déroulait souvent ainsi et à moins que les choses veuillent bien changer ce soir j'ai plutôt intérêt de me bouger les fesses pour trouver mon bonheur.

Pour ce faire je vais mitrailler le coin avec un peu tout les appâts qui sont mis à ma disposition et dont je maîtrise les montages. A droite il y aura un morceau ver de Rimni, au milieu une crevette, à gauche un bibi à moitié retourné, le tout.. surgelé. Normalement avec ces trois appâts je pense pouvoir être dans la course pour voir ce qu'il y a dans l'eau. D'autant plus que je soigne l'eschage à l'extrême de façon qu'ils retrouvent une forme naturelle, normalement ça plait beaucoup aux poissons.

Les heures passent sans grands bouleversements, un sar par ici, un autre par là, je ne m'ennuie pas mais je pense qu'il faudra repasser pour les gros poissons. De toute façon d'ici quelques heures le jour va se lever, les bateaux par dizaines vont passer au raz des roches, les pros vont mettre les filets et la boucle va se boucler. Moi je vais être obligé de partir par ce que d'un coup il y aura plus de monde à proximité de ce cap que sur la Canebière, c'est la saison estivale, faut se faire une raison. Ce que je craint le plus c'est les filets des pros, ils ne laissent pas beaucoup de chance à ma pêche et ce Cap est une cible favorite des mailles à cause de la présence épisodique des daurades. Et comme promis avec le jour qui se lève, filets, bateaux, plongeurs, musique, m'obligent à rentrer à la maison. Mais sur le chemin je vais m'amuser à voir si il reste des coins de libres.

La reprise de la pêche.
La reprise de la pêche.

Du plus profonds de mes souvenirs je n'ai jamais connu une telle situation. Bien sûr là je vous parle de pêcher en mer et de choses qui est au delà du raisonnable. Pour ma part j'ai constaté que tous les coins de mer qui sont plus ou moins éloignés ont la visite quotidienne des filets de pêcheurs. Ceci dès les premières lueurs matinales, l'armée de bateaux qui attendent appuyés contre le quai vont une fois de plus déployer des kilomètres de filets le long des roches. Il n'y a pas un seul kilomètre de libre, tout est méticuleusement raclé barrant le passage aux poissons qui se feront piéger aujourd'hui ou peut être demain. La moindre parcelle est soigneusement prospectée afin de ne rien laisser à la vie sous marine. La pêche est la plus ancienne pratique du monde nourrissant et assurant jadis la vie de l'homme, de nos jours, cette même pratique n'est plus vouée qu'à entretenir une bande de pilleurs de fonds.

Notre Marco en a fait les frais il y a quelques semaine. Bien décidé à écumer les recoins des calanques il s'est buté contre les résilles sous marines meurtrières. "C'est toujours ainsi" lui dis-je d'un ton désabusé, les postes productifs sont peu à peu envahis. Mais sa jeunesse n'écoutant que son immense courage n'est pas là pour se rendre alors, il faut réagir !

C'est ainsi que sa longue marche à travers les chemins rocailleux débutent au pas cadencé. Mais de criques en criques la fatigue s'installe car il n'est aisé de parcourir successivement Callelongue, Mogiou, Sormiou avec tout le barda sur le dos. Sa déception est immense en découvrant que tout est déjà occupé. Mais ce qui est plus surprenant c'est de constater l'extrême proximité de ces filets. En effet, tout n'est pas ouvert à la pêche du bord contrairement à une embarcation. Dès lors que qu'un coin est pris le chemin du retour est souvent une sorte d'épreuve cérébrale pour trouver rapidement un plan B.

Notre crainte est toujours à peu près la même dès lors que l'on a jeté son dévolu pour un abri. Il n'est pas rare qu'à peine tout l'armada a été monté qu'il faille tout remballer dans la foulée à cause d'un bateau saupoudreur de mailles. Inutile d'insister ou de crier sa colère les choses sont normales aujourd'hui. Par là, je félicite les autorités qui ont pris conscience de la gravité de la sur-pêche et de la disparition programmée de certaines espèces.

Le poisson a toujours eu une belle valeur commerciale sur les étals des poissonniers. Certains poissons caracolent en tête au hit parade des prix comme la daurade, le loup, le rouget, le thon et les petits poissons de roches. La liste est longue au tableau des condamnés à mort mais, dans l'obscurité, le denti, le pagre sont depuis toujours des prises de choix pour l'amateur averti. Ils sont pourchassés toute l'année à grands coups de sondeurs jusqu'au moment où il n'y a plus assez de sujets pour que l'espèce soit viable.

il y a une quarantaine d'années j'était alors un très jeune homme. Ma tête était hantée par les poissons et les belles histoires de sorties de pêche qui berçaient mon sommeil. Grâce aux nombreuse parties de "pescaille" j'avais régulièrement le loisir de plonger pour observer la mystérieuse vie sous marine. Je me souvient de ces millions de poissons de roche qui étaient à l'affût de la moindre miette de nourriture. Des sars dorés ou communs par centaines venaient en curieux se frotter aux algues devant moi comme si c'était pour voir un humain de plus près. De temps en temps un loup passait furtivement pour s'éloigner à toute allure. Ce petit manège était une source d'émotions intenses qui a sûrement conditionné ma vie d'adulte d'ailleurs, ces images sont toujours là, quelque part...Mais il n'y avait pas que la pêche qui savait nous motiver, il y avait aussi l'immense satisfaction de rentrer à la maison le torse bien bombé et d'étaler sous les yeux de ma mère une belle ribambelle de poissons multicolores. Nous savions dès lors que les saveurs qui allaient monter dans les marmites avant l'heure du repas allait faire resurgir du néant de bien belles histoires. Je me souvient aussi du bruit massif de la marmite de soupe de poissons enfin là qui se pose en maître sur la table entre les bouteille de vin glacées et de pain grillés encore tiède. Après une belle série d'allés retours du grain d'ail qui s'abrase au contact du pain râpeux, une généreuse lichette de rouille safranée posée sur le coin de l'assiette tel un artiste qui composait son chef d'oeuvre, les délices de la soupe de poissons pouvaient enfin commencer... Personne ne pouvait mettre en doute les vieux dictons lâchés mainte fois à table dès lors que rien ne pouvait se dire autrement. En fait, c'était à table que les prochaines parties de pêche se fabriquaient. On était tous prêts à partir au bout des calanques pour trouver le coin magique qui n'existe peut être pas...

Notre motivation n'était que la pêche, la cuisine, un peu le matériel et surtout la vie des poissons, mais qu'en est t'il aujourd'hui ?

La reprise de la pêche.

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 09:26
http://www.silverpeche.com/2016/02/le-bar-sauce-citron-loup-sausso-citroun.html

http://www.silverpeche.com/2016/02/le-bar-sauce-citron-loup-sausso-citroun.html

Bah oui, l"heure est au plaisir de la pêche. Même si je redoute comme la peste la venue des touristes qui vont envahir mes calanques, des salisseurs de première qui se sentiront tout permis, la venue des beaux jours nous ouvrent à tous les premiers vrais plaisirs de la capture du poisson.

Je vous ai déjà longuement parlé de la pêche et tout ce que cela produit dans le cerveau. Une relation sûrement profondément intime mais qui n'a absolument rien à voir avec de l'amour . Oui, l'humain est un prédateur sans pitié qui en plus de son intelligence à la faculté de prévoir et de s'adapter rapidement à tout un tas de paramètres subtils et qui pense bien faire. La passion est en fait un grand réservoir de désir où tout pleins de choses qui dépasse le pratiquant dansent dans les rêves de tout à chacun.

Moi j'ai compris de puis longtemps que mon instinct de prédation ne me sert qu'à ouvrir une porte qui débouche sur ma bestialité et sans doute sur mon assouvissement. Cet instinct fort de sens primaire me pousse à aller loin dans la technique de la capture, mais rien à voir avec une quelconque bienveillance ou amour de l'espèce. Je me sert de mon pauvre intellect pour capter certains stimulis qui me font entrer dans une dimension qui s'assoient franchement sur ma vie mondaine et toutes les bienveillances qui sont d'usage. En un mot, lorsque je suis à la pêche je ne suis plus l'homme de tout les jours, je suis le Roro prédateur qui ne va reculer devant aucun obstacles pour arriver à ses fins.

Mais tout ceci est aussi l'histoire de votre vie dès lors que l'on joue les apprentis sorciers avec la vie des poissons. La vie a une importance certaine dans le monde et c'est tout cela que je souhaite vous murmurer, un peu plus loin...

 

II est 21h et des brouettes et je suis au pied des calanques, mon sac de sport rouge largement passé de date pèse un poids de tout les diables. La raison c'est que je compte bien aller loin sur ce chemin de mon enfance, si loin qu'il ne sera pas facile de trouver ça réjouissant. Mais malgré tout, quand je pense à mon poste j'ai un petit pincement au cœur car il est synonyme d'un retour vers mon introspection. C'est là que mes plus beaux articles sont nés et c'est là où une nuit de solitude j'ai fait un pacte avec ma vie. Cette pêche s'est décidée à la dernière minute à la faveur d'un hasard heureux. En fait je me suis foulé la cheville et j'avais fait une croix sur tous mes projets de pêche dans ces prochains jours mais au final, avec les médicaments et un repos total il est presque possible de penser à la pêche.

Mais la marche commence sous de bonnes augures, il me semble que pour une fois je ne vais pas autant en baver qu'à l'ordinaire. La raison m'en est inconnue et je me surprends à n'avoir aucune difficulté à escalader le mur de granit qui fait office de gardien de la paix. Je sait bien que les médocs y sont pour beaucoup, je reste prudent... De kilomètres en kilomètres j'arrive enfin sur ma terre promise, la mer qui s'offre devant moi est d'une splendeur à couper le souffle. Même de haut je peut voir de petites chasses de limons qui assaillent sans relâche les bancs de petits "pèis" dans le bleu de l'eau.

Mais il n'est pas encore l'heure il fait encore bien trop jour alors pour patienter je commence à monter mes cannes et à les aligner au garde à vous contre la roche devant moi. Le vent n'est pas très fort mais il est bien présent ce qui va me compliquer la tâche pour la pêche mais il va en contrepartie faire fuir les milliards de moustiques qui règnent en maître ici. Il va aussi transporter les douces effluves qui remontent de la colline en ce début d'été et les faire voyager jusqu'aux confins du monde. Moi je suis débout sur cette roche dominante, j'ai devant moi une immense baie qui s'étale sur plusieurs kilomètres. Les contrastes de lumières entre la mer et ces pics rocheux lointains sont saisissants. Je sent bien que mon instinct de chasseur n'est pas encore en marche, là, je suis encore en mode tranquille. Mais il va arriver un moment où mon adrénaline va monter sournoisement avec la nuit, je ne serai plus tout à fait le même et mon esprit sera dans une autre optique. Mais pour l'instant les lignes de cet article commencent à s'écrire ainsi.

Le petit problème c'est que j'ai un peu abusé côté marche et je sent la douleur qui revient. Pas facile de lancer ou de ramener avec un handicap, voilà qui est bien fâcheux, d'ailleurs côté lancés lointains, ce sera pour la prochaine fois. Mais j'ai avec moi quelques armes secrètes qui font mouche à chaque fois. Là je parle d'appâts surgelés qui pour la plupart sont destinés exclusivement à la pêche et non pas à la consommation. Il y a des acides aminés qui font venir le poisson de loin et quand il tombe dessus c'est pas pour rigoler. C'est fou à quel point ma pêche a changé depuis ces deux ans. Depuis que je ne pêche qu'avec du surgelé je peut partir sur un coup de tête et avoir pourtant dans la musette ce qui se fait de mieux. J'ai très largement augmenté le taux de réussite et tout mon entourage s'y est mis.  Malgré tout il ne faut pas se tromper de cible quand on parle de poissons. Les appâts surgelés représentent un petit plus face aux appâts frais car ils sont disponibles tout le temps, toute l'année et sont largement moins cher que le frais. Pour ma part je fait mes courses et je place mon petit trésor dans le bac de mon congélateur en attente de la prochaine sortie. Fini la course chez le marchand qui vous explique que le bibi à augmenté car le ramassage n'a pas pu se faire à cause de la météo. Que c'est la crise, on a eu beaucoup de pertes au transport et tout et tout... Le résultat c'est que le pêcheur dépense de plus en plus pour une sortie, quand on voit le prix d'une boite de mourons on est en droit de se poser des questions.

Comme pour le frais, le pêcheur qui utilise le surgelé doit respecter certaines règles si il veut pêcher correctement. Il doit s'assurer que ses appâts restent surgelés toute la partie de pêche pour avoir le même aspect toute la partie de pêche. Ici c'est le pêcheur qui décide quand il doit décongeler ses appâts et il ne doit pas subir la décongélation. Pour ça rien de bien difficile à mettre en pratique car une petite glacière suffit.

 

 

Des daurades de partout !!!!

A ma grande surprise le poisson semble être tout au bord. D'entrée de jeu une belle daurade va se piquer sur un petit morceau de bibi surgelé liguaturé très serré. Pourtant la touche est très discrète comparé à la force d'un tel animal. Mon écureuil va légèrement frétiller et se poser au sol et basta ! Comment immaginer qu'un poisson de plus d'un kilo et demi est dessus ? Heureusement j'ai l'habitude de pêcher ici et je ne laisse pas passer une touche sans ferrage derrière. En gros dès que l'écureuil marque une touche, tu prends la canne en main et tu ferres direct ! Cinq fois sur dix il y a un poisson au bout. Attention tout de même car mon bas de ligne est en 18 centièmes, pas question de ferrer comme un fada, un bon geste souple et autoritaire suffit.

Rapidement les touches arrivent un peu de partout. Je regarde l'heure et la lune qui monte, ça correspond avec le coucher du soleil.

L'attente ne va pas durer bien longtemps. Une rafale de touches va me faire entrer dans la dimension du bonheur malgré la douleur qui s'empare de ma cheville. Par contre là y'a du claquage d'écureuil à la clé ! Je pense que les daurades sont arrivées en troupe et elles se disputent le bout de ver, c'est la raison pour laquelle les touches sont aussi nettes. A l'ordinaire quand les poissons sont éparpillés ils chipotent comme des malades sur des appâts merveilleux, là, il me semble qu'il n'y a plus d'amis sous les eaux. En début de soirée il fallait sauter sur la canne au moindre frétillement, là c'est l'inverse !

En deux heures j'ai fait ma pêche. Inutile d'aller vider la mer ou d'assayer d'établir un record de prises même si ce soir ça pourrai le faire. Je pense aussi à ma cheville qui ne supportera pas beaucoup plus de poids. Je vais sagement étaler le poisson sur un torchon pour la photo et je vais partir.

Des daurades de partout !!!!

Je vais charger mes affaires sur le dos et lentement le retour est en marche. Pas à pas je commence à regretter d'être venu ici, d'ailleurs j'ai prévu une halte pour prendre un anti-inflammatoire. Malheureusement il ne soulage pas bien longtemps c'est la raison pour laquelle je ne l'ai pas pris avant.

Sur le chemin j'ai un poste en hauteur qui va m'assurer une vue imprenable sur toute la baie de Marseilleveyre, avec la nuit et l'éclairage de la lune qui inonde toute la mer j'aurai tout le loisir de patienter avant de reprendre la marche. Je ne peut m'empêcher de repenser un peu à ma pêche et au fait que je pourrai avoir une montagne de daurades dans mon bac. J'ai choisi de ne pas céder à la folie de la capture quitte prendre tout ce qui bouge dès lors qu'il  a passé le kilo. 

 

Le problème de l'homme c'est qu'il ne sait pas mettre un point d'honneur à sa folie de la capture. Si demain un mec nous sort une paire de lunettes qui va permettre au pêcheur du bord de voir le poisson qui va mordre il fera fortune. Vous me direz tout cela existe déjà pour les embarcations. Un coup de sondeur et le pêcheur sait tout ce qui traîne sous la coque. C'est tout ce que je ne peut pas accepter en tant qu'être intelligent car cela conduit inévitablement vers des sentiments qui n'ont rien à voir avec le loisir de la pêche.

Des amateurs qui se prennent pour des pros, des fabricants qui font croire que tout est facile pour tout le monde et voilà, tout part en couille. Putain de merde !!! Un pêcheur ne pourrai t'il pas se servir de son cerveau pour pêcher au lieu d'un sondeur ? La magie de la pêche où va t'elle se planquer ? Des records ? De l'argent ?

A plus les gars, je suis déjà sur mon autre article qui va parler de nos lecteurs des goudes.

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 06:59
Douce France.

Depuis que le monde est monde, depuis que l'humain est humain, la vie de tout le jours se résume souvent dans la course à quelque chose. Depuis l'avènement de l'intelligence dans le quotidien il faut bien reconnaître qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir pour la majorité des habitants de cette planète. Je n'ai qu'à prendre la pêche pour exemple pour faire étalage de tout ce qui est de plus imbécile en soi. Pourtant certains individus prouvent qu'une forme de prise de conscience est en vue, on sent bien une montée de colère dans ceux qui fréquentent les abords de la mer. On s'insurge de trouver des tas d’immondices dans des coins magnifiques, sans toutefois, pousser le bouchon trop loin. Le pêcheur en a marre de pratiquer un loisir les pieds dans les déchets laissés par une faune sans scrupules. De plus, on sait bien qu'avec la venue des beaux jours les coins de pêche accessibles vont ressembler à de véritables dépotoirs à ciel ouvert. Mais mis à part quelques vidéos de téléphones portables, quelques clichés bien salés montrant des saletés, rien ne vas changer vraiment dans ce quotidien. Les mentalités de la plupart des pratiquants sont bien trop creuses pour se hisser au niveau basique de la simple propretté.

Avec mon nouvel appareil photo je peut toucher enfin la lune.

Avec mon nouvel appareil photo je peut toucher enfin la lune.

Voilà une petite parenthèse ouverte qui annonce déjà les beaux jours des calanques de Marseille. Pour l'instant vu qu'il n'y a pas beaucoup de candidats à la marche forcée jusqu'aux lieux magiques de nos postes, aussi, les coins sont encore propres. Mis à part quelques traces de pêcheurs qui laissent leurs appâts pour les crabes, rien de visible à la surface et je les en remercie d'avance. De toute façon je ne suis pas contre ceux qui laissent quelques bouts de peau de bibi ou quelques minuscules bouts de fils au sol car il ne faut pas pousser non plus. Par contre quand il y a des piles qui rouillent dans les interstices, des scions cassés, des sacs plastiques, des emballages de sandwichs 1 er prix, des boites de demi dures éclatées, on a déjà des indices sur le public qui y est passé.

C'est un des raisons pour laquelle je m'éloigne souvent de tout ça. J'embarque avec moi une petite poignée d'aventuriers qui ont à cœur de respecter le concept de ma pêche. Quitte à en baver outre mesure c'est le prix d'une nuit différente où la capture du poisson prends une dimension fantastique.

Mais en cette fin d'après-midi j'ai un petit problème avec la météo. Au départ j'avais prévu une longue marche vers un poste qui est assez productif par très beau temps. A l'inverse dès que la brise souffle et que le flux viens de l'EST, les égouts de Cortiou  ne sont plus poussés vers le large mais viennent s'échouer sous nos pieds. Cela s'accompagne d'une odeur surprenante qui remonte à nos narines doublé d'une couleur de surface qui tire sur le marron. Voilà un scénario que la daurade et tout autre poisson noble n'aime pas du tout donc, inutile d'aller bien loin je vais pauser mes gaules ailleurs.

C'est bien dommage car j'ai mes petites habitudes par là bas, j'ai aussi beaucoup d'images en noir et blanc qui dansent derrière le rideau de mes yeux. Une époque certaine où il n'y avait pas grand chose de très facile à se mettre sous la dent, chaque chose devait se gagner comme son pain quotidien. Nos parents nous faisaient régulièrement la morale, je revois mon père se tenant debout en bout de table où est normalement la place du chef, les deux poings encrés de droite et de gauche de son assiette faisant plier le formicat de la rallonge sous le poids de ses sermons. il ne fallait pas faire honte à l'image de la famille, il fallait toujours dire bonjour et au revoir, se tenir honorablement à table et ne pas discuter les ordres du chef de famille.

Voilà de beaux concepts qui ne font plus recette aujourd'hui tant l'humain s'est perverti à l'extrême. Nous sommes dans l'ère de l'individualisme poussé dans ses derniers retranchements.

Du coup je vadrouille et je peut noter qu'il y a toujours les mêmes filets qui sont étendus tout le long de la côte ce qui ne va pas me laisser beaucoup d'espoirs de trouver un petit recoin. Finalement je vais échouer face à l'ile maïre sous un vent très présent. Mes lignes Vont être rapidement montées et les premiers sifflements de scions agressifs me réjouissent. Tu parles, ça fait trois semaines que je ne suis pas allé à la pêche et vu où j'en suis, même si j'était dans le port de Marseille cela me rendrai heureux. Mais en regardant de plus près quelques détails viennent enrailler ma vision remplie d'étoiles. Il y a des ordures de partout, dans les failles, sur les roches, signe que des gars sont venus faire la fête ici.

Douce France.
Douce France.
Douce France.
Douce France.
Douce France.

Mais peu importe l'armée de cinglés qui sont venus déverser leur inaptitude à penser, un de mes écureuils saute de joie. C'est le signe évident qu'un poisson est venu se frotter à mon beau ver de rimini tout frais décongelé. Au plus j'avance vers ma canne au plus la touche est pressante, il ne fait pas encore nuit, là je suis pas mal du tout.

Après un ferrage net mais sans violence je rentre en contact avec ma prise. Ses rushs sont assez agréable voire jouissifs. Je sent bien que ce n'est pas le poisson de l'année mais il bataille ferme et en fait c'est ça que je vient chercher. Sa remontée est assez complexe sans être ingérable, c'est un pageot, pas de toutes la dessus...A la surface je peut voir un beau pageot que je vais salabrer par sécurité car il frise le kilo. Hé oui avec du 18 centièmes en bas de ligne ce n'est pas la peine de tenter le diable car il ne montera sans doute pas en force. Hé bé voilà, je viens d'arriver, le nuit va tomber et je ne suis pas bredouille, haaaaaa, la nuit est a moi.

Alors que je suis affairé à faire des clichés plus ou moins réussis avec mon nouvel appareil photo, je remarque qu'un de mes écureuils ne tient pas en place. Il descend, il monte légèrement, il tremble, ce qui suffit largement à attirer mon attention. Cela ressemble fortement à un poisson qui a avalé l'appât et qui ne sait plus comment s'en débarrasser. Sans me presser je vais prendre contact avec le poisson et je constate qu'il doit être salement planté car il rushe sans excès mais c'est assez insistant quand même. Histoire de ne pas rester là trop longtemps je lui envoie une décharge bien nette dans les brigues. Howwwww !!!!! Mais dis donc c'est pas une merde qui est au bout ! Le ferrage ne lui a pas du tout plus, il m'envoie en retour une série de pliage de scion bien dans les règles. Sa remontée nécessite un certain doigté pour ne pas pas casser mon montage ultra fin. Je doit jouer du frein et des bras pour rester certain de le voir à la surface, si ça c'est pas un beau sar je ne m'y connait pas. Mais effectivement je suis bien en présence d'un beau sar commun, ses franges rayées brillent en contraste sous sa robe dorée face à un soleil couchant, il ne fait toujours pas nuit, je suis perplexe. Pour assurer ce poisson qui fend généreusement la surface je le salabre comme je peut sous les yeux de pêcheurs qui sont plus loin et n'ont rien perdu de mes frasques...

Douce France.

Mais ce sera la dernière touche de la soirée. Les appâts n'ont plus trouvé aucun poisson malgré une météo qui s'arrange légèrement. Mais je remarque une odeur qui ne ma plait pas beaucoup qui remonte de la surface de l'eau, cela ressemble à des égouts. Cette odeur caractéristique de pollution ne plait pas aux poissons nobles et globalement à aucun poisson du tout. D'ailleurs le résultat est sans appel, la mer se vide à mon plus grand désespoir.

Les heures passent, les pêcheurs partent en file indienne, moi , j'insiste un peu mais je sent bien que je ne vais pas rester bien longtemps. Vers un heure et des brouettes je plie boutique sûr que cela ne sert à rien de rester. Mes appâts sont neufs et l'ambiance halieutique ne me plaît pas des masses.

Voilà une soirée contrastée qui a été trahie par le vent, je n'ai pas pu essayer mes bibis surgelés ni les autres appâts que j'avais emporté avec moi. Je sait bien que ce n'est que partie remise et ils pourrons être employés pour une autre sortie la semaine prochaine. Arrivé chez moi il y a sur la table de la salle à manger la lecture que j'attends avec impatience chaque mois. Sans attendre je comme un tour d'horizon de ces articles...

Douce France.

Comme vous le savez, je suis abonné depuis très longtemps à beaucoup de magazines qui traitent de la mer ou de la cuisine, de l'histoire et même les nouvelles technologie. Je dois avouer que les journalistes sont de véritables artistes sur les terres de l'investigations, c'est une chose nécessaire car cela nous permet de deviner un peu l'avenir et faire de meilleurs choix quand l'heure de l'achat se profile. Pour ma part je pense qu'il est important d'avoir une grande ligne directrice qui conduit le lecteur, l'écrivain lui, éclaire la route. Tous ces magazines ont quelque chose en commun face à une nouveauté ou à une info que le rédacteur va coucher sur le papier. Je pense sincèrement qu'ils ne se mettent pas beaucoup à la portée du lecteur lambda, on dirait même que ces lignes sont vouées à l'oeil du rédacteur en chef qui attends les bras croisés, cigare au bec fumant d'impatience. Il y a encore beaucoup trop de traces de mots complexes qui irritent mes pauvres neurones incultes. Même si je reconnait à tous un vrai style d'écriture que je suis incapable d'égaler, je souhaiterais que dans un avenir proche ces fameux écrivains nous donnent enfin l'essentiel de l'article, personnellement je suis trop souvent avec mon dictionnaire et j'en perds le fil du post ou je passe le mot comme si je l'avais compris.

Mais ce qu'il y a de plus frappant encore c'est le feu qui brûle derrière les lignes des articles. On sent bien qu'au moindre désir de l'éditeur d'augmenter le ton tous ces écrivains ne feront pas de quartier à la "vrai" réalité. Là on sent bien que tout le monde brosse le sens du poil avec passion et le post se fini souvent avec une petite note de réflexion qui pourrait mener le lecteur à réfléchir.

Tout cela pour vous conduire vers la réflexion du jour. Moi ce qui me choque c'est que l'on parle de la pêche de loisir avec conviction comme si l'amateur était dans quelque chose à la disparition massive du poisson. Ce qui m'emmerde encore plus c'est qu'il n'y aura sûrement "que" le petit pêcheur de loisir qui sera inquiété car il est faible et ne faisant pas parti d'une fédaration ou d'un syndicat.

On oublie de dire, enfin, on ne veut pas dire, que c'est la profession de pêche qui a raclé tous les fonds depuis des lustres. De nos jours les roches sont vides car elles ont été pillées par les mailles des pros qui n'en on rien à foutre du futur.  J'ai même lu des journalistes qui vantent les mérites de la profession et qui fait passer l'amateur pour le trouble fête, empêchant la gestion des fonds sous marins par ceux qui en on la gestion ancestrale. Alors là je suis sur le cul, d'ailleurs, j'invite tous les journalistes qui le voudront à venir constater le pourquoi du comment la dilapidation méticuleuse de la ressource se fait. L'absence spectaculaire de gardes est tout à fait normale quand on est dans le Sud, tout ce qui est construit et qui ressemble à un projet d'avenir est avant tout une astuce électorale. Si on en avait quelques chose à foutre de la mer nous n'aurions plus une seule goûte de boues rouges qui se déverseraient à CASSIS. 

Notre Parc National des calanques est le théatre du monde Marcel Pagnol, il y a un producteur, un metteur en scène, les locaux, les acteurs et un public mais rien n'est sérieux. L'histoire est touchante, l'accent du Sud donne un air de vecu aux touristes mais...Rien de tout cela n'est pour de vrai.

Pour nous Sudistes le mal est fait et nous avons touché le fond depuis longtemps. Mais notre espace de liberté est encore là, il nous tends les bras, même si il n'est pas aussi réjouissant que prévu. Si par malheur en plus il y a des individus qui salissent toutes roches des calanques je ne donne pas cher de notre loisir...

 
Douce France.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 16:09
Pas de limites à la vie.

Dans la vie d'un homme il y a toujours un moment charnière où il est difficile de combiner ses loisirs, la famille, le travail et les grands projets de vie. Il y a tellement de trucs sur le feu qu'il suffit de pas grand chose pour que tout s’accélère et emporte avec lui la moindre parcelle de temps libre.

Hé bé voilà, c'est un peu ce qui m'arrive aujourd'hui. Non pas que je m'en plaigne outre mesure car j'aime bien ça, mais il faut bien avouer que de tout concilier relève du défi et pourtant....La vie est si belle quand on a pas une minute à soi, les ennuis sont beaucoup plus petits et les bonheurs s'enchaînent à la vitesse de l'éclair. Cette puissante synergie donne des ailes aux faveurs du destin, tout se rassemble enfin pour redonner du souffle à mes ambitions.

Cette semaine j'ai un peu de congé et je dois m'employer à aller à la pêche aussi, il n'est pas question de s'économiser sur ce détail subtil car vous connaissez bien maintenant ma passion pour le sujet, à un tout petit souci près, c'est la météo. Il y a beaucoup de vent de partout dans mes calanques, de Marseille à Hyères je ne pense pas pouvoir pratiquer sereinement du lancé de poids. Alors je doit pousser plus loin pour avoir les faveurs de la météo. De loin en loin je vais me retrouver à extrapoler ma pêche ce qui va me conduire jusqu'aux plages de Pampelone. Le cœur en joie de retrouver ces belles plages de sable et une certaine solitude qui ne me déplaît pas en ce moment, me voilà en route pour mon destin et l'aventure peut commercer enfin. La route qui traverse le département est longue malgré tout.Les soupirs sont légion même quand on a une envie débordante de retrouver la mer. De virages en virages, de lignes droites en carrefours j'avance vers la mer qui semble bien calme vu d'en haut. Il me faut une bonne heure et demi avant de fouler le sable de la plage déserte et c'est à cet instant qu'il faut déterminer le poste à investir. En gros j'ai plusieurs kilomètres de sable sur lequel étendre mon pauvre matériel de pêche. Mais bon je n'ai pas l'intention de musarder longtemps ou de chipoter, les affaires tombent là où le hasard me le dictera.

Rapidement mon barda et mes cannes sont envoyées vers le large, c'est toujours avec stupeur que je me rends compte à quel point le plomb peut aller loin quand on peut poser l'appât sur le sable.

Pour ne pas changer je suis en lien avec mes copains, le téléphone sonne régulièrement ce qui nous permet à tous de se tenir au courant de tout et de se souhaiter " bonne pêche" à tous les instants. Mais alors que mon mobile sonne je remarque une touche dont je ne connais pas encore l'auteur. Les poissons ne font pas toujours les mêmes touches selon  le lieu où ils se trouvent. Ici les daurades de belle taille aiment bien revenir près du bord après avoir englouti un appât. Au contraire les petites blanquettes font monter l'écureuil à la vitesse de l'éclair faisant croire à un beau Sar. Mais le pêcheur doit avoir une attention toute particulière sur les probabilités de faire un gros poisson car ici c'est toujours un peu la roulette russe avec leur présence. là, cette touche me libère d'un possible bredouille car les enfants, ne perdons pas de vue que j'ai échoué sur cette plage plus que je ne l'ai choisie. Mais pour l'instant je prends contact avec la bestiole qui fait riper le plomb et dans un mouvement ample mais sans violence je ferre. Immédiatement l'animal donne de bons coups de tête ce qui me fait penser à une daurade,voilà une idée réjouissante d'autant plus que mon montage qui est fini avec du 18 centièmes ne tiendra pas si je dépasse une certaine limite. Pour l'instant tout se passe bien et je peux correctement échouer mon poisson sur la berge sans casser.

Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.

Haaaa ! voilà une belle daurade qui s'offre à moi, sans être trop grosses ni petite c'est tout ce que je recherche en réalité. Bien sûr je suis toujours à la recherche d'une grosse patate mais mon vrai bonheur c'est ces fameuses portions qui tournent autour du kilo. Celle-là n'en est pas loin et ses quelques centaines de grammes feront le bonheur de toute ma famille.

Rapidement les choses prennent forme sous les eaux limpides de cette plage, les touches ne tardent pas à venir dès lors qu'un appât est bien présenté. Mais les heures défilent et mon impatience commence à grandir car pour l'instant je n'ai que quelques sars et une belle blanquette en poche. Je n'ai pas de gros poissons ni de prises qui diffèrent de l'ordinaire, je suis toujours dans le traintrain de Sars, daurades, pageots et pagres. Je troquerais bien tout ce petit monde contre de belles soles, rougets, marbrés car dans mes calanques leur capture est plutôt aléatoire. Je remarque aussi que les touches sont plutôt axées sur la gauche de mon poste, tout près des pontons en fer là où tournent des milliers de mulets acculés par une mystérieuse créature.

Pas de limites à la vie.

Voilà la soirée va se passer comme ça sous ses petits airs Espagnols si chers à ma mémoire. Je vais rester sagement assis sur ma chaise de camping à contempler l'invisible qui se dévoile, à sentir le parfum de l'air qui se rafraîchi un peu bien à l'abri dans mes douces pensées.

Puis vers deux heures du matin il sera l'heure de rentrer sagement vers la maison. Je remballe mes affaires maculées de sable fin dont il me faut en éliminer la moindre trace pour ne pas qu'il enraye la mécanique des moulinets et empêcher de coulisser les cannes télescopiques.

J'ai les affaires sur le dos et me voilà sur le départ. Je ne peux m'empêcher de regretter à quel point le temps passe vite quand on est empreint d'une activité. je ne peux malheureusement pas venir ici aussi souvent que je veux car je n'en ai pas les moyens. Et puis la belle saison arrive avec son lot d'individus tous aussi différents les uns que les autres, les masses de touristes qui vont progressivement envahir toute la côte. Par devoir nous devrons laisser les restaurants faire leur chiffre d'affaire et notre présence n'est pas la bienvenue. Je reprendrais peu à peu le chemin des calanques si chères à nos cœur en attendant que la saison touristique se termine, espérant que comme chaque années, au creux d'une petite crique Marseillaise qu'une belle daurade s'y trouve...

Un poulpe vraiment bizarre et par prudence on ne touche pas.

Un poulpe vraiment bizarre et par prudence on ne touche pas.

Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.

J'arrive à la maison vers cinq heures du matin, j'ai l'estomac dans les talons et je prépare la table pour un frugal petit déjeuner. Le jour pointe dehors pendant que le café coule dans la machine et que le pain grillé finisse d'embaumer la pièce. Je fille sans attendre dans la salle de bain pour me débarrasser à grands coups de savon des grains de sable qui se glissent jusque dans les chaussettes. Mais mon attention est attirée par une sonnerie de réveil matin...Tient ? Mais qui peut bien faire sonner le réveil un dimanche à six heures ?

Mon épouse sort de la chambre en tenue de randonneur et commencer à réveiller les petits qui s'extirpent des lits. Hou là là, j'avais oublié ce fameux dimanche où nous avions prévu une marche jusque dans la calanque d'En Vau...Oups ! Voilà une légère déconvenue qui va peser lourd dans la balance de la journée !

Hé bé voilà...Me revoilà au bout d'une demi heure en tenue de marcheur au volant de la voiture avec les enfants assis derrière tous excités comme des puces par une sortie dans les sentiers Cassidain.

J'ai saisi l'occasion de vous faire de belles photos de ma sortie et c'est ce qui m'a tenu partiellement éveillé, mais si peut dire quelques chose de ce fameux Dimanche, j'en ai bavé copieux et le soir arrivé je n'ai pas traîné pour aller me coucher...

Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.

Mais avant que la famille ne fasse dodo nous sommes passés à table, pas de chance il n'y avait pas de pain donc je m'y colle. Un peu de levure, de l'eau, de la farine et du sel et le tour est joué je leur fait vite fait quelques pains pour grignoter et une pizza à la viande.

Tout frais sortis du four ces petits pains croustillants n'ont pas tenu bien longtemps, accompagnés de morceaux de jambon cru, pâté, cornichons a suffit à terminer une journée bien remplie.

Bises gars !

Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.
Pas de limites à la vie.

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 11:15

Pour les pêcheurs comme nous qui n'hésitons pas à s'emparer de toutes les opportunités qui s'offrent à nous, on ne compte plus les moments où la boite à fantasmes s'ouvre à la dernière minute en espoir d'y voir sortir un beau trésor. Ceci peut s'appliquer à n'importe quel activité mais là, nous, on est des pêcheurs.

L'histoire commence avec un plan de sortie bien établi entre Jean-Phi et moi. Il est prévu une grosse marche qui pourrai aller de Sormiou ou même Morgiou afin de trouver le recoin secret qui serai le plus productif. Mais tout ces plans s'effondrent avec un seul coup de téléphone qui m'annonce une sortie en bateau. Voilà qui donne de la matière à ces fameux remous fantastiques qui excitent les neurones au point de ne pouvoir dire non. Quoi de mieux qu'une bonne rasade d'adrénaline dans le creux des vagues du large de Saint-tropez, quoi de mieux que se retrouver avec une bande de fadas qui ne pense pas à autre chose que la pêche, la bouffe et la rigolade ! C'est des moments comme ça qui nous font tout oublier et que quelqu'un de sensé n'hésite pas à saisir à bras le corps...

La mer, la mer. Elle est fantastique quand on y pense. Au fur et à mesure que la terre s'éloigne mes espoirs grandissent de trouver le poisson miracle qui ornera les plus belles photos, mes meilleure recettes et ne nourrira pas que mon estomac. En l'affaire d'une bonne demi heure de navigation il est temps de pêcher, nous sommes loin de toutes les habitations qui font comme un long cordon qui s'étale sur toute la frange de la côte. Les détails sont moins précis quand on est loin et ne peut plus admirer que la splendeur du bleu qui s'embronche sur la coque du bateau. D'ailleurs à ce propos nous avons cent trente mètres de fil à sortir des bobines pour aller toucher le fond, moi je suis silencieux car je n'ai pas vraiment l'habitude de ce genre de pêche et je n'ai ni même le matériel adéquat. Heureusement mon ami a prévu tout ce qu'il faut pour que je ne fasse pas chier un brin, canne bateau toute neuve, moulinet Cynnetic rempli de fil neuf bref, je suis presque dans le coup. Je m'exécute sous le commandement de Jean-Phi qui fait mine de maîtriser le feu qui bout dans sa caboche, mais en réalité nous avons tout deux du mal à cacher la joie de cette sortie.

Tous vers la mer.
Tous vers la mer.
Tous vers la mer.

Heureusement les poissons sont au rendez-vous, vous me pardonnerez de ne pas avoir fait énormément de photos car la raison en est assez simple. Moi aussi je pêche et le bateau bouge beaucoup dans la houle, l'appareil photo est difficile à manipuler dans ce genre de conditions la canne à la main. En plus vu les vannes salées fusent dans tous les coins et il est difficile de savoir si la tirade lancée du fond d'un rire est une vanne ou une réalité, tout le monde se fait plaisir de ce côté, voilà.

Tous vers la mer.
Tous vers la mer.
Tous vers la mer.

La nuit tombe et il est temps de manger, inutile de dire que les cocos ne sont pas venu es mains vides. Il y a un peu de tout qui s'étale sur la banquette centrale. Charcuterie corse, fromage, vin, salades et j'en passe de quoi nourrir un régiment. A ce moment je me demande même si la pêche n'est pas excuse pour se remplir le ventre car je voit bien qu'il n'y a plus de cannes à l'eau.

Finalement au gré des courants nous changerons de poste après avoir mangé car il semble que le poisson que nous cherchons n'est plus dans ce coin. Heureusement en quelques tours de moteurs nous pouvons changer de profondeur et de nature de fonds ce qui nous redonne à chaque fois de nouveaux espoirs. Malgré tout l'acharnement dont nous avons fait preuve il semble que le poisson n'est présent nulle part, il y a des jours comme ça où on ne sait ni le pourquoi ni le comment.

Nous serons de retourà quai vers trois heures du matin avec une bourriche de poissons très mitigée, mais au delà du poisson, j'ai été particulièrement heureux d'avoir participé à cette sortie car cela m'a permis de rencontrer des passionnés de la mer.

Tous vers la mer.
Tous vers la mer.
Tous vers la mer.
Tous vers la mer.

 

Nous, nous reprendrons le chemin des calanques d'ici quelques jours. L'arrivée de Marco sur nos terres va mettre un peu de feu dans nos habitudes...

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 20:41
Cliquez pour agrandir les photos.

Cliquez pour agrandir les photos.

Ce qui important dans la pêche c'est la capture des poissons. Ca à l'air évident comme ça mais, à regarder de plus près on se demande parfois si c'est bien la réalité d'aujourd'hui. D'après moi je pense qu'il n'y a pas de bonnes façons d'aborder la mer et pas vraiment de mauvaises non plus. Tout réside dans la question du pourquoi on s'y rend.

Pour certains pêcheurs, la pêche c'est avant tout une sortie récréative qui absorbe tout sur son passage et qui rend l'âme du pratiquant bien plus légère. Pour d'autres c'est strictement l'inverse, l'aventurier cherche par tout les moyens à se dépasser pour créer une spirale  d'adrénaline qui donne de la matière dans sa passion au point d'en devenir une sorte d'art de vivre. Il n'y a pas de limites dans les catégories de pêcheur et la liste est loin de pouvoir être dressée ici. Mais ce qui unis toutes ces sortes de pêcheurs qui se rendent au bord de l'eau c'est normalement le poisson. Pour autant il existe autant de situations qui mettent à contribution le pêcheur, et parfois, c'est la météo qui en est le principal chef d'orchestre. Bien sûr, le matériel est "le" prolongement de tout pratiquants, il sert à aller chercher ses prises et les remonter au mieux. Chacun choisi alors son terrain de jeu et en fonction de ses propres moyens et de ce que le marché offre en technicité avec ça, il s'adapte quoi...

En fait c'est ça, il faut pêcher sans perdre de vue que nous sommes à la fois à la pointe de notre technologie et à la fois au stade primitif de celle-ci. Il n'y a qu'à regarder le peu d'évolutions qui ont été apportées en deux mille ans de capture, toute la technologie réside dans les matériaux, mais pour la mentalité du pêcheur qu'elle évolutions ? Il est certain que d'ici une bonne dizaine d'années tout aura évolué. Qui n'a pas rêvé d'une canne à pêche qui peut propulser cent grammes à 300 mètres ? Qui ne voudrait pas d'un fil en 18 centièmes incassable ? Qui n'a pas rêvé d'un ver miracle bon marché qui serai capable de prendre tous les poissons de la création ?

 En fait toute l'évolution de la pêche s'est faite dans ce segment. L'humain a remplacé l'antique crochet en os préhistorique par du métal forgé ou du carbone, on a recalculé au plus juste tout les diamètres, fait des palettes sûres ou des oeillets idéformables selon la pêche que l'on souhaite pratiquer.

Pour le fil c'est autre chose, le nylon a été imprègné de fluorine ou même fabriqué avec, les chercheurs en la matière ont travaillé sur le fluorocarbone qui le rend moins visible. Le fil est passé par tellement d'étapes importantes qui nous permettent aujourd'hui de pêcher sereinement des poissons de plusieurs kilos sur des diamètres ridicules.

 Les cannes originelles en bambou ont été naturellement remplacées progessivement par une montagne de matériaux comme le métal, le duralumin et suite à l'arrivée très remarquée du Japon par celle en fibre de verre. Le carbone est arrivé bien plus tard et cela a bouleversé la perception du pêcheur. L'esprit a accepté de faire pleinement confiance en une matière très légère. On voit maintenant des inserts métaliques noyés dans les fibres noires pour rendre la tige encore plus sensible, légère et ultra rigide mais, toutes les grandes inovations perdent de la vitesse et la plupart des grandes nouveautés se jouent aujourd'hui dans le détail. Toutes ces grandes nouveautés ne sont curieusement pas toutes accessibles financièrement, voilà un belle surprise quand on sait ce coûte la matière. En fait le pêcheur paye la façon du fabricant et toute la publicité qui tourne autour.

Un  moulinet tourne et range le fil dans une bobine, selon si il le range bien et que l'effort sur la manivelle est moindre la sensation semble meilleure. Si on y ajoute des matériaux nobles on allège l'ensemble cela participe aussi à une bonne sensation. Beaucoup d'efforts ont été fait pour rendre cet ustensile le plus séduisant possible. Mais le point faible de cet accessoire c'est qu'il est bardé de roulements plus ou moins étanches, que la peinture s'écaille vite le rendant beaucoup moins séduisant, les écrous rouillent à la vitesse de l'éclair. Peu de moulinets échappent à cette règle et ceux qui s'en préservent le mieux valent évidement bien plus cher, toutefois, la loi du marché semble là aussi faire gonfler les prix de façon démesurée.

Dans tout ce beau paysage qui manifestement s'essouffle fortement car les inovations ne se trouvent pas sous un cailloux, ce qui n'a pas beaucoup changé c'est le pêcheur, vous savez, ce que nous sommes en réalité.

Notre comportement de l'individu souffre à grandir. Nous nous permettons de faire fi de la vie animale au point de l'érradiquer sans vergogne pour de l'argent c'est le signe d'une société décadente. Je sait bien que ce discours ne parle pas beaucoup de monde quand on parle de capture car quand la rapine se détache d'une activité agréable, rien d'humain ne sort plus d'un humain.

Par contre ce qui a tout changé autour du pêcheur c'est l'électronique. Ha oui cet outil de rêve pour pêcheurs moderne. Plus besoin d'avoir quelconques connaissances sur la capture, plus besoin de prospecter comme le faisaient les vieux cons du siècle dernier, non, un bouton "on" suffit pour éclairer le monde sous marin. Seulement voilà tout ça pose problème. Le pêcheur n' a toujours pas évolué, le matériel, les outils oui, mais pas celui qui est au bout...Avec le concours de ces nouvelles technologies le pratiquant s'éloigne de l'essentiel et certains stimulis sombres émergent. Aujourd'hui qui parle de réellement de poissons avec passion. Les chemins de la pêche sont si étroit qu'ils sont presque toujours confondus avec d'autres sentiments. Mais tout cela provient d'un fait de société où la pêche de loisir s'est noyée dans la publicité abusive. Aujourd'hui tout le monde montre ses poissons à bout de bras exactement comme dans les pubs des magazines. Certains le font avec intelligence et d'autres pas du tout. Ca me fait penser aux chasses en safari où le chasseur se tenait fièrement derrière ses moustaches, le pied sur la tête d'un lion fraîchement abattu. L'air colonial Englais indispensable et légèrement désabusé, cela mettais en évidence un certain prestige et une position sociale dominante.

Pour ma part, la pêche dans son immense globalité est tout l'inverse de ce que propose l'électronique. Je n'ai pas envie qu'un outil me dise où est le poisson, je n'ai pas non plus envie de prendre une grosse daurade à toutes mes sorties, oui, j'aime le doute car c'est lui qui me fait grandir et qui m'incite à me dépasser. Grâce aux doutes j'ai calculé sur le dos du moindre indice, pensé très fort, usé mes culottes sur les bancs de roches des calanques et rencontré beaucoup de monde pour vérifier mes pauvres hypothèses. De nos jours on met un coup de sondeur sur une épave, on vadrouille un peu autour, on balance un leurre plus vrai que nature et on capture un poisson et on se montre l'air souriant comme si c'était ça la pêche. Malheureusement tout le monde en est là, on préfère la vie facile car elle est partisane du moindre effort, le goût de se dépasser n'existe presque plus, quel malaise si l'humain devait subitement fortement réfléchir...

D'ailleurs ceux qui developent les produits de la pêche ne se ménagent pas pour notre confort, ici je félicite ceux qui n'hésitent pas à aller jusqu'au bout de leurs idées pour qu'au final il en ressorte un ustensile. Je remercie chaudement tout ceux qui débordent d'idées pour nous servir car il faut bien le dire, sans tous ces géo trouvetout nous en serions au stade larvaire de tout ce qui fait notre quotidien.

 

Peu de pêcheurs se passionnent pour tout ce qui tourne autour de la pêche, nous sommes dans une aire du "m'as-tu vu sur facebook?" Beaucoup parlent de passion pour le Bar mais ne font aucun effort pour le protéger ni même le laisser tranquille, ça s'appelle aimer passionnement capturer le Bar et non pas l'aimer passionnement...Nous avons nous aussi une armée de pêcheurs qui se sont dévoués à la daurade. En réalité elle n'est pas difficile à capturer si on a le bon appât et si on se rend régulièrement au bord de l'eau. Elle ne martirise pas les fils comme je l'entendais  si souvent quand j'était enfant, en fait, la pêche est une bien belle activité qui ne demande que peu de choses à son fidèle. Elle sera toujours le vehicule de tant d'histoires rocambolesques où tout être humain quelque soit sont degré d'évolution peut s'y retrouver un jour.

Pêcher le premier jour du Printemps.

Ce samedi soir je part en bonne compagnie, il y a deux "stef", un Jean-phi, bébé et moi. Tout le monde a une belle envie de marcher, envie de connaître ces fameuses calanques lointaines qui débordent d'incertitudes. Le but c'est de renouer avec l'esprit d'une belle aventure, celles qui laissent de belles images tout au fond des yeux et qui s'intègrent aussi facilement qu'un programme informatique dans le creux d'un ordinateur. Oui ces calanques sont belles, elles font immédiatement mouche dans les esprits de mes copains de ce soir. Les criques se succèdent sous le tintement typique du granit brut qui roule sous la semelle des chaussures tout en offrant aux nomades de fortune une palette de couleurs qui n'existent qu'ici.

Tout ce qui est à portée de vue est merveilleux, on ne lasse pas d'élargir sa vue sur l'ensemble de l'immensité de cette gigantesque crique qui s'étale devant nous. Aujourd'hui il fait particulièrement beau et la vue porte sur des dizaines de kilomètres, machinalement tout le monde dit la sienne comme si cette marche n'était pas si dure ou bien même pour l'oublier... Peu importe, toutes les raisons d'utiliser le verbe pour se faire plaisir est autorisé ici, il conjure le mal aux cuisses, il fustige la peur de l'inconnu bref...Il est hautement recommandé.

Moi j'ai l'impression d'être au volant de la voiture en partance pour les vacances et que mes moutards demandent si on arrive bientôt, là c'est la meilleure de l'année. Mais à vrai dire c'est exactement ce que je ferais si je devais faire ce périple pour la première fois, car quand on est en position dominante sur toute la baie on est en droit de se demander si cette marche est vraiment raisonnable.

Pourtant la promenade prends fin au bout du parc des calanques de Marseille. Nous constatons une fois de plus que les filets ou et les palangres fleurissent ici. Il y a des bidons qui flottent à quelques mètres du bord nous sigalant que notre soirée va être compliquée. Les oreilles sensibles ne sont pas autorisées ici tellement le besoin d'évacuer est immense. D'ailleurs je crois que c'est ça, c'est calanques éprouvent le corps par une marche hors normes pour la plupart gens mais déverrouillent en contrepartie des loquets qui ne sont ordinairement pas ouverts. Rapidement les cannes sont montées et les touches assaillent les scions des cannes. Les poissons sont remontés et le premier tri commence selon les espèces et la profondeur de l'hameçon dans les estomacs.

Pêcher le premier jour du Printemps.

L'équipe sur ma droite a une tchouga de tout les diables ce soir. La petit équipe enchaîne les poissons à une vitesse très impressionnante malgré que nous sommes tous à la recherche du premier gros poisson. La pause repas tant attendue est l'occasion de parler de tout, bien aidé par le vin rosé bien frais et la charcuterie corse.

Pêcher le premier jour du Printemps.

Les heures passent lentement. Les poissons commencent à garnir généreusement tous les bacs des pêcheurs. Il y a un peu toutes les espèces qui sont capturées pour le plus grand bonheur des participants qui ont eu le courage de me suivre. Pourtant je suis un peu déçu car malgré que nous avons une belle quantité de beaux poissons, nous n'avons pas réussi à prendre un gros poisson. Ce n'est pas réellement un problème car nous avons déjà tous pris une bonne rasade de sensations, mais j'avoue que repartir au bras d'une daurade de plusieurs kilos ne m'aurai pas trop ennuyé.

 

Pêcher le premier jour du Printemps.
Pêcher le premier jour du Printemps.

Hé bien voilà il est presque quatre heure du matin et c'est l'heure de partir. Je n'avais pas vraiment prévu de rester autant vu ce qui m'attends dans quelques heures, mais à vrai dire je n'ai pas vu le temps passer. Le chemin du retour tant redouté va clôturer cette nuit de pêche en signant la fin de treize heures d'activité. Mais c'est la joie et les rires qui l'emportent dans ce grand retour, c'est exactement tout ce que j'attends de ceux qui m'accompagnent. Au fil des kilomètres qui nous rapprochent des voitures tout le monde sent bien qu'ils ne sont pas encore prêts à revenir sur ces postes rapidement tant la progression pour le corps est dure. Pourtant à force nous arrivons au parking comme toujours, il est temps de se séparer mais de programmer aussi une autre sortie de pêche.

En tout les cas j'ai hâte du prochain week-end pour renouer encore une fois avec la chaleur des calanques de Marseille. Pour ma part si la météo me le permet j'irais encore un fois sur ces postes très lointain là où tout est encore possible, là où il y a peu de limites à l'esprit, là où mon âme fait corps avec la nuit, là où tout feux éteints je redevient invisible...

Tout mes appâts sont surgelés signés PEXEO.
Tout mes appâts sont surgelés signés PEXEO.
Tout mes appâts sont surgelés signés PEXEO.

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 19:16

Pratiquer la pêche de loisir c'est sans aucun doute parler aussi de bricolage. Il existe pourtant une multitudes d'accessoires dans les catalogues qui aident le pratiquant dans sa passion mais...tout n'existe pas et c'est la raison pour laquelle beaucoup d'entre nous bricolons à coeur joie. Les plus débrouillards, vous savez ceux à qui nous devons tout, vont aller très loin dans un concept qui bouillonne dans leurs esprits quasis malades et qui ne s'emcombrent pas avec la réalité, d'autres rebondissent sur les idées géniales pour y ajouter une dimension qui le rend plus précis à chaque fois. Là je vous parle d'un géotrouvetout qui n'a de limite que l'infini et nous régale de ses inombrables trouvailles.

Pour ma part je cherche depuis toujours à trouver l'astuce qui va me permettre de pouvoir éclairer un bouchon à calmar et ceci sans l'aide d'un bâton de lumière chimique. Mes déboires sur ces fameux bâtonnets ne manquent pas et j'ai décidé un jour d'essayer de m'en passer. J'ai passé en revue toutes mes connaissances techniques, j'ai essuyé tant de déboires, j'ai fait rigolé la plupart de mes copains avec mes astuces dérisoires. Il existe bien sûr dans le commerce des petites lumières avec une pile tube qui s'insère elle-même dans un bouchon, mais tout cela ne convient pas car ces fameux bouchons ne valent pas un clou dans la vague. J'ajoute que le prix est au delà du raisonnable donc...Voilà j'en suis un peu resté là en essayant de temps en temps une nouvelle idée foireuse qui a surgi soudain de nulle part et qui va aller sans doute au panier voire au fond de l'eau.

Hé bien c'est finalement mon ami allainpaddy qui a trouvé la solution. Tout cela ne s'est pas fait en une fois car il nous a envoyé tout pleins de bouchons en expérimentation pour au final finir par tomber sur la perle ultime. Il a profité de l'évolution sur les éclairages des écureuils pour insérer dans une capsule l'idée de l'année, il a en outre trouvé le juste équilibre qu'il faut pour qu'il ne supporte que le nécessaire et pas plus, en un mot, il vient de signer l'arrêt de mort de centaines de calmars...

Les noms sont sur les bouchons, je ferais la distribution.

Allainpaddy se dechaîne !!!
Allainpaddy se dechaîne !!!
Allainpaddy se dechaîne !!!
Allainpaddy se dechaîne !!!
Allainpaddy se dechaîne !!!
Allainpaddy se dechaîne !!!

Les premiers essais de la coque rouge à cassis sont exactement à la hauteur de ce qu'il faut. La lumière est à toute épreuve, il y a peu de grammage à ajouter en cas de toute petite sardine, il ne réagit presque pas au fort vent et reste malgré tout très sensible. Il supporte une petite sardine ou à l'inverse une bogue de cent grammes et conserve la même aisance sur l'eau, dommage que la saison s'achève mais bon, on sera prêt pour l'année prochaine.

Je tient à rendre un hommage très respectueux à un copains de valeur qui ne vit que pour inventer de nouvelles choses. Pour faciliter le quotidien de tous ces copains pêcheurs il est capable d'inventer des trucs qui sont directement issu du divin.

 

Merci mon Pad !!!!!

 

Ce samedi je suis sur la route de Marseille en direction de la mer. J'ai la main qui suit le tempo de la musique qui sort de mon poste de radio. Pour moi tout va très bien car j'ai pris la météo avant de partir, elle me signale que le temps sera assez doux avec peu de vent ce qui me rassure. J'embarque Cyril avec moi dans cette aventure dans les profondeurs des calanques car tout semble propice à une sortie formidable au creux des rochers maternels. Pour une fois je ne suis pas à bourre car je peut partir de bonne heure, mais le beau temps attire beaucoup de monde près de la mer ce qui ralenti énormément ma progression. De toute façon ce n'est pas un problème en sois car mon copain a du retard lui aussi pour les mêmes raisons, nous nous retrouvons vers dix sept heures au pied des calanques...

Mais la première chose qui ne se déroule pas comme prévu c'est la météo. Au départ on nous annonce un petit Mistral à 15 mais il me semble que nous pouvons doubler sa force sans trop se tromper. Mais peu importe à cet instant, ça fait trois semaines que je suis cloué à la maison à cause de la météo et ce n'est pas un petit vent de gonzesse qui va me faire changer d'avis au dernier moment. Nous sommes tellement remontés à bloc que notre périple va s'achever à la limite du parc des calanques ni plus ni moins. Vu la configuration des lieux on ne se rends pas toujours compte de ce qui se passe dans l'atmosphère, on est souvent bien à l'abri sur le chemin qui serpente entre les arbres jusqu'au moment où....Le vent siffle fortement dans les branches, le chemin est jonché de feuilles qui virevoltent autour des buissons. Voilà une soirée qui ne s'annonce pas exactement comme il était prévu et d'après moi on va  manger de le brise  du Nord copieusement. On voit les frises brunes qui filent vers le large emportant l'eau de surface, là je suis un peu dégouté.

Une fois sur le poste nos cannes sont étalées méticuleusement le long de cette pointe rocheuse en attente de la première touche, les fils ne peuvent pas être tendus correctement et une énorme banière se forme. Pourtant en quelques minutes le scion de mon copain va se tordre littéralement en deux. Y'a pas d'autres mots que ça, en deux ! Cyril va tenter un combat rocambolesque du poisson avec sa pauvre canne à buscles, mais malgré tout avec beaucoup de précautions il va réussir à faire remonter un gros sar du trèfond de la mer. Hou fan, cela fait bien longtemps que je n'ai pas vu une telle bestiole, moi je me met en position et d'un coup de salabre facile je le met dans mes mailles.

Globalement le temps ne va pas jouer en notre faveur car à défaut de se calmer le vent va encore prendre de l'assurance, faisant de notre sortie une petite galère. Pour ma part je remonte mes lignes toute les demi heures pour vérifier l'état de mes précieux appâts et aussi pour ne pas laisser le temps à un congre de venir goûter au plaisir du ver de Rimini. On a beau poser les appâts loin dans le sable il semble que cela n'empêche pas ces cocos d'aller chercher nos vers juteux. J'ai beau mettre quarante grammes dans mes écureuils rien n'y fait, les bourrasques soulèvent les lests jusqu'en haut de l'anneau, je ne voit pas comment je pourrai détecter la touche d'un poisson à moins qu'il ne fasse plusieurs centaines de kilos. Hé bien pourtant à un moment, je peut voir qu'un de mes écureuil est monté en fanfare. Ce n'est pas le vent qui en est l'auteur c'est bien un poisson qui a dû trouver l'os en fer dont j'ai farci le bibi. Ce n'est pas la peine d'attendre et je lui envoie aussi sec une décharge dans la quiche dont il n'est pas prêt de se remettre. Bon ma foi, il ne semble pas si vilain que ça, et, est assez batailleur ce qui me sauve d'un possible bredouille. Effectivement les pagres et les pageots sont à la fête ce soir, en l'affaire d'une heure nous allons pouvoir largement le constater.

Malheureusement vers une heure du matin la lune est passé derrière la montagne, l'obscurité aidant, sournoisement un autre style de poisson va farouchement occuper le terrain. A ce moment nous allons tout tenter pour ne pas prendre ces fameux fiélas qui hantent les eaux. Ils vrillent les lignes, ils bousillent les appâts ce sera notre signal de malchance. J'ai beau changer de montage ou de direction rien n'y fait, c'est soirée fiélas ce soir...

Nous allons poursuivre un peu mais las, vers deux heures nous ne serons plus en phase avec la météo qui devient dingue, ce sera l'heure de rentrer. La tête dans les épaule à cause du vent nous plierons les affaires à la hâte et nous n'aurons de cesse de retrouve le calme qui règne sur le chemin du retour. Il y a une sorte de grondement dans les collines au dessus de nous, on dirait un chant monstrueux qui couvre les bruits ordinaires, cela crée un sentiment bien étrange au creux des oreilles.

Allainpaddy se dechaîne !!!

Il nous faudra encore quelques jours pour revoir à nouveau nos calanques de Marseille. Pour moi c'est un lieu magique qui fait naître dans mes entrailles une sorte de besoin intime, un dialogue impensable avec la roche, la mer et le ciel qui n'a pas de commun avec les hommes ordinaires. Je fini par en avoir besoin et pourtant je ne fait que prendre la vie qui grouille ici. Mais j'en profite encore car je sent bien que d'ici quelques années ma volonté ne sera plus aussi ferme qu'aujourd'hui et je le sent bien. Les souvenirs d'enfance avec mon père jusqu'au moment où jeune homme je partait à des heures indues pour rallier le camps de la nuit est bien loin. Aujourd'hui je mesure à quel point la boucle commence à se boucler pour rejoindre doucement le clan de mon défun papa.

Voilà, l'histoire se termine sous un vent qui n'a de nom que tout ce que je pense de ceux qui sont les spécialistes de la météo. Ca a un peu bousillé ma soirée mais j'ai pu pêché avec Cyril alors, ça compense largement...

Allainpaddy se dechaîne !!!
Allainpaddy se dechaîne !!!
Allainpaddy se dechaîne !!!

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 10:54
Un soir de chance.

Bon voilà, la pluie est moins forte en ce Samedi après-midi 13 Février. Toute la semaine je suis resté en contact avec mes copains pour organiser au mieux la pêche du week-end, nous avons tous espéré une belle fenêtre météo qui nous permet en général de passer côté mer. Mais là, y'a pas à dire la fameuse fenêtre va être petite car en plus il y aura du vent. Après plusieurs plans foireux et desseins diaboliques nous allons décider de ne pas aller à la pêche, pas la peine de forcer le destin outre mesure car on sait bien comment tout cela peut se finir.

Mais c'était sans compter sur ce truc de pêcheur qui nous tient au plus profond de nos tripes et qui nous fait trépigner jusqu'à ce que l'esprit en est marre et soit d'accord avec le grand n'importe quoi. Oui là il faut être complètement timbré pour partir à la pêche, caler les lignes sous la pluie qui menace et le vent qui souléve la mer. Le seul truc qui est à peu près rassurant c'est que nous avons la voiture à trente mètres et en cas de grosse pluie je mettrais plus de temps à plier les gaules qu'à me mettre à l'abris.

Je ne vais pas mettre longtemps à rejoindre Pat et Ange sur la route qui mène à Callelongue, le vent en moins pire et la mer un peu moins forte, tu parles d'un réconfort... Pour le coup dommage que Reno soit absent car nous aurions pu refaire l'histoire de Cala Montjoi, reprendre un bon coup de soleil dans la quiche, haaaaa, nostalgie...

Mes deux copains sont au bouchon pour le calmar avec un canne calée avec du calmar en même temps, c'est soirée calmar si vous n'aviez pas remarqué. Moi j'ai les superbes bouchons lumineux que m'a fait Pad et je m'empresse de les montrer à mes deux copains qui peuvent voir que notre Papy s'est arraché les noix pour les fabriquer. Nous détaillons tout les aspects techniques, l'étanchéité, le poids et le look aussi. Pour nos esprits émerveillés il nous semble ça colle de partout mais...Je ne vais pas tenter d'en envoyer un dans l'eau ce soir. La mer est si agitée avec ce bon vent de travers que le résultat me semble couru d'avance. Je n'ai pas du tout envie de perdre ce précieux travail d'autant plus que la semaine prochaine nous allons avoir de bonnes conditions de pêche j'aurais tout le loisir de les essayer.

Je vais armer une canne avec un bibi de Cabesto que je vais faire mettre sur un montage coulissant, un plomb planant de cent grammes et un bas de ligne de deux mètres en 22 centièmes. Ca paraît peut être peu mais en réalité ces petits diamètres tiennent très bien et souvent ils dépassent largement les valeurs qui sont affichées sur l'emballage. 

Un soir de chance.

L'attente est très longues entre les quelques touches, pour ma part c'est le désert complet. Comme à notre habitude nous n'avons pas beaucoup de répit entre les rigolades comme quand nous étions en Espagne. Mal assis sur les pics pointus de coin du monde inhospitalier nous nous amusons à nous amuser, en fait c'est pour cela que nous sommes venus ce soir.

Voilà, il est vingt trois heures passé quand je remarque que mon écureuil qui est loin bouge anormalement, cela peut parfaitement être le vent qui le fait bouger ainsi alors je laisse faire. Il balance légèrement mais de temps en temps il se fige dans une frôle de position pour revenir à son point de départ, c'est suffisamment bizarre pour que cela m'interpelle.

Mais soudain il n'y a plus de doutes, l'écureuil monte jusqu'en haut de la canne et se colle tout en bougeant de tout les côtés. Je bondi de roche en roches comme un équilibriste sur son fil, tentant de ne pas me casser la figure dans une faille. J'entends le frein qui se dévide en continu et la canne est plié, pourtant, je frein est réglé assez dur à cause du vent...aïe aïe aïe. Je prends contact et je ferre en douceur car il n'est pas question de mettre trop à l'épreuve le petit fil. Le poisson part immédiatement vers la droite et donne de bons gros coups de tête qui réjouissent ma petite assemblée. Pat arrive le salabre à la main car il a compris que je n'avais pas une blanquette au bout. Ange est déjà en train de filmer la scène qui se déroule sous les feux des frontales gavées de lumens.

Rapidement le poisson arrive, mais les vagues malmènent ma ligne et le poisson qui est au bout. Pat se prends une vague en pleine poire mais ne lâche pas l'affaire, il tente d'intercepter ma prise qui ne se présente pas en belle. A vrai dire c'est un vrai miracle que mon petit fil ne se soit pas coupé contre les roches en forme de rasoir, pat dans un coup de maître à capté que le poisson allait passer à toute allure devant lui bien aidé par la vague. Il plonge l'épuisette dans l'eau dans un réflexe instinctif et comme par miracle le loup est dedans.

Un soir de chance.
Un soir de chance.

Pour moi la pêche est finie, je range mes affaires pour ne rester qu'avec mes copains. Ma pêche qui avait pourtant très mal démarré s'est finie en beauté grâce au destin et à Pat aussi. C'est tout ce style d'aventures qui fait que mon esprit archives sournoisement ces réussites et les fait danser devant mes yeux quand la météo n'est pas bonne ou  quand je suis indécis. C'est ce truc de pêcheurs qui nous tient au plus profond des tripes qui mélange avec satanisme fantasmes et réalité, il nous fait faire des choses qui dépassent le raisonnable et parfois même l'impensable.

Nous partirons vers minuit car la mer se renforce dangereusement et remonte presque là où nous sommes assis. Même si notre pêche pourait s'améliorer encore, même si on a encore envie de rester il faut quand même partir.

Inutile de vous dire que ce poisson va être l'acteur principal de ma prochaine recette, je ne sait pas encore comment il va être cuisiné mais il y a suffisamment de matière pour essayer plusirs choses. Bon allé, je me depêche y'a un poisson à préparer...

Bises les gars.

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 19:15

Ce samedi après-midi je suis en partance pour Marseille. J'ai quelques maigres appâts en poche pour pêcher le poisson car en fait j'avoue que j'ai bien envie d'approfondir le dossier calmar et aussi d'être bien pénard. La route n'est pas bien longue quand on est pas pressé, les kilomètres qui s'étalent le long du cordon ennuyeux d'asphalte m'obligent à revenir sur tout plein de trucs de la vie de tous les jours.

En fait la raison de mes grognements intempedtifs c'est que je viens de me farcir trente minutes d'explications d'un journaliste sur le besoin immédiat du retour de Sarko. En zappant sur les chaînes de télé je constate avec stuppeur qu'il y a un sbyre de l'UMP sur chaque chaînes qui vante les mérites du nouveaux livre du penseur nain. Tout ça a le don de me mettre en boule et je mesure à quel point le Français est con en voyant de jeunes militants scander son nom comme sil avait fait quelques chose d'extraordinaire pour la France. Je zappe je tombe de François qui vend des avions en Inde, non, là c'est trop je doit me changer les idées...

Arrivé sur mon poste de fortune je commence à déployer mon matériel sous une météo franchement mitigée, le Mistral ne me fait pas de cadeaux et à cet instant je pense même ne pas pouvoir pêcher le calmar au bouchon. En attente, je lance mes lignes armées de petits calmars surgelés en espoirs de croiser un loup affamé vu que, c'est la saison...

Ces petits calmars là sont un peu plus gros qu'à l'ordinaire et je peut enfoncer dans le tube une morceau de liège un peu plus profilé qui le fera flotter à la perfection. 

Un samedi bien pépère.

Dans la soirée mon copain Ange viens me rejoindre pour pêcher un peu, cela va augmenter considérablement le potentiel rigolade de la soirée, avec lui on se poile toujours et c'est tant mieux.

Au fil des minutes la météo change, le vent tourne et lisse la mer qui s'enfonce dans la pénombre. Pour moi c'est formidable fenêtre d'action que je vais immédiatment exploiter en envoyent au loin un bouchon extra lumineux. En quelques instants j'embroche une belle sardine surgelée qui va aller trouver mon premier calmar portion. Tout en calant ma ligne au bouchon je constate que je n'ai plus qu'un seul écureuil qui est visible sur les cannes derrière moi. Celui où j'ai mis ce fameux calmar à complètement disparu entre les roches preuve qu'au final mon piège marche. Bon allé je me dépêche de voir de plus près ce qui se trame sur cette ligne quand souadin je voit la boule lumineuse qui claque contre le blank de la canne, le frein se dévide un coup sec et se calme. Sans attendre je prends en main et je ferre... Malheureusement je ne sent rien au bout et je remonte un peu dégouté. En fait je n'ai plus de bas de ligne et je pense que le poisson dans sa fuite a fait frotter le fil sur une roche qui l'a coupée. Tout de même du 26 centièmes fluoro faut le couper...

Vers 20h30 mon copain arrive en fanfare, je lui raconte ma mésaventure, on s'envoie quelques vannes, ha ha ha ha ! la pêche peut enfin commencer !

Un samedi bien pépère.

A vrai dire il ne va pas se passer grand chose car en réalité nous sommes bien plus occupés à nos discutions qu'à la pêche.

Dans le lot de la soirée et une fois de plus sur la même canne, Ange me signale que un de mes écureuils est descendu rapidement vers le sol puis est remonté aussi vite. Vu l'appât qu'il y a au bout je doit me méfier est rester concentré. je prends la canne en main et je sent une grosse tirée, je ferre sans ménagements...Pourtant une fois de plus il n'y a rien au bout, Ange n'en revient pas. Pire ! l'appât est totalement intact comme si un poisson l'avait avalé puis recraché sans l'abîmer, là j'en suis baba.

Un samedi bien pépère.

Mais le clou de la soirée c'est au moment où nous étions en grande discution et où je n'était pas du tout attentif, Ange me lance:

" Coulade du bouchon!"

A vrai dire je ne sait pas si c'est le sien ou le mien mais il manque effectivement un bouchon à l'appel. Je met quelques segondes à comprendre que c'est le mien qui vient de partir sous l'eau, je me précipite vers ma canne. En quelques tours de manivelles je suis en contact avec un truc qui me plie les bras, ses coups sont si  puissants que je ne peut pas pour l'instant lui gagner de terrain. Bon je laisse faire et j'attends que la pression qu'il exerce sur la ligne se calme un peu et j'en profite pour demander à Ange de prendre le salabre.

Heureusement que mon copain à une lampe qui envoie beaucoup de watts et qu'il a l'habitude de salabrer parce que là, sous la lumière le coco transparent n'a plus du tout envie de venir et il a la force de me contrer. Mais mon ami n'a pas encore compris que c'est une gros spécimen qui arrive de face et il ne comprends pas pourquoi je ne peut pas le faire remonter à la surface. Remarque c'est vrai, je ne le voit pas si gros que ça ce calmar et je ne comprends pas vraiment pourquoi  je peine autant. Mais d'un coup il se dépalce et se met en travers à la vue de l'épuisette, mon copain d'un coup lance un:

" hou putain c'est un boeuf !!!"

La première tentative de salabrage échoue car tout étiré il est plus long que l'épuisette pourtant balèze. Au deuxième coup ange va le faire basculer dedans à la faveur d'un gros coup de cul.

Oui c'est vrai qu'il est pas mal ce calmar et cela fait longtemps que je n'en ai pas vu de cette taille et vu la météo je pensait bien ne pas en voir cette année.

Un samedi bien pépère.
Un samedi bien pépère.

Finalement la soirée se cloture vers une heure du matin tout en beauté et nous faisons une série de photos pour nos blogs. J'aurais bien aimé rester un peu plus longtemps avec mon copain et pour continuer à pêcher aussi mais malheureusement mon fils à un match de foot à 7h30. Une fois de plus tout cela ne va pas me faire beaucoup en sommeil mais qu'importe j'ai réussi ce que je voulais faire.

Je ne sait pas encore comment je vais cuisiner ces calmars mais une choses est sûre, la recette arrive et vous en aurez tout les détails...

Un samedi bien pépère.
Un samedi bien pépère.
Un samedi bien pépère.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 20:15

On va pas dire que cette saison soit la meilleure de l'année loin de là. Toutefois, par petits bonds successifs, et, avec beaucoup de courage en poche, il est possible de faire encore une fois une pêche honorable malgré une météo hors normes. Pour ma part ce n'est pas les sorties qui vont aller me bousiller les guiboles dans les calanques, vu la météo je vais me contenter de maigres sorties qui se sont soldées par de maigres résultats. Oui, en réalité la pêche est conditionnée à tout ce qu'on lui apporte comme intérêt. Nous avons pu le vérifier maintes et maintes fois, quand on sent dans ses tripes le vent chargé d'écailles la pêche est bien meilleure. Mais dès qu'on ne lui accorde que la providence comme résultat, ben, c'est la débacle assurée...

Moi j'ai laissé un peu tomber les poissons pour me concentrer un peu plus sur les calmars. Bon, je sait je sait c'est pas la folie des tentacules en ce moment mais qu'importe. Le résultat n'est pas une source de satisfaction essentielle car en réalité l'important c'est toute les analyses que l'on peu en tirer d'une soirée qui nourrissent un vécu qui demande à être réconforté. A force de se dire qu'on en a déjà assez vu ou presque tout vécu on passe vite à côté de la réalité. Oui...vous savez la réalité d'aujourd'hui. Les fameux changements climatiques que l'on tente de nous faire ingurgiter peu à peu dans le mauvais sens pour nous vendre du propre. Cela marche bien car tout le monde culpabilise de contribuer à polluer. On se surprend à essayer de faire un truc chouette pour l'humanité, on trie ses déchets, on ne balance plus ses mégots dans la rue, on trouve que les gosses qui parlent dans la télé sont drôlement motivés dis donc !

Ici j'ouvre une petite parenthèse sur cette chose car elle nous touche dans notre quotidien, on ne peut faire individuellement que de petites choses qui auront au final que peu d'impact sur l'ensemble de notre vie. Ces fameuses courbes de températures se sont déjà produites dans d'autres temps, à l'époque où la pollutions n'étaient pas encore à l'échelle planétaire. Elles poursuivent leurs cycles avec ou sans pollutions. Les glaciers ont déjà fondu trois ou quatre fois et se sont régénérés à la faveur d'une période beaucoup plus froide. Il y a toujours eu des années chaudes, puis froides, des années de grands vents qui ont déclenché de véritables cataclysmes, des années où tout s'est passé à merveille côté températures. Tout cela me conduit à m'exprimer sur le fait que ces grands changements annoncent pour le pêcheur de belles choses en terme de prises. Malgré le matraquage en règle de la mer, malgré qu'il soit urgent que la profession de pêcheur doit disparaître car elle n'apporte rien de collectif, La mer une fois libérée des filets grâce à d'importants changements la mer sera enfin en phase de se régénérer. Le con qui pille les fond des eaux depuis 30 ans et qui se demande pourquoi il n'y a plus de poissons mérite de recommencer son film depuis le début.

Nous avons été témoins de tellement d'abus de la part des pros, des braconniers, nous avons tellement de photos, tellement de témoignages qui confirment que cela se fait de partout, au bout du compte...A qui s'adresse aujourd'hui le parc des calanques ? Nous savons que ce n'est pas aux industriels, la chose est sûre. Hé bien vu que les gardes de ce parc ne font pas la chasse aux pros, pas aux braconniers et globalement à personne il ne reste plus qu'aux pêcheurs amateurs consciencieux le lourd fardeau de rester fidèle à leurs idées.

Attention les daurades arrivent.

Mon ami Stef lui est de sortie ce dimanche matin. Arrivé sur son poste vers quatre heures du matin il peut constater toute la violence des eaux. Il se gratte longuement la tête pour trouver une solution au truc qui se déroule sous ses yeux. Inutile de vous dire que s'approcher de la mer n'est pas possible à moins de vouloir se suicider. Bon allé, un peu courage, une grand bouffée d'air marin et la descente dans les éboulis commence...

Rapidement les lignes sont tendues vers la mer armées de beaux bibis et ver de Rimini. Ici tous les repères sont mis à mal car il à fallu à mon ami de se poser loin des creux, tellement loin que les fils traînent sur les rochers. Pourtant il n'est pas possible d'avancer plus à cause de la grosse houle qui se fracasse avec rage contre les pics de roche foncés ultra coupants. La moindre erreur ou une belle glissante sur un bloc de granit pur transpirant de sel et c'est le drame, on peut perdre facilement la vie à ce petit jeu. c'est la raison pour laquelle mon ami reste prudent, il est jeune et plein de " jus " dans les veines mais il n'en pas moins raisonnable et malgré la tentation immense de se rapprocher de l'eau à la faveur d'une touche, il gardera la tête froide. Ce qui le surprend c'est le nombre de touches, il n'avais pas vraiment prévu un tel festival. Dans la foulée les poulpes sont de sortie et vont aller assaillir les lignes de mon ami à la faveur d'une saison où il est encore possible de prendre quelques individus de belle taille. Exit les juvéniles qui doivent encore vivre très nombreux, seul une pièce respectable deux ou trois fois par an pour se souvenir à quel point c'est bon le poulpe...

Tient en parlant de touches. Le premier poisson c'est une belle daurade qui dépasse largement le kilo, suivi de près par deux autres qui sont bien dans le kilo et quelques autres poissons très largement maillés. Voilà une belle surprise que je ne pouvais pas anticiper. Moi non, mais lui si. Il va rentrer vers neuf heures du matin avec une biasse étrangement bien remplie de très beaux poissons. De toute façon nous savons tous bien qu'aller à la pêche avec Stef c'est avant tout de laisser sa sensibilité au vestiaire et de ne pas essayer de comprendre l'incompréhensible. Là du coup il nous fait la preuve encore une fois que quand tout paraît impossible, quand la mer dit non, hé bé y' a toujours une faille qui peut être exploitée en toute inquiétude.

Le jour est bien là et la longue remontée qui mène à la voiture va pourtant être avalée en quelques minutes. Malgré tout ce n'est pas à cause du poisson qui est dans le bac mais c'est à cause de leur présence sous les eaux qui font frétiller les neuronnes. Cela annonce l'arrivée en trombe de la meilleure saison de l'année, une saison où il sera possible de pêcher poissons et calmars tout en se gelant copieusement les arpions !

 

Pour le coup j'ai encore du chemin à faire sur ce point, allé bises les gars !

Attention les daurades arrivent.
Photos tirée avec leur autorisation de          www.facebook.com/VieuxMarseille/          à visiter de toute urgence !!!

Photos tirée avec leur autorisation de www.facebook.com/VieuxMarseille/ à visiter de toute urgence !!!

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 19:43

Ma petite histoire commence dans la joie ce samedi après-midi, enfin, je dis la joie c'est un doux euphémisme car je me paye un mal de dos de tout les diables qui me coupe presque la respiration. Ha oui la jeunesse de l'esprit prends la pas sur le corps au bénéfice de vieilles douleurs lombaires je sait... Je me traîne tellement que je ne sait pas au juste si il me sera possible d'aller pêcher. Pourtant tout est quasi ficelé pour que cette soirée soit une des meilleure de l'année, ben là, une fois de plus un truc ne tourne pas rond. Alors en désespoir de cause je fouille dans l'armoire à pharmacie à la recherche d'un truc qui me fera passer la douleur, soudain je tombe nez à nez avec un antalgique super puissant que j'avale aussitôt.

Au bout d'une grosse heure la douleur semble se calmer un peu, mes espoirs de partir loin dans les calanques sont définitivement révolus, il me faudra aller beaucoup, beaucoup moins loin. Dommage car j'avais très envie de renouer avec ces terres éloignées ivres de solitude, là où le temps semble s'être arrêté, là où rien ne semble bouger d'années en années. Les rocs tendus vers le ciel qui protège les lieux du Mistral, forment pour moi un berceau où je je laisse mon esprit vagabonder sans aucune limite.

Tant pis je n'ai pas très envie de rester coincé entre les bras de mon canapé il me faut bouger de toute urgence pour rester un peu en vie. Rapidement me voilà au pied des calanques, le portique rocailleux qui va vers mon poste ne va pas me faire de cadeaux ce soir. Le sentier démarre à la verticale en zigzagant entre les pins miniatures poussant au gré des éboulis qui malmène mon dos hors d'usage. Tant bien que mal me voilà sur mon petit recoin de pêche, je pense que je ne pourrai pas faire mieux ce soir, j'ai prévu de quoi me remettre sur pied si la douleur redevient insupportable.

Par contre les bateaux poseurs de filets se croisent, un bien étrange bal est en train de se dérouler sans que je sache ce qui se trame en réalité. Il y a un bateau tout rétro-éclairé qui décrit des cercles lentement, il se barre au bout d'une bon quart d'heure pour revenir un peu plus tard... Voilà une pratique que je ne connait pas mais je me doute que ce n'est pas pour bronzer ou faire du tourisme, il est là pour le poisson, moi aussi, mais pas dans la même mesure.

Dur d'être un homme.

Ce soir j'essaye des nouveaux plombs de mon ami Pad. C'est déjà super sympa mais en plus il m'a fabriqué un petit moule qui va me permettre de peaufiner des plombs portugais au millimètre près. Ce mec est une légende, son cerveau ne perd pas une miette de ses idées et la moindre parcelle inexplorée devient un terrain de jeu formidable. En visitant son blog vous allez découvrir un univers où les astuces et le don de soi est une philosophie, des denrées bien rares de nos jours. 

Merci PAD.

http://alainpaddy.blogspot.fr/
http://alainpaddy.blogspot.fr/
http://alainpaddy.blogspot.fr/

http://alainpaddy.blogspot.fr/

Bon voilà, moi je suis en poste à la nuit tombée et à vrai dire je n'ai pas grand chose comme appâts, un bout de ver de Rimini, des petits calmars, des bibis et des sardines le tout surgelé par la maison PEXEO. A vrai dire, je ne pêche plus qu'avec ces fameux produits, ils sont si proches du vivant, si faciles à se procurer et tellement moins chers. Cela fait deux ans que j'utilise ces appâts, je n'ai jamais autant pris de poissons et leur taille à considérablement augmenté, c'est la preuve que bien utilisés ces appâts représentent la pêche d'aujourd'hui. Fini les pénuries avec leur flambée des prix, fini les appâts qui meurent sur le chemin, vive les acides aminées dont ils sont gavés !!!

Dans le groupe depuis deux ans nous avons tous été conduits à faire des tests, des comparatifs saignants entre le frais et le surgelé. D'ailleurs au passage, personne ne s'imagine pêcher avec des crevettes fraîches, on se sert directement dans les congélos. Plus personne ne pêche le calmar avec des sardines autres que surgelées, elles résistent bien mieux. Hé bien nous en sommes tous arrivés à la même conclusion, nous avons doublé voire triplé nos prises.

Pourtant le frais à encore son mot à dire. Je pense à la maison Sud'esca qui offre des appâts tellement extraordinaires que les utiliser est un vrai bonheur, mais en terme de prises, mon coeur est dévoué aux appâts gorgés d'acides aminés.

Sud'esca et Pexeo, malgré qu'ils n'ont pas la même vision de l'appât, ils se rejoignent parfaitement dans le concept, disponibilité et prix défiant toute la concurrence.
Sud'esca et Pexeo, malgré qu'ils n'ont pas la même vision de l'appât, ils se rejoignent parfaitement dans le concept, disponibilité et prix défiant toute la concurrence.
Sud'esca et Pexeo, malgré qu'ils n'ont pas la même vision de l'appât, ils se rejoignent parfaitement dans le concept, disponibilité et prix défiant toute la concurrence.

Sud'esca et Pexeo, malgré qu'ils n'ont pas la même vision de l'appât, ils se rejoignent parfaitement dans le concept, disponibilité et prix défiant toute la concurrence.

La première touche me délivre d'une attente très surprenante. Bon je sait qu'en ce moment c'est assez compliqué de prendre un poisson correct mais bon... On peut mettre ça sur le dos de la météo, des filets qui pullulent ici et tout pleins de trucs qui frisent la malchance. Je n'ai que le temps d'arriver sur la canne qu'il m'est déjà possible le frein qui tourne même à plusieurs mètres. Bon le moulinet de mon Cinnetic n'a pas un bruit de frein très marqué, mais quand il tourne comme une perceuse et qu'on peut l'entendre de loin c'est qu'il y a un bon client au bout. Par sécurité j'embarque avec moi le salabre, dans un bon coup de ferrage je sent qu'il ne me sera pas utile à moins que... Les tours de manivelle s'enchaînent pour faire rejoindre ma prise vers le bord dans un mouvement très linéaire, tout en douceur, sans forcer le poisson. J'ai pris cette habitude car je sent mieux le poisson qui est au bout et il me sera possible de le relâcher si il ne correspond pas à la pêche de ce soir. Ma foi iil est correct ce sar. Il plonge avec rage à l'approche du bord, vu qu'il fait son poid je ne vais pas tenter le diable, allé hop un coup d'épuisette !

Rapidement les touches arrivent avec la sortie de la lune, les sars ont l'air d'aimer ce moment. Pourtant je n'arrive pas à concrétiser toutes les touches du fait que le poisson titille le ver de Rimini plus qu'il ne s'en nourri. A ce petit jeu le petit bout que j'avais en réserve va disparaître donc je doit changer de technique. Comme d'habitude je vais faire un beau montage flottant avec un petit calmar avec une perle fluo dans les tentacules, c'est étonnant, on va voir su ça marche.

Au bout de longues minutes c'est la touche. Elle n'est pas énorme mais le scion titile, c'est peu être le signe qu'un poisson l'a trouvé à son goût ? Je prends en main et je sent que le coco tire dessus, à la faveur d'une tirée franche je ferre. Tient des coups de tête ? Ma parole on dirais ceux d'une daurade...Bon là je ne comprends plus rien car il me semble qu'elle ne sont pas spécialement friande de calmars, enfin bon. A ma grande surprise c'est bien une belle blanquette qui arrive, je doit la salabrer car je ne peut pas la remonter en poids avec mon pauvre 18 centièmes. Et pourtant ce soir cet appât à vraiment l'air de leur plaire car dans la foulée je vais en faire une autre un peu pus grosse.

 

Dur d'être un homme.
Dur d'être un homme.
Dur d'être un homme.
Dur d'être un homme.

Hé voilà je suis bien peinard car j'ai fait mes poissons, deux belles blanquettes, deux beaux sars, des touches quoi demander de mieux ? Bon allé, pas la peine de me cacher derrière mon doigt, ce que j'ai franchement envie c'est de faire quelques calmars. Ha mince voilà un défi de taille vu que l'eau de la mer n'est pas à bonne température.Tant pis je vais quand même essayer car j'ai avec moi de belle sardines qui pourraient débusquer à peu près n'importe quoi. Rapidement le montage est fait et envoyé à bonne distance avec un petite dizaine de mètres de profondeur. Le bouchon met quelques instants à se redresser et prendre contact avec la teutonnière. une danse longue et hypnotisante commence, le bal du bouchon lumineux qui hoche lentement du chef sous la pression de la petite houle qui vient du large. Mon attention est souvent mis à mal quand plus rien ne semble bouger, il me faut régulièrement reprendre contact avec la réalité car quand le rideau de mes pensées tombe derrière les yeux, il y a beaucoup de choses qui passent à ouf.

Par chance le destin va me sourire. Le bouchon qui dérive légèrement se fige soudain, il n'est plus contraint pas la pression de l'eau et devient statique. Quand on a l'habitude cela devient un jeu de décrypter ce genre de touches. Elles passent souvent inaperçues aux yeux de ceux qui débutent. Pourtant il y a une belles différence entre un bouchon qui qui vacille de droite à gauche et qui soudain reste droit comme un "I". Par mesure de précaution je prend ma ligne main et je tend un peu le fil, le bouchon coule dans la foulée preuve que j'avais vu juste...Je remonte lentement sans brusquer la bestiole, je n'ai pas l'intention qu'elle ne lâche la sardine ou qu'elle soit effrayée. Le but c'est d'arriver à remonter le calmar sans qu'il ne tire sur le poisson et ceci pour une raison, c'est qu'en tirant comme un sourd il fini souvent par se décrocher et ne pas revenir. Non là il ne voit rien venir et quand tu lui sort la tête de l'eau il se plante sur les pics à tout les coups dans des crachotis de désespoirs.

Hé bé il est pas mal celui là ! Allé encore un autre et je peut rentrer à la maison...

Dur d'être un homme.

Les heures passent et il ne semble pas y avoir beaucoup de vie par ici à cette heure. Bon tu me diras j'ai largement fait ma pêche et je peut rentrer avec la banane. Malgré tout, il est 4 heures et je vais commencer à plier les gaules car il y a à peu près deux heures de débattement entre le moment où je remballe et la moment où j'arrive à la maison. La calcul est assez simple à faire même si j'essaye d'optimiser le temps, le sommeil risque d'être assez court.

Mais pour bien enfoncer le reste du destin qui dirige la vie ici, le bouchon que je peine à remballer va me signaler une dernière touche. Le flotteur se met à plat et coule avec violence, ce ne sera pas très dur de remonter le coco qui s'est lourdement planté. Hé bé voilà, ça fait deux je peut rentrer heureux...

Une fois mes affaires rangées au millimètre dans le sac, les cannes pliées la marche peut commencer. Je me rend compte que je n'ai plus mon portefeuille dans la poche arrière du pantalon, j'ai dû le faire tomber sur mon poste, par chance je ne suis qu'à une minute. Je pose les affaire sur le chemin les cannes et je vais descendre en bas. Ma foi je n'ai rien trouvé, je l'ai peut être laissé dans la voiture. Au bout d'une petite demi heure j'arrive à la voiture et je voit mon portefeuille qui est sous la portière, ma carte d'électeur quasi sortie de son logement. J'ai dû le faire tomber quand je suis sorti, j'ai un putain de coup de bol que personne ne l'ai vu, par contre ma carte d'électeur elle ne me sert plus à rien vu que je ne voterais plus jamais. J'ai passé trente à voter comme une larve de merde que je suis, aujourd'hui, c'est fini.

Ce qui inonde mon esprit en ce moment c'est l'actualité politique. On voit des chefs de partis se bafouer sans vergogne, faire des alliances scandaleuses pour faire un barrage ? Toute la classe politique se renie et nous font voir enfin leur vrai nature au lieu de montrer leurs talents. L'échec de la globalité de cette politique est flagrant car plus rien ne fonctionne. On voit bien que le monde politique est en accord et nous jouent la comédie, tous les partis ont la même vision du futur, ils utilisent les mêmes moyens pour y arriver. Ils se votent " entre eux" des augmentations de salaire, des retraites "à vie" obtenues en quelques mois d'exercice et transmissible parfois aux enfants. Il y a trop de gens protégés qui décident de tout sans notre accord. La France à dit non pour l'Europe, ben c'est pas un problème on s'est passé de nous. Personne n'a voulu du regroupement des régions? Ce n'est toujours pas un problème, on se passe encore de nous. Mais à quoi sert les votent alors, puisque de tout façon, tout est décidé à l'avance par une poignée de gens multimilliardaires. Quel est la différence entre la royauté et notre démocratie actuelle, aujourd'hui nous pouvons nous poser la question.

Cela fait plus de cinquante ans que le paysage politique n' a pas changé, ce sont les même gens, les mêmes partis, les mêmes idées et la même façon de faire. On nous prends toujours pour des cons à tous les étages, on nous fait croire à une vie qui n'existe pas. 

Les gars s'étonnent de voir un parti différent arriver sur la scène politique quand la moitié des ministres ou des hauts fonctionnaires sont familiers de scandales financiers. Quand on jure lors des élections la main sur le cœur que, l'éducation, la santé, le travail sera une priorité et qu'en fait une fois élu, tout s'évapore comme par magie. Nous le vivons depuis trop longtemps ces contradictions et aucun homme politique n'a tenu ses promesses...Le ministre des finances, un voleur de première, l'ancien ministre de la santé un assassin et j'en passe mais... c'est toujours les mêmes.

Les gens n'ont pas l'impression d'avancer, tous le monde se rend compte que notre vie est un grand mensonge et c'est la classe politique tout entière qui nous l'a montré. Aucun des grands problèmes n'est résolu ou même n'est en voie de l'être, tout est en faveur de la pression monétaire, de la performance financière en écartant les gens de ces décisions, de leur valeur ou même de ce que cela produit. Aujourd'hui on calme le peuple "bouillant" avec des allocations et on étrangle le reste avec des taxes. Comment peut t'on expliquer aujourd'hui à un jeune qui est aux portes du monde du travail, qu'un foyer dont l'ensemble des majeurs ne travaille pas puisse avoir autant de ressources qu'un autre famille qui travaille tout les jours ? Comment lui dire que si par malheur il monte son entreprise comme il l'a vu à la télé, qu'il va tomber sous le coup du RSI. Fini la première entreprise de France avec de belles lettres en couleurs pendues dans le ciel, son oeuvre va servir de jus pour désaltérer de gras cochons milliardaires.

La classe politique se retrouve aujourd'hui devant leur propre travail. Le peuple en a marre de vivre dans la plus totale insécurité, ils en ont marre de voir des criminels chouchoutés, des ministres plus voleurs que les voyous. Le peuple en a marre de voir ses milliards dispersés aux quatre coins du monde et qui ne sert qu'à enrichir des gens qui n'en ont pas besoin. Le peuple en a marre d'être la risée du monde à cause de président qui n'ont rien dans le froc, les gens en ont marre d'essuyer des générations d'humains qui se sacrifient au profit d'un intérêt national. Aujourd'hui vu le grand mensonge qui entoure toute la politique nous ne pouvons plus croire en leurs messages. D'ailleurs ma carte d'électeur est passée à la poubelle dès que je suis rentré à la maison...

Bises les gars.

Dur d'être un homme.

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  • : C'est l'histoire d'une poignée de gars qui rôdent les sentiers des calanques de Marseille, avec son lot de réussite, de déception face aux filets de pêcheurs, de la saleté laissé sans vergogne. Ici on montre tout et on vous dit tout !
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  • Quand la nuit tombe nos esprits s'éveillent, qu'importe le temps  ou les saisons il n'y a pas de poissons à l'abri de nos cannes à pêche...  Aventures de pieds nickelés garanti...
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